Sur Africville, une ville noire au Canada

un Consciencisme actif
  ( 30 Novembre 2005 20H58 )
Certes, Afrikara fait son devoir; mais il est aussi vrai que tous ceux qui ne font qu´attendre qu´Afrikara leur fasse lecon de l´histoire, ceux-là pêchent par ignorance et passivité, et n´illustrent que d´autant mieux ce malaise qui nous a valu tant de déboires, tant de turpitudes, tant d´injustices de la part des civilisations Islamique ou judéochrétienne qui, elles, ne firent aucun cas ni de nos droits humains, ni de notre liberté. Acclamer, louer les autres, et au besoin se mettre à l´abri sous ceux qui se donnent la peine de chercher la vérité( et c´est déjà ardu dans notre monde inversé) et invoquer la participation de tous, parce que l´enjeu de la liberté est un enjeu social, culturel, communautaire; ce n´est pas seulement être sournois, c´est aussi dévaloriser sa propre créativité.
Ceux qui ont attendu Afrikara pour apprendre l´histoire de l´Afrique, pour réfléchir sur le but et la portée de leur propre liberté, font offense à l´intelligence et à la légitimité de leur propre réalisation. Ne pas avoir lu Cheikh Anta Diop, Bwemba Bong, Walter Rodney, Tchundjang Pouémi, Thomas Sankara; ne pas avoir essayé de comprendre et d´apprécier le combat de Shaka Bantou, celui de Patrice Lumumba, Marcus Mosiah Garvey, Malcolm X, Martin Luther King, Kwame Nkrumah Osangiefo, Rosa Parks...et tous ceux qui, au prix de leur vie ont combattu pour la liberté de l´homme noir et la reconnaissance universelle de ses droits; ne pas s´être donné cette peine, en tant que noir, cela frise à la fantomie: vivre sans conscience et sans âme. Et même si ce genre d´individu acclament et récitent ce qu´ils lisent, ce ne sont en réalité que des poids morts et des consciences vides. Il ne suffit plus de lire à longueur de siècle, il s´agit de prendre position et défendre un bien légitime et fondamental à tout être humain, un bien mis à mal sans vergogne depuis des siècles par des civilisations barbares, égoistes et cupides. Des cultures si viles et aveugles qu´elles se sont rabaissées à croire que le monde entier, ou une part de celui-ci, y compris toutes les cultures et les races qui s´y étaient développées, se devaient d´abandonner par violence leurs identités culturelles pour adopter la leur. Cette attitude est tellement mesquine et inqualifiable qu´elle n´éveille, chez tout être réfléchi et de bonne foi que dégoût et aversion. Et cela dure depuis des siècles, depuis de longs siècles de tortures et d´humiliation. Et les larmes des nôtres, celui de nos femmes et de nos enfants empêchés à leur identité légitime originelle, à la liberté et à l´exercice souverain et indépendant de l´expérience sensible, ces larmes chaudes et sourdes, fleuvent l´Afrique tarie de ses propres enfants par l´esclavage, brimée et torturée par la colonisation et de nos jours étouffée et étriquée dans l´impasse au développement. Ainsi que partout où les pas de ses enfants enchaînés les avaient entrainés. Et si aujourd´hui on entendait de pauvres d´esprits inciter à la modération ou qualifier tous ceux qui faisaient reférence à ce passé ignoble pour tirer lecon de l´histoire d´arriérés, on ne peut que leur cracher au visage: où étaient-ils donc pendant que l´arabe violait, volait, excisait et faisait esclaves pendant près de mille ans? Où ètaient-ils donc ces chevalier de la modération et de l´innocence lorsque pendant 500 ans la civilisation occidentale, par hordes volontaires, sanguinaires, violait, pillait, déportait et torturait l´homme noir et détruisait sa culture et son identité? Il faut bien savoir ce qu´on veut et ce qu´on est. Ou on aspire à la liberté, et là le front est clair et défini, ou on joue le faux en espérant que les autres nous serviront la liberté sur un plat doré. L´histoire cependant enseigne que dans cette dernière attitude, cela n´a jamais été le cas. Au demeurant, croire qu´on peut faire la liberté de quelqu´un d´autre sans sa pleine participation libre et souveraine est de la plus belle duperie; un mensonge qui s´avère aujourd´hui comme un immense piège à rats pour tous ceux qui avaient cru que l´hégémonie occidentale leur réservait le repos mérité de l´inconscient. Mêmes les américains noirs, mêmes les francais d´outre mer, et même la culture islamique( le terrorisme actuel n´en est que l´expression évidente); tous, par des chemins différents, sont arrivés aux mêmes conclusion: ce système occidental hégémonique et centraliste n´est pas sorti de son passé, il continue à perpétuer un égoisme et une cupidité malsaine qui ne conduit qu´à ses intérêts étroits. Si à Paris des enfants se révoltent et mettent Pompei, le Paris francais en flamme, ce n´est pas pour des cacahuettes; eux aux moins ont compris qu´on les menait à l´abattoir social, plutôt que de leur donner la chance de partager des valeurs francaises qui étaient aussi les leurs. Croyaient-ils. Le réveil a été bien decevant. C´est dire que nous devons, en êtres conscients assoiffés de valeurs humaines saines, vraies, réalisantes, opposer à tous ceux qui nous réservent ou nous consignent à la médiocrité ou à la négation, un combat sans le moindre compromis et sans le moindre faux fuyant. Comme Patrice Lumumba le disait si bien:"Entre la liberté et l´sclavage, il n´y a pas de compromis." MK
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