Illusion, réalité ou idéal ?

De la Norme

« La seule protection contre l´injustice de l´homme est le pouvoir physique, financier, scientifique »   

                                                                                                            Marcus Mosiah Garvey

Pourquoi est-ce que je sors ce sujet des annales des commentaires pour lui donner un caractère éditorial, c´est parce que mon ami Le Troll, encore une fois, a mis le doigt sur le problème fondamental de notre existence humaine, si pas le plus important : celui de la valeur, du contenu et l´importance de la norme pour la réalisation humaine. Et quoi que je sois défendeur de culture et d´instruction, ce qui suppose chez moi la capacité à digérer cette culture, le droit de la transformer ou de la rejeter, et plus important : la qualité de cette culture doit répondre ou correspondre à ma nature, la respecter et tout en lui ouvrant les moyens de se parfaire, de se confronter à sa meilleure réalisation, elle doit inciter ma critique, être flexible et ambitieux pour ma réalisation la plus belle, la plus pleine.

La culture, disait Malraux, est ce qui reste quand on a tout oublié. Et c´est vrai ; nous sommes plus conduit et régis par notre subconscient au préalable cultivé par sa structuration sociohistorique antérieure. Et même si j´ai des retenues envers Malraux pour le vol de deux statues Tevoda au Cambodge, je dois reconnaître que sa pensée ou sa réflexion sur la culture n´avait pas les mêmes indiscrétions que ses mains. Si vous rencontrez ce genre d´intellectuels, demandez-leur gentiment de garder leurs mains dans les poches, au risque de perdre votre amitié et bien d´autres encore. C´est typiquement occidental, ces mains baladeuses qui allèrent piller le monde entier, voler des terres qui ne leur appartenaient pas et les revendre ou les louer à leurs propriétaires légitimes. Il faut le faire, n´est-ce pas ?

Les anglais, dans ce domaine, furent eux aussi des champions : ils allèrent en Afrique du Sud et se mirent à cadastrer les terres. Le Bushman les regarda faire puis il voulut en savoir plus sur cet étranger qui mesurait ses terres : «  Eh bien, mon grand, que fais-tu là ? Mais vous le voyez bien : je mesure les terres. Ah vraiment, mais dites-moi ; ce ne sont pas vos terres, ce sont les miennes…qui vous a donné l´autorisation de mesurer quoi que ce soit ? Mais les terres doivent être mesurée, c´est le progrès qui le veut. Ah, le progrès hein ! I´africain laissa faire et s´en mordra les doigts plus tard : les colons et leurs missionnaires lui volèrent ses terres et le contraignirent soit à travailler pou eux pour survivre, soit à cultiver douloureusement les terres arides délaissées par les occupants, sans en tirer de quoi vivre décemment.

Et lorsqu´on les entendait aujourd´hui, ces anglais, français, hollandais, allemands, belges, italiens parler de respect de la propriété privée ; c´est à peine si le Bushman ne se roulait pas au sol de rire : de quoi abattre un éléphant ! Faut croire que ces assassins de la liberté africaine et de sa culture étaient devenus cultivés. Tout ce que la culture peut transformer son homme, n´est-ce pas ! Mais le mieux serait qu´ils nous rendent nos objets volés, nos terres et nos esclaves ; parce que la chose la plus importante dans une culture, c´est la justice à laquelle tous ses membres ont droit. Et étonnamment, arrivé à cette revendication, l´homme blanc redevient tout à coup inculte et pas civilisé : il se réclame tout à coup de la barbarie ! Manger à deux râteliers, pourvu que l´escroquerie et le crime lui soient profitables. De quelle culture s´agit-il donc ? Mais vous l´avez certainement déjà compris, n´est-ce pas ?

Ceci me rappelle une belle dame Alexis Marise Bique, Présidente « Les 3A ~ Hitoire & Sociétés » qui me disait que nous pourrions partager quelque chose de commun…Entre temps j´ai appris qu´elle était fort agréable à regarder…c´est un bon début. Mais je suis naturellement intéressé par l´objet de notre partage, et j´attends ses brûlantes propositions. Un de ces jours je vais la relancer, et ce sera pas pour des carottes…et si elle ne répond pas, je vais répondre pour elle, comme l´ont si souvent fait les européens en Afrique : au four et au moulin, et j´aime autant lui dire que ça va faire mal, très mal. Mais on n´en meure pas comme à l´esclavage, mais parole de nègre, cela va la faire vomir jusqu´au sang. Vaudrait mieux qu´elle réponde, c´est plus civilisé et moins cher.

Pour en revenir à notre culture, je donne raison à Le Troll, parce que ce n´est pas en lisant tous les livres de la bibliothèque qu´on devient intelligent ou cultivé. On a lu, c´est tout. La culture n´est pas seulement de tissu théorique, cognitif ; elle est aussi, dans son tourment profond une dialectique ininterrompue entre us, usages, connaissances, idées, raisonnements s´attelant, se contredisant ou se relevant au chevet de l´existence humaine dans sa quête insoluble à la sécurité, au respect et à l´amour des siens, mais aussi à la réalisation organisée de rêves, d´attentes et d´ambitions humaines légitimes. Tout marche bien lorsque l´être et son lieu d´épanouissement : la société se réalisent pleinement l´un l´autre dans ce sens que l´un et l´autre s´influence, se conseillent, se motive et s´améliorent pour donner au citoyen le meilleur milieu existentiel de jouissance et de réalisation. Mais lorsque des problèmes surviennent comme le chômage, l´endettement galopant, la criminalité gratuite des villes, la famine ou l´exploitation économico financière scandaleuse en Afrique par l´occident, ou même, pour aller dans le passé : l´esclavage, la colonisation, l´Holocauste des juifs européens, la honteuse attaque du World Trade Center du 9/11, l´invasion illégale de l´Irak, les tortures à Guantanamo ou à Abu Ghraib, l´entretien et l´imposition de  la francafrique par la France ; les valeurs sociales, humaines sont remises en causes et soumises à une critique culturelle objective et réelle pour changer les choses et remettre la paix sociale, humaine entravée sur le droit chemin qui respecte et défend les droits de chaque être humain comme étant partie prenante d´une vaste et généreuse culture universelle. Car la liberté, ou la démocratie, la vie tout court ou la réalisation ; on ne peut pas la réclamer pour soi-même tout en les refusant aux autres, c´est de la pure aberration. Un non sens qui, hélas, semble trop souvent prendre le dessus dans notre subculture de domination et de dominés.

En occident on voit des hérésies de toute grossièreté : des soit disantes démocratie qui entretiennent le chômage et endettent les générations futures si scandaleusement que les pensions de celles-ci, leurs assurances maladies invalidités s´en trouvent compromises. Tout cela pour défendre un capitalisme centralisé et primitif qui veut garder ses privilèges au lieu de les partager équitablement. Il ne s´agit, qu´on se le dise bien pas de distribution de prix comme à Noël, mais de démocratisation de la responsabilité et des conséquences réelles immédiates et futures. Franz Muntefering, actuel vice chancelier allemand (Parti socialiste – SPD) s´écriait : « Nous devons civiliser le capitalisme ! ». Il serait grand temps, parce que reposer tout le poids négatif de ce système en cafouille sur les jeunes et leur avenir en espérant qu´ils se débrouilleront, c´est non seulement être médiocre, c´est aussi être sournois et méchant ; parce que les jeunes, eux, ne savent pas se défendre. Le petit enfant qui naîtra demain et qui sera endetté jusqu´à la moelle sans qu´il n´aie profité de ces dettes aussi.

La démocratie qui a toujours été entendue comme un système qui défendait les droits et les devoirs à la réalisation individuelle est devenue un consortium social où 12% de ses membres pour l´Allemagne, 10% pour la France, et 8,2% dans la moyenne de la communauté Européenne sont chômeurs et exclus à l´exercice de leur participation au bien être social, à leur enrichissement personnel, et de ce fait, sont interdits à l´exercice de leur réalisation. Que devient donc ce genre de démocratie ? Ne se vide-t-elle pas de son contenu ? Peut-on encore parler de démocratie, ou devrait-on plutôt parler d´autocratie ?

Des actes comme : entretenir la francafrique, abattre l´élevage de la Jamaïque avec les excédents de lait européen et américain, exporter abusivement pour étouffer les pays africain ou élever des barrières douanières pour empêcher l´Afrique de vendre en Europe ou subventionner ses produits avec notamment des dettes, pour déjouer les lois des marchés de sucre, de coton. Mais boire à gorge déployée les matières premières des africains tout en leur rejetant et en leur faisant respirer un air pollué, malsain, dont ils devaient déguster de l´acidité sans en avoir connu ni les bienfaits, ni la satisfaction. Si ces démocraties occidentales persistent et ne voient pas ce qu´elles font, objectivement peut-on dire qu´elles resteront longtemps démocratiques ? N´y a-t-il pas un vice intentionnel profond à mépriser le droit des autres, le fondement affirmé de toute démocratie ?

Ce mal, comme je le disait en commentaire à mon ami Le Troll, n´est pas seulement visible en Europe ou en occident ; il est aussi perceptible en Afrique où une autocratie de la faim et du manque s´exerce cruellement en passant à côté de la réalisation de leurs peuples. Eux sont généreusement entretenus par l´occident ; ils roulent en limousine, entretiennent des comptes débordant chez leurs amis occidentaux, pendant que ceux dont ils sont sensés défendre les intérêts, la souveraineté et la réalisation en danger sont, de jour en jour acculés à la pire des pauvreté. Et ces messieurs dont le puissant et autocratique Georges Bush disait sur CNN en novembre 2004 : « L´Afrique est gouvernée par des incapables ! » étaient armés, corrompus, encouragés à délaisser leurs devoirs envers les leurs afin que l´occident puisse piller ce continent à loisir. Et entretenir un mensonge selon lequel l´africain est incapable de progrès, il ne veut que vivre de la mendicité. Une démocratie qui cautionne ou entretient de tels manquements, de tels agissement ; de quelle démocratie s´agit-il ?

Symptomatique pour ce marasme est la fièvre intellectuelle de la lecture, comme aurait dit mon ami Le Troll, chez les intellectuels africains : ils lisent, lisent et lisent encore. Mais pendant ce temps, le peuple dont par nature ils sont chargés de défendre et d´encenser les idéaux, est conduit à l´échafaud depuis 600 ans par les mêmes ennemis qu´hier. N´avait-il pas encore compris ? Lorsqu´il sortirait de ses lectures passionnés, son peuple sera décimé ou inexistant, parce qu´exterminé par le sida, par la misère, par l´exploitation criminelle occidentale. On entendait déjà les occidentaux grincer : « Sans coup férir nous allons entrer en possession de l´Afrique, de ses terres et de ses matières

premières » Et si on fermait les yeux, on se croirait devant ces talibans extasiés lisant le coran avec une ferveur toute pathologique. Ce qui a fait croire aux arabes demeurés que lorsqu´un bout de papier porte les sourates du coran, il devient sacré. Ce n´est même plus de l´hérésie, c´est tout simplement de l´abominable médiocrité. Une de celle qui fait mal, même au dernier idiot du village.

J´ai assisté, au  cours de mes voyages à un fait qui m´a profondément touché en Libye : dans un bus, et parce que quelqu´un avait crû qu´un des voyageur lorgnait un femme, il fut éconduit, descendu sans procès du transport public et tondu indélicatement. Et cet incident m´a beaucoup fait réfléchir. J´ai pensé à mon premier amour en Europe : une marocaine, et malgré le frais souvenir de son sourire, personne ne me conviendra plus que l´Islam est une religion qui respecte l´intégrité et le droit des autres. J´ai eu sur ce blog un certain David, un noir vivant aux Etats-Unis qui a osé commenter que l´islam était la meilleure des religions. Cela m´a fait bien rire, parce qu´il avait un nom juif (David), il était noir : de cette race qui du 7ième au 15ième siècle fut castrée, vendue en esclavage par les hordes islamisantes si elle n´adoptait pas l´islam. Et s´il invoquait que les américains blancs en général appréciaient lorsque les noirs américains se convertissaient à l´Islam, je lui ai répondu que ces blancs savaient très bien que le christianisme avait cessé de tromper les noirs, et ces blancs se réjouissaient d´autant mieux que leurs anciens esclaves aillent frapper à la fausse porte de leurs anciens partenaires dans le commerce des esclaves, et ceux qui, bien plus que les occidentaux, firent un mal incroyable à la culture noire. C´est quitter le sida pour la peste. Il faut être idiot ou demeuré pour torturer volontairement sa propre spiritualité à ce point. Cela frise le masochisme ou de l´imbécillité congénitale. L´homme noir devrait apprendre à reconnaître ses valeurs, et parmi celle-là, il y a le kimbanguisme, le kitawalisme et même les religions de l´ancienne Egypte noire. Croire qu´en tant que noir on est toujours soumis à un choix est de la pure aliénation.

L´Afrique noire est à la recherche de sa norme, je le sais ; et en vérité, elle est à la recherche de son âme disloquée, et encore saignante. Son identité en tant que personne universelle de droit existentiel lui a été longtemps refusée, mais cela ne l´a rendue que plus chère, que plus précieuse. Mais nous devons avoir la force, oui, le courage d´entreprendre cette reconstruction qui nous rend nos valeurs et le tambour sacré de notre histoire. Beaucoup d´africains croient ou confondent identité avec biens modernes de consommation ou de réalisation ; c´est bien dommage parce que ces biens importés sont bien corrompant et aliénant. S´ils les aiment tellement ; pourquoi ne pas les produire en Afrique et donner du travail aux leurs ? Longtemps nous avons cru que l´occident, lorsqu´il se serait assagi, penserait à nous ; nous nous sommes hélas trompé. Il s´agit maintenant de mettre nos propres capacités, nos propres moyens à notre service. Un tien vaut toujours mieux que deux tu l´auras. Et si Louis Michel et ses amis, comme des muezzins au minaret du capitalisme nous lançaient des appels trompeurs et faux de : « Africa is back, Africa is back ! », ou corrompaient les congolais avec la politique de chèques en monnaie de singe, parce qu´inflationniste et dévoyant ; il faut simplement  se rappeler ce que l´histoire nous a appris à propos de l´occident et de ses intentions. L´histoire ne trompe jamais et on ne peut pas la fausser ou la faire disparaître. Et ses vérités hurle le scandale et la fausseté.

A la fin, me poserai-je une question d´éthique culturelle humaine : existe-t-il une norme qui nous réunisse tous sous des valeurs fonctionnelles communes (notez le fonctionnel) ? Je le pense bien ; mais il est hors de question que certains se réalisent pendant que d´autres meurent de faim ou soient exclus. Et l´homme noir, à ce propos, est plus qu´averti sur les méchanceté et les crimes que l´occident notamment peut faire sous diverses couvertures toutes aussi fausses les unes que les autres. Reconnaître la liberté et la réalisation aux autres, ce serait un grand, un bon début. Mais comme nous connaissons les occidentaux, ils vont jouer jusqu´au bout avec des cartes pipées ou fausses, et ne se retireront que pas à pas pour respecter le droit des autres, et surtout des noirs. Qui aurait pensé que Gerhard Schröder, ancien chancelier Allemand ayant déclaré pendant ses fonctions qu´il ne participerait pas à la guerre d´Irak comme les USA le lui demandait, que cet humaniste droit et intègre a vraisemblablement donné l´ordre à la BND allemande d´aider efficacement au bombardement de Bagdad ? Les révélations faites par le Times sont sans contestes. Ou encore qui oserait croire qu´un pays tel que la France entretienne une honteuse conspiration contre l´Afrique noire avec sa francafrique, alors que ce pays se réclame des droits des hommes ? Ou encore comment interpréter le vote négatif des américains et des israéliens cette semaine lors de la création de la nouvelle commission des droits des hommes à l´ONU ? Eux qui ont toujours affirmé défendre la démocratie, la liberté et les droits humains ?

Et pour ceux qui s´étonnent qu´à Paris ou en occident les israéliens soient traités avec beaucoup trop de retenue et de compréhension quoi qu´ils cassent ou qu´ils assassinent au Moyen Orient, doivent se dire que la Mossad est une des meilleure agence de renseignement du monde, et qu´elle a bu à tous les râteliers pour servir les intérêts du Pouvoir Blanc en recevant ainsi son aide aveugle au Moyen Orient. Les Juifs sont non seulement puissant dans les banques et les financements mondiaux, ils sont aussi informés sur toutes les cochonneries que tous ces occidentaux ont vendu comme des acte d´humanité et de bonne vertu. Si ces gens se mettaient à parler, à dévoiler les stratégies et les secrets de certaines opérations connues, beaucoup de pays seraient embêtés sérieusement, et perdraient beaucoup de leur crédibilité internationale. Et la France est parmi ceux-là. Et pour ce qui est de leurs banquiers et financiers internationaux, en période de crise, on se garde d´énerver les seigneurs des finances. Ce qu´on ne voit pas, en réalité ; c´est qu´il ne s´agit pas de monnaie, mais de créativité, de nouveaux produits et de démocratisation de la capitalisation.

Sans morale, sans éthique, sans foi et amour du bien en tant que valeur individuelle, sociale, universelle souhaitable et importante pour la réalisation et la coexistence humaine, toute norme est illusoire et inefficace. C´est donc que si nous voulons qu´un jour nos enfants nous rendent le respect et l´amour que nous leur avons appris ou prodigué, il faut que nous l´ayons pratiqué et non seulement récité. Rien ne se perd, rien ne se crée disait Lavoisier. Et cependant, Wendell Phillips (1811-1884) nous dit « Eternel vigilance is the price of liberty ». Il ne s´agit donc pas de raconter des sornettes au gens, tout en les assassinant en catimini, pour se réclamer faussement d´une norme qui n´en était pas une. Ou encore d´en établir une qu´on interprète et tord à loisir pour accomplir ses basses vertus. Car si elle est à tous, alors tous doivent y tenir et la respecter.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com