13 décembre 2005
Le faux intellect amateur, l´internet et la liberté.
Amateurisme et superficialité
Le faux intellectuel marchand de vent
Depuis que l´Internet permet aux gens d´exprimer leurs idées, on en voit des vertes et des pas mûres. Et déjà les incapables de l´esprit, les idiots et les frustrés de la réflexion et de la logique deviennent des génies en herbes. Et faute de saisir le principal, ils citent à tort et à travers et excellent dans la verve bon marché. Triste.
Et néanmoins, puisqu´il s´agit de la liberté; en voilà quelques repères: vouloir parler la langue du maître, l´écrire pour exprimer ou transmettre ses idées (si on en a, ce monde abonde de tonneaux vides), rouler dans ses voitures, voler dans ses avions...être en vérité un client assidu de sa vision réelle, et vouloir parler de liberté, de rompre les frontières coloniales, ce ne peut-être qu´un méchant complexe d´infériorité. Et si par surcroît, sans produire ses propres objets d´exercice sensible: voitures, avions, livres...etc mais pleurer à qui veut l´entendre que le monde a durci, qu´il est injuste et contraignant, c´est vouloir avoir tout gratuitement vivre aux dépends des autres sans se donner la peine de s´exercer ou de respecter sa propre réalisation sensible.
Pour parler de liberté, il faut d´abord retrouver son identité et la motiver à se projeter dans la réalité pour assouvir les besoins quotidiens de son existence. Mais c´est aussi quitter le christianisme qui apprend aux noirs que Dieu est blanc quand eux ils ne le sont pas. La bonne preuve est ce port de nom chrétien que beaucoup portent comme une marque de production, un label d´imbécillité, en fait; qui les ravale à une vulgaire boîte de sardines, à un produit du maître du prêt à consommer, du prêt à penser, du prêt à prier...du prêt à être tout court.
Parler de liberté, ce n´est pas seulement jouer à cache-cache avec sa propre ignorance et profiter de la créativité des autres tout en chantant une fausse mélodie; la liberté étant le plus complexe et le plus exigeant approche conceptuel de l´organisation et de la gestion de l´existence, elle exige d´être traitée avec égard, élégance et profondeur. C´est donc que ceux qui s´hasardent, qu´ils soient noirs ou blancs, à parler d´elle, doivent à la fois la reconnaître aux autres, qu´être prêt à faire le compromis qui lui fait accéder à sa plus haute valeur.
Si la France, pays gratuitement appelé des droits des hommes n´est pas arrivée à offrir au monde la Liberté tout en la cocardant et en la chantant chaque jour; c´est qu´au lieu de sortir de sa propre petitesse, elle s´y complait et croit que sa vision du monde représente la meilleure vision de liberté. Erreur et arrogance; ce qu´elle nous vend, ce n´est que la vision de son aristocratie et celle de son système de valeurs. Et si celle-ci estime qu´avoir vendu des esclaves, massacré, violé et violenté l´histoire durant des peuples innocents sont des actes de noblesse ou susceptible d´éloges, eh bien; c´est bien la preuve qu´en réalité, nous avons affaire à des gens qui prennent leurs crimes pour des actes de bravoure, et leurs vices pour des vertus.
Pour l´homme noir, c´est l´occasion ou jamais de tirer des conclusions sur un monde blanc qui ne va pas à la recherche de la liberté commune, mais instaure sa petite vertu comme principe de liberté. Au lieu d´aspirer à un modis vivendi qui nous revienne à tous et nous réalise tous chacun pour soi, il s´est lui-même instauré en valeur de la norme. Et c´est là que l´homme intelligent se sépare de l´ignorant, du suiviste, de l´aliéné et de l´aveugle illuminé; parce que cette vision de l´existence, cette conception de l´histoire et de liberté humaine est dangereuse, criminelle et partiale. Parce que la Chine, par exemple, pourrait faire la même chose, ou l´Inde. Ce n´est pas dans un intérêt objectif ni dans la satisfaction de la définition individuelle et collective de la liberté. MK Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Commentaire du 13.12.2005 sur Actualité africaine.
Une commune, et peut-être meilleure liberté
Bonjour,
Je vous ai adressé un message sur votre forum Réalisance hier. J'y ai découvert avec joie que des Africains sont pleinement conscients de l'ignominie des pouvoirs blancs et de leurs peuples occidentaux incapables de comprendre les horreurs que nous perpétuons depuis des siècles et des siècles contre vous.
J'ai lu avec plaisir que vous n'êtes pas enfermé dans la gangue intellectuelle dans laquelle nous voulons continuer d'emprisonner les noirs par nos stratagèmes de lâches et de couards : les armes et la corruption, qui conditionnent l'asservissement au pouvoir occidental dominateur et destructeur.
Ainsi que je l'écris dans votre forum, j'ai appris à connaître un peu l'Afrique depuis quelques années grâce à mon ami, congolais du Congo Kinshasa. Je me proposais de vous transmettre un texte dont on m'a dit qu'il a été diffusé sur Africa n° 1, où j'exprime en tant que blanche comment j'imagine que l'Afrique puisse sortir de nos griffes.
Je me permets de vous en adresser les termes :
"Bonjour, j'habite Paris, je suis blanche, française de souche.
"Je voudrais intervenir sur le thème de la discrimination positive. Tout d'abord, je reprends la définition du dictionnaire sur le mot Discrimination : Action d'isoler et de traiter différemment certains individus ou un groupe entier par rapport aux autres.
"Discrimination positive : la différence existe toujours et devient la base du combat pour exister. Deux termes accolés qui ne résoudront rien pour les victimes.
"Si l'Africain veut exister - tout simplement -, exister comme tous les autres individus au milieu desquels il vit, être reconnu en tant que tel, et non pas seulement être l'immigré qui fuit la misère de son pays, qu'il conquière sa souveraineté avant tout sur son territoire, qu'il chasse les troupes d'occupation étrangères de son sol : ONU, bases militaires françaises, mercenaires de tout acabit.
"C'est le commencement incontournable de ce qui provoquera indubitablement la reconnaissance à égalité de la part de ceux chez qui il n'est à ce jour, hélas, qu'un malheureux qui vient de son pays de misère et qui se fait accueillir avec commisération sur les sols de ses tortionnaires historiques et actuels.
"Avant de lutter dans ces territoires hostiles d'immigration, de se couler dans le moule des trouvailles terminologiques de nos pires candidats à la présidentielle, que les Africains unissent leurs forces partout dans la diaspora, pour relayer leurs frères et soeurs restés au pays, pour les galvaniser avec leur expérience acquise sur nos sols, pour inverser la donne, puiser dans ce qu'ils ont appris chez nous, de nous, et l'utiliser comme un boomerang pour conquérir enfin leur souveraineté sur leur sol : c'est primordial.
"Qu'ils abolissent notre système déliquescent, qu'ils s'occupent d'eux-mêmes, qu'ils soient fiers de leur culture face à la nôtre et ne s'acharnent plus à nous imiter et à se plier à nos exigences.
"Qu'ils utilisent les subsides qu'ils réussissent péniblement à recueillir ici pour se coaliser, se rassembler dans la seule lutte qui leur donnera la reconnaissance et le respect de nos pays conquérants qui sont leurs tortionnaires.
"Que la fête pour eux soit l'organisation et la lutte pour être les dignes et légitimes occupants de leur sol, qu'ils chassent les forces militaires étrangères. Qu'ils se cotisent non plus pour des anniversaires et des fêtes, pour des églises qui les conditionnent dans leur vie d'immigrés ou dans leur misère au pays. Dieu dit : "Aide-toi et le ciel t'aidera."
"C'est des Africains eux-mêmes, sans nous, que viendra la délivrance. Tant qu'ils resteront sous notre coupe et dans l'imitation de notre système et de notre culture, nous ne les considèrerons que comme nos inférieurs. Ils ne deviendront nos égaux que lorsqu'ils seront les conquérants qui auront chassé l'occupant.
"Face à des super-puissances avides de vos richesses et qui vous pillent depuis des siècles, votre seul moyen est de vous unir pour les chasser et ensuite seulement vous pourrez en faire vos partenaires économiques.
"Les milliards transférés par les immigrés vers leurs familles restées au pays engraissent encore l'économie des pays prédateurs. L'Afrique est un continent immense qui porte en lui-même bien plus que les richesses dont ont besoin ses habitants pour vivre, sans que nous l'envahissions avec nos productions industrielles et dénaturées.
"Nos économies se nourrissent de votre misère ; tant que vous aurez pour référence nos modèles, vous n'existerez pas.
"Chassez l'envahisseur et nous vous regarderons autrement.
"La discrimination positive est une astuce méprisable qui vise à vous faire croire que vous allez mieux exister chez nous. Ne vous laissez pas duper! Existez chez vous avant tout ! J'aime l'Afrique et j'espère qu'elle sera sauvée !"
Je vous serais reconnaissante, si vous lisez mon message, de me faire part de vos observations.
Respectueusement,
Suzel POUCH
Avec l´autorisation de Suzel Pouch