01 mars 2006
Afrique noire: quitter le Système pour survivre ?
L´Afrique noire devra-t-elle quitter le système économique et monétaire international pour se retrouver et pour survivre ?
« Aussi longtemps que l´homme blanc lynch, brûle, bombarde, tabasse l´homme noir, tout est en ordre. Nous entendons alors : « Prenez patience ! »... « Ce sont de veilles habitudes tenaces »… « Cela va progressivement s´améliorer. »
« Je considère comme un acte criminel, lorsque quelqu´un qui est soumis à une brutale violence doit s´y complaire, sans faire quoi que ce soit pour sa propre défense.
Et si la « chrétienté » doit être interprétée de cette manière, et que la philosophie de Ghandi nous l´enseigne, alors je considère ces philosophies comme criminelles. »
Malcolm X
Pour peu désarçonnante que soit la question, elle est cependant pertinente et fondée. Nous allons donc essayer d´y répondre sans ambages, car l´Afrique, d´une façon ou d´une autre, ne se retrouve ni dans ses intérêts, ni dans sa réalisation. Et on peut dire ce qu´on veut, mais la phrase de Malcolm X : “ Sitting at the table doesn´t make you a diner, unless you eat some of what´s on that plate”, est aujourd´hui plus que d´actualité. On peut tourner la tartine comme on veut, lorsqu´elle n´est pas beurrée, son goût n´en sera pas pour autant amélioré. En Afrique, et cela depuis belle lurette, on croirait que les montres tournent autrement. Car rien ne semble tenir ou résister à une curieuse érosion qui ravale tous les efforts, toutes les épargnes, tous les espoirs à la nullité. Et en définitive, cette avalanche destructrice de biens, des personnes et des valeurs engloutit progressivement la fierté et le droit légitime de l´homme noir à se réaliser librement, à produire lui-même les moyens lui permettant d´entretenir et de cultiver sa réalisation sensible.
Sommes-nous les seuls responsables de ce marasme persistant ou celui-ci est volontairement, et pour le moins criminellement organisé et entretenu par tiers? Il est toujours facile de rejeter la faute sur l´esclavage qui a bien pris fin il y a des décennies. Certes ses effets néfastes perdurent, mais n´y a-t-il réellement pas moyen de sortir des cercles vicieux de ces 400 ans d´injustes et criminels traitements pour partir d´un nouveau pied ?
Haïti, la plus ancienne république indépendante noire après l´esclavage l´avait bien essayé, qu´en est-elle advenue d´elle ? Désorganisée, maraudée par des bandes criminelles, elle est d´un revenu et d´un développement qui ne vaut ni celui du Nigeria, ni celui de l´Afrique du Sud. Que s´était-il passé ? Deux cents ans d´indépendance et l´aspect de la province la moins lotie du globe ; et ces intellectuels qu´on envoya avec empressement jadis enseigner en Afrique francophone, n´avaient-ils pas eu la compétence requise pour organiser et développer leur propre pays ? Aucune esquisse de structures de réalisation industrielle, une infrastructure infantile, chancelante : ne rendant pas justice à 200 ans d´indépendance et de souveraineté exercées consciemment. Quand on pensait au prix que ce pays avait payé en vie humaines pour mériter sa liberté : l´assassinat entre autre de Toussaint Louverture, et le paiement de 150 millions de francs lourds exigés par la France pour relâcher ses esclaves dans la liberté, on se demandait si cette liberté n´avait pas été inconsciemment exercée. Après tout ce mal et ces efforts fait pour la conquérir ?
Quand on allait dans l´histoire économique, qu´on fouillait soigneusement dans les faits et les intentions économique ; oh, horreur ! Outre le poids affligeant de cette honteuse dette de flibustier rançonneur des grands chemins que leur imposa sournoisement la France et dont ce jeune pays ne s´en départit, intérêts et dividende, qu´en 1947 (il faut le faire de 1825 à 1947. A partir de 1828, Haïti est obligée de s´endetter auprès des banques françaises pour honorer ses échéances : la spirale vicieuse de la dépendance et de l´appauvrissement se referme sur elle. Comme dans les pays africains endettés frauduleusement). Sous le dictateur Duvalier, et avec l´aveugle complicité de l´UNICEF, tous les intellectuels et cadres furent enrôlés dans un programme qui, sournoisement et plutôt intentionnellement les écartait de leur pays pour les engager ailleurs en Afrique ; ce qui les éloignaient de leur devoir naturel de servir au développement de leur patrie. N´est-ce pas bien machiavélique ?
Ce pays s´est retrouvé devant une liberté vide on ne peut plus, et tous les moyens lui furent enlevés pour remplir d´espoir une patrie qui, eu regard à sa lutte historique de libération, le vœu et le sacrifice de ses meilleurs enfants, eu largement le droit de boire l´eau pure et rafraîchissante de la pleine liberté.
Les générations françaises de libres citoyens et d´enfants du pays des droits de l´homme qui arborait si souverainement : liberté, égalité, fraternité ; savaient-ils que leurs bien-être, leur avenir avait coûté sang et larmes à tout haïtiens et surtout aux écoliers auxquels l´Etat, en désespoir de cause, exigea d´aller travailler dans les champs et l´industrie pendant les vacances ? Voilà pour tous ceux qui aujourd´hui à Paris parlaient de liberté, d´humanisme, des droits de l´homme tout en oubliant sciemment ou discrètement de quoi leurs prétentions, leur arrogance avait été réellement faite. Tout simplement des douleurs et du sang injustement extirpé des autres.
En Afrique, ce fut à peu de choses près ce même systématisme machiavélique que les puissances coloniales installèrent dans les berceaux de leurs anciennes colonies aussitôt qu´elles se rendirent compte que le glas de la colonisation avait sonné quelques années après la deuxième guerre mondiale. Ce ne fut pas de bonté de cœur, comme on le verra avec les massacres français en Algérie ou les massacres de 200 algériens jetés dans la Seine ou simplement assassinés au commissariat de police le 17 octobre 1961. La reconnaissance de ces faits attendra jusqu´en 1997. Et notons que le grand De Gaule donna patte blanche à Papon, le préfet de la ville de Paris pour en découdre avec les manifestants algériens. Il le fit cruellement, avec la bonne tradition française envers les ressortissants désarmés de ses colonies : cette manifestation pacifique fut noyée dans le sang. Cette guerre algérienne dura de 1954 à 1962 et déboucha sur l´indépendance de l´Algérie.
L´Angola, elle fut la plus éprouvée, sa guerre dura de 1960 à 1997 !
Le Nigeria connut sa guerre de 1967 à 1970.
Le Congo, de 1961 à 1965.
Le Mozambique de 1976 à 1992.
Le Zimbabwe eut sa guerre de 1980 à 1988. A la fin de cette douloureuse époque, Mugabe tint sa promesse et redistribua d´autorité les terres mal acquises détenues par les blancs qui avaient soutenu Ian Smith et empoisonné à l´anthrax les terres des noirs. Il fut aussitôt mis à l´index des pays occidentaux et subi actuellement un embargo surveillé et pour le moins scandaleux. Il faut se faire à l´idée que l´anthrax livré gracieusement par l´Afrique du Sud à la Rhodésie jadis, que ce poison reste 50 ans actif dans la terre, ce qui la rend infructueuse et morte durant toute cette période.
Toutes ces guerres avaient ceci de commun : ces pays, riches en matières premières ou sources de revenus agricoles pour les colonies occidentales furent entremises pour y instaurer des régimes compatissants ou aliénés à la cause de l´empire occidental qui avait lentement quitté l´adversité de la deuxième guerre mondiale pour retrouver une complicité économique et commerciale homogène face à un nouvel adversaire : le communisme. Et tous ceux qui flirtèrent avec l´ennemi ou ses idées socialisantes se virent, comme l´Angola, le Mozambique, ou l´Ethiopie, imposer une guerre civile des plus meurtrière pour les ethnies et la population civile. Et même si en France un parti communiste existait à côté d´un parti socialiste, cette liberté fut interdite en Afrique. Fais ce que je te dis, pas ce que je fais, simplement. Si la liberté était aussi facile à clôturer. Quant à l´imposer…
Comme on le voit, les indépendances africaines provoquèrent un meurtre évident de la liberté des habitants des pays qui y aspirèrent ; à moins que celle-ci ne soit avalisée et soumise aux bons vouloirs et aux intérêts du maître blanc. Lorsqu´on entendait les représentants de ces pays aujourd´hui disserter ou au conseil de sécurité de l´ONU parler et faire conseil sur la liberté, la paix et la démocratie dans le monde, on ne peut que se dire : eh bien, dites donc, comme on peut vite souffrir d´amnésie ! Tous étaient devenus des anges de la paix et de la liberté dans le monde entier. Et en y regardant de près, on se rendait compte que plus de fausseté n´a jamais été aussi bien vendu : en réalité ces bandits de grands chemins n´avaient en rien changé ; tout en jouant une fausse façade, ils entremettaient les possibles belligérants et leur fournissaient en armes et en moyens financiers pour semer la rébellion et le désordre servant à établir leurs intentions géopolitiques et économiques de mainmise. La France, La Belgique, l´Angleterre, l´Australie, le Canada, les Etats-Unis, le Portugal, l´Espagne…bref, tout l´armada du pouvoir blanc y était partie prenante. Activement ou par solidarité raciale et économique.
L´histoire de l´Apartheid qui est une des histoire les plus choquantes et les plus révoltantes que l´Afrique aie connue ; mais elle a permis, encore plus clairement de percevoir le mécanisme criminel et brutal de l´assise des intentions occidentale en Afrique. Vu son importance et sa particularité toute dévoilante des intentions et des buts du Pouvoir Blanc, nous lui réserverons en temps opportun une page entière. Tout ce qu´on peut retenir en ce moment, c´est qu´on y retrouva nos marchands de soumission, de torture et d´assassinat occidentaux habituels. Et comme ce pays regorge de matières premières, leur rapacité et leur intolérance n´en furent que plus sanglantes.
Tous nous aspirons à la réalisation sensible, tous nous voulons nous réaliser et jouir de la vie aussi pleinement que possible. Et si tous nous devons devenir ou rester capitalistes, il n´y a pas de raison à ce que ce soient toujours les blancs qui dictent la musique et le pas de danse sur lequel nos enfants et notre avenir doit se contorsionner.
Ce complexe, cette hérésie raciale de la liberté qui n´en est au fait pas une si elle est liée ou conditionnée au bon vouloir et aux intérêts étroits d´un tiers totalitaire, sans justice ni équité ni tolérance et respect des droits légitimes des autres ; elle est tout simplement une aberration de la plus vulgaire prétention. Et d´avoir conforté cette déviation d´un système monétaire international, d´une ONU, d´institutions internationales qui toutes n´étaient efficaces et légitimées que lorsqu´elles oeuvraient à la conservation et à l´engrangement de ce monstre élevé au socle du sacré et de la toute puissance, ne rend la liberté et la démocratie que plus ardue, si pas impossible.
Mais par là, le Pouvoir Blanc qui entretient ce faux hybride et dévoyant ne se rend que plus ridicule et bas au jugement objectif libre et démocratique de toute haute pensée universelle humaine.
La liberté, comme sa forme institutionnalisée d´organisation, de gestion, de contrôle et de promotion des intérêts sociohistoriques : la démocratie, sont des biens sociohistoriques légitimes, incessibles et irréfutable. Elles dépendent, certes de notre niveau culturel et du niveau moral et éthique de notre conception sociohistorique ; et cependant, personne ne peut s´en réclamer en les plaçant au niveau le plus bas pour les autres et le plus favorable pour lui. Tout jugement et acte de jugement ne peut se faire, en face de tiers, que du niveau le plus exigeant ; c´est à dire par la tolérance et le respect mutuels des libertés et des droits absolus.
Tout ce scénario historique qu´on a fait avalé en pilule amère au monde entier donne l´impression ou suggère aux victimes cloisonnées dans l´existentialisme du maître occidental tout puissant qu´ils doivent leur liberté, leur avenir à la Norme occidentale ; c´est cependant faux et honteusement gratuit. Et même si l´occident est super armée et super développée, personne ne dépend d´elle. C´est plutôt elle qui dépend des autres : de leurs matières premières, de leurs marchés, et vilement aussi de leurs citoyens formés ou esclaves.
Si ces nations occidentales qui s´érigeaient faussement et frauduleusement en gendarme ou en instituteur des droits de l´homme ou de la liberté restaient dans leurs murs et cessaient de violenter et de parsemer le monde de leurs criminelles entreprises de mainmise et de soumission, le monde serait surpris de voir qu´ils ne sont, en réalité, que de nains prétentieux et barbares qui sombreraient bien vite dans la primitive ère sociohistorique de la pierre taillée et du lourd gourdin gratuit.
Courir le monde et l´histoire humaine, priver de liberté et de droits fondamentaux des siècles durant à des millions d´être humains, les torturer dans leurs âmes et leurs valeurs, détruire leurs identités, leurs structures sociales et tronquer le court de leurs histoires respectives pour les assujettir à un ordre qui ne leur réservait que racisme, discrimination, exploitation vile et désespérante… Tout cela avec la bible sous le bras et ses dix commandements devant les yeux ! Peut-on parler en toute quiétude de civilisation et de bonne foi ? Et avec pompe et trompette déclarer que tout cela était la liberté et la démocratie ? Dieu du ciel, faut-il être faux !
Et ce monstre financier et économique d´un ordre monétaire qui avec ses tentacules géantes et son dogmatisme centralisé engouffrait les efforts des pauvres et buvait leur sang en les contraignant à nourrir ce moloch inaltérable et insatiable avec leurs dernières chemises, leurs derniers souffles de vie, leurs précieuses matières premières tout en ne leur réservant que le bas du paillasson, était-ce juste et équitable ?
Les matières premières ne sont pas éternelles, lorsque celles-ci seront épuisées, que feront donc ces pauvres si on les empêchait sciemment d´accéder au développement ? N´est-ce pas une escroquerie de la plus vile méchanceté que d´entretenir de telles intentions ?
Ces matières premières appartenaient non seulement aux générations actuelles, mais aussi aux générations futures ; les dépenser et en abuser comme l´occident l´a toujours fait, tout en se disant : «quand ils se réveilleront, ces matières premières seront recyclables dans nos murs ; ce seront eux les perdants». Cela ne démontrait pas la criminelle fausseté occidentale ?
Dans son ouvrage : « L´empire de la Honte », Jean Ziegler, à son habitude et non sans passion se révolte devant le systématisme honteux et dégradant instauré et pratiqué par l´occident pour ruiner et asservir à tout jamais l´Afrique ; cet ouvrage laisse un goût amers et choqué au lecteur en montrant combien le Pouvoir Blanc était pernicieux et volontairement criminel envers la race noire. Et on est surpris qu´un noir comme Kofi Annan se taise pendant que ceux avec lesquels il dîne chaque jour et disserte assassinent les siens. Incroyable. Faut-il être borné ou aveugle ? Jean Ziegler, lui, un blanc, et le subalterne de Kofi Annan a, lui, le courage de lever la voix. Que se passe-t-il que diable avec l´homme noir ? Est-il aliéné et borné à ce point qu´il en deviendrait aveugle et indifférent à l´extermination ouverte de sa propre race ? Ces dictateurs fantoches et criminels entretenus par la francafrique et par le dollar américain corrompant, ne se rendaient-ils pas compte qu´ils assassinaient leurs peuples et les renvoyaient dans un proche avenir dans la nuit des temps à mourir de faim et d´ignorance ?
Si tout le monde ne défend que ses intérêts, pourquoi devons-nous négliger les nôtres ou les abandonner à des gens dont nous ne connaissons que trop bien de leur rapacité et manque évident d´humanisme ?
C´est pourquoi, à mon avis, l´Afrique doit mettre fin à coopérer avec ceux qui, dans son dos assassinent ses enfants et étouffent son avenir. Parce que sinon nous donnons tous l´impression que nous acceptons cet état des choses ou que nous y adhérons. Et s´il faut quitter ce système de criminels et de bandits, eh bien, nous devons avoir le courage de le faire. A moins qu´il ne se rende compte de sa partialité et change fondamentalement d´esprit et d´intentions. Mais croire qu´en se réfugiant dans le ventre de ce cheval de Troie, nous serons à l´abri, c´est détruire notre devoir de créativité et d´originalité sensible et alourdir un monstre qui n´en devient que chaque jour pesant et vorace à assagir. Et dont les pas et les intentions, comme un dinosaure pétant feu et flammes deviennent lourds, insensibles et peu flexibles ; nous écartant ainsi de la liberté et de la démocratie en écrasant tous les faibles et les petits. Aucune culture, aucune civilisation ne peut, à la longue soutenir une telle aberration destructive ; surtout qu´on ne vienne pas nous dire que nous devons tendre la seconde joue, ou croire au père Noël. L´Amérique a été agressée le 9/11 par les terroristes d´Al Qaida, a-t-elle tendu la seconde joue ? Non n´est-ce pas, tous les talibans ont été noyés dans le feu des armes américaines, pourquoi exigerait-on de nous d´être plus catholique que le pape ?
Nous avons connu l´esclavage européen qui, 400 ans durant, nous laissa exsangue, affaibli et vidé continuellement de nos forces saines et vives 15 générations durant. Puis les mêmes criminels revinrent sous prétexte de nous secourir ; ils détruisirent sciemment nos cultures, nous arrachèrent et nous interdirent nos us et nos usages, ils imposèrent leur sens étroit de l´histoire et leurs normes sociohistoriques qui firent de nous des citoyens de deuxième choix, des subalternes, en somme. Cela dura un siècle. Et aujourd´hui, pour être et devenir leurs consommateurs favoris de leurs prétentieuses surproductions, ils nous ruinent et nous étouffent…Quand nous rendrons-nous compte que la vie n´est pas un cauchemar de successifs atrocités toutes accompagnées de fausseté et de sournoiserie. Notre liberté à nous, ne vaut-elle que ce que l´homme blanc en fera ? Il est temps, il est grand temps de choisir la voie qui nous réalise pleinement, souverainement, librement. Et de dire à nos bourreaux qu´ils sont primitifs et bas, et qu´à ce genre d´individus nous ne sommes plus disposés à leur faire confiance, parce que selon toute évidence, il sont trop bornés et criminels pour concevoir et organiser une véritable liberté. Et qu´à ce titre, nous nous épargnons le reste.
La liberté, telle que nous l´envisageons et la comprenons, est un lieu de réalisation et d´épanouissement individuel, social ; pas un sentier de martyr tapissé du sang et des larmes des autres, ne privilégiant et réalisant que les occidentaux et leurs intérêts pendant que les noirs sont voués à toutes les atrocités.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu