Occident de crise

Hégémonie, chômage, endettement et faux de liberté.

                                                 "Nous devons civiliser le capitalisme". 

                                                                                  Franz Muntefering

Commentaire du 20 février 2006 23H44

De tout ce qui a été dit ou écrit, la phrase la plus importante reste celle de Paul Ricoeur déclarant que "l’exigence, même prématurée, de liberté a plus de poids moral que toute l’œuvre civilisatrice des colonisateurs". ...Ce qui choque les modestes africains que nous sommes, c´est que malgré leur génies, leurs universités, leurs industries et leur créativité, les occidentaux soient à ce point passés à côté de l´objective liberté que ça froisse le bon sens et l´entendement. Ils avaient pourtant eu 600 ans pour épuiser le sujet. Et aujourd´hui force nous est de constater qu´en lieu d´universalité, ils ne nous ont offert que leurs cynismes, leur médiocrité morale, leurs abus. Etre et rester le plus fort, le plus puissant, la norme; telle était leur devise. Ils allèrent faire esclave, piller, voler, massacrer et vendirent à gros chapelets leur Dieu blanc comme étant le Dieu universel tout en commettant les plus grands crimes, les plus sales délits en son nom. Et maintenant, homme blanc, quoi de neuf? Rien de nouveau sauf une grande bouffe aux valeurs décadentes et fausses parce que partiales et immorales. Et le pire, c´étaient ces professeurs d´université qui allèrent en Afrique et ailleurs enseigner la philosophie, le droit des gens, la logique et la morale...ou quand le criminel invétéré disserte sur la vertu en légitimant ses propres perversions : une véritable mystification. Et maintenant que le nègre sauvage de jadis se met à attirer son attention sur le fait qu´il n´est pas seul au monde, que chacun a droit à la liberté, et que son sens de l´histoire est partial et primitif, c´est la grande déprime de crispation: "Quoi, mais la morale, la loi, la liberté, le droit; ce sont nos définitions!" Peut-être, mais elles sont hélas fausses si elles partent de prémisses autoritairement centrés sur les privilèges et la priorité des intérêts, des vues occidentales égoïstes et bornées. Voilà. Et pour l´occident, le mal commence, parce qu´il s´agit de devenir ou de cultiver une meilleure universalité que ses étroites idées ou prétentions. Et cela, c´est bien dur ; on peut le voir avec le chômage ou l´endettement galopant. Mais cet occident ne doit pas s´attendre ni à la commisération, ni à la pitié; et encore moins à la compréhension, car pendant des siècles cette civilisation ne s´est pas donnée la peine d´entendre les cris, les pleurs et de respecter le sang qui ruisselait à ses pieds. Elle doit refaire le chemin qui mène à la vérité toute seule, quelles qu´en soient les douleurs et le déchirement. Et ne pas exiger des victimes d´hier de lui servir d´échelle, comme dans le temps. De la fierté, que diable; il paraît qu´ils sont tous des génies. Tant mieux, parce que d´habitude ils ne font qu´assassiner, détruire, voler, violer ; seraient-ils enfin capable d´humanité ?

Plus de chômage, plus d´endettement, plus de francafrique, d´invasions gratuites assaisonnés de bombardement et meurtres civils, corruption…ça je veux bien le voir !

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

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