Peut-on réformer la politique française envers l´Afrique ?

Un catalogue de bonne foi 

(17 Février 2006 13H09 )

Sur la question que pose le titre de cet article, je dirai Oui, c´est possible de réformer la politique française envers l´Afrique, et la France y gagnera beaucoup plus qu´aujourd´hui, parce qu´elle participera à un développement partagé, équitable et bilatéralement responsable. Mais le veut-elle? Là est la question. Et à force de vendre du faux, de corrompre et d´avilir les efforts des africains, force nous est de constater qu´elle persiste et signe. Et c´est cela qui nous révolte, parce qu´au lieu de nous reconnaître et de partager nos légitimes tourments et nos appréhensions (issus notamment de l´esclavage, de la colonisation, de la honteuse et scandaleuse francafrique) la France choisit les bas sentiers et les coups bas tout en jouant faussement la carte du sourd et de l´innocent du village. Et liberté, égalité, fraternité ne sont, en réalité que de vides prétentions. Est-ce possible? Est-ce vraiment l´intention profonde de tous les français de vivre indéfiniment au profit de l´Afrique, en pillant et meurtrissant des vies humaines ? C´est bien dure à avaler. Tout le monde sait que plus d´un africain a des parents, des amis français; cette attitude ne risque -t-elle pas de créer, à la longue, un antagonisme déchirant et inutile ? Les africains qui travaillent en France, tôt ou tard, et malgré leur cécité ou leur nonchalance, devront admettre un jour qu´ils travaillent contre leurs frères et qu´avec la plus value ainsi réalisée avec leur participation engagée, on s´en va opprimer leurs parents et leurs frères. Ce meurtre collectif par procuration à la Pavlov avait été longtemps méconnu; mais de jour en jour il devient plus clair et évident. Et cela place tous ceux qui s´y sont adonnés, que ce soit en Afrique du Sud, au Gabon, au Cameroun, en Côte d´ivoire, au Congo, au Togo, au Ghana … sous un jugement de droits et des libertés sans compromis parce qu´ils ont mis à pied un système infectieux et foncièrement mesquin.

Le catalogue de cet article prouve à quel point beaucoup d´intentions, de rapports commerciaux, d´institution internationales ont été vidées de bonne foi pour les remplacer par de noirs desseins: encore une fois de plus. Et le monde dans lequel nous vivons est gouverné par une inversion qui prend des allures de traumatisme désespéré d´un face à face douloureux entre oppresseurs et opprimés.

Si la France hésite encore, si elle n´a pas compris où se trouve la voix de son coeur; il est inutile d´insister, cela n´en vaut plus la peine. Ce n´est pas à l´Afrique d´apprendre aux français ce que c´est que la morale ou l´éthique; encore moins comment et quelles sont ses valeurs. Mais si elle choisit de persévérer avec la francafrique et les rebus institutionnels et autocratiques de l´esclavage et de la colonisation qu´elle a, entre nous soit dit, pratiqué de longs et interminables siècles, qu´elle aie au moins le courage de ne pas tromper le monde entier, et surtout l´Afrique avec un masque faux et sournois de vertu derrière lequel elle entretient et organise joyeusement l´étouffement et le meurtre de nos femmes et nos enfants. MK

_____________________

Et sur Roger Hanin Invité de l’émission animée par Morandini le jeudi 16 février 2006 sur la radio Europe 1 qui réduisait la présence des noirs en France sur la musique et le football.

Comentaire Réalisance :

Les chiens aboient, la caravane passe... 

  (17 Février 2006 18H52)

Rira bien qui rira le dernier. Il ne faut, à mon avis pas se formaliser avec de tels asticots: ils ont été élevés dans un système blanc et ils sont aujourd´hui prisonniers de leurs propres murs ainsi que l´odeur de renfermé qui y règne. Leur demander d´en sortir équivaut à mettre le monde à l´envers. Mais au plus tard lorsqu´ils paieront un jour 5€ pour un bâton de chocolat, que le café sera hors de prix et que la Chine leur aura raflé tous les emplois industriels et voué à la récession permanente, ce jour là ils commenceront à réfléchir. Un peu tard, il est vrai. Mais les africains savent grâce à l´esclavage, que le bon sens, chez les occidentaux, peut prendre 400 ans pour faire preuve de son état. Soyons patients et compréhensifs. MK 

__________________

Sur le cinéma africain en général :

Une cinématographie d´idéal. 

  (12 Janvier 2006 23H25)

J´ai vu avec horreur une fois un film africain dans lequel pour sauver un frère de la faim quelqu´un se coupa une part de sa cuisse pour en nourrir l´affamé. J´ai compris le symbolisme contenu dans cette mutilation, et cependant, permettez-moi de vous affirmer que ce genre de symbolisme est caduc et révoltant, parce que la réalité africaine n´est ni une mutilation comme l´occident nous l´a toujours inculqué, mais la production de l´abondance qu´il s´agira de mettre à la portée de tous. Tout cela me fait croire et penser que le film africain est réactif et déjoué plutôt qu´analytique et idéaliste.

Chaque race se projette un idéal, et même s´il est inaccessible, il donne cependant des idées à ses meilleurs enfants afin qu´ils se donnent les moyens d´y parvenir et au besoin de faire mieux tout en respectant et en défendant les valeurs profondes et belles de leurs attentes, de leurs désirs, de leurs réalisations. Il est donc grand temps de sortir de la médiocrité dans laquelle la domination blanche nous a enfermé pour produire des oeuvres qui reflètent notre inégalable passion à la beauté, à la joie de vivre, à nos qualités sociales et historiques qui ont fait de nous une race exceptionnelle et quasi indestructible. Un havre où nos enfants, nos femmes, nos amis et tous ceux qui nous aiment apprennent à nous comprendre, à nous respecter, à nous aimer...mais aussi à nous craindre lorsque, comme pendant l´esclavage ou la colonisation, des noirs se sont levés pour lutter et mourir pour la liberté. Tout cela, c´est nous: notre histoire, nos larmes, nos amours, nos espérances...notre philosophie existentielle. Et c´est cela à mon avis le défi que le film africain doit relever, car tel est son devoir et sa fonction.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com