Commentaire Réalisance

L´Afrique sous estimerait-elle le danger exterminateur du Sida ?

« Un mal qui répand la terreur, mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre… » Jean de la Fontaine : les animaux malades de la peste.

Et cependant l´amour n´est ni un pêcher, ni une maladie. Ce qui étonne et plutôt désarçonne, c´est la passivité avec laquelle les africains souffrent et meurent du sida. En feu de brousse, cette maladie s´est propagée sur le continent africain, et sa progression est effrayante. Mais que fait le pouvoir africain pour endiguer ou limiter les dégâts en vies et en espoirs humains ? Apparemment rien, à part pleurer, se lamenter, mendier l´aide. Comme toujours.

Cette maladie quoique frappant le monde entier, se développe particulièrement vite là où l´ignorance, l´analphabétisme et le manque évident d´organisation sociale et surtout de concertation sociologique sur les préventions nécessaires pour combattre ce fléau.

Ne serait-il pas temps, par exemple :

-           De créer des centres médicaux réservés à ces malades, plutôt que de laisser

            ces infectés mettre les autres malades en danger ?

-           Ne faudrait-il pas, à l´instar des autres continents, entamer une campagne d´information sexuelle par laquelle le danger de cette maladie pourrait être divulgué, et ainsi mieux combattu ? A partir de la 5ième année primaire, presque partout dans le monde, un cours de sexualité a été instauré dans les pays industrialisés ; pourquoi pas en Afrique ?

-           Pourquoi l´Afrique joue-t-elle la pudique quand sa population meure à la pelle ? Croit-elle que cette maladie disparaîtra avec des prières ou du gri-gri ? Les états africains se rendent-ils compte que cet effondrement de la population va amener de graves problèmes existentiels pour leurs institutions, la santé publique, la famille, l´avenir entier de leurs Etats ?

-           Ne faut-il pas prendre des mesures pour protéger les citoyens sains, et de veiller à ce que le nombre de malades diminue ?

Je pense qu´il est grand temps de changer de mentalité. De réagir énergiquement

afin que ceux qui sont sains ne se retrouvent pas à être infectés par des transfusions

sanguines infectées, par exemple. Notons à cet effet que pendant que la France et

l´Allemagne faisaient, en 1986 de grands procès de contamination dans leurs pays

respectifs, personne ne fit attention au sang infecté exclus de l´utilisation et promis à

la destruction. Ces produits infectés prirent cependant discrètement le chemin de

l´Afrique grâce à des hommes d´affaires occidentaux véreux et criminels. Loin des

yeux, loin de la justice ; après tout les nègres pouvaient mourir à l´autre bout de la

terre, qui s´en soucierait ?

Les voyous sont partout. En Afrique, ceux qui acceptèrent ces lots de produits

sanguins sans les analyser ou demander la certification de contrôle sanitaire et

d´origine sont tout autant criminels que ceux qui avaient soustrait ces produits interdit

à la destruction pour les revendre en Afrique à bas prix. Encore une fois l´Afrique

était victime de sa pauvreté, de son manque d´organisation, de sa naïveté quant à

tout ce qui venait de l´occident.   

Certes, ceux qui disent que cette maladie a été insufflée à l´Afrique à partir de 1957

par des vaccins douteux, que l´Apartheid y a mis du sien etc... Tout à fait d´accord,

mais maintenant que l´enfant est tombé dans le puits, ne faut-il pas penser à le

sauver et le protéger d´abord, au lieu de faire morale et prédictions ?

Que se passe-t-il avec l´homme noir, ne comprend-t-il pas qu´il vaut mieux agir et

prévenir que subir éternellement une situation qui pourrait s´avérer dangereuse pour

l´avenir de sa population grandement menacée ?

J´élève à cet endroit une accusation sévère contre l´église catholique qui prescrit aux

adeptes africains de se garder d´utiliser les préservatifs parce qu´elle a l´habitude de

vivre des enfants des autres, et pour soutenir une politique de promotion natale qui

correspond à la stérilité et à la dépopulation en Occident. Cette religion n´est sortie ni

de son passé criminel et esclavagiste, ni de son idéologie bornée et raciste. Et Dieu

du ciel, que fait-elle en Afrique où Dieu est noir ?

Une religion douteuse qui s´est toujours mise, toute l´histoire humaine durant, aux

Côtés des voyous et de tous les bandits de la terre, pourvus qu´ils fussent blancs a le

grand toupet de revenir en Afrique après avoir recommandé l´esclavage des noirs

pour leur dire que Dieu était blanc ! Décidément, comme on peut être criminel

invétéré ! Ce n´est que de l´aliénation mentale, tout cela. Qu´ils plient leurs bagages

eux, leurs jésuites, leurs baptistes et rentrent chez eux. Sur ce continent de Patrice

Lumumba, de Simoni Kimbangu, de Kimpa Mvita, de Kwame Nkrumah Osangiefo, de

Modibo Keita, d´ Abdel Nasser, de Thomas Sankara ; Dieu n´est ni un bandit, ni un

criminel. Il est grand temps de protéger nos enfants contre une telle horde

impénitente.

Et en ce qui concerne cette vile et longue maladie, comme on la nomme en Afrique

pudiquement, je souhaite de tout cœur qu´elle soit l´occasion à nos enfants de

redécouvrir l´Amour, ce sentiment vrai, pur, sincère et confiant qui protège d´actes sexuels hasardeux et pour le moins dangereux. A moins, bien sûr de toujours garder la tête froide et d´user de préservatifs.   

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com