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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

16 février 2006

Les maux du capitalisme hégémoniques, partial et centraliste

Hégémonie, partialité et centralisme financier

Sur l´article du 02/14/06 sur afrikara:

Terreurs et Terrorismes : Produits fatals de l’Hégémonie occidentale globale ?

Ze Belinga écrit notamment dans une analyse que Réalisance qualifie de brillante :

…Les victimes du monde étouffent, se suicident, s’entre-égorgent du fait de l’imparable faux de l’hégémonie globale occidentale, mentalement et matériellement concentrationnaire, à laquelle elles peinent à apporter une réponse stable et satisfaisante. L’économie carnassière dite du libéralisme vide les pays pauvres de leurs ressources naturelles, culturelles et humaines et fait régner sans vergogne l’empire du manque pour la masse des déshérités, les esclaves modernes, contre l’opulence insolente du petit nombre. Ces victimes innocentes des prédations économiques et de la vassalisation des élites africaines, ne sont guère à l’abri d’une guerre dite ethnique, instrumentalisée par les preneurs de pétrole, de diamants, de cacao, de cuivre, les ajusteurs structurels qui jettent les faibles dans le désarroi des solutions perdues d’avance.

Le moyen le plus courant de la violence hégémonique occidentale en Afrique est le soutien, l’installation, le maintien, la restauration de régimes tortionnaires afro-occidentaux, obligés des puissances coloniales, qui sous-traitent une rare barbarie globale appliquée localement. L’élimination systémique des élites, Lumumba, Cabral, Um Nyobe, … œuvre des nations coloniales, a préformé le chemin pour une violence politique structurelle de long terme puisque le consensus politique, l’adhésion populaire avaient été tués dans l’œuf… Des milliers d’innocents étaient donc programmés pour périr, les structures politiques étant aux mains de félons habiles manœuvriers, ou d’une soldatesque frustre, tous impossibles gouvernants au sens propre, équitablement dénués de sens de l’état et de vision politique. Le cas du Togo, et le remplacement d’une figure de proue de la boucherie politique françafricaine par son fils avec l’appui de l’ancienne puissance coloniale, la France, au prix de milliers de morts, innocents citoyens, traduit une variante du règne de la force, des tueries d’état, de la décimation humaine par l’hégémonie occidentale globale. Résistants ou simples passants, par milliers ils sont happés par la loterie des victimes de l’univers de l’odieux.

Pourtant cette évidence élémentaire est poussée au dehors, expulsées de séjour dans les consciences occidentales, malgré un regain d’intérêt des mouvements alternatifs et de citoyenneté militante. L’hégémonie occidentale utilise les réactions marginales des battus, vaincus, dominés, exploités et pillés du quotidien pour distraire par l’émotion, décérébrer, abrutir collectivement ses citoyens par les dispendieux moyens de communication de masse que sont la radio, la télévision et ses images triées sur le volet, simulant un effet de réel. Cette structure de mensonges et de calomnies sociétaux, de manipulation, et fabrication d’une opinion contenue dans la volonté et le projet des puissants est la base solide de la continuation des prédations occidentales ; elles-mêmes laboratoires des réactions et résistances sporadiques, violentes, surtout sans aucun rapport de proportion avec les victimes civiles en Irak, en Afghanistan, en Palestine, en Afrique.

Lutter contre la terreur et les terrorismes, c’est naturellement lutter contre toutes les formes d’occupations, d’invasions, d’expropriation, de colonisations, de présences, de violences quels que soient les acteurs, auteurs, commanditaires de ces barbaries. C’est aussi reconnaître les victimes innocentes de la planète et l’origine des balles, des armes militaires, économiques, politiques sous lesquelles elles tombent. Sortir de cette déontologie est rédhibitoire, c’est accepter ou promouvoir l’imposition sans résistance, d’une hégémonie occidentale menée au nom de tous les Alliées objectifs par les USA, et poursuivie par les autres puissances à travers le monde. Ces terreurs nous somment de nous incliner devant toutes les victimes, civiles, militaires, humaines, du Caire au Cap, de Londres à Bagdad, de Côte d’Ivoire en Palestine… Sincèrement avec la ferme volonté de contribuer à la disparition d’un ordre d’endiguement et de régression ontologique de l’humain.

   

Notre commentaire

Ah, Ze; bel enfant...ce talent! 

Oui, compact et de belle eau, les mots disent, chantent et dessinent le vrai tourment des hommes de bonne foi. C´est pourquoi ceux qui ont compris doivent se mettre à l´oeuvre et préparer pour demain un bien meilleur monde que celui qui nous a fait voir des vertes et des pas mûres. D´un autre côté, méfions-nous de cet islamisme démoniaque qui, tout aussi hégémonique et absolutiste, ne se gêne pas à terroriser, à bombarder les innocents dans la grande tradition de l´hégémonisme occidental. Et n´oublions pas qu´en Afrique, pendant 8 siècles, ils castrèrent, prirent en esclavage et vendirent tous ceux qui ne voulaient pas se convertir à l´islam; ils détruisirent nos cultures et nos civilisations et leurs criminels pèlerins de la Mecque nous imposèrent un legs que le traditionalisme africain a aujourd´hui difficile à se débarrasser: la circoncision des femmes. A quelque chose la contestation de l´existence de Jésus Christ en Italie m´attriste: il va me manquer ce grand garçon aux yeux bleus et aux cheveux blonds. Ni l´histoire n´a connu meilleure cachette derrière son nom pour les grands criminels occidentaux de la terre, et ni la race noire n´a été pillée, vilipendée, détruite et privée de droits et de libertés que sous son nom. Oui, il va me manquer parce qu´en vérité, tous ces abus ont été fait sans son assentiment et sans son bon vouloir, car lui n´a jamais ni tué, ni pris en esclavage, ni torturé avec la bénédiction de la papauté. Oui, Ze; c´est le temps pour l´hégémonie occidentale de plier bagage: elle avait sa chance et elle l´a perdue en crimes et manque de vision globale de la liberté et de la réalisation humaine; elle a voulu être partiale, raciale, dominante sans équité et sans grandeur d´âme morale, éthique et sans ce romantisme impartial qui fait la fierté et le rêve sacré de tout être humain. A la poubelle! Et que la Chine monte au firmament de l´histoire. Mais plus de saloperie, n´est-ce pas, messieurs les chinois! Ou sinon, ce sera reparti pour une nouvelle lutte sans merci.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com

