06 février 2006
Afrique: culture et dialectique culturelle
Sur le cinéma africain à Hollywood
Commentaire sur africara
Culture, dialectique culturelle et miroir de jugement culturel.
( 06 Février 2006 19H44 )
Un philosophe français, de tous ceux qui aiment à se concéder ce titre malgré qu´ils n´ont ni le talent visionnaire et profond de la réflexion, ni celui critique et averti du jugement discursif, disait: "On ne peut pas vivre et se regarder vivre; on ne peut pas être à la fois au balcon et se regarder passer dans la rue." Encore une fois une de ces aberrations grossières et gratuites ; sinon, un couple qui fait l´amour ne se voit-il pas en train d´élever son enfant? Ou encore, lorsqu´on élève un enfant sous certaines valeurs, ne voit-on pas cet enfant en train de défendre ces mêmes valeurs lorsqu´il aura grandi? Ceux qui produisent des voitures, des articles, ne se voient-ils pas en train de les consommer? Ce qui a manqué à ce philosophe, ou plutôt ce qu´il a sciemment ignoré, en réalité parce qu´il sous estimait et plutôt médiocrisait l´être humain, c´est la capacité de celui-ci à se transcender; à se projeter dans l´imaginaire pour extrapoler une situation causale réelle.
Pour le cinéma africain, comme pour la culture, l´histoire et la civilisation de l´homme noir; la culture occidentale en fait ce qu´elle veut avec un ridicule honteux et plutôt pénible. Cela rappelle la religion chrétienne qui pendant 2000 ans de bible et ses dix commandements, n´est pas arrivée à produire l´occidental civilisé, juste, vertueux, épris de paix et d´équité; mais elle s´en va en Afrique prêcher le catéchisme et la grandeur du Dieu blanc. Sans garantie. Pourvu que le nègre s´empoisonne et s´aliène avec cet instrument de racisme et de domination.
Hollywood, c´est le lieu de mystification et de propagande du monde blanc; ils essaient désespérément à fabriquer leur nègre, à l´enfermer derrière des clichés et des vues qui ne reproduisent que leurs complexes, leur médiocrité et leurs propres défauts. Mais ils doivent en fin de compte s´avouer qu´ils n´auront saisi ni l´esprit, ni l´âme noire pour l´emprisonner définitivement. Dieu merci. Simoni Kimbangu, avec ironie et sarcasme disait: " Ce qu´ils sont venus chercher en Afrique, ils ne le trouveront pas". Sage prophète qui avait bien compris ces tentatives effrénées à saisir le vent.
Seuls les noirs savent toucher leurs propres âmes, et malgré tous les faux clichés, malgré tous les mensonges et les faux visages que l´homme blanc s´efforçait de les revêtir, ils restent pour lui un mystère, une identité insaisissable. Et c´est bien ainsi.
Pour ce qui est de cinéastes africains en mal d´audition, de succès ou de financement, il faudra se chercher les moyens en "lavant les assiettes" (sens imagé) ou attendre que les sociétés noires découvrent la valeur et l´importance de la représentation imagée. Et entre temps, soigner les romans, le script et se rapprocher le plus près possible de soi-même, pour éviter de devenir une caisse à résonance occidentale, un faux en somme. L´homme noir ne veut ni devenir blanc, ni être un zombie fabriqué par l´humeur et la bienveillance occidentale. Les temps mûriront bien, et le cinéma africain connaîtra sa saison. Mais ce sera la sienne et celui de son idéal propre, de ses propres sentiments, de sa propre réalisation ; pas celle des autres.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.