17 mars 2006
Congo: élections bidon ou moment de vérité ?
Prévus au mois de Juin
Sur les prochaines élections au Congo
Commentaire sur afrioo du 2006-03-17
Oui, ces élections vont se dérouler dans une atmosphère plutôt tendue, si pas troublée. Contrairement à ce qu´on pense, je ne suis pas d´avis que les congolais ne savent pas ce qui est en jeu ou comment ils doivent choisir ou organiser leurs intentions. Je crois plutôt qu´ils sont induits en erreurs ou manipulés par de fausses rumeurs et le pouvoir transitoire en place afin de se laisser légitimer gracieusement, malgré sa gestion désastreuse. En vérité, ce clan Kabila, qu´a-t-il à se revendiquer depuis qu´il exerce le pouvoir? Depuis que Kabila père avait par violence pris le pouvoir, celui-ci n´a cessé de reproduire le meurtre des institutions, et le pouvoir, au lieu de servir son peuple, l´a abandonné cruellement pour devenir un lieu permanent de discorde et de mésentente. L´Unité nationale a été galvaudée et parsemée de rebellions armées, de viols, de vols; bref d´une insécurité sociale inadéquate à permettre à ce beau pays de retrouver la paix, la justice et le travail. Combien d´emplois ont-ils été créés ? Rien; combien de petites et moyennes entreprises ont été encouragées à produire, employer et former des techniciens et des ingénieurs pour la relance économique de ce pays? Rien. Et pendant ce temps, des universitaires de haute instruction quittent le pays à une vitesse effroyable. Tout par quoi ce gouvernement s´est distingué, ce n´est que recevoir à bras ouverts les chèques corrompant de monsieur Louis Michel, fermer les universités, vendre à qui mieux mieux les diamants et les minerais du pays pour acheter des armes et nourrir un apparatchik de fonctionnaires inefficaces et désabusés. Et pire, il vent le courant payé par le peuple congolais à l´étranger pour se procurer des devises, en privant celui-ci d´un bien être légitime et incessible. Non, si vous me demandez mon avis, ce junior Kabila a servi; il doit être remercié et renvoyé dans son maquis tanzanien où on apprend qu´on injurie l´histoire et les héros de son peuple en allant à Bruxelles le 10 février 2003 chanter les louanges d´un Léopold II qui avait pillé, violé, volé et massacré le peuple congolais, s´il ne l´avait pas vendu à quelque cirque occidental ou comme avec l´internement à vie de Simon Kimbangu pendant 30 ans jusqu´à sa mort, empêché un des plus grand prophète noir d´exercer son ministère pacifiquement dans son propre pays. Pour toutes ces raisons, et pour la misère sans nom qui règne en ce moment à travers le pays, je conseille au peuple congolais de se méfier d´un tel représentant qui l´injurie et fait fi de sa sécurité et de la paix sur son territoire. Par ailleurs, en matière économique, ce gouvernement est d´un amateurisme criant. Il ne suffit pas de se réclamer du lumumbisme pour en être un; et quand on viole les institutions pour arriver au pouvoir, on se disqualifie inévitablement d´une pensée lumumbiste.
Que ces messieurs de l´étranger qui jouent aux marionnettes comme Kofi Annan, ou Thabo Mbéki qui est dans son propre pays sous la botte des blancs viennent à Kinshasa ou pas; le peuple congolais doit faire preuve de jugement et de sagesse et se dire: faut-il que ces guerres, ces massacres et ce marasme économique continue, ou il est grand temps de revenir à la raison, au travail et la protection de l´avenir de nos enfants ? Là est la question et pas ailleurs. Ceci prouvera qu´il sait de quoi il s´agit et qu´il reste souverain et maître de son avenir qu´il ne veut confier qu´à des gens de confiance, pas des charlatans qui veulent l´aliéner aux occidentaux et à des buts personnels sans respecter ni les aspirations légitimes du peuple, ni la défense et la réalisation de ses idéaux.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
A tous les : arrêtez de pleurnicher...faites donc !
