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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

26 février 2006

L´homme noir et l´amour

Sur l´insinuation selon laquelle l´homme noir ne s´aime pas.

L´homme noir et l´amour

Avant de débattre de cette question qui a réveillé chez moi, comme je le disais à notre ami Gaasch, un intérêt accru parce que ce sentiment trop souvent sous estimé ou ravalé injustement à la sexualité ou à quelques flambées d´hormones en vadrouille, est, sans conteste, le fondement de toute race, de toute société humaine.

Mais surtout ne croyez pas que tout être humain approche ou appréhende l´importance et la valeur de ce nectar existentiel dont beaucoup se réclament, plus d´un en souffrent, d´autres s´abreuvent à tort et à travers sans parfois arriver à étancher leur soif ou même à en saisir la réelle richesse. Et les plus malheureux, ce sont, naturellement ceux qui, au grand jour et à yeux ouverts, sont passés sous la caresse de ces doux yeux sans ni la voir, ni avoir mérité ses soupirs.

Pour pouvoir discuter si l´homme noir, ou si vous voulez la culture noire sait aimer ou s´aime, peut-être faut-il cerner au préalable ce que c´est que l´amour de soi, ou l´amour tout court. Cette question, pour peu banale qu´elle soit, ne l´est pas du tout ; même pas sous la forme dans laquelle notre ami Gaasch l´a posée ou plutôt insinuée, car selon lui l´homme noir ne s´aimerait pas, d´où son manque d´organisation.

Dans ma réponse, je ne l´ai pas convié à lire Cheikh Anta Diop ou d´aller dans l´histoire de l´Afrique pour se rendre compte que les sociétés africaines traditionnelles ou antiques possédaient bien des systèmes sociaux organisés et hiérarchisés. Et sur un point de vue individuel, nul ne doute de l´amour, par exemple d´un Patrice Lumumba pour son pays, pour les siens, pour la liberté. Il vous suffirait de lire ses nombreux discours pour vous en convaincre. Rappelez-vous de Martin Luther King : « La force d´aimer… », de Zumbi le chef de la rébellion des esclaves du Brésil, des 27 ans d´emprisonnement de Nelson Mandela qui témoignaient d´un amour profond de la justice, de la liberté et de la réalisation de son peuple. Non, personne ne peut arriver à convaincre qui que ce soit que l´homme noir ne sait pas aimer. Parce que ce serait faux. Ceux qui colportent ce genre d´allégation ne sont que des gens qui veulent se cacher derrière des faux culturels pour justifier leur traîtrise à eux-mêmes ou tout simplement leur incapacité individuelle à défendre leur race, leurs intérêts ou leur amour dont ils ne savent plus de quoi il est fait suite aux insinuations occidentales selon lesquelles les noirs ne sauraient pas aimer.

Faut-il réellement croire que ceux qui, dans leur histoire, ont exterminé les indiens d´Amérique avec une bestialité hors de la raison, qui ont fait l´esclavage des africains pendant 400 ans avec une cruauté sans pareille, ceux qui ont assassiné et brûlé 6 à 8 millions de juifs pendant la deuxième guerre mondiale ; et je passe sur le Code Noir, la Jim Crow, le colonialisme massacrant et fouettant, la francafrique…que ces gens savaient mieux aimer que leurs victimes ? Et qu´aujourd´hui ils pourraient prendre leurs bâtons de pèlerin et aller enseigner l´amour de soi, de l´être humain à qui que ce soit ? Non, n´est-ce pas ?

D´un autre aspect de l´amour : de celui de Dieu ; faut-il vraiment croire que des gens comme les islamistes qui firent l´esclavage en Afrique pendant près de 1000 ans, détruisirent nos structures sociales en nous imposant les leurs ainsi que la honteuse circoncision des filles et leur religion, que ces gens, comme les chrétiens qui, malgré leur bible et ses dix commandements, pillèrent, violèrent et violentèrent nos arrières parents ; qu´ils pouvaient nous apprendre à aimer et à connaître Dieu ? S´ils essaient de le suggérer, ne sont-ils pas des faussaires et des menteurs ?

Le prophète noir Simoni Kimbangu a été l´un des premier à relever cette aberration, et à prouver par ses 30 ans d´emprisonnement jusqu´à sa mort en 1951, que l´homme noir, malgré tous les sévices, malgré toutes les souffrances lui imposées par l´homme blanc et sa chrétienté, qu´il restait fidèle à son Dieu et au combat de sa race pour sa liberté, son indépendance et sa souveraineté ? Combien de preuves d´amour faut-il donc à l´homme noir pour que la simple vérité lui saute aux yeux ? Que l´occident, dans son sournois dessein d´avilir et de vilipender la race noire pour mieux l´asservir et la piller entretenait de tels mensonges, passe encore ; mais que certains noirs y croient, ça c´est pour le moins étonnant.

L´amour, telle que nous le comprenons, et je ne me réfère ici qu´au grand Simoni Kimbangu, est un sentiment supérieur, et l´essence supérieure si pas unique de la race humaine. Elle est la source de la vie, de la raison et de la sensibilité. Et Dieu, contrairement aux prétentions chrétiennes ou même islamique est l´émanation spirituelle qui consacre la dualité, les deux éléments fondamentaux de l´univers : la matière et l´esprit. Faire croire aux croyant, comme l´église catholique l´a entretenu depuis toujours que l´acte physique de l´amour était un pêcher tout en vivant et en dépendant des fruits de cet acte, est de la pure mystification. Et on le voit, cela n´a pour but que de donner au clergé et à ses fonctionnaires auto déclarés et faussement suffisants et éclairés des privilèges de préséances qui devaient leur permettre de vivre aux dépends du peuple et d´exercer sur lui des pouvoirs douteux et injustifiés.

Et ce n´est pas du grand hasard que cette religion chrétienne se mit à la tête d´expéditions militaires criminelles et barbares toute son histoire durant contre des états ou des populations civiles pour tuer et massacrer soi disant au nom de Dieu au lieu d´entretenir la conciliation et l´entente, et accompagna le capitalisme blanc pillant et massacrant dans ses épopées contre l´Afrique. C´est tout comme sa consoeur l´islam est devenue, pour le terrorisme arabe, le refuge douteux de fondamentalistes bornés et criminels à loisir. De quel Dieu peuvent donc se réclamer aujourd´hui ces voyous et barbares ?

Pour comprendre l´amour, comme pour la liberté que tout être humain reçoit à sa naissance indistinctement de sa race, de la couleur de sa peau, de sa langue, de son lieu de naissance ; il faut non seulement s´instruire que ces essences fondamentales de la vie sont parfaitement organisées et exigeantes dans leurs contenus, leurs valeurs morales et éthiques, mais aussi dans leurs réalisations qui n´a de limite et de règle que celui du bien, de la justice et de l´équité. Ce qui différencie les êtres humains, et que certains à tort, ou par manque d´ouverture d´esprit ou d´intelligence placent et instaurent en règle de discrimination ou d´exercice de leurs bas instincts, n´est pas le principal, mais bien le subsidiaire sans valeur. Et il est tout à fait parjure que ce soit ces mêmes esprits sournois et tordus qui se réclament de Dieu pour justifier ou expliquer leurs méfaits. Une honte ! Et il devient clair que de deux choses l´une : ou ils ne connaissent pas Dieu, ou il ne s´agit pas de Dieu, mais de médiocres et criminelles intentions qui n´ont rien à voir avec une quelconque spiritualité.

Dieu, ce n´est pas seulement l´absolu de la spiritualité humaine, de l´ordre naturel, mais contrairement à ce que beaucoup pensent sa plus belle, sa plus pure, sa plus vertueuse, mais aussi sa plus exigeante grandeur. Et sa compréhension ne se limite ni à la prière, ni à l´appartenance à quelque église ou à la simple déclaration de la foi. C´est un vœu qui renie autant toute médiocrité et vilenie qu´il dépasse la raison et l´entendement pour représenter l´absolu de l´amour, de la bonté et de la jouissance réelle dans ce qu´elle est de parfait, de réalisant et de plénitude et d´harmonie. Le comprendre fait de nous des êtres supérieurs, ne pas le reconnaître, hélas ne nous ravale qu´au niveau de cancres et de prétentieux criminels et bas.

Et en ce qui me concerne, je me réjouis d´être du kimbanguisme, parce que cette religion, de par son grand prophète Simoni Kimbangu, célèbre la beauté, l´amour et le droit à la liberté et à la réalisation humaine avec une passion toute empressée par la vertu, la morale et l´éthique du respect de la valeur humaine.   

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com             

 

 

Posté par Musengeshi Kat à 21:35 - Meilleur choix de l´auteur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L´homme noir s´aime-t-il

En correspondance dominicale

La liberté

"La liberté ne se confère pas aux faibles et aux timorés."
C'est à dire la liberté se gagne en se battant et non en criant, c'est le plus grand problème des Africains que nous sommes. Nous n'y arriverons jamais si nous ne nous aimons pas. Je pense d'ailleurs que la discipline et l'amour de soi nous sont inconnus, hélas.

Posté par Gaasch, 26 février 2006 à 11:27

La liberté et la réalisation sensible sont des droits légitimes.

La liberté est un droit légitime à tout être humain, à toute vie; elle ne se confère ni se mérite, mais elle se conçoit, s´organise, et se partage dans le respect des valeurs et de l´intégrité des être humains. Ne me dites pas que vous n´avez pas été aimés par la mère qui vous a donné le jour; je ne le pense pas, et vous non plus. Mais nous parlons certainement de l´amour existentiel. Et ce sentiment là se doit d´une plus grande organisation rationnelle. Depuis 600 ans l´occident a tenté de détruire en nous par son utilitarisme injurieux l´amour que nous avions de nous-mêmes, de notre sensibilité, de notre réalisation sensible. Et selon toute évidence, ce meurtre organisé de la conscience sensible a échoué. Il est temps maintenant de redonner à ce noble et grand sentiment qui habite nos coeurs la couleur brûlante de son sang. Il n´est jamais trop tard pour aimer, jamais trop tard pour chérir sa propre réalisation, de l´organiser et de la défendre efficacement. Vous êtes d´une race exceptionnelle, et je doute que vous ne compreniez pas ce dont je vous parle. C´est à vous de choisir: errer comme un mouton sans âme et sans port ou prouver que l´amour que vous avez reçu de votre mère, de votre histoire et le respect que vous éprouvez personnellement de votre propre personne est de toute beauté, et qu´il vous a légué la force et le courage de vous aimer vous mêmes et d´aimer la lumière que votre intelligence et votre nature revendique. Et à ce titre prendrez-vous la peine de vous défendre et de vous organiser afin que cet amour ne soit pas mis en danger. Cela ne dépend que de vous, et pas d´un autre que vous. Fraternellement, MK
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

Posté par Musengeshi Kat, 26 février 2006 à 11:55

Commentaire après lecture

Voyez-vous, cher ami ; vous adoptez là un avis purement individualiste. La société, elle a un tout autre esprit. Le progrès comme vous le voyez et comme beaucoup d´africains peuvent en profiter à l´étranger mieux que chez eux, est non seulement le fruit de l´esclavage, de la colonisation, de la francafrique, de l´exploitation économique partiale et scandaleuse de l´occident envers l´Afrique, mais c´est aussi la conviction que la société est comme une mère, qu´elle protège ses enfants les plus faibles en mettant à leur portée des moyens qui leur permette aussi de se réaliser, de ne pas souffrir inégalement de leur état de faible et de timoré, comme vous dites. C´est donc que la preuve de culture et de civilisation est de protéger les faibles et les malades. C´est à eux que profite qualitativement et pour ma part de façon importante le progrès. Quiconque se refuse à respecter cette règle ignore qu´il a été enfant (faible), qu´il sera un jour malade (nécessiteux), et qu´un jour de vieillesse, il sera dépendant voué à l´aide, à l´amour et le respect humain des siens. Pensez-y.  Amicalement. MK

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

Posté par Musengeshi Kat à 12:29 - Echange d´opinion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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