En Editorial de sélection Réalisance

Le syndrome de Thiaroye

 

Retour Sur un autre Massacre de l’armée Française

Mesdames et Messieurs,

Chers frères et sœurs des communautés du Tiers Monde,

Amis Européens, hommes et femmes de bonne volonté,

C’est vers vous que convergent nos pensées à la veille du 61em anniversaire du massacre criminel de Thiaroye.

Lorsque nous évoquons les souffrances de nos malheureux peuples africains, il y a très souvent des petits esprits, ces esprits pernicieux qui à force de compromis et de compromissions, nous ont conduit dans les impasses du temps présent, qui surgissent de leur boîte pour faire croire que nous sommes anti-français.

Le peuple français A apporter à travers sa révolution de 1789 une contribution indélébile à la cause de la liberté et ce n’est pas l’historien que nous sommes qui jettera la pierre au peuple français, mais savons que la démocratie peut être détourné par des esprits malfaisants, Benito Mussolini et Adolphe Hitler furent des exemples néfastes, c’est pourquoi nous ne devons plus croiser les bras et regarder sans broncher la bête immonde, s’emparer de nos vies.

Certains disent aussi avec la même facilité de jugement que nous sommes des partisans du retour sur le passé, voir même des passéistes rétrograde il n’en est rien du tout chers amis, car l’immensité de notre devoirs de mémoire, nous impose de savoir raison garder devant ces petits esprits qui n’ont que l’impasse comme projet de société.

Non, mesdames et messieurs, une amitié pour être durable doit se nourrir de vérité et nous ne serions jamais dans les rangs de ceux qui chercheront à plaire à la France. Les nègres de service, la France en a eu suffisamment à travers l’histoire. Il s’agit ici d’évoquer notre douleur, pour que ceux qui sont en face de nous sachent qu’ils n’ont pas affaire à des amnésiques.

C’est une démarche thérapeutique nécessaire pour sortir du traumatisme dans lequel les peuples africains sont plongés depuis les indépendances.

Le passé, ne passe donc pas, tant que les vainqueurs d’hier continuent aujourd’hui d’exécuter devant nous, leur danse macabre.

Le passé ne passe pas, car notre histoire reste à écrire, nous ne nous contenterons donc pas des explications laconiques et de l’arrogance continue des vainqueurs d’hier.

Nous devons penser et repenser notre avenir dans le monde, sans nous mettre à la remorque des autres.

C’est ce qui nous motive dans notre retour à Thiaroye le 1er décembre 1944, il y a exactement 61ans, beaucoup d’entre nous n’étaient pas encore nés.

La mutinerie de Thiaroye, est une journée qui a sombré dans l’oublie, car la mémoire est l’organe le plus fragile du corps humain, c’est pourquoi il est de notre devoirs d’y revenir pour que le monde se souvienne d’eux, ces braves anciens combattants africains des deux guerres mondiales, qui étaient des guerres entre blancs et qui en définitive, ne les concernaient nullement pas.

En automne 1944

Bien que la guerre ne soit pas finie, la France décide de libérer une bonne partie des « tirailleurs sénégalais » recrutés sur l’initiative du Général De Gaulle. Nous savons qu’ils n’étaient pas tous sénégalais, car toutes les colonies françaises d’Afrique et de Madagascar avaient envoyé des hommes pour aider la France, vaincue et occupée par l’Allemagne.

Nous rappelons que son propre gouvernement, (Pétin-Laval) avait renoncé au combat pour se complaire dans la collaboration avec le régime du reich. C’était donc un pays démoralisé et traumatisé que nos parents sont allés aider à se libérer au prix de leur vie.

Après plusieurs mois de manœuvres dilatoires, de fausses promesses, de mensonges et de traitements discriminatoires, les autorité françaises démobilisent 1 280 soldats africains dont la plupart sont des prisonniers survivants des front stalag ( camp de travail ) allemands, ils arrivent à Thiaroye à 15 km au sud-est de Dakar la capitale de l’AOF.

Avant leur embarquement pour le Sénégal, le ministre des colonies avait par écrit pour informé le gouverneur général d’AOF, pour autoriser une série d’avantages matériels et financiers en leur faveur et promis que leurs arriérés de salaires ou pécules, seraient versé à leur arrivée à Dakar. Ainsi que des vêtements civils et une prime de démobilisation de 500 F par personne.

Mesdames et Messieurs, le document que nous citons ici se trouve présentement dans les archives nationales du Sénégal à Dakar. Nous signalons que les Allemands avaient conformément aux accords de Genève sur les prisonniers de guerre, payés un pécule aux soldats africains ayant travaillé dans les camps de travail allemands.

Ainsi certains africains avaient sur eux 10 000 à 15 000 F métropolitain ce qui représente des années de salaires d’un fonctionnaire de l’administration coloniale française.

Ces montants substantiels accrurent sans doute la tension entre soldats africains et français. Pour les officiels paternalistes français, la détention par les soldats africains de sommes aussi importantes rendait moins urgent le paiement de ce qu’on leur devait comme reliquat de salaires et d’indemnités de démobilisation.

Les soldats africains furent ulcérés par la manière révoltante dont les officiels français étaient en train de les traiter et voyaient en leur comportement le signe que le système colonial demeurait inchangé, incapable d’apprécier le sacrifice qu’ils avaient consenti pour gagner ces maigres pécules qu’ils réclamaient. En tout cas ils étaient décidé à et résolus à défendre leurs intérêts.

Le 1er décembre 1944,

La tension est à son comble, les Français utilisent en de pareille circonstance le mot : paroxysme, et c’est en ce moment que les officiels français prennent la stupide décision de disloquer et d’affaiblir la cohésion du groupe des anciens combattants africains qu’ils sont incapables de payer.

Pour briser leurs revendications ; ils décidèrent dans une nouvelle manœuvre dilatoire de diviser les 1 280 hommes en petits groupes plus faciles à manipuler et de leur renvoyer aux gouverneurs de leurs colonies d’origine.

Un premier groupe de 500 hommes fut désigné pour prendre le train de Dakar-Bamako. Ils refusèrent d’embarquer avant d’être payé et quand les l’autorité militaire française voulut les contraindre par la force, la révolte éclata, le Général Dagnan, commandant militaire de la région de Dakar qui était parmi les tirailleurs au moment des faits fut pris en otage, ce fut le point de départ de la répression sanglante.

Les autorités françaises et surtout le général De Boisboisel, commandant des forces françaises en AOF, ordonnent aux militaires français du camp de Thiaroye de tirer sur les anciens combattants africains dont la plupart étaient des anciens prisonniers et survivants des fronts stalag (camps de travail allemands.)

Mesdames et Messieurs, chers frères et sœurs des communautés du tiers monde, amis européens, les anciens soldats africains qui avaient débarqué à Dakar le 21 novembre 1944, étaient préalablement désarmés et parqué dans le camp de Thiaroye, encerclé par les militaires français armés de mitraillettes, ce fut le carnage, une boucherie digne de la France, bref un immense bain de sang, les braves militaires français s’en sont donnés à cœur joie ce jour là et cet fut une tragédie inexcusable.

35 morts, 35 blessés graves, 850 blessés légers, 34 inculpations et 34 condamnations à des peines de 1 à 10 ans de prison ferme pour insubordination, refus d’autorité et mutinerie.

A cela s’ajoutent des amendes de 10 000f, Mieux encore, les 34 inculpés furent exhibés en petite tenue dans les rues de Dakar sous forte escorte militaire afin d’intimider la population. Nous parlons ici de faits réels et non d’un roman de science fiction.

Mesdames et messieurs, nous rapportons ici des faits, vérifiables, nous demandons qu’un seul français nous porte la contradiction sur les faits que nous évoquons dans ces lignes et nous nous ferons le plaisir de brandir l’extraordinaire plaidoirie de maître Lamine Gueye, qui fut l’avocat des soldats africains de Thiaroye , devant le tribunal de Dakar, qui est considérée aujourd’hui, comme un document d’anthologie dans l’histoire du barreau africain, il plaida la relaxe pure et simple de ses clients.

Ce document se trouve dans les archives nationales du Sénégal et est facilement accessible. Malgré l’évidence des faits la justice française, cette justice teintée de racisme condamna sévèrement les anciens combattants africains, curieuse justice, celle qui condamne les victimes. La France a manqué à ses devoirs de dignité ce jour là, c’est pourquoi elle se couvre aujourd’hui du manteau puant et gluant de son éternelle hypocrisie.

Alors quand la France et les Français se gargarisent des mots bon marché de liberté, de fraternité et d’égalité ainsi que de patrie des droits de l’homme, nous devons les prier de se regarder bien en face et d’avoir un minimum de retenue pour nos morts, c’est à dire ceux qui ont été des victimes de la méchanceté criminelle, d’un pays sans honneur qui s’appelle la France.

Les condamnations

Parmi les 18 combattants africains qui furent condamnés à des peines sévères de 5 à 10 ans de prison figurent :

6 Guinéens

4 Soudanais, on dit maliens aujourd’hui

3 Sénégalais

2 ivoiriens

1 Dahoméen, on dit béninois aujourd’hui

2Voltaïques, on dit Burkinabés aujourd’hui

D’autres avaient purgé leurs peines, certains sont morts en prison et les survivants ont été graciés en 1947 par une loi d’amnistie du président de la République française, le socialiste Vincent Auriol.

Celui qui semble avoir été l’âme de la révolte des anciens combattant de Thiaroye était un Guinéen du nom de Karimou Sylla, originaire de la ville de Kankan, c’est ce qui explique la déférence et tout le respect dont les Africains entourent les Sylla aujourd’hui encore en Guinée, au Mali, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, les Sylla sont des hommes de conviction, qui n’ont jamais goûté au pain de la compromission, de la trahison et de la lâcheté bon marché.

La tragédie de Thiaroye fut un immense choc pour les Africains. Elle creusa un grand fossé entre les peuples africains et le gouvernement provisoire de la République français que dirigeait le général De Gaulle. Car De Gaulle n’avait pas condamné les massacres de Thiaroye.

Mieux encore en tant que chef du gouvernement Provisoire de l’après guerre, il n’avait même pas daigné amnistier, les soldats africains qui avaient soutenu la France dans sa guerre contre l’Allemagne.

Le cynisme de son comportement devant une telle tragédie, renforça le camp des sceptiques qui doutaient de la sincérité des promesses faites à la conférence de Brazzaville en Janvier-février 1944 par le même général De Gaulle sous la pression des événements.

La tragédie de Thiaroye fut une grande désillusion pour les peuples africains, une blessure au cœur de tous les anciens combattants africains qui reprochèrent à la France ses doubles langages, son cynisme et son ingratitude.

La tuerie de Thiaroye a soulevé une vague d’indignation dans toute l’Afrique, ce fut l’événement de référence qui a déclenché brutalement la prise de conscience des sujets coloniaux et qui a donné le point de départ à la lutte d’émancipation africaine.

Le syndrome de Thiaroye

Aujourd’hui encore, le fils d’ancien combattant africain que nous sommes utilise l’expression « syndrome de Thiaroye » pour désigner les manœuvres dilatoires de la France, le reniement de sa parole les mascarades indignes et autres massacres de types néo-coloniales, tels que ceux perpétrés par l’armée française, en Côte d’Ivoire du 4 au 9 novembre 2004 qui ont fait 62 morts et 1306 blessés. La force française licorne a montré durant ces jours sombres le vrai visage d’une armée d’occupation.

Pendant six jours les officiels français avaient nié que leur armée sensée être une force de paix avait tiré sur des populations civiles sans arme. C’est une habitude française de nier les évidences, la France a nié l’usage de la torture en Algérie pendant 40 ans, jusqu’à ce que le général Ausaresse se vante à travers un livre d’avoir lui-même torturé des algériens.

Il a fallu qu’une télévision française montre les images de chars français déployés dans les rues d’Abidjan et celle d’un hélicoptère mitraillant la foule pour que le peuple français découvre le mensonge et le cynisme des dirigeants politiques français.

Le syndrome de Thiaroye a failli s’emparer des officiels français à la faveur de la récente crise des banlieues françaises, car les mêmes petits esprits pernicieux qui ont favorisé la tragédie de Thiaroye sont brusquement sortis de leur boîte pour demander au gouvernement d’envoyer l’armée française rétablir l’ordre dans les banlieues enflammées par la politique puante et hypocrite de l’exclusion sociale.

Les Africains doivent attendre encore longtemps et même très longtemps, quand un président français qui a le sens de l’honneur arrivera au pouvoir pour solder le compte des pécules et autres pensions des anciens soldats africains des guerres françaises.

Aujourd’hui la pension d’un ancien combattant français est de 690 euros

Pour un Sénégalais elle est de 230 euros, pour un Marocain elle de 61 euros, pour un ivoirien il est de 50 euros, comme vous le constatez, la France patauge aujourd’hui encore dans sa discrimination pathologique des noirs ainsi que ses tergiversations mesquines.

Car là où les Allemands avaient versé à chaque africain un pécule pour les travaux effectué dans les camps de travail. La France qui se dit la patrie des droits de l’homme n’est même pas capable d’égaler le sens de l’honneur allemand.

Myopie politique de la France officielle dans la crise ivoirienne

La France officielle, le président Jacques Chirac en tête et les spécialistes du Quai d’Orsay, doivent tirer une leçon morale de la crise ivoirienne, ne plus jamais demander à un pays d’abdiquer devant une rébellion, les accords de Marcoussis, qui légitiment la rébellion, ont été considérés par l’Afrique entière comme un soutien de la France à la rébellion. Imaginez-vous le Gabon occupé dans sa partie Nord par une rébellion et une conférence à Paris obligeant le président Omar Bongo à siéger au gouvernement avec le Ministère de la défense, le Ministère de la sécurité et le Ministère de l’intérieur détenu par la rébellion.

Il ne faut pas s’étonner de l’inapplicabilité des accord de Linas Marcoussis, car le but recherché n’était pas d’aider la Côte d’Ivoire à sortir du cauchemar de la guerre, mais d’affaiblir un chef d’état qui n’est pas soumis au président français et aux multinationales Françaises qui font la pluie et le beau temps en Afrique.

Aucun Français n’acceptera que pour résoudre la crise des banlieues, qu’on siège au gouvernement avec les racailles d’hier au ministère de la défense et de la sécurité, c’est non seulement absurde, mais c’est une chose que même les chiens n’accepteraient pas. C’est ce mépris qui a nourrit la colère des ivoiriens contre la France chiraquienne.

Cette incapacité du gouvernement français à voir loin, cette myopie qui a amené les USA à coopérer avec Ben Laden hier, est la même qui a poussé la France à croire qu’elle pouvait composer avec une rébellion dont le leader n’a pas fini ses études avec à ses côtés des collaborateurs illettrés. Voilà ce que la France propose aux ivoiriens comme avenir.

Cette incapacité à voir loin provient aussi du fait que les officiels français n’ont pas pu ou su voir de près. Voir loin, chacun le sait ne suffit pas, et l’intelligence de l’avenir exige simultanément une capacité à lire et à interpréter le présent, ce qui n’est pas toujours évident avec les officiels français, Jacques Chirac en tête.

Ce problème en apparence simple a été formulé de manière limpide par un poète << qu’y a-t-il de plus difficile au monde ? >> disait Goethe. Il répondait aussitôt <>. Dans la crise ivoirienne, les officielles Français ont vu de leurs yeux qu’il y a des choses que les Africains et les ivoiriens en particulier ne sont plus prêts à accepter les massacres à la chaîne.

En définitive les Africains d’aujourd’hui n’ont aucune considération pour la France et son armée, qui ont érigé le massacre des populations civiles comme moyen de perpétuer l’honneur perdu de la France à Thiaroye, le 8 mai 1945 répression sanglante à Sétif et Guelma en Algérie 20 000 morts, même l’aviation française fut réquisitionnée pour bombarder les zones insurgées.

Le 29 mars 1947, une insurrection éclate à Madagascar, des renforts sont rapidement acheminés et ce fut le carnage des milliers de civils sont abattus et massacrés à la baïonnette des villages rasés, 100 000 morts, la pacification de Madagascar est le grand oublié des massacres coloniaux.

Le 17 octobre 1961, la France du général De Gaulle ordonne la répression criminelle d’une manifestation sur l’initiative de la fédération de France et du FLN dans les rue de Paris et en banlieue. Cette manifestation visait à dénoncer le couvre-feu raciste imposé au « français musulmans d’Algérie » la police parisienne était commandé par le préfet Maurice Papon. Les manifestants furent mitraillés et massacrés, 900 morts en plein Paris.

Certains furent jetés dans la Seine après avoir été bastonné, ceux qui ne purent s’échapper furent rafler et pour être envoyé dans des centres de rétention où ils furent torturés, certains furent même pendus à des arbres dans les bois. Le savoir-faire de Maurice Papon sous l’administration du Général De Gaulle, montre une fois de plus la collusion étroite entre les méthodes fascistes et coloniales. La France, fidèle aux syndromes de Thiaroye à occulté jusqu’à ce jour cette partie de sa propre histoire.

Massacre en pays bamiléké au Cameroun, entre 1960 et 1970, les forces camerounaises sous la direction de l’armée française commandée par le général Max Briand rasent le pays bamiléké 156 villages sont incendiés 40 000 personnes sont massacrées.

Le ministre des armées du général De Gaulle, Mr. Pierre Guillauma, a évoqué cette tragédie en des termes plutôt élogieux dans un livre de François Xavier Verschave : voici ce que déclare Mr. Guillauma : « Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamiléké avec Ahidjo et les services spéciaux. C’est la première fois qu’une révolte de cette ampleur a été écrasée convenablement. »

C’est le ministre des armées d’une des grandes démocraties du monde occidental qui parle. La postérité appréciera. Sincèrement, y-a-t-il des preuves plus convaincantes que celles, aussi claires, qui sortent de la bouche d’une personnalité de ce rang ? Jamais de mémoire d’homme, on a vu un pays qui accepte de façon aussi pertinente et triomphaliste la responsabilité d’un désastre aussi important contre les populations civiles d’un autre pays.

Le Génocide rwandais

N’oublions pas le génocide Rwandais, une commission d’enquête citoyenne émanant de la société civile française a examiné du 22 au 26 mars 2004, les documents, témoignages, les avis des experts qu’elle a réunis. L’implication de la France s’est révélée au-delà de ce que nous pensons.

La commission constate dans son rapport que les troupes spéciales françaises ont formé de 1991 à 1993 dans plusieurs camps d’entraînement, des milliers d’hommes de l’armée mono-ethnique du régime Hutu du Président Habyarimana, des hommes qui pour beaucoup allaient devenir les encadreurs du génocide. Cela n’est pas contesté.

-Un témoin visuel entendu par la commission assure que, déjà en avril 1991, des militaires français arrêtaient les tutsis à un barrage routier près de Ruhengeri, sur la base de leur carte d’identité ethnique, et les remettaient aux miliciens en route qui les assassinaient aussitôt ; le Président Rwandais, le Général Paul Kagamé a déjà dit dans une intervew à un quotidien français, qu’il détient des cassettes vidéo à ce sujet.

-Il n’est pas contesté que l’opération turquoise n’a rien fait pour empêcher les militaires et les miliciens du génocide de s’installer avec armes et bagages à quelques kilomètres du Rwanda.

- L’ autorité Hutu en fuite de la Banque nationale du Rwanda, a pu retirer en six prélèvements des sommes importantes à la Banque de France et à la BNP 2737 119,65 FF du 30 juin au 1er août 1994, pour la Banque de France 30 488 140,35 FF. La commission se demande comment des responsables du génocide en fuite et recherché de par le monde, peuvent arriver à Paris et oser effectuer des retraits bancaires, au nom d’institutions qu’ils ne dirigent plus ?

Ces sommes importantes, ne vont-elles pas alimenter des achats massifs d’armes, pour alimenter la reconquête du pouvoir par les Hutus ? C’est des questions qui ressurgiront demain.

La loi française du 25 février 2005

Pour ceux d’entre vous qui ne le savez pas, le parlement français, dans la présente législature à adopté une loi le 23 Février 2005 visant à la reconnaissance de l’œuvre positive de la France et de l’ensemble de ses citoyens qui ont vécu outre-mer pendant la période coloniale française.

Mesdames et Messieurs, devant un étalage aussi cynique d’arrogance, même un animal se poserait des questions de savoir : l’œuvre coloniale a été positive pour qui ? Le colonialisme a-t-il été seulement positive ? Le colonialisme français n’est-il pas coupable de crime contre l’humanité, de génocide, de racisme, de massacres, de négation des autres cultures et de domination des autres peuples ?

Le paternalisme est-il positif ? En définitive, quelle est la signification du terme « positif » ? Selon nous et de manière très générale, est positif tout élément ayant apporté un mieux, un bénéfice, un progrès. Seul un parlement déserté par l’intelligence peut tomber dans une telle médiocrité et voter une loi aussi stupide et insultante pour les peuples qui ont vécu dans leur chaire méchanceté criminelle du colonialisme français.

Car en définitif, observez les Britanniques, ils n’ont pas envoyé en masse des africains se battre pour eux, ils ont préféré eux même se mettre en première ligne pour affronter les canons et les balles de l’ennemi allemand.

Africains, étrangers vous êtes en France, étranges étrangers, vos pères étaient dans les tranchés de Verdun, ils se sont battu en Alsace, ils étaient en Indochine et ailleurs, étranges, étrangers ne baissez plus la tête les morts de Thiaroye nous autorise à vous dire que vous ne devez rien à personne. Vous n’êtes pas des fils d’un peuple ingrat. Vous êtes en France parce que ce pays est aussi le vôtre.

Léopold Sédar Senghor, qui joua un grand rôle dans la promulgation de l’amnistie des prisonniers de Thiaroye résume mieux notre propos dans hostie noire.

« Mille peuples et mille langues ont pris langue avec ta foi rouge

Voilà que le feu qui te consume embrase le désert et la brousse

Voilà que l’Afrique se dresse, la noire et la brune sa sœur,

L’Afrique s’est fait acier blanc, l’Afrique s’est fait hostie noire

Pour que vive l’espoir de l’homme ? »

Fait à Lugano en Suisse le 30 novembre 2005

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en communication

Directeur du Centre Africain d’Etudes Stratégiques

CP. 66 VEZIA

CH-6943 SUISSE

Phone. 004179.246.53.53

munkodinkonko@aol.com