Lu pour vous :

Nations Noires et culture

De Cheikh Anta Diop

Le génie inépuisable de Cheikh Anta Diop.

Nations noires et culture est une oeuvre ambitieuse, monumentale par son importance dans le temps et l´espace. Et ce que beaucoup de lecteurs ne parviendront pas à assimiler, hélas parce qu´il s´agit de sa part de créativité inductive, d´incitation au novum intellectuel, parce qu´ils en ont pas les moyens: c´est cela le génie véritable de chercheur passionné. Découvrir le passé, l´analyser, le comprendre et s´en nourrir pour résoudre, maîtriser et parfaire le présent afin que l´avenir se nourrisse des aubes et des murmures vertueux du passé. C´est cela qui me manque ou me choque lorsque j´entends des lecteurs instruits cocarder cette oeuvre multidimensionnelle. Il ne s´agit pas seulement de lire et de d´en abreuver une simple fierté, il s´agit d´aller à la rencontre d´un esprit riche et profond, d´utiliser l´instrument de la connaissance et de construire le mobil qui mène dans le futur. Voilà la vérité. Mieux que remettre ou rendre à l´homme noir sa fierté et sa mémoire, il incite à retrouver l´ombre du passé que beaucoup, sous les hordes islamisantes et christianisantes, ont égaré. Cette œuvre est aussi un rappel des valeurs, de la richesse morale, éthique et critique d´une des plus belle et des plus riche histoire humaine.

Cheikh Anta Diop a offert son travail avec amour à ceux qu´il aimait profondément en leur dévoilant leur mémoire oubliée, en leur prouvant qu´ils sont plus grands qu´ils ne le pensent, qu´ils doivent se guérir de leurs complexes et de leur passivité pour entreprendre et faire preuve du meilleur d´eux-mêmes, en le confrontant aussi à l´art et à la technique existentielle des "autres". Parce que l´existence, ce n´est rien d´autre que cela: cultiver et épanouir sa sensibilité dans la mesure la plus belle et la plus large, afin d´y réaliser nos désirs les plus exigeants, nos attentes les plus tendres, nos rêves les plus fous. Et dans ce sens, un hommage respectueux et inégalable à ce grand homme, à ce grand africain.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Importante remarque

Pour mieux comprendre et apprécier à juste titre la vie et le ou les œuvres de Cheikh Anta Diop il faut savoir qu´il va à la démystification d´un des plus grands mensonge de l´histoire : l´allégation occidentale selon laquelle l´homme noir serait sauvage, inculte, incapable d´historicité. Et il le fait brillamment et montre par là qu´un complot historique de la plus fourbe des sournoiserie a été mis sur pied et entretenu par les intellectuels, les chercheurs, les hommes politiques, les philosophes européens pour s´accaparer non seulement des richesses de l´homme noir et de son continent, mais aussi de sa mémoire sociohistorique et de son avenir socioéconomique. Il fut donc du devoir de Cheikh Anta Diop, en africain convaincu à rendre à ses frères leurs biens volés, et mieux : leur rendre leur conscience historique mise à mal sciemment par l´islam et les hordes occidentales.

L´Historien africain réputé Théophile Obenga, explicite ce que recouvre le concept de conscience historique :

"La prise de conscience de l'histoire est un double acte : (a) acquérir une conscience de plus en plus aiguë de la profondeur historique du monde tel qu'il a vécu ; (b) et aussi, corrélativement, acquérir une conscience de participer à l'histoire, de faire l'histoire. La conscience historique est de l'ordre de l'éveil, de la possibilité de choix, c'est-à-dire, en bref, de l'ordre m me de la liberté. Les "accidents" de l'histoire (traite négrière, colonisation, traumatismes économiques, politiques, culturels, psychologiques) ont rendu le peuple africain noir amnésique : la mémoire historique collective du peuple africain a été atteinte, profondément. Cheikh Anta Diop a entrepris une œuvre fondamentale pour la restauration de la conscience historique africaine. ..."

Et pour s´affermir sur ce thème très riche et poignant, je propose à mes lecteurs cette bibliographie qui ouvre bien plus sur l´escroquerie et le meurtre intentionnel perpétré sur la race noire :

Histoire Générale de l'Afrique, Volume VII, L'Afrique sous la domination coloniale, 1880-1935, Paris, UNESCO/NEA, 1987.

Cf. J. E. Inikori, Histoire Générale de l'Afrique, " La Traite négrière du XVème au XIXème siècle ", Etudes et Documents 2, Paris, UNESCO, 1979, 1985.

Cf. J. E. Inikori in Histoire Générale de l'Afrique, " La Traite négrière du XVème au XIXème siècle ", Etudes et Documents 2, Paris, UNESCO, 1979, 1985, pp. 64-97 et Histoire Générale de l'Afrique, volume VII ; L. M. Diop-Maes, Afrique noire : Démographie, sol et Histoire, Paris, Présence Africaine/Khepera, 1996. L'auteur y établit que la population de l'Afrique subsaharienne au XVIème siècle était de l'ordre de 600 millions d'habitants.

Cf. Louis Sala-Molins, Le Code Noir ou le calvaire de Canaan, Paris, Presses Universitaires de France, 1987.

A. Hochschild, Les fantômes du roi Léopold - Un holocauste oublié, Paris, Belfond, 1998 ;

Rosa Amélia Plumelle-Uribe, La férocité blanche - Des non-blancs aux non-aryens, génocides occultés de 1492 à nos jours, Paris, Albin Michel, 2001.

Cf. Daniel Noin, 1999, La population de l'Afrique subsaharienne, Editions de l'UNESCO, pp. 19-24.

Franz Fanon, "Racisme et Culture", Actes du 1er Congrès International des Ecrivains et Artistes Noirs, Paris, Sorbonne, 19-22 septembre 1956, Présence Africaine, n¡spécial, pp. 122-131; Le Projet de l'Unesco : "La Route de l'esclave", lancé en 1994.

Cf. T. Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Paris, Présence africaine/Khepera, 1996 ; Les derniers remparts de l'Africanisme, Revue Présence Africaine, n°157, 1er semestre 1998, pp. 47 à 65.

Même Léo Frobénius qui a décrit les civilisations africaines, notamment celle du peuple Yorouba du Bénin, développe, dans son livre Mythologie de l'Atlantide, la thèse de leur origine grecque (Paris, Payot, 1949, pp. 10-34 par exemple)

Weber Ndoro, "Zimbabwe, cité africaine", Pour la Science, n°243, janvier 1998, pp. 74-79.

Arnold Toynbee, L'Histoire, Paris-Bruxelles, Elsevier Séquoia, 1978.

Cheikh Anta Diop, Nations nègres et Culture, Paris, Présence Africaine, 1954, 1979, p. 62.

Champollion Figeac, Égypte ancienne, Paris, Editions Didot, 1839, pp. 26-27 ; cité par Cheikh Anta Diop dans Nations nègres et Culture, 4ème édition, 1979, p. 69.

M. C. F. Volney, Voyage en Syrie et en Egypte pendant les années 1783, 1784 & 1785, Tome I, Paris, 1787, pp. 74-77 ; cité par Cheikh Anta Diop dans Nations nègres et Culture, 4ème édition, 1979, pp. 57-58 ; cf. aussi édition de 1959 publiée avec une introduction et des notes de Jean Gaulmier, Paris, Mouton & Co La Haye, pp. 61-64.

Interview de Cheikh Anta Diop, Alger, 1982 ; cf. Compact Disque Cheikh Anta Diop, UNESCO/RFI/CNP-CAD-X/KHEPERA, 1996.

Cheikh Anta Diop, Nations nègres et Culture, Paris, Présence Africaine, 1954, 1979, p. 286.

Pascal Blanchard, Eric Deroo, Gilles Manceron, Le Paris Noir, Paris, Hazan, 2001.

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boetsch, Eric Deroo, Sandrine Lemaire (ouvrage collectif sous la direction de) Zoos humains, de la vénus hottentote aux reality shows, Paris, éditions la découverte, 2002.

Robin D. G. Kelley, Earl Lewis, A history of African Americans, Oxford, New York, Oxford University Press, 2000, pp. 199-201,

Molefi Kete

Asante

, Historical Atlas of African Americans , New York, Macmillan Publishing Company, 1991, p. 71.

Oruno D. Lara, in Histoire Générale de l'Afrique, " La Traite négrière du XVème au XIXème siècle ", Etudes et Documents 2, Paris, UNESCO, 1979, 1985, pp. 111-124 et Histoire Générale de l'Afrique, volume VII.

Elisabeth et Robert Badinter, Condorcet - Un intellectuel en politique, Paris, Fayard, 1998, pp. 171-175.

Cf. Stephen Jay Gould, La Mal-Mesure de l'Homme, Paris, Editions Odile Jacob, Nouvelle édition, 1997, chapitre 1.

Aimé Césaire, Discours sur le Colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955, p. 10.

Cf. Histoire Générale de l'Afrique : volume III : L'Afrique du VIIème au XIème siècle et volume IV : L'Afrique du XIIème au XVIème siècle, Paris, UNESCO/NEA, 1990, 1985.

De 1854 à 1865. Louis Léon César Faidherbe (1818-1889) avait été affecté en Algérie et en Guadeloupe avant d'être envoyé au Sénégal.

T. Obenga, Cheikh Anta Diop, Volney et le Sphinx, Paris, Présence Africaine/Khepera, 1996, p. 359.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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