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La liberté, svp ; pas de vide monument

Sur  la nouvelle : Les Verts parisiens demandent un monument pour les victimes du colonialisme.  

Le célèbre bal animé des bonnes intentions

Bonnes intentions...l´abolition de la francafrique et du paternalisme économique et financier français sur l´Afrique, ça ce serait la meilleure des victoires: une preuve d´humanisme et d´admission que la liberté, comme nous l´attendons d´un grand pays comme la France, est un bien, une définition universelle qui ne fait cas ni de la race, ni de la langue, ni de l´origine ou du pays de naissance. Car si tout ce bruit de beau monument, comme en Amérique pour les indiens ou en Allemagne pour les juifs n´entérinait que les vieilles idéologies de l´hégémonie blanche; ce ne serait que des vulgaires statues de pierre pour attirer les touristes et flatter les aveuglés. Et dans l´arrière pays de la périphérie, les criminels économiques, financiers et raciaux seraient encore mieux à l´oeuvre, couverts par le prétexte d´une fausse et vide reconnaissance. Lentement la France devrait se défaire d´offrir, comme pour la statue de la liberté aux USA de pompeux symboles plutôt injurieux pendant que l´homme noir, lui, subissait l´enfer sur ce nouveau continent. Pas de faux ou de l´idéalisme sournois. Au nom de tous les esclaves que la France a fait et fait souffrir, au nom de tous ses massacres publics et ses exterminations passées; mais aussi au nom d´une France humanitaire et juste qui a combattu pour les droits de l´homme et sa liberté, nous avons le droit d´exiger de ce beau pays qu´il nous rende justice, et cela sans fausse monnaie et sans faux tournant. Nous l´avons, depuis 400 ans, largement mérité. Et notre respect et notre estime pour la France ne s´en portera que mieux. Après tout, un monument ne se mange pas; il n´élève pas des enfants ou soigne les malades et donne du travail aux nationaux. C´est plutôt une pierre froide, en posture figée qui témoigne du passé plutôt qu´elle ne défend le présent et n´engrange l´avenir. De ce genre-là, nous en avons beaucoup en Afrique: on les nomme pyramides, et pour les bâtir nous avons déboisé le désert. Nous en souffront encore aujourd´hui car celui-ci avance de 5 km par an. Non merci.

Ce que nous voulons, c´est la liberté pure et simple; pas de souvenirs pour consciences troublées.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com

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Les Cercles Vicieux : fleurs graciles de liberté

Extrait des Cercles Vicieux III

Fleurs graciles de liberté

La visite des parents de fatma tomba mal pour Lou, parce que le soir, il avait, en compagnie de Malaïka, invité Hélène Lemoine et son frère Pierre André à souper au Coq d´or ; et à la perspective de laisser les parents de Fatma seuls aux prises avec leur fille ou de ne pas être là si quelques différences se dessinaient, ne plaisait ni à Lou, ni à Malaïka. Fatma non plus n´avait pas été enchantée par ce croisement d´événements. Elle bouda quelque peu, arguant qu´on la laisserait seule, qu´on l´abandonnait à ces « aveugles », comme elle nommait ses propres parents. Tristes augures s´était dit Lou en jetant un œil entendu à Malaïka. Toute cette situation était fort regrettable ; ce malentendu familial n´aurait jamais connu ce développement si les parents avaient montré plus de respect pour la personne et les ambitions de leur propre fille.

Pour Fatma, cette journée fut des plus nerveuse ; après ses heures de tennis qu´elle prenait avec Sumita tous les samedis à 10 heures, les deux jeunes filles allèrent à l´auto école et revinrent à la maison pour le dîner. Il leur arrivait de manger en ville à deux ou en compagnie d´amis, mais ce jour là, elles rentrèrent plus tôt que d´habitude, et l´humeur de Fatma n´était pas des meilleures. La jeune fille s´enferma aussitôt dans sa chambre et ne laissa que Sumita et Kalumeh à elle. Et au lieu de venir dîner à table avec tout le monde, elle passa à la cuisine, se fit des sandwiches et disparu sans mot dire dans ses murs.

A table, irritée, Malaïka voulut réagir, mais Lou l´apaisa et lui assura qu´il allait s´en occuper.

Après le dîner il se rendit dans la chambre de la rebelle et la trouva couchée sur son lit à écouter la musique.

-          Eh bien, ma belle ; que se passe-t-il ? Demanda-t-il en parcourant les murs couverts de posters de la chambre ; tout y était depuis les chanteurs, les sportifs, jusqu´aux avis contre la guerre d´Irak, pour la libération de la femme, contre la paupérisation et pour l´amitié des peuples. Une chambre comme tout autre jeune de son âge.

Et comme elle ne réagissait pas, Lou lui enleva gentiment les écouteurs des oreilles.

-          Eh bien, répéta-t-il, qu´est-ce qui se passe ?

-          Rien. Répondit abruptement la jeune fille.

-          Mais si, il y a quelque chose, sinon tu n´aurais pas boudé notre compagnie…bon, je t´écoute.

Elle se tourna de l´autre côté du lit, puis elle lâcha :

-          Pourquoi me laissez-vous seule avec… ?

Elle ne termina pas sa phrase.

-          Mais dis donc, ce sont tes parents…ce ne sont pas des étrangers ! Rétorqua Lou.

Fatma se retourna, elle sembla impressionnée par la vois énergique de Lou.

-          Ca, avoua-t-elle, je ne le sais plus du tout…nous sommes différents…eux m´ont tellement effrayé par leur vue bornée…c´est humiliant.

Lou ne dit un instant mot. Il savait que la jeune fille pakistanaise avait raison ; si les parents n´écoutaient ou ne prenaient pas en compte les désirs de leurs enfants, à quoi cela servait-il de mettre des enfants au monde pour les traiter comme de vulgaires objets de d´échange ou de regain d´influence. A se demander quelle était la conception de l´être humain de tels parents.

Il prit la main de la fille dans la sienne :

-          Ecoute, tu connais notre système de sécurité, personne ne quittera cette demeure sans que Kal ne lui aie autorisé la sortie, et puis il y a les amis de Kalumeh : Roc et Sala ; ils peuvent bien mordre, au besoin…

La jeune fille éclata de rire :

-          Mon Dieu, ces pauvres chiots !

-          Oh méfies-toi ; Kalumeh les a bien dressé, il le suivent partout…s´il leur dit d´attaquer, ça va être le grand carnage…ah oui !

Fatma sourit tristement, puis elle se logea dans les bras de Lou et pleura à gros sanglots.

-          Allons, bon…la calma-t-il

Que pouvait-il faire, sinon la consoler ? Toute cette histoire n´était-elle pas autant pénible que ridicule ? Hélas, bien trop de personnes se faisaient une fausse idée de l´existence, et même de la liberté. L´existence, en vérité, était beaucoup plus complexe que certains esprits étroits n´arrivaient à l´appréhender. Dès que l´être avait vu le jour, la présomption de légitime devoir de réalisation l´étreignait et faisait de sa vie une suite effrénée d´efforts et de développement de l´expérience sensible afin de mieux réaliser sa perception et mieux atteindre la jouissance

de toutes ses possibilités intellectuelles, objectives et subjectives vers la pleine réalisation.

La liberté, sur ce tableau émouvant et exceptionnel, était la clé la plus belle pour ouvrir les portes fermées, découvrir des forces et des perspectives nouvelles, risquer, s´efforcer à élargir ses horizons afin que la jouissance de la réalisation en soit plus large, plus riche. La liberté, ce n´était pas, comme beaucoup le croyait humer l´air frais de la nature, être capable d´abus et d´excès ou priver aux autres de droits légitimes ; bien loin de là, il y avait plus d´efforts, d´interdits et d´obligations autant envers soi-même qu´envers les autres dans la liberté, qu´en réalité, elle ne devenait vraie, puissante et de plus en plus pleine qu´à partir du moment où nous nous rendions compte qu´en réalité, son secret le plus profond, c´est l´amour qu´on porte à soi-même, le respect qu´on accorde aux autres dont on profite du partenariat, de la créativité, de l´aide tout court. Et en définitive, c´est ce sentiment d´appartenir à une société humaine, à un groupe d´êtres humains, à une famille qui nous offre sécurité, assistance et qui, au dessus de tout, met notre réalisation individuelle au dessus de ses valeurs les plus chères.

Etre libre, cela signifiait en vérité se donner les moyens de la liberté, produire la conditio libertatis en employant tous les moyens objectifs et subjectifs au préalablement cultivés et développés tout en respectant l´éthique et la morale sociale humaine et universelle, car celle-ci est la condition sine qua non que notre réalisation soit respectée, et honorée de la valeur qui l´enrichit et l´encourage à s´épanouir au mieux parce qu´elle serait reconnue et estimée par la société humaine.

Lou haussa les épaules : il n´avait pas l´intention d´abandonner cette fille à qui que ce soit, surtout si elle s´y opposait. Depuis que Fatma avait trouvé refuge chez eux, il avait, ainsi que Malaïka, Kalumeh…Kal et Chanda ; tout le monde était arrivé à l´aimer, et ce n´était que normal que chacun défendit ses désirs, ses attentes et l´assista, dans la mesure du possible à réaliser ses rêves. Elle et Sumita s´étaient si bien intégrés dans la vie familiale que Lou se demandait parfois si elle n´étaient pas simplement devenues des jeunes soeurs dont lui et Malaïka devaient protéger l´existence et la préparation à l´entrée volontaire dans la vie adulte.

Lou ne savait pas où cela allait mener, cela n´avait même aucune importance, où le train de la vie conduisait quelqu´un ; ce qui lui importait, c´était que ces jeunes filles fassent au mieux ce qu´elles désiraient, ce qu´elles voulaient. Le reste ne dépendait que d´elles-mêmes. Mais comme à chaque être sur cette terre, elles avaient droit à leur secours, à leur inconditionnel soutien, à leurs conseils. Tel était l´avis de tous dans la maison, et Lou espérait que le monde entier en fît de même.

-          Allons, bon fini cette bouderie idiote, viens ; j´aime ton sourire, ta présence, tes blagues…même quand elles sont épicées, vois-tu…allez, viens, tu vas devoir supporter les miennes.

La jeune fille se leva en souriant et lui prit la main en riant.

Avant de sortir, Lou se tourna vers elle :

-          Sais-tu ce qui manque dans ta chambre ?

-          Non, quoi donc ?

-          Mais ma photo, mon enfant ; mon visage est si…réconfortant !

Là elle éclata de rire et son joli visage rond s´éclaira sur tous ses jeunes traits d´une fraîcheur toute candide.

-          Une photo de toi, mon Dieu, Lou quelle vanité ! A part cela tu es si modeste, n´est-ce pas ?

Lou posa grossièrement dans le couloir pour elle :

-          Tiens, ne suis-je pas phénoménal, tranquillisant, plein de…

-          Arrête, il va pleuvoir ; c´est du pur ridicule…!

Main dans la main, ils entrèrent en riant au salon.

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Extrait des Cercles Vicieux   Auteur Musengeshi Katata   Tous droits réservés.

munkodinkonko@aol.com 

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Les Cercles Vicieux: Le voeu caché de l´amour

Extrait des Cercles Vicieux III

Le Voeu caché de l´amour

Malaïka se retourna dans le lit vers son mari ; celui-ci, contrairement à ses habitudes, ne dormait pas. Il était occupé dans le noir à brasser quelques idées, ou ne trouvait-il simplement pas le sommeil. La jeune femme lui caressa la poitrine tendrement, presque imperceptiblement. Elle était comblée, au bord de l´euphorie si cela peut s´expliquer ainsi : elle avait retrouvé l´amant qu´elle aimait et chérissait. L´étreinte qu´ils venaient de partager avec lui avait levé tous ses doutes sur son empressement et sa passion. Depuis qu´il était rentré d´Afrique, elle avait craint qu´il ne fut définitivement refroidi ou choqué par ce poignant moment d´adieu avec Mito. Malaïka avait ressenti, à son retour, bien plus intimement que quiconque ce qui s´était passé en lui ; elle avait essayé de lui délier la langue, hélas, ce fut peine perdue. A croire que la douleur, la blessure fut trop forte ou trop vive pour l´étaler à l´air libre.

Elle s´était contenté d´attendre silencieusement à ses côtés qu´il en parlât de lui-même, lorsque le temps serait venu.

Et cette nuit, elle eut l´impression qu´il se débattit, dans sa tendresse, avec une fougue toute

impétueuse : et dans le feu et la flamme de l´accord sensible de leur étreinte, elle avait crû y découvrir un désespoir inachevé qui criait sa détresse comme un enfant en face d´une prière

défiante, aux aveux sourds et incompris dont Malaïka, dans sa communion, avait partagé les larmes, invoqué l´intensité, parcouru l´interminable espace de jouissance, mais qui, au-delà de l´assouvissement du plaisir, lui laissa un curieux sentiment de détresse. Puis elle s´était, en fin d´une course désagrégeante, retirée sur elle-même pour laisser mourir les hautes vagues

sur lesquelles ils avaient vogué.

Une femme sait toujours ce qui se passe dans un homme, du moins ce que son étreinte révèle ;

parce que cet instant est difficile à cacher derrière les masques journaliers que les gens adoptent pour jouer leur rôle dans le train-train quotidien des enjeux et des rapports sociaux. Nus et emportés par le feu du désir et la recherche de son aboutissement, les traits de caractère, et les tendances individuelles ne se délivraient que d´autant plus spontanément à la jouissance et à son tumulte. Et l´espace d´un moment, chaque être humain était un enfant sous l´ombre enrichi de l´arbre aux fruits inassouvis de la vie : seulement accompagné par l´autre, celui ou celle qui partageait cette quête insurmontable et pathétique. Et si l´orgasme libérait, il n´était souvent qu´une cime, qu´un éclair libérateur à l´autre bout du tunnel : du côté où nos tourments, nos angoisses s´estompaient, noyés dans une mer qui, par son immensité et sa profondeur, nous redonnait, par la fortuite satisfaction, simplement la force de recommencer, plutôt qu´elle nous offrait l´infinie splendeur qui nous libérerait définitivement de nos imperfections. Et ainsi, sous d´autres formes, avec d´autres contenus, le tourment subsistait.    

Lorsque la voix de Lou résonna dans la chambre, Malaïka fut saisie de tendresse et vint se blottir dans ses bras, à même son cœur qu´elle senti battre régulièrement, comme une promesse retrouvée, qui renouait le dialogue interrompu de la voix dans son retour à la raison

de communication.

-          Comment puis-je te dire, t´avouer que je t´aime au dessus de tout ?

Malaïka sourit dans la pénombre silencieuse de la chambre ; c´était donc cela : l´aveu désespéré. Elle se contenta, sans un mot, à se nouer plus étroitement à lui. Il continua, comme mû par un besoin libéré de  confession :

-          Jamais vois-tu je ne me suis rendu compte à la fois de la précarité de l´existence que dans son immense valeur…lorsque je l´ai vue mourir dans mes bras…Ah, si tu savais, Malaïka ; tout ce qu´on raconte sur cette maladie est bien loin de décrire sa monstruosité. Et tous ceux qui consciemment ou inconsciemment condamnaient qui que ce soit à la subir, sont d´une cruauté inhumaine : c´est le meurtre le plus douloureux et le plus désagrégeant de la vie humaine.

Il parla longtemps, ainsi apprit Malaïka que Mito et Lou avaient parlé de leurs enfances, qu´il lui avait lu ses poèmes choisis, jusqu´à ce qu´avec un maigre sourire désolé elle s´éteignit comme une bougie découverte soufflée par un vent de tempête insaisissable. Il ne laissa aucun détail, comme si il revivait les jours, les scènes, ces moments déchirants comme on boit une amère médecine dont on ne sait pas si c´était son goût ou son contenu qui guérissait, ou condamnait inévitablement à la détresse. Puis parla aussi amèrement de la misère qui jonchait les rues africaines et parsemait l´air de ce continent d´épines insalubres qui entredéchiraient ses victimes à chaque bouffée d´air, blessaient et humiliaient la vue à chaque pas dans la ville et les bidonvilles insalubres ; partout où le manque et le désespoir habillaient les visages, traquaient les pas comme une ombre diabolique qui rendait les désirs hagards, égarés. On sentait qu´il avait beaucoup souffert durant ce voyage, et qu´il avait bien plus perdu que des êtres chers ; il avait rencontré et côtoyé, malgré lui, bien d´ennemis sociaux.

Quand il cessa de parler, Malaïka l´entendit sangloter ; elle aussi n´avait pu retenir ses larmes.

Puis, ce fut le silence ; un silence qui effraya Malaïka qui s´empressa d´essuyer de sa main les larmes sur la poitrine de Lou. Elle s´y accrocha, et sous le battement tranquillisant de son de son cœur, elle s´endormit.

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Extrait des Cercles Vicieux    Auteur Musengeshi Katata    Tous droits réservés

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Les Cercles Vicieux : Vive le Brésil !

Extrait des Cercles Vicieux III

Vive le Brésil !

L´hiver relâcha à peine ses étreintes froides, laissant la place à la pluie intermittente suivie d´un soleil incertain, encore chancelant, que la nouvelle atteignit Lou lors d´un court séjour au Brésil ; il revint immédiatement en France et exigea aussitôt de voir Holger hospitalisé à Marseille. Hélas, livré avec une dangereuse dysenterie, il avait été mis en quarantaine pour éviter toute surprise de contagion. Lou prit contact avec Blanc et celui-ci intervint auprès de son collègue traitant. Revêtu d´une combinaison isolante, Lou eut, en compagnie de Blanc et du médecin traitant Sorel, accès au malade. L´allemand était mal en point : son visage était amaigri, surmené et pâle, mais lorsqu´il reconnut Lou, il esquissa un faible sourire :

-          Lou, ça fait plaisir…

-          Surtout ne te dépenses pas, lui enjoignit son ami.

Il resta longtemps à son chevet et ne gagna son hôtel qu´après avoir longuement conversé avec le professeur Sorel, et celui-ci lui affirma que les examens étaient en cours, mais qu´à son avis, ce n´était qu´un passable virus digestif. Il avait paré au plus urgent afin que le malade ne se déshydrate pas désagréablement. Trois jours plus tard, Dieu merci, Holger quitta la quarantaine et fut transféré dans une chambre normale de l´institut de médecine tropicale. Lou et Kal s´empressèrent de visiter leur ami ; ils le trouvèrent affaibli, mais déjà plus loquace :

-          Ah, les voilà…s´écria-t-il content de les voir.

-          Ah, oui ; tu nous a fait bien peur ; que s´est-il passé, demanda Lou en riant, je croyais que tu devais soigner les autres, pas t´infecter toi-même !

-          Ca, mon ami ; ça fait partie du métier…je ne sais même pas comment c´est arrivé, enfin, bon…c´est passé, c´est le principal.

C´était une belle chambre bien aérée, dont les fenêtres ouvraient sur une large vérandas couverte laquelle donnait sur le jardin fermé de la clinique ; Lou l´avait exigé, pour offrir à son ami autre chose qu´un parking ou la vue d´immeubles gris bétonnant.

Il était bien soulagé que son ami fut hors d´affaire ; il devait se l´avouer : il avait mauvaise conscience ou plutôt, il ne sortait pas de cette coupable impression que pendant que lui se complaisait à Bordeaux et travaillait somme toute pour des étrangers, Holger Schneider, lui, s´adonnait à protéger des africains menacés par la malnutrition et les incessantes maladies de

la pauvreté. C´était son devoir à lui, pas celui de l´allemand de veiller sur les siens, comme le faisait Zola et tant d´autres. Et encore une fois, son séjour à l´étranger lui parut déplacé, et du coup, la mort de Mito et celle de sa grand-mère lui revinrent amèrement à l´esprit et malgré que la journée fût dégagée et plutôt ensoleillée, il ressentit un étrange froid l´empoigner. Tout cela était absurde se dit-il en ce secouant intérieurement pou retrouver son équilibre ; cet éloignement en France, cependant, avait ses avantages : il avait pu prendre distance avec son milieu affectif originel, ce qui lui avait permis de voir et de comprendre certaines choses beaucoup plus largement que s´il était resté au pays. Et en travaillant pour Charles, il avait, ainsi que Malaïka, Bebo et Weja, non seulement gagné leur liberté financière, mais ils avaient fait des expériences qui leur seraient certainement utiles le moment venu. Quoiqu´il soit, leur ouverture d´esprit s´était élargie, ce qui, contrairement aux appréhensions de tous, ne les avait en aucun cas éloigné de leurs ambitions de réalisation et de liberté, bien au contraire, ces ambitions étaient devenues plus précises, parce que leurs contours étendus par la riche dimension impersonnelle de l´étranger les avaient nourris et dévoilés à une plus généreuse mais aussi une plus exigeante conception de l´existence. Même la définition de la liberté qu´ils se faisaient avant leur séjour en Europe avaient subi des changements profonds : la liberté n´était plus seulement une quelconque définition de la réalisation sensible, elle devait tenir compte aussi de biens de facteurs écologiques, économiques et sociohistorique des autres, ceux avec lesquels nous partageons l´existence terrestre et qui, d´une façon ou d´une autre, par leurs choix et leurs erreurs, influaient sur les marchés des produits finis ou des matières premières par leurs surproductions, leurs abus d´énergie ou leur dépenses par trop inconsciente de minerais dont la disparition, à la longue, n´était plus qu´une question de temps. Et l´exemple était vite trouvé : si l´occident buvait à toute allure le pétrole, ne contraignait-elle pas les nations montantes à se reconvertir à d´autres sources d´énergie ? Cet occident pouvait-il se mettre à jouer le gendarme nucléaire tout en sachant que des pays par exemple comme l´Iran, l´Inde, la Chine ou encore le Brésil devraient, pour s´industrialiser, diversifier leurs sources d´énergie en construisant notamment des centrales nucléaires ? Ou ces pays industrialisés qui détruisaient avec leurs cheminées intempestives l´atmosphère, obligeant toutes les autres nations à supporter leurs déchets toxiques dans l´atmosphère, fallait-il les imiter ou devait-on leur demander, oui, les forcer à respecter l´air sans frontière qui appartenait à tous. La liberté était devenue un enjeu universel, communautaire, social et individuel. Et bien plus que le seul préjudice de santé, ces nations industrialisées contraignaient les jeunes nations sous développées à chercher d´autres solutions, d´autres alternatives intellectuelles, matérielles que les leurs pour satisfaire aux besoins de leurs industrialisations ; cette contrainte était ressentie, à juste titre, comme étant une restriction aux choix de moyens et de perspectives existentielles. Et que l´occident gourmand et égoïste l´accepta ou pas, cette revendication n´était pas seulement fondée, elle était pertinente et légitime. Aussi légitime que les occidentaux se donnaient le droit de consommer aveuglément le pétrole, par exemple ou les matières premières du tiers monde sans aucun égard pour ceux qui en auraient un jour besoin. On avait retrouvé des déchets allemands des fameux sacs jaunes en Inde, certains pays comme le Nigeria ou l´Afrique du Sud, attirés par les gains au recyclage et quelques douteux hommes d´affaires, s´étaient prêtés à ensevelir sur leurs sols les déchets européens…attitude infamante, car chacun devait apprendre, et surtout les occidentaux, à résorber les déchets de leurs sociétés, plutôt que de les refiler aux autres. Tout cela rappelait un peu la mentalité esclavagiste, colonialiste et surproductionniste : rejeter aux autres le poids de ses responsabilités, en se gardant bien de ne pas  partager le meilleur morceau du gâteau industriel que si le prix et le bon vouloir en privilèges économiques ou stratégiques y répondaient.

Beaucoup de choses étaient devenues claires, d´autres impératives, certaines secondaires, d´autres prioritaires ; mais tout cela ne concourut que d´autant mieux a affirmer leur volonté, ce qui ne rendit que plus exigeant et plus large le contenu de leurs rêves, de leurs attentes, de leurs désirs. A quoi cela conduisait-il, se demanda un jour Lou, à être plus malheureux devant  le manque et la précarité de l´existence ou à les rendre plus sensible à l´enjeu existentiel tout court, sans vouloir changer les choses ? Ils avaient changé, cela allait de soi, et étaient devenus plus mûrs, plus large d´esprit. Et ce fait n´était pas seulement un avantage, c´était aussi un étrange nœud sensible individuel qui, parce que connaissant ou averti, souffrait bien plus du manque, de la bêtise, et de l´inconscience qui ne se rapportaient qu´à une sensibilité étroite, à des désirs étriqués ou à des rêves écornés ou pauvres…le mal est toujours dans la connaissance ; l´ignorance, elle, tranquillise et aveugle, et cependant, entre l´une et l´autre, il n´y avait pas de choix possible car seul l´être exigeant, connaissant et ambitieux pouvait offrir à son âme la cime de ses fleurs sensibles : celles où les désirs et les satisfactions s´entremêlaient désespérément à la quête de l´excellence, et même si cet excellence n´était et ne resterait qu´un vœux, cela ne valait-il pas la peine de l´entreprendre ? L´effort, le chemin n´était-il pas aussi ennoblissant qu´un quelconque résultat ? Il n´y avait aucun doute.

-          Eh bien, mon vieux ; et cette sacrée diarrhée ? Demanda Lou lorsque Holger se fut habillé pour une petite promenade sur la véranda.

-          Surtout ne m´en parles pas ; on a beau être médecin…on ne s´habitue pas à ce genre de mauvaise expérience. Oh, là, là ; j´ai bien crû y laisser mes entrailles !

Lou aida son ami à ajuster son imperméable, puis ils sortirent à petits pas sur la véranda et prirent place sur les sièges extérieurs. Une petite pluie maligne, comme un zézaiement d´abeilles, frappait les feuilles des plantes du jardin.

-          Encore un peu froid, pour mon goût, reconnut Holger en essayant d´humer grandement l´air frais du jardin.

-          Ca, l´été n´a pas encore ouvert ses portes…concéda Lou. Ah, comment va Zola ? Ajouta-t-il après un court instant.

-          Bien, il s´y fait ; c´est un gars bien, plutôt sympa…et travailleur. Je suis content de l´avoir auprès de moi. Mais dis-moi, Lou ; j´ai reçu une somme astronomique de ta part…aurais-tu fait un hold up ?

Lou aimait cet humour sarcastique et bon enfant de l´allemand.

-          Ah, ce n´est que ta part ; nous avons fait de bonnes affaires, cette année…

-          Eh bien, mon ami…c´est la première fois que je reçois autant d´argent…Mon banquier est devenu si aimable, si courtois…monsieur Schneider par-ci, monsieur Schneider par-là…Insupportable ce soudain amour du client. Tiens, il s´est même enquis de ma santé… peut-être pour savoir si je n´étais pas déjà mort. Sans successeur…il aurait la main facile sur mes avoirs.

Lou se mit à rire devant la mine dégoûtée de son ami.

-          Ce sera pour une autre fois…Ah, je suis content que tu te remettes si rapidement. Mets-toi à ton aise, et reposes-toi sans vergogne. Quand tu pourras marcher, vite des vacances…

-          Quelle idée, des vacances ; tu parles déjà comme un européens, sais-tu Lou !

-          Allons, tu dois te reposer, après tu iras avec plus de motivation au travail. Que dirais-tu du Brésil ? Les femmes sont superbes dans ce pays, et le soleil, majestueux.

Holger se mit à rire, et l´instant d´un moment son visage quitta sa pâleur, redevint vivant et serein.

-          Brésil, hein…tu connais mes goûts…Oui, ce serait pas mal, le carnaval de Rio. C´est sûrement une blague ?

-          Pas du tout, c´est Bebo qui sera contente de te recevoir…

-          Je me sens déjà guérir, se mit-il à rire.

-          Tant mieux, ça en vaut la peine. Bon allez, reposes-toi ; Rio ne peut pas attendre longtemps.

Il ramena son ami au lit et le recouvrit. Lorsqu´il quitta l´hôpital, il était plutôt de bonne humeur.

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Extrait des Cercles Vicieux   Auteur: Musengeshi Katata   Tous droits réservés

munkodinkonko@aol.com

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Un monde sans noir est-il possible ?

UN MONDE SANS NOIRS

On raconte une histoire très amusante et très révélatrice à propos d'un

groupe de Blancs qui en avaient marre des Noirs.

Ces Blancs avaient décidé, d'un commun accord, de s'évader vers un monde meilleur.

Ils étaient donc passés par un tunnel très sombre pour ressortir dans une sorte de zone nébuleuse au coeur d'une Amérique sans Noirs, où toute trace de leur passage avait disparue.

Au début, ces Blancs poussèrent un soupir de soulagement.

Enfin, se dirent-ils, finis les crimes, la drogue, la violence et le bien-être social.

Tous les Noirs ont disparu. Mais leur joie fut de courte durée et ils furent confrontés à une toute autre réalité, la nouvelle Amérique n'était plus qu'une grande terre aride et stérile.

Les bonnes récoltes étaient rares car le pays s'était jusque là nourri grâce au travail des esclaves noirs dans les champs.

Il n'y avait pas de villes avec d'immenses gratte-ciel, car Alexander Mills, un Noir, avait inventé l'ascenseur et, sans cette invention, on trouvait trop difficile de se rendre aux étages supérieurs.

Il n'y avait pratiquement pas d'automobiles, car c'était Richard Spikes, un Noir, qui avait inventé la transmission automatique.

Joseph Gammel, un autre Noir, avait inventé le système de suralimentation pour les moteurs à combustion interne, et Garret A.Morgan, les feux de circulation.

En outre, on ne trouvait plus de réseau urbain express, car son précurseur, le tramway, avait été inventé par un autre Noir, Elbert R. Robinson.

Même s'il y avait des rues où pouvaient circuler automobiles et autres rames ferroviaires express, elles étaient jonchées de papier et déchets, car Charles Brooks, un Noir, avait inventé la balayeuse motorisée.

Il y avait très peu de magasines et de livres car John Love avait inventé le taille-crayon, William Purvis, la plume à réservoir, et Lee Burridge, la machine à écrire, sans compter W.A. Lovette avec sa nouvelle presse à imprimer.

Vous l'avez deviné ?

Ils étaient tous des Noirs.

Même si les Américains avaient pu écrire des lettres, des articles et des livres, ils n'auraient pu les livrer par la poste, car William Barry avait

inventé le tampon manuel et Phillip Downing, la boite aux lettres.

Le gazon était jaunâtre et sec, car Joseph Smith avait inventé l'arrosoir mécanique, et John Burr, la tondeuse à gazon.

Lorsque les blancs entrèrent dans leurs maisons, ils trouvèrent que celles-ci étaient sombres, pas étonnant, Lewis Latimer avait inventé la lampe électrique, Michael Harvey, la lanterne, Grantville T. Woods, l'interrupteur régulateur automatique.

Enfin leurs maisons étaient sales car Thomas W.Steward qui avait inventé la vadrouille (balai), et Lloyds P.Ray, le porte poussière, leurs enfants les accueillirent à la porte pieds nus, débraillés et les cheveux en broussaille, à quoi fallait-il s'attendre ?

Jan E. Matzelinger avait inventé La machine à formes de chaussures, Walter Sammons, le peigne, Sarah Boone, la planche à repasser, et George T.Samon, la sécheuse à linge.

Les Blancs se résignèrent finalement à prendre une bouchée, dans tout ce chambardement, mais pas de chance, la nourriture était devenue pourrie car c'était un autre Noir, John Standard, qui avait inventé le réfrigérateur.

N'est-ce pas étonnant? Que serait le monde moderne sans contribution des Noirs?

Martin Luther King Jr. a dit un jour: "Quand vous êtes prêts à partir pour le travail, sachez que la moitié de toutes les choses et de tous les appareils dont vous vous êtes servis avant de quitter votre maison a été inventée par des Noirs".

Tout ça pour vous dire chers frères et soeurs que l'histoire des Noirs ne se résume pas seulement à l'esclavage.

Quand nous pensons à Fréderik Douglass, Martin Luther King Jr, Malcolm X, Marcus Mosiah Garvey et Du Bois.

Diffusez ceci à tout le monde afin que tous sachent la vérité, c'est le minimum que nous puissions faire pour leur rendre hommage.

Comme disait Bob Marley "Time will tell" (le temps le dira).

Dr. Med. Nathan MUSENGESHI

Notons en passant que le cite africamaat : http://www.africamaat.com offre une rubrique complète et une bibliographie éprouvée sur les inventeurs et savants noirs.  

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Commentaire Réalisance

Oui, tu as raison, mon frère ; il ne s´agit pas seulement de l´esclavage. Il s´agit de bien autre chose que cela ; de quelque chose de plus grand, de plus fondamental : il s´agit de la liberté et de la reconnaissance sociale de réalisation historique.

Quand on lit cette petite histoire qui pourrait bien servir à nos enfants à comprendre quel est, en réalité notre tourment, elle peut servir d´excellente introduction pour les rapprocher à l´essentiel de l´existence. Mais la question qui viendra après se devra d´être répondue honnêtement et sincèrement afin que ces jeunes gens ne s´égarent ni ne sous estiment les droits et les devoirs qu´ils ont envers eux-mêmes, envers leur société, et envers la communauté humaine. Car ce qui a été fait à l´homme noir par les hordes islamisantes ou christianisantes, c´était justement lui priver et de son identité culturelle, et lui voler ou lui refuser des fruits de ses efforts en se les appropriant par la violence ou par le list.

Dernièrement je remarquais sur afrikara à propos  de l´importance de l´œuvre de Cheikh Anta Diop pour l´Afrique, pour l´homme noir, que cette oeuvre était d´ambition et portée monumentale pour l´histoire, le passé et l´avenir de l´homme noir. Et je doutais fort que bien de gens aient réellement compris la valeur historique de son travail. Parce qu´il nous a rendu notre mémoire et notre histoire ancienne, ce qui fait de nous des êtres existants par nous-mêmes, plutôt que par personne ou culture interposée. Mais qu´il ne fallait pas s´en arrêter là, à contempler. Il fallait employer cette force retrouvée à maîtriser le présent, et à bâtir et prévoir l´avenir, afin que les générations d´enfants noirs qui auront la joie et le plaisir de disserter sur Cheikh Anta Diop puissent dire en conclusion : cet homme n´a pas seulement éparpillé les brumes qui nous empêchaient de voir notre propre ombre du passé, mais il a donne une couleur à l´arc en ciel qui embellit l´horizon clair et déployé de l´homme noir où qu´il soit.

A propos de l´interview que Buata Malela a fait à Aimé Césaire en préparation de l´ouvrage collectif : «Esclaves noirs, maître blancs » à Fort-de-France en décembre 2004, lorsque Aimé Césaire précise : «  Ce crime est avant tout une affaire morale et sociale », sur le même site, je disait :

J´ai toujours défendu la thèse selon laquelle tous les crimes commis envers la race noire par la blanche n´était pas seulement de valeur pécuniaire, que ces actes immondes avaient aussi un caractère moral et éthique injurieux et je suis heureux que le grand Aimé Césaire soit de mon avis. Et c´est un grand moment pour moi, parce qu´il prouve qu´entre son jugement moral et le mien qui sanctionne la génération suivante, ce jugement a les mêmes fondement moraux et c´est apaisant et heureux. Et du fait que moi je suis africain et lui français issu des turpitudes françaises honteuses ne me renforce que d´autant plus dans mes convictions et nous rapproche tout deux à la même source éthique et morale. Cette interview révèle encore une autre vérité: il a compris qu´entre les africains et les noirs issus de l´esclavage, il y avait un lien commun que l´esclavagiste et le colonialiste avaient essayé de rayer de la mémoire des noirs français (ou anglais, ou américains) en leur faisant croire qu´ils étaient meilleurs, civilisés parce qu´ils s´aliénaient volontairement et que ceux qui étaient en Afrique, c´étaient de sauvages. Diviser pour régner. Et les plus idiots s´y laissèrent prendre, à ce piège idiot. Aujourd´hui encore les séquelle de cette idiotie se rencontre dans le Web, chez les immigrés illuminés, dans une jeunesse noire abâtardie, sans idéal et sans orientation qu´on avait gavé, des années durant de scolarité métropolitaine que le nègre était un être inférieur, sans histoire, sans culture et que ceux qui avaient fait l´esclavage, pillé, violé, massacré au nom du christianisme et au nom de la race blanche étaient des héros. Et que eux, du fait de leur aliénation et leur appartenance à la métropole, étaient civilisés, de bons nègres. Cette ignominie! Ce machiavélisme bas et dichotomien! Et c´est ainsi que naquirent les nègres blancs, sans racine, sans âme, sans identité que celle que lui avait réservé le maître: des épaves sans port et sans valeur sociohistorique que celle d´être la chosification du maître. Tristes hères. Basse existence. Et cependant, il suffit seulement d´employer sa cervelle et de retrouver son histoire et son identité en lisant, par exemple Cheikh Anta Diop, Bwemba Bong et tant d´autres pour appartenir à la plus grande culture de l´histoire. Mais hélas, apprendre aussi que l´occident, la race blanche a commis envers l´homme noir des crimes sans nom. Tout autant que l´islam. Mais c´est le prix de l´identité responsable qui lutte, plutôt que de choisir celle qu´on vous confectionne, celle qui couche.

C´est donc que rendre hommage à ces pionniers de l´histoire culturelle noire, c´est aussi leur rendre, comme le fait Cheikh Anta Diop, leurs origines profondes faussement reniées par l´occident, les reconnaître comme des êtres créatifs et intelligents, dont l´historicité ne s´arrête pas à être ou devenir la chose sans volonté ou sans identité du maître blanc.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 02:03 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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