Sur l ´avenir de la race noire

En réponse à une combattante : Sur l´avenir de la race noire   

Très chère B. K; si j´ai bien compris ton souci, et bien interprété ton cri, nous devrions nous concentrer à obtenir des résultats. Mais voilà, à mon avis les africains souffrent encore de leurs erreurs congénitales, comme tu l´as relevé. Ce n´est pas que nous nous suicidions ou nous dispersions dans nos efforts, et ce n´est même pas une question d´intelligence ou d´engagement. C´est, à mon avis une erreur d´estimation d´une part: nous nous trouvons devant une montagne, un montre puissant aux cent visages, et comme tu le dis si bien, mais Shaka aussi, la connaissance est le nerf de la guerre. Cela permettrait autant d´appréhender le danger ou les forces qui sont devant nous, à rechercher leurs faiblesses pour y manoeuvrer notre levier. D´autre part, et c´est depuis toujours, l´homme noir néglige la formation de l´esprit de la connaissance: son coeur battant et vif. Beaucoup de docteurs et de licenciés courent les rues en Afrique ou ailleurs, et pourtant, tout le monde sait qu´il sont au bout de leur latin, parce qu´il leur manque la clé pour comprendre et changer la réalité qui se trouve devant eux. Comment reprocher alors à quelques immigrés qui ont choisi de vivre leur vie tout simplement; de réaliser ce que leur continent, s´ils étaient restés en Afrique, ne leur aurait pas offert. Beaucoup parlent d´unité, pour cacher en réalité la mésalliance ou la méfiance. Et on le comprend quand on connaît les lois profondes de l´union: l´unité de combat, l´unité de moyens, la concertation, l´unité d´idéal ou des points de vues avoisinantes. Non, je crois que l´homme noir doit accepter de se soumettre aux règles les plus sévères de critiques, de dialectique, de connaissances historiques ou techniques selon le cas; il n´a plus le choix. Ceux qui survivront, ceux qui pourront relever le défi, seront ceux-là qui pourront aider les autres. Si l´africain se met à tolérer, à faire semblant, à se donner des privilège ou à exiger qu´on soit compréhensif avec lui, il se met à fausser la réalité et croit être ce qu´il n´est pas, et ce faisant, il oubliera de parfaire ou d´entretenir des exigences dont il aura cependant besoin face à son ennemi mieux armé, mieux formé, plus puissant. C´est notre drame à tous: nous n´avons pas le choix; que nous voulions ou non, nous serons sélectionnés par le perfectionnisme, car il est dans la loi naturelle fondamentale de l´existence comme telle. Si nous ne pouvons pas prouver que notre idéal culturel est meilleur que celui qu´on nous a proposé ou imposé jusqu´à aujourd´hui, si nous ne savons pas prouver que nos valeurs éthiques, morales profondes de notre culture sont riches en forces de progrès et de créativité, quoi que nous fassions, nous serons réduits à néant. Ceux qui croient que l´occident ou le monde entier connaît la pitié ou la raison des faibles n´a qu´à aller dans l´histoire africaine...et sans commentaire. J´ai beaucoup aimé ton intervention et si je parlais d´esprit, je pensais à l´amour, à l´amour que nous avons de nous-mêmes, de ceux qui sont les nôtres, pour nos rêves, nos désirs, nos attentes, notre culture...C´est une force immense, et elle est à même de soulever des montagnes. C´est d´elle dont nous avons besoin aujourd´hui, demain, toujours.   MK