21 février 2006
Les Cercles Vicieux: la force d´aimer...
Extrait des Cercles Vicieux II
La force d´aimer
Le déjeuner était à peine terminé que Charles se sauva, en direction de son bureau où il avait rendez-vous avec son notaire et, bien entendu sa secrétaire avec laquelle il avait convenu de faire ensemble les achats de noël pour ses invités et sa femme .Comme chaque année, les ouvriers et les employés de Charles recevaient, à noël, en plus de leurs gratifications annuelles, trois bouteilles de vin, un paquet contenant fromages, jambons et saucisses du pays, ainsi qu´une carte de remerciement pour leur fidélité et leur attachement à leur entreprise. Et malgré que sa secrétaire, madame Baulieu, s´occupât de tout, il aimait tout de même avoir le sentiment de s´en être personnellement occupé. Lou s´était retiré dans sa chambre pour lire et écrire à ses amis, il avait rejeté l´invitation de Susanne de faire quelques longueurs dans la piscine, celle-ci n´avait pas semblé été enchantée par son refus, et contre mauvaise fortune bon cœur, elle avait invité Caroline et en compagnie de Mito, elles s´étaient rendues dans la cave. Les parents s´étaient fait conduire, ainsi que Kiko, en ville, lécher les vitrines ou faire quelques emplettes ; quand à Kuto, elle avait pris possession de la régie sur le domaine et se laissait instruire par le personnel, des détails. Lou était depuis quelques temps occupé à lire lorsqu´on frappa à sa porte : - Entrez, ah, c´est toi, Malaïka ; que puis-je faire pour toi ? La jeune fille referma la porte derrière elle, s´avança jusqu´à la table de travail : - On vient de livrer les vélos, ils sont vraiment jolis ; dire qu´ils nous appartiennent personnellement, c´est bien gentil de Charles de nous les offrir. - Oui, dit Lou en riant, au moins tu pourras t´entraîner régulièrement au pays, et qui sait, peut-être devenir une vraie championne. - Ne te moque pas de moi. A propos, voudrais-tu faire une promenade à pied avec moi ? Lou hésita, il aurait voulu terminer sa correspondance ; il observa la jeune fille intensivement, et remarqua : - Ton pagne te va très bien. La jeune fille ravie, fit une pirouette coquette qui moula toute sa silhouette dans un gracieux mouvement. - Je suis bien dans ma peau… - Je n´en doute pas, dit Lou en riant ; bon allez, allons faire ta promenade. L´air frais n´a jamais fait de mal à personne. La jeune fille lui jeta un regard reconnaissant pendant qu´il l´aidait à revêtir son manteau. Il quittèrent le domaine et se dirigèrent vers la prairie verte qui s´ouvrait devant eux avant de disparaître sous un petit bois clairsemé. Malgré le froid, le temps était sec et ensoleillé. - Je n´aime pas le froid, dit Malaïka ; quand je pense que chez nous, en ce moment, il fait 35°, ça me brise le cœur. - Moi non plus, je n´aime pas le froid, avoua Lou ; mais je suppose que personne n´aime le froid. Il est trop agressif, peu naturel. - Je me demande si les gens, à force de vivre dans le froid, peuvent encore éclore l´amour, entretenir la passion…après tout, ce sont des sentiments qui meurent au froid. - C´est vrai, dit Lou en riant, mais après il y a eu le feu, puis, le chauffage, et enfin, l´hiver ne dure pas éternellement ; quand le printemps et l´été le remplacent, la nature se paie largement en fleurs et en lumière. La jeune fille, qui avait pris durant le parcourt le bras de son compagnon, se libéra et prit place sur un promontoire : - Dis-moi, Lou, qu´est-ce que c´est pour toi, l´amour ? Lou la regarda franchement, et voyant qu´elle attendait la réponse avec insistance, il se rapprocha d´elle tout en restant au bas de ses pieds ; il la contempla longuement, comme quelqu´un qui veut sonder ce que la fille attendait de lui. Après tout, ce genre de question présument toujours une arrière pensée, un but, un intérêt quelconque : découvrir quelqu´un en cherchant à situer sa maturité morale ou éthique, ou n´était-ce que tribulations pubertaires de fille désoeuvrée, en quête d´attention ? - Ma réponse est-elle importante ? - Oh, oui. J´y tiens. - Pourquoi ; y a-t-il une raison particulière ? - Oui, très particulière. Importante. Puis la jeune fille, en y réfléchissant un court instant, elle ajouta : très importante. - Hem, c´est dangereux ; c´est comme pour le prisonnier : tout ce qu´il dit à son arrestation peut-être retenu contre lui. Suis-je un prisonnier ? Puis-je mentir ? La jeune fille se mit à rire très librement, et en ce moment, elle plut beaucoup à Lou, cette franche façon de se réjouir avait vaincu les dernières barrières qui le séparaient de la jeune fille ; elle lui était devenue familière, comme si il la connaissait depuis toujours. Et il faut dire que maintenant il la trouvait attirante, et même, oui, séduisante et belle. - Allons, je ne mors pas ; viens t´asseoir à côté de moi. Viens. Lou monta sur l´élévation et s´assit sur le tronc mort à ses côtés. Et Brusquement la jeune fille lui prit le bras et y mordit vivement. - Aïe, que diable…tu m´as fait mal ! La jeune fille riait de toutes ses dents blanches, et Lou, revenu de sa surprise, trouvait cet humour originel ; il se mit lui-même à rire de son propre effroi. Malaïka, gentiment lui prit la main et lui donna un baiser sur la joue en lui disant : - Cela t´apprendra à hésiter quand une femme t´invite à t´asseoir à côté d´elle. - Je m´en souviendrai, incroyable, une vraie cannibale… ! - Attention à ce que tu dis, menaça-t-elle gaiement. Bon, je t´écoute. - Ah, dit Lou oublieux, où en étions-nous ? - Louuuu…, n´abuse pas de ma patience. Et alors, cet amour, ça vient ? En pouffant de rire, la jeune fille avait mimé la bastonnade avec un bâton mort qu´elle avait ramassé sur le sol à ses pieds. Le faible bâton se brisa sous le geste de la jeune fille, ce qui les fit de nouveau rire tous les deux. - Mon dieu, dit-elle avec tristesse, tout dans ce pays est froid et distant, bon je t´écoute ; es-tu seulement capable d´aimer…? Le visage de Lou devint froid et distant, il sembla aller au fond de lui-même ; ses yeux avaient perdu leur éclat présent pour entreprendre un voyage tumultueux qui semblait le mener par de puissantes vagues vers des rives douloureuses. La jeune fille, quelques instants auparavant encore joyeuse, surprit dans le regard éteint de son interlocuteur un puits sans fond qui l´attrista. Elle se tut et attendit simplement. Au bout de quelques minutes, il sorti de sa rêverie, avoua : - Je ne sais plus si je suis capable d´aimer, si on peut appeler cela aimer…je crois plutôt qu´il me sera difficile de rencontrer une femme qui soit capable de m´aimer vraiment comme mon âme l´exige. - Pourquoi, demanda Malaïka, Mito, elle t´a tout de même aimé ; et sans me tromper, elle doit encore t´aimer plus que tu ne le penses. - Je sais qu´elle m´aime…je n´aurai pas dû la perdre, mon Dieu, cette ignoble infection… ; entre-temps j´ai fait du chemin, seul avec ma douleur et ma privation… Je me suis plus enfoncé dans mon âme, dans mon histoire, et dans la question de savoir qui j´étais et où j´allais. Et le mal et la perversion que j´ai découvert dans mon histoire, dans l´histoire de l´homme noir, m´a enfoncé dans un gouffre si profond, il a ouvert dans mon âme une blessure saignante que souvent, dans ma solitude aveugle, j´essaie vainement à panser. Et plus je sais, et plus je rencontre le détail de l´histoire, et plus je souffre, et plus mon mal s´agrandit ; et pourtant je ne peux pas m´éloigner de cette fouille, parce qu´elle me rend une partie vivante de mon âme : la plus belle, parce qu´elle n´a jamais cessé de m´aimer et de définir mes racines. Quelquefois je pense que je me suis égaré dans le labyrinthe incompris du mépris, entre la douleur et ma survie, et pourtant j´existe ! Pour m´aimer, Malaïka, continua-t-il ; il faudrait comprendre mon âme, lui apprendre à fermer cette blessure immonde qui me dévore et me saigne à blanc. Il faudrait être le baume patient et adoucissant pour calmer mes cauchemars, ces images cruelles qui, chaque fois que je ferme les yeux, dans la chambre sans issue de l´histoire, me flagellent mon subconscient jusqu´à la nullité. Quelle est cette femme qui me rendrait mon âme, ma foi, ma confiance, ma