Africville: l´exemple type
  ( 29 Novembre 2005 19H52 )
Jamais le sort ingrat d´une ville issue pourtant d´un voeu légitime de liberté, n´a montré à quel point l´homme noir, et surtout l´esclave affranchi, lorsqu´il se sauvait ou se libérait de ses chaînes, ne savait ni ce que c´est que la liberté, ni comment il faut efficacement la défendre: notamment par l´organisation, la connaissance et la production de moyens de réalisation à la fois matériels et immatériels. Exactement ce qu´on voit trop souvent en Afrique et partout ailleurs: beaucoup de belles intentions, mais en définitive, un dilettantisme abattant. Et hélas,en fin de compte, cette expérience mourut, étouffée par son incompétence à génerer non seulement l´esprit de sa liberté, mais aussi les instruments réels sociaux de sa réalisation et de sa défense. Et ce qu´elle fuyait la rejoignit: la dépendance à l´homme blanc et son mépris. Elle fut engloutie non sans humiliation, sous les immondices du monde blanc plus averti et mieux organisé et devint un parc public: un lieu, en somme, impersonnel, au lieu d´être et de rester la fierté d´un voeu, d´un rêve organisé et réfléchi: la ville.
Cet exemple doit réveiller ceux qui croient que de la liberté, il suffit de la proclamer ou de l´avoir pour qu´elle nous appartienne indéfiniment. Théorie et pratique. C´est souvent ce que beaucoup de gens ne veulent comprendre, par idiotie ou par insuffisance mentale: la liberté, elle a un aspect immatériel et un aspect réel. Et puisque notre vie est, ainsi que nos pensées, bien du domaine réel; la liberté consciente est une réalisation réelle continue. Elle exige, en tant que la plus belle et la plus profonde de nos vertu, qu´elle soit entretenue par les plus belles fleurs de notre créativité, et que nous lui offrons, avec notre intégrité et notre foi, la prière la plus riche, la plus passionnée, mais aussi la plus vigilante. Wendel Phillip dit: " Eternel vigilance is the price of liberty". Se mettre entre les bras de quelqu´un d´autre, et oublier d´arroser ce jardin précieux, ne fait ni monter l´eau à notre moulin, ni enrichir notre vie de l´ardente moisson de nos attentes. Et plus encore que de la possèder et d´y veiller, il faut avoir le devoir, oui, l´intransigeance à la défendre à tout prix, quoiqu´il en soit, et avec tous les moyens à notre portée. Parce que dans son souffle fier et beau, toute notre sensibilité, toutes les racines de nos désirs y ont élu domicile. MK