Egyptologie, d´accord; mais pas de déni de réalité. 

Commentaire sur Afrikara

( 09 Février 2006 22H51 )

Je suis un grand admirateur de Cheikh Anta Diop et de son oeuvre que je considère comme incessible à l´histoire africaine, et cependant, j´estime qu´il ne faut pas perdre de vue la réalité à laquelle nous sommes confrontés et ses imminents devoirs de réalisation réelle et de participation active à la défense et à la promotion de l´avenir. Et il faut l´avouer franchement, depuis 600 ans, l´empire capitaliste occidental, par des moyens des plus ignominieux, nous empêche sournoisement d´exercer nos devoirs envers notre histoire, notre avenir, notre sensibilité socioculturelle.

Le bâton d´Ishango a prouvé qu´au Congo, il y a de cela 22.000 ans, les mathématiques étaient nées et connaissaient un usage quotidien. Ce fait pour peu anodin soit-il met l´histoire de l´homme noir sur un tout nouveau piédestal car il montre que contrairement à toutes les allégations malveillantes occidentales, la science et plus précisément la logique rationnelle et la quantification abstraite étaient de la maîtrise de l´homme noir. On a vu avec quel mal l´occident a essayé de s´approprier la civilisation égyptienne, et elle fut bien déçue de constater que bien de pharaons égyptiens étaient noirs, et parmi eux Toutankhamon. Pas étonnant que Napoléon, en Egypte, fit briser le nez négroiide des pyramides pour effacer les traces de l´historicité noire. On aura tout vu des occidentaux. Des dissertations géologiques furent faussées pour tirer des conclusions avenantes aux théories raciales blanches et même le bâton d´Ishango découvert en 1950 par Jean de Heinzlin de Braucourt est jalousement conservé à Bruxelles, en Belgique. Pauvreté intellectuelle que tout cela.

Et cependant, au delà de l´étude et la compréhension de l´histoire passée de l´homme noir, nous devons tirer rapidement des conclusions qui nous permettent de revenir plus assurés et plus riches de contenu critique et de créativité afin de mieux maîtriser notre présent et prévenir notre futur. L´histoire Egyptienne quelque belle qu´elle soit, ou celle des passés des peuples africains ne doivent devenir une retraite ou un prétexte pour nous y cacher, pour nous faire oublier nos devoirs envers le présent et l´avenir. Car c´est seulement dans la fête du présent et l´enchantement de l´avenir que chaque être humain, que chaque culture, que chaque race découvre et célèbre les valeurs véritables de son passé.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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