Aux exacerbés et impatients
Commentaire sur afrikara
« J´ai besoin pour être de participer »
Antoine de Saint Exupéry (Vol de nuit)
Certes, tout le monde n´arrive pas à saisir les choses de la même façon, et cependant, l´évidence et la crudité d´un acte de libération est valable pour tous. Ce que Afrikara ou ses tribuns font est d´une valeur exceptionnelle, comme africamaat ou comme Forum réalisance; chacun essaie, de son point de vue, de porter l´âme noire à sa réalisation historique en la rapprochant le plus que possible de sa conscience et de ses droits aujourd´hui encore méprisés. Les réactions, de la part des lecteurs qui s´attendent, comme toujours ou dans la grande moyenne des gens à trouver clé sur porte des solutions, une route à suivre, une mise opportune à l´échafaud, sont diverses et parfois décevantes, parce que l´histoire, telle qu´on la comprend aujourd´hui le plus sincèrement, mais aussi le plus démocratiquement est un lieu de participation et de réalisation de tout un chacun; c´est ainsi dire que chacun doit se motiver et apporter la pierre à la réalisation d´une oeuvre commune de réhabilitation, et pas, comme beaucoup le font, se mettre à la fenêtre et attendre que certains leur cueillent les marrons du feu. Et si personne ne l´a réellement compris, nous nous trouvons devant un combat que de toutes les façons nous allons gagner; mais cette victoire, pour qu´elle soit entière et se répercute sur tous indistinctement, nous devons tous y participer et la soutenir avec toutes nos forces, avec tous nos moyens. Nous avons besoins des américains noirs, des canadiens noirs, des français noirs, des africains, de toute la race noire éparpillée sur la terre...mais aussi de toutes les personnes de bonne foi quelque soit leur race, quelque soit leur confession parce que ce que nous défendons est tout simplement la liberté, le respect de l´intégrité physique, morale, culturelle individuelle et collective, ainsi que la réalisation pour chacun, pour tous. Ceux qui n´ont pas assez d´esprit pour avoir saisi cette vision universelle de nos revendications peuvent se rabattre aux actions individuelles ou particularisées, mais elles doivent tous répondre, pour notre victoire, à nos buts collectifs affirmés. Que ceux qui s´énervent ou se désespèrent et frappent du pied, qu´ils se concentrent donc à répondre à la question: comment puis-je me comporter, apporter ma part à ce grand combat de reconnaissance et de réalisation ? Et plutôt que de ruminer et de s´exacerber inutilement, se motiver et faire preuve d´initiative. Dans l´information et les renseignements que nous offrent bien de sites, ainsi que dans les raisonnements de leurs auteurs, il faut savoir lire entre les lignes et se nourrir du principal. Je sais que ce n´est pas donné à tous de faire de l´analyse dialectique, et pourtant, nous sommes tous concernés, et de ce fait acteurs à part entière dans l´enjeu qui nous occupe. Il y a des contradictions flagrantes à vaincre: par exemple celles des américains noirs qui oeuvrent et appartiennent somme toute à l´empire américain qui lui, est le ténor, le leader conservateur de la politique de discrimination raciale et de domination mondiale de l´hégémonie blanche. Allons-nous les haïr ou les mépriser pour cela ? Ils ne peuvent pas faire autrement: ils vivent à 15% dans un pays blanc et ne l´ont jamais choisi, c´est l´esclavage qui les y a amené. Il y a les prostituées noires qui en Europe ou en Afrique, à notre grand effroi, essaient de sortir de la misère; est-ce de leur faute? Pas du tout, et si nous sommes francs avec nous-mêmes, nous devrons reconnaître que c´est notre faute. Car si les conditions économiques, sociales ne les contraignaient pas à cet immoral extrême, elles ne le feraient pas. Je pourrai ainsi vous faire une longue liste qui mettrait à jour des situations particulières dont la responsabilité et la cruauté, la contrainte, nous incombent tous. Et cependant, nous voulons tous sortir de ce tunnel sans lumière dans lequel nous enferme l´occident et sa rapacité ou son hégémonisme socioéconomique et financier. Mais nous devons aussi être clairs et sincères pour condamner les actes de traîtrise et d´aliénation comme le font actuellement les dictateurs et les politiciens véreux qui gouvernent l´Afrique maladroitement, et pour le moins inconsciemment parce que sinon, ce serait légitimer notre destruction. Vous le voyez, rien n´est facile, dans la vie; rien n´est gratuit. C´est pourquoi, encore une fois, chacun de nous est convié à participer activement et positivement car notre but est noble et pacifique et apporte de l´eau fraîche au moulin humain de la morale et de l´éthique existentielle ainsi qu´à celle de la liberté et de la réalisation comme droit légitime et souverain de tout être humain, quel que soit sa couleur de peau, sa confession, son lieu de naissance ou d´existence.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
Le Don Guichote européen de l´antiracisme
Des moulins à vents ?
Le Don Guichote européen contre le racisme
« Or le pari absurde était de vouloir coûte que coûte faire exister quelques valeurs alors que le non-droit, l'inégalité, le meurtre multi-quotidien de l'homme étaient érigés en principes législatifs. »
Franz Fanon
Extrait de : lettre au ministre résident (1956)
Dans toute l´Europe, une honorable campagne est menée à tambour battant contre le racisme : pieuse et louable entreprise, et cependant, il saute aux yeux que parallèlement, les grèves et les effets négatifs de la crise économique se font lentement mais cruellement sentir. En France la jeunesse allait sur la rue, en Belgique, en Allemagne c´était les médecins réduits à des salaires de cordonnier ; il n´y avait aucun doute, l´été rouge de la protestation et de la contestation a commencé. Et il sera bien long, car les déficits occasionnés dans les assurances sociales dans ces pays ne vont pas disparaître, bien au contraire, ces pays se sont tous arrangés pour faire subir un radical changement de solidarité à leurs mutuelles et à leurs caisses de pensions : désormais on paie, mais dans une caisse sans fond ; c´est à dire qu´aucune garantie n´est donnée quant aux futurs paiements qui pourraient bien être des poignées de mains chaudes ou peut-être un sac plein d´arachides avec lequel on avoisine l´aide sociale. Après 40 à 45 ans de paiement de cotisations, la belle surprise ! Où est donc restée la solidarité ; que sont devenus mes cotisations ? Pfuit, envolés ; parti sans laisser d´adresse. La crise, le chômage, les rentes négatives de l´endettement public…ont rongé l´avenir ou la santé de la pension, la réduisant ainsi à une obole. Fini l´ère du pensionnaire heureux et voyageant de par le monde sans souci ; le mot magique actuel est : assurances privée. Et si on ne gagne pas bien, comme on veut l´imposer aux aspirants à la profession, ou comme les patrons ont tendance à vouloir l´imposer dans l´Etat actuel de faibles syndicats et de pouvoirs publics endettés ? On est trompé deux fois, cela va de soi : une fois parce qu´on doit accepter de bas salaires, ce qui restreint l´épargne qu´on ferait pour sa pension privée, et l´autre fois parce qu´à la fin de 40 ans de durs et loyaux services, la pension étant calculée sur la base des salaires mensuels, en moyenne il ne sera pas une fortune. Et avec le prix croissant de l´énergie, du coût de la vie ; c´est à peine si on saura en vivre.
Lorsqu´on analyse les pays scandinaves, on se rend compte que dans les pays centristes : Allemagne, France, Belgique, Italie, Espagne…les riches et les représentants du peuple ne paient rien dans la caisse de solidarité sociale, mais en retirent des avantages faramineux. A peine croyable, n´est-ce pas ? Ce sont eux qui jouissent de pensions les plus riches, et ce sont eux qui ne paient rien dans celle-ci. Ceux qui ont organisé et imposé ce système devaient avoir un sens d´équité très particulier, il faut le dire ! Dans les pays scandinaves par contre, tout le monde est régis à la même enseigne : tout le monde paie à la même solidarité, ce qui la rend plus stabile et plus équitable. Car ceux qui gagne mieux et plus, cotisent en rapport à leurs revenus. Et les malades, les invalides et ceux qui paient moins sont épaulés par ceux qui ont meilleure fortune. C´est bien autre chose qu´une solidarité du bout des lèvres.
On a facile aujourd´hui à tromper la jeunesse ou à l´entraîner dans des dilemmes financiers largement saupoudrés de lois ténébreuses, habilement conçues pour maquiller et cacher la vérité que de verser un vin pur et sain à ses citoyens, surtout les jeunes qui s´occupent plutôt de vivre et de s´épanouir que de planifier d´organiser leur vieillesse. Et on a facile à les distraire, à les pousser à l´aveugle consommation avec un sexisme exagéré, une campagne industrielle de grosse bouffe qui engendre bien d´obésités, de malades de la consommation, du gadgetisme ou de la collections d´achats. Mais au plus tard lorsqu´ils sont touchés par le chômage qui frappe actuellement les jeunes cruellement, ils reviennent sur terre. Pourvu qu´ils