Protéger les élections ou

Protéger un pouvoir usurpé ?

La force internationale au Congo (RDC)

Sur la demande des autorités actuelles du Congo, et dans l´état actuelle de la paix civile dans le pays de Patrice Lumumba, l´ONU a lancé un appel international pour y renforcer les forces militaires de l´ONU stationnant dans ce pays. L´Europe se concerte et beaucoup ne sont pas seulement hésitant sur la durée, la teneur de cette force, et bien sûr le financement. Mais au-delà de ce mouvement militaire étranger, et avant de mettre des innocents en danger ou dans un conflit dont personne n´a encore compris l´enjeu, ne faut-il pas se poser certaines questions ?

Tout le monde sait que les troubles civils actuels ont été engendrés par la prise de pouvoir militaire de Laurent Désiré Kabila qui fut assassiné et pour conserver le pouvoir à tout prix, son clan imposa son fils dont la maladresse et l´incapacité est notoire.

Que va-t-on protéger au Congo dans ce cas ; est-ce le déroulement des élections ou est-ce un pouvoir infantile, incapable de réunir les forces politiques de ce pays autour d´une politique de réconciliation et d´entretien des intérêts du peuple ? Parce que, ne soyons pas aveugle, junior Kabila n´a ni les qualités d´un chef, ni l´intelligence d´organisation requise pour gouverner ce pays. S´il avait un peu de bon sens, il ferait vite ses valises et irait se reposer chez ses parents rwandais. Et au besoin en prenant avec lui tous ses amis rwandais qui ont envahi la vie politique congolaise en brillant par leur incapacité et leur manque évident d´idéal. Mais comment en serait-il autrement s´ils ont grandi dans les broussailles des maquis ?

Force est de constater qu´après la prise de pouvoir des Kabila, les troubles et les révoltes militaires se sont accumulés, et que ce gouvernement, loin de chercher à apaiser les contestants ou les insatisfaits en les invitant à venir autour d´une table ronde exprimer leurs doléances et convenir de la paix afin que ce pays qui avait, avant la venue de Kabila, plus de paix que maintenant, ce gouvernement de pouvoir usurpé par la violence, dépense les précieux deniers de l´Etat en armes et vies humaines. La rage des incapables : acceptes-moi ou meurs, tu n´as pas le choix.  

Combien de d´innocents doivent encore être assassinés pour que ce pouvoir illégalement acquis, et visiblement exercé avec trop de mépris pour le peuple congolais et ses intérêts légitimes, comprenne qu´il est incapable et indésirable ?

Guerroyer avec qui élève la voix pour protester pendant que le peuple meurt de faim et n´a pas d´emploi, qu´est ce que cela peut bien être pour une politique ? Rien de bon, rien de sérieux, en tout cas. Et quand on pense que ce chef d´Etat est allé le 10 février 2003 en Belgique chanter les louanges de Léopold II devant le Sénat belge, on se demande si ce maladroit se rappelait de l´assassinat de Patrice Lumumba dont son père se réclamait faussement, ou de l´emprisonnement du Prophète Simoni Kimbangu pendant 30 ans jusqu´à sa mort ? Ou encore les 150.000 de ses adeptes déportés et morts atrocement ? Des mains coupées, des esclaves vendus dans des cirques d´attraction…une bourde grosse comme une maison, inoubliable. On se demandait donc : les occidentaux, que voulaient-ils donc défendre à Kinshasa ou s´agissait-il de permettre aux bandits actuels au pouvoir de se laisser confirmer et de continuer à massacrer le peuple congolais joyeusement ?

Louis Michel qui avait entretenu une douteuse politique de corruption aux chèques de la communauté européenne ne semblait, lui et ses pairs pas encore compris que ce dont pays a besoin, c´est surtout de lui-même ; d´un consensus intérieur de large participation populaire qui motive et ouvre sur le travail et la prospérité. Ce mépris qu´on les occidentaux à considérer les africains comme leurs jojos auxquels ils sont tenus de lancer des miettes ou des restes ; cette attitude est des plus honteuse. Et l´entretien de telles politiques ne rend l´occident que bas, parce qu´il semble bien que l´intérêt supérieur d´un peuple congolais leur est indifférent. Seuls leurs profits et leurs douteuses entremises géopolitiques comptent. Et je me demande si Louis Michel se permettrait d´aller offrir des chèques aux tchétchènes dont le pays est mis à mal par Putin ? Non, n´est-ce pas ! Avec de gros mots silencieux on laisse faire ; et pourtant tout cela se passe sur le continent européen, n´est-ce pas ?

Le Congo a une pénible expérience avec l´ONU : l´affaire Dag Hammarskjöld qui fut assassiné sous la complicité belge au Congo le 18.09.1961 parce qu´il en savait trop sur les assassins directs et indirects de Patrice Lumumba, parce que lui-même reçut l´ordre d´écarter les troupe ghanéenne envoyée par Kwame Nkrumah pour protéger le leader congolais en les intégrant aux forces de l´ONU et en les écartant sciemment de leur objectif. L´ONU se gardera d´intervenir lorsque Patrice Lumumba est illégalement arrêté, et le 17 au 18 janvier 1961 assassiné bestialement. Comme au Kosovo où cette fameuse force de paix assistera en fermant les yeux devant le massacre de 8000 musulmans, ou encore au Rwanda où elle se retira ou resta inopérante pendant que 900.000 hutus se faisaient charcuter.

Cette noble institution semble bien incapable de faire quoi que ce soit, sinon de rester aveugle ou inefficace. Après tout, que défend-t-elle ? L´ordre douteux d´un conseil de sécurité pro occidental ou les verves vides d´un Kofi Annan fonctionnaire sans pouvoir et vendant plus de vent que d´idéal universel de coexistence pacifique harangue et voyage inutilement ? La guerre du Soudan a duré 21 ans avant que cette noble institution n´arrive à une paix douteuse qui aujourd´hui encore coûte la vie à plusieurs soudanais confrontés avec des milices arabes financées par l´Arabie Saoudite et soutenues par le monde arabe sournois et islamisant joyeusement en Afrique.

Oui, la question reste posée que vont faire ces soldats étrangers au cœur de l´Afrique, quand leurs pays respectif ainsi que leurs gouvernements et managers, en coulisse, veillent sournoisement à ce que ces pays ne vendent pas leurs produits agricoles sur leur marché en élevant des barrières douanières indécentes, en subventionnant des produits tels que le lait, le coton ou le sucre pour ruiner la concurrence ? Ou ces banques commerciales d´obédience coloniales qui, comme des pieuvres géantes ou des sangsues insatiables vidaient chaque jour le corps économique congolais de son sang financier frais pour le laisser exsangue, voué à la risée occidentale et à sa fausse générosité ?

Oui, que feraient-ils ces pauvres soldats d´un ordre international douteux ; protéger les intérêts occidentaux des matières premières, et légitimer une nouvelle dictature assassinant et affamant le peuple inconsolable du Congo ?

Ou voulait-on leur apporter le mensonge démocratique : la nouvelle bible du capitalisme aveuglé par son propre chômage, son vice d´endettement, ses surproductions sans preneurs ou sa croissance en régression ? Combien de temps allait-on encore fermer les yeux devant ces contradictions blessantes ? La définition de la démocratie en occident n´était-elle pas en train de changer, de devenir amers ? Et puisque ces pays occidentaux n´ont l´habitude que de défendre leurs intérêts, pourquoi croyaient-ils que les africains devaient tous se laisser faire, ne pas défendre les leurs ?

Ce qu´on voir partout en Afrique, ce remous de révoltes sanglantes, de protestations civiles parrainées par la pauvreté, la fuite des cerveaux, c´est plus que de la petite contestation de dimanche après la messe. Le sentiment largement entretenu par les occidentaux que les africains étaient des incapables a des rebondissements révoltants, parce qu´injurieux et inhumain. Etre sur sa terre, soi disant indépendant et attendre que l´étranger vous offre la paix, le pain ou l´avenir rend dangereux. C´est une question de fond, pas de forme. Et bien de petits dictateurs installés et entretenus par les américains, la francafrique, l´Union Européenne n´avaient pas encore compris ce que leurs peuples, à leurs manières, leur disaient : « Nous aussi nous avons des femmes et des enfants ; nous aussi nous avons droit au progrès et à un avenir sans misère et sans insécurité. N´est-il pas temps de l´entreprendre, plutôt que de se laisser continuellement déjouer par les intérêts étrangers ? »

Et ce cri est bien audible. Mais il n´y a que l´homme blanc et son formalise étroit et borné pour ne pas entendre ce cri pressant et brûlant de la liberté et celui d´une réalisation indépendante et souveraine ; un rêve légitime, et somme toute, humain.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com