Le commentaire oublié

Sur Michelle Jean et sa nomination comme gouverneur du Canada

L´apparence du réel et son réel contenu 

(Jeudi 29 Septembre 2005 18h22 ) sur grioo.com

Cessons donc d´acclamer chaque fois qu´un noir ou une noire est, dans la stratégie de l´homme blanc, élevé sur un piédestal individuel, dans le but jeter la poudre aux yeux des noirs et faire acclamer tous les idiots en mal de la reconnaissance tant recommandée du maître. Elle a réussi, tant mieux pour elle. Et c´est bien ainsi. Mais à la pensée qu´au moment où je vous écrit, des enfants innocents meurent de faim et d´apathie parce que ces mêmes blancs et leurs amis dictateurs et traîtres à la patrie leur enlèvent chaque jour leur espoir, je ne peux hélas ni sourire ni m´en réjouir.

Notre âme, notre culture détruite et bafouée, et cette domination économique et commerciale qui nous étouffe, je l´oublierai parce qu´une seule noire est devenue gouverneur au Canada? Mais qu´est-ce qu´il en est advenu de nous; ne savons-nous plus distinguer l´apparence du réel, la vérité de l´illusion, ou le principal du subsidiaire? Il faudrait peut-être commencer par là. Acclamer comme un idiot chaque fois qu´on nous jette un os, n´est-ce pas jouer aux chiens de Pavlov? Ne sommes-nous pas plus critiques que cela?

Je le crois bien. Tout ce tralala, c´est de la fumée, rien de bien réalisant pour nous, car nous sommes devenus exigeants. Et inconsolables, parce que notre chemin est si long; et chaque fois que nous nous sommes laissés abuser par des porteurs de flambeau, nous avons été trompés. C´est donc que ce qui compte maintenant, ce n´est que la liberté et la réalisation que nous faisons de nos propres mains, avec nos propres cœurs et notre esprit ; pas d´emprunt, pas d´illusion. Du solide qui porte nos larmes, nos défaites et nos victoires, mais aussi le sourire futur de nos enfants.

Et à bien y penser, tous ces nouveaux noirs émergeant en occident ne sont que des instruments qui vont

nous faire plus de mal que de bien. Je me demande comment choisirait-elle, Michelle Jean, si elle avait à débattre entre les intérêts de son pays d´origine: Haiti, et les intérêts canadiens? Savaiet-elle que les banques, les politiciens et le management canadiens étaient à la base de la ruine de son pays d´origine? Que les 2 milliards $ que les travailleurs haitiens à étrangers transféraient dans leur pays, de cet argent, et grâce à la complicité des banques canadiennes, ce pays n´en voyait ni la couleur, ni les effets positifs? Que cette somme reprenait aussitôt arrivé le chemin du Canada pour gonfler les comptes des étrangers et des haitiens vereux ? Elle peut toujours venir. Mais tromper de nouveau...notre naiveté a des limites. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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