nonchalance, mon droit…ma vie ? Du haut de ma colline préférée, je suis souvent descendu dans le tourbillon de l´histoire, et ces esclaves criants de douleur, jetés à la mer, fouettés et avilis sous les fers outrageant de l´esclavage…c´est mon histoire…faite de larmes, de sang et de mépris ; et cela pendant 5 siècles ! Et lorsque je me retourne autour de moi, au bas du promontoire, la misère que je vois sous mes yeux me fend le cœur ; quant à mon vœu légitime d´être heureux, de me réaliser pleinement…ce qui est mon droit, j´ai bien peur que tous les facteurs qui influent sur ma vie, sur mon existence, ne soient pas très favorables. Comment sortir de ce piège infernal ? C´est désespérant. Malaïka avait détourné le visage pour cacher ses larmes et sa frayeur : ce que Lou disait dans cette intime confession lui était monté à la gorge, et comme un nœud insoluble l´entraînait dans un tourbillon intense de sentiments, d´aversions, et de révoltes indescriptibles qui menaçait de la disloquer intérieurement. La voix grave du jeune homme, cependant, continua : - Et pourtant il n´y a que l´amour pour me sauver de ma détresse, continua le jeune homme ; il n´y a que ce qui donne vie pour me laver de mon absence et de mes faiblesses. Et cette vie nouvelle, je la veut immense, puissante et indestructible ; je la veux avec une telle force et une telle violence que je ne peux me contenter de demi mesure ou de prétexte, car mon âme a soif d´une franche victoire de feu et de flammes ; une victoire de pompes et de tambours, qui, comme le fait une mère gémissante sous la déchirure de la naissance, me porterait à la lumière et au sein chaud de l´amour. - Arrêtes, tu me fais souffrir ! Ce cri avait déchiré le silence comme le mousquet d´un chasseur foudroyant son trophée. Et la jeune fille titubante tomba dans les bras ouverts du jeune homme. Celui-ci, couvert de chaudes larmes la berça longuement dans ses bras en lui caressant les cheveux ; au bout d´un long moment, uniquement troublé par les sanglots étouffés de la jeune fille, Lou lui parla sans dénouer l´étreinte, à travers sa chevelure : - Maintenant comprends-tu ma détresse ? Comprends-tu que mon âme ne soit pas facile à raccorder ? Je serai vraisemblablement destructif pour quiconque ne saura guérir ma soif. La jeune fille frappa longuement sur sa poitrine de ses deux poings fermés, comme si elle voulait avec violence ouvrir une porte fermée, puis elle se calma, enlaça tendrement le cou du jeune homme et le regarda longuement ; au-delà de ses larmes, cependant, une lueur de joie intense brillait, et sans mot dire, elle pausa un léger baiser sur les lèvres asséchées et froides de son ami. - Si tu veux, nous irons en enfer ensemble, je suis prête, dit-elle dans un souffle. Il la regarda longtemps sans mot dire ; ses yeux intenses cherchaient un havre. - Malaïka, tendre Malaïka ; tu es trop jeune pour souffrir… - Je ne veux pas souffrir, je veux seulement aimer et fleurir ton âme. Elle le regardait, les yeux grands ouverts rougis par les larmes, ses lèvres charnues entrouvertes sous un souffle chaud. Lou, sans un mot, détourna son visage et la serra encore plus fort dans ses bras. Elle enfouit son visage sur sa poitrine, et sur un ton suppliant, elle lança : - Je voudrais t´essuyer les larmes quand tu pleures, être la joie de tes victoires, et t´offrir les vies douées qui viendront encenser ta prière. Si tu me donnes cette chance, je mettrais mon âme entre tes mains. Elle senti le corps musclé de Lou trembler sous l´émotion qu´il ne savait plus contenir ; et sans la moindre retenue être secoué de sanglots sans fin. Longtemps encore elle le tint serré à elle. Et lorsque enfin ils se séparèrent, sans un mot, ils redescendirent le chemin qui rendait au domaine. Soudain, Lou demanda à la jeune fille : - Malaïka, sais-tu ce que tu viens de commettre ? - Oui, dit-elle ; un crime : j´ai vendu mon âme. Il la prit dans ses bras et l´embrassa follement ; lorsqu´il la lâcha, à bout de souffle, elle parvint à dire : - Mais si l´enfer a toujours cette passion, alors encore, encore ! - Tu l´aura voulu, dit Lou en souriant, c´est sans retour. - Désormais où tu iras, j´irai ; où ton âme jettera sa tante, je jetterai la mienne. - Ne te réjouis pas trop tôt, prévint Lou ; l´amour est un chemin étroit… - Qui mène à l´éternité, à la cime de cœurs que rien ne dénoue, ajouta-t-elle. Une étrange communion était née entre eux ; un lien curieux, parce qu´au dessus de certaines évidences dues aux attentes empressées de leurs jeunes âges, le passé y jouait un rôle important : sous le même tapis de turpitudes, il évoquait les mêmes angoisses, affirmait les mêmes regrets, et en définitive, cherchait le même assouvissement. Cette entente, c´était comme une retrouvaille heureuse de deux êtres auquel le hasard avait tendu la main. La main dans la main, ils traversèrent le seuil du domaine, entrèrent au château et gagnèrent rapidement le Salon où Caroline, Mito et Susanne jouaient au scrabble. - Ah, vous voilà, dit Susanne, où diable étiez-vous passés ? - Nous avons cherché partout, dit Caroline avec un ton inquisiteur. - Nous sommes allés en enfer, dit Malaïka en riant. - Oui, dit Lou avec enthousiasme ; nous avons vaincu les feux de l´enfer. Les deux jeunes gens se tenaient toujours par la main, à la grande joie de Mito qui discrètement savourait la scène. Susanne, ne sachant pas comment cacher son désarroi, demanda soudain à Lou : - Puis-je te parler un instant ? - Mais je t´en prie, de quoi s´agit-il ? - Pas ici, en tête à tête… - Ah, si tu veux ; et où ? - Allons dans la bibliothèque, lança la jeune allemande avec impatience. - Bien, je te suis. Susanne partit comme piquée par une mouche. Avant de la suivre, Lou demanda à Malaïka : - Veux-tu nager avec moi avant le dîner ? - Oh, c´est une bonne idée, je vais me changer ; on se retrouve en bas ? - Non, tu peux venir me prendre dans la bibliothèque ; veux-tu me faire un plaisir et me prendre mon maillot de bain et mon nécessaire dans ma chambre ? - Mais bien sûr, mon chéri… Le ton de cette dernière phrase ne passa inaperçu ni à Mito, ni à Caroline ; tandis que Mito jubilait intérieurement, ne laissant qu´un fin sourire ironique apparaître sur ses lèvres, Caroline demanda : - Changement d´équipe, hein ! Oh là là, elle va bouffer du magma, la Susanne. Puis ne pouvant plus se retenir, les deux femmes se mire à rire généreusement. ______________________________
Extrait des Cercles Vicieux Auteur Musengeshi Katata Tous droits réservés
Utiliser et rejeter: le capitalisme irresponsable
Utiliser et rejeter au nom de la liberté
Du capitalisme libertaire et irresponsable
Faut savoir ce qu´on veut.
Avec la politique du kleenex, la France, et permettez cet élargissement puisque la théorie de l´immigration positive est américaine et reprise dans toute l´Europe avec ou sans fracas; le monde occidental renoue à son utilitarisme purement profitable des étrangers( voir esclavage, colonisation et massacres d´intérêts géopolitiques). On se rappellera des atrocités de la Jim Crow aux Etats-Unis, des camps de travail allemands attestant "Arbeit macht frei" pour assassiner les juifs au travail ou laisser les survivant griller ou dans des crématoires ou des chambres au gaz Zyklon B. On se rappellera aussi du Gouvernement De Gaule qui, à Thiaroye par exemple fit assassiner les fusillers africains qui avaient aidé la France à recouvrer son indépendance pendant que Pétain un français de souche collaborait et livrait les juifs français à l´abattoir allemand. Lentement on doit se demander comment fonctionne le jugement ou la raison analytique sociale qui est la nôtre, car il est clair que l´occident ayant ruiné les réserves sociales de ses états, couverte de dettes publiques et de chômage étouffant. Sans oublier cette croissance insuffisante qui, cahin caha, sans trop de conviction étreint l´occident: trop peu pour danser, trop pour sombrer dans la déprime. Et devant ce tableau, on comprend mieux que la politique essaie de se réserver à elle, aux siens et à ses fonctionnaires le plus tendre du gâteau, et n´emploie les "autres" que pour les rejeter sans droits et sans pension à la poubelle.
Et là il faut savoir ce qu´on veut, pour le critique ou pour ceux qui croient à un monde plus ouvert, plus juste, car on ne peut pas avoir l´un et l´autre et critiquer à longueur de journée assis sur un quid pro quo. En effet, on ne peut pas à la fois demander, comme moi, que l´impérialisme criminel et inhumain de l´occident en Afrique cesse et se retire, et vouloir avoir tous les droits et les privilèges en Europe sans tenir compte que c´est cet impérialisme qui nourrit et enrichit l´occident et que celui-ci disparu, sa générosité sociale ou son faux humanisme, c´est comme on veut, reviendra à jour, plus individualiste et criminel que jamais. La pension, dans l´avenir, pourrait s´appeler: la nuit des longs couteaux. Le vieillissement de la population n´y mettra qu´un feu permanent. Les vieux, on le sait, ne sont pas les plus tolérants.
Et ceux qui exigent l´humanisme périphérique doivent s´attendre en Europe, dans tout l´occident, à un rétrécissement de la redistribution sociale car tous profitent des profits et des crimes sournois d´entrepreneurs et de gouvernements véreux en Afrique. Ainsi, s´asseoir à la rue en réclamant humanité et droits sociaux, c´est, dans le réformisme capitaliste financier actuel se demander aussi: qui en paiera les frais? En aucun cas l´Afrique et les pauvres ruinés et abusé; nous nous y refusons catégoriquement. Mais alors, qui? Les caisses sociales ont été vidées et basardées. Et alors?
Prendre l´argent des riches? Ils s´y opposent, et ce ne serait qu´une solution momentanée et plutôt infructueuse, car il s´agit de dynamiser la créativité sociale, pas de jouer au père Noël. Il faut une solution à long terme, plutôt qu´une victoire à court terme. Voilà d´après moi le tableau réaliste de la problématique qu´il faut résoudre. Et il me semble que seule une véritable ouverture élargie, une démocratisation réelle du capitalisme en soit la seule porte future de sortie. Mais s´il vous plait, pas de faux ou de tromperie, comme l´occident l´a toujours pratiqué.
MK
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Remarque: beaucoup de mes lecteurs m´interpellent pour me dire : pourquoi toujours taper sur la France ? L´Amérique n´est-elle pas plus totalitaire, plus salope que l´hexagone ?
Certes, certes ai-je répondu ; mais notons que les américains ne sont que des européens camouflés sous le poids historique de l´extermination des indiens d´Amérique, sous l´esclavage et la rentabilisation des souffrances et de la sueur des afro-américains enchaînés et fouettés à loisir. Au fond, ils sont tous aussi français, allemands, italiens, hollandais, anglais que leurs pairs européens ; tout ce qui les différencient, c´est que l´Amérique aime ou n´a pas encore appris à cacher ses crimes.
Quant à la France prise à part, il nous semble qu´après tout, elle a les indices pour devenir le point de départ ou la source d´un renouveau intellectuel européen sortant de l´empirisme borné, du régionalisme culturel et économique dont elle a, en compagnie de ses complices européens, abreuvé depuis 600 ans l´Afrique et le monde.
Si elle le veut, et si ses intellectuels tordus acceptent de ne plus tromper les apparences et leur propre conscience en s´accrochant à des faussetés et des illuminations faisant croire au monde, aux africains qu´ils sont le début, la fin et le sens incontesté de l´histoire : ce genre d´affabulation qui abattent même les oiseaux ( je parle ici de la grippe aviaire, naturellement), il y aurait une réelle chance de construire et élaborer une définition de la liberté, de la réalisation et de la coexistence humaine qui réponde ou inclus tout l´univers, toute vie. Sinon, c´est chacun pour soi et Dieu pour tous. Et le nôtre est noir, pas blanc. Et s´il vous plait, arrêtez donc cette honteuse francafrique, et pas question d´une globalisation trompeuse qui n´aurait l´astuce que de reproduire un criminel impérialisme en déjouant les souverainetés nationales, c´est à dire étouffer et annuler les poliques régionales ou nationales de promotions sociales appropriées. La démocratie est une évolution, pas un import ou un export d´institutions, de moyens ou de définitions étrangères.
MK
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
L´élite afroaméricaine: élite piégée ou élite libre?
Sur le sondage AP/AOL Black Voices paru le 15 février 2006, portant sur le leadership africain américain laissant apparaître une profonde crise de représentation auprès des populations noires des Etats-Unis, lesquels dans les années 60 se reconnaissaient massivement derrière les King et Malcolm X.
Selon ce baromètre social, 30% des afro-américains ne se sentiraient plus représentés, 21% seraient incertains, 13% sans choix, 18% seulement seraient satisfaits de leurs représentants communautaires. Dans les candidats connus, Jessie Jackson (15%) devance Condoleezza Rice (11%)
L´impasse des leaders noirs américains.
Ce sondage ne révèle qu´un mal séculaire: le suivisme ou la trop lâche opposition des élites noires face au Pouvoir Blanc et son épopée centenaire contre la race noire est visible à l´oeil nu, surtout en terre américaine. Et devant les attitudes ambiguë de cette élite qui a préféré coopérer ou se taire pour survivre plutôt que de se battre, ou du moins éveiller l´aristocratie autocratique blanche devant la flagrante dichotomie de ses prétentions, celle-là ne peut pas attendre que ceux qui ont souffert, ceux qu´on a privé de droits civils à loisir des siècles durant, qu´on a battu et maltraité en prison ou criminalisé, pendu ou lynché au moindre soupçon viennent leur lancer des lauriers. Les chiffres afro-américains sociaux sont tellement choquants pour une société qui se prétend la plus riche et la plus avancée et libérale du monde que c´est à en se demander si cette communauté a été défendue efficacement par ses élites. Si 70% des noirs américains ont connu la prison, et que 35% y sont pratiquement constamment assignés; si les noirs chômeurs sont deux fois plus nombreux que les blancs alors qu´ils ne font que 15% de la société, et si la pauvreté et la scolarité interrompue les frappent plus que jamais...faut-il vraiment croire que ce tableau est idéal ? Des musiciens comme Kanye West le disent clairement ainsi que bien d´autres: c´est le marasme racial complet. Et si en Europe on a tendance à parler de l´Amérique comme le pays des possibilités illimitées, de l´Eldorado et de la liberté, on se demande si tout cela n´est pas suggéré pour asseoir l´idéologie selon laquelle la réussite économique grandissante de l´homme blanc doit se faire sur le dos de l´homme noir, et qu´on devait apprendre à ce dernier à applaudir quand on le martyrisait.
Ce qu´on reproche à ces élites abâtardies et plutôt traîtres que combattantes, c´est qu´après l´assassinat de Martin Luther King et de Malcolm X au début des années 70, celles-ci ne se soient pas réorganisées sous une stratégie plus rationnelle et plus efficace de luttes et de revendications sociales. Elles se sont laissées offrir des postes de sénateurs, de directeurs d´entreprises, et autres pour légaliser en sourdine les injustes et raciales intentions de la majorité blanche. Elle a fait du bruit, certes dans l´affaire de l´Apartheid Sud africain, mais il saute aux yeux que comme toujours, en Afrique du Sud aujourd´hui, c´est une minorité blanche qui détient le pouvoir économique, pendant que la majorité noire joue la vide représentation politique. Peut-on penser un seul instant qu´un tel subterfuge soit possible aux Etats-Unis? Non, n´est-ce pas, parce les blancs ne le permettraient jamais.
D´un autre aspect des choses, ces élites noirs, à force de jouer le jeu de la fausse démocratie blanche, se sont compromis salement dans des options et des entreprises qui rapportaient certes beaucoup d´avantage et de privilèges au pouvoir blanc, mais blessaient fondamentalement le bon sens, la morale et l´éthique de l´esprit démocratique en tant que tel, et même, dans son interprétation étroite, la constitution américaine. Pensez ici à l´assassinat d´Allende, aux Contras du Nicaragua, à la guerre sans honneur du Vietnam, à Guantanamo : cette prison du non droit créée par l´arrogant totalitarisme de Georges Bush qui donnait à ce haut juge auto déclaré de la court supra nationale internationale le droit de violer et de renier la loi dont il se réclamait à cors et à cris. En Irak, à Abu Ghraib, en terre islamique illégalement violée, ce texan obtus fit subir aux irakiens, dans leur propre pays, toutes les horreurs refoulées de la race blanche : vol d´objets d´art anciens, tortures honteuses et sans nom, assassinats gratuits, bombardement massacrant à loisir… Bref, cette élite noire n´avait-elle pas offert carte blanche à l´autocratie américaine totalitaire pour exercer, violer ou interpréter la démocratie, la constitution ou le droit des gens de telle manière que les blancs fassent toujours ce qu´ils veulent au détriment des autres ? Et le pire c´est que les bénéfices de ces actions n´étaient en rien redistribués équitablement, mais atterrissaient dans les poches des mêmes: eh, oui les blancs, bien entendu.
Un des points importants du dilemme croissant qui louvoie en sourdine entre ces deux races est le capitalisme primitif et plutôt méprisant qu´entretient l´Amérique et ses congénères européens à l´endroit de l´Afrique, et c´est à dire ouvertement de la race noire ; et quoiqu´ils soient silencieux, les américains noirs ont déjà compris que s´ils continuaient à chanter de chaudes affirmations patriotiques sous le commun drapeau, ils se retrouveraient à torturer leurs propres parents africains en Oncle Tom ou en Capo qui, à domicile devait se contenter de loger au jardin avec le chien de garde. Et tous les gains de ces expéditions de peu de vertu et d´humanité, n´atterriraient que dans la poche de leurs persécuteurs d´hier qui n´en deviendraient que plus arrogants, suffisants et perpétueraient leurs vices à loisir. Faut-il être aveugle ?
D´un point de vue purement stratégique, les américains noirs sont plutôt castrés, car s´ils sortaient du complexe qu´on leur avait passé selon lequel ils sont plus civilisé que les africains pour mieux les dominer et empêcher un rapprochement qui pourrait devenir politiquement gênant, ils apprendraient que l´Afrique est riche en matières premières, en intelligences et qu´ils pourraient, en s´y intéressant, devenir riches et prospères. Les africains feraient avec joie des affaires avec eux plutôt qu´avec leurs compatriotes envahissant blancs. Il n´y a pas de doute là-dessus. Si seulement ils le voulaient. Ou vainquaient leurs complexes ou leur aliénation mentale. Sont-ils noirs ou pas ? N´est-ce pas un des leurs, Malcolm x qui disait : « The future belongs to those who prepare it today. »
Malcolm X disait aussi à juste titre : "Sitting at the table doesn´t make you a diner, unless you eat some of what´s on that plate. Being here in America doesn´t make you an american. Being born here in America
"You´re not to be blind with partriotism that you can´t face reality.Wrong is wrong, no matter who does it or says it."
Le moins qu´on puisse dire, c´est que la mort de Malcolm X a créé un vide difficile à combler parce qu´il était d´un charisme intellectuel et idéologique incroyablement puissant et éclairé.
Et à force de coucher, de ramper ou de faire des compromis vides, l´élite noire, du moins ce qu´on peut appeler ainsi, s´est disqualifiée en adoptant sans critique philosophique le rôle que les blancs avaient écrit pour elle. A croire que De Bois, Martin Luther King, John Henrik Clarke, Malcolm X, Marcus Mosiah Garvey n´avaient jamais existé, ou que leur mort et surtout leurs legs intellectuels n´aient ni assise, ni valeur pour les générations suivantes. Et pourtant le combat était encore là, plus réel et crucial qu´hier. Qu´est-ce qui avait poussé l´américain noir à adopter cette attitude amnésique ? Naïveté ? Lassitude d´un consciencisme sans pain et sans victoire en pays blanc majoritaire ? Et cependant, la plupart avaient adopté le christianisme ; cela voulait-il dire que ce Dieu blanc qu´ils adoptèrent ou dont ils furent inculqués ne conduisait qu´à la domination blanche et pas à la liberté ? Ou cette religion admettrait-elle que tous étaient des enfants de Dieu, et qu´à ce titre tout racisme, toute discrimination était inconciliable avec son évangile ?
Ces questions qui, avaient déjà été posées et répondues par Henrik Clarke, Martin Luther King, Malcolm X, repoussaient non seulement à la critique de l´histoire de l´esclavage et celle de la complicité chrétienne, mais ouvrait aussi sur une question et un corollaire fondamental de l´existence comme telle : l´homme noir, comme toute race sur cette terre, avait-il conscience qu´il avait le droit, oui le devoir d´énoncer et de défendre sa philosophie existentielle ? De l´affiner, de la cultiver et de la confronter autant avec ses meilleures aspirations qu´avec celles des autres ? Ces noirs le voulaient-ils, ce débat rapidement étouffé ou évité par les blancs ou s´étaient-ils, en désespoir de cause, abandonnés à leurs sorts ingrats ? Pour recevoir 10 à 15 pourcent d´indemnité d´esclavage sur les impôts en se disant : un tien vaut mieux que deux tu l´auras ? Mais cela déchargeait-il l´homme noir à participer à la gestation de l´esprit, de l´idéal de la nation américaine qui, qu´on n´en doute pas, était aussi la leur, autrement qu´en courbant l´échine et en se taisant ?
Harry Belafonte, lui, dans une interview du Times, disait de Collin Powell qu´il était "The modern Uncle Tom". Condoleezza Rice, elle, qui défendait aveuglément l´impérialisme américain de par le monde, avait reçu le nom de "Cobra" des blancs de milieux noirs jugeant son engagement par trop oublieux et méprisant de la condition des noirs en Amérique. Quant à Kofi Annan qui, lui, ne fait pas partie de la société américaine, mais y vivait pratiquement tous les jours, et pour être espionné et ridiculisé par le Pouvoir Blanc et ses adeptes au Conseil de sécurité ou dans les complicités stratégiques sournoises, il est considéré comme la marionnette la plus célèbre que l´Afrique n’aie jamais envoyée à l´ONU.
Les gens peuvent penser ce qu´ils veulent, toujours est-il que tous ces instruits noirs, de près ou de loin, ont failli à leurs devoirs démocratiques de défendre une forme de liberté dont les contenus et les paramètres ne sont pas toujours définis par l´homme blanc ou liés directement ou aveuglément à ses intérêts immédiats, mais représentaient et défendaient aussi leurs légitimes aspirations. Et l´allégation selon laquelle les générations prochaines d´enfants noirs allaient en profiter ; ce mensonge a tenu un temps, puis il s´est vite évaporé : rien ne le soutenait, ni dans la socialisation, ni dans l´idéologie sociale entretenue par la majorité banche, et encore moins dans les moyens économiques sociaux déterminants aux Etats-Unis ou de par le monde. Car ceux-ci s´accumulaient rageusement chez les blancs et manquaient dangereusement chez les noirs. Et l´Etat qui était un lieu d´équilibre et d´arbitrage, avait depuis longtemps cessé d´encourager les projets de rééquilibre véritable dans les pays blancs industrialisés, il était aussi de ceux-là qui soutenaient ou participaient activement à la mystification de l´Afrique (voir francafrique, Louis Michel et ses chèques de corruption au Congo, les USA, l´Union Européenne et sa mainmise sur l´Afrique du Sud etc…). D´où viendrait donc le miracle ? Du ciel ? Aides-toi et le ciel t´aidera…
Tout s´ explique toujours, mais pas toujours comme nous le voulons; il n´y a donc pas lieu que ce soit toujours une race, un cartel économique qui aie raison, qui s´enrichit, qui dicte le sens de l´histoire et qui persécute et appauvrit les autres. Même le plus idiot des noirs l´a compris que l´occident veut mener tout le monde en bateau. Et ça, c´est manquer de sens démocratique évident, et entretenir une dictature économique et financière qui, tout en se réclamant de la liberté et de la tolérance, n´est rien d´autre qu´une vulgaire caricature raciale sans grandeur d´âme et aux vertus basses et douteuses. Ce monde, cependant, appartient à tous, et tous y ont le droit de participer à sa gestation, et d´y être heureux, pas seulement les blancs. Cette liberté à sens unique dont ils abreuvent depuis des siècles cette terre est du mépris le plus injurieux pour leurs victimes et ne témoigne que d´une chose : leur petitesse, leur rapacité incorrigible et leur vil esprit égoïste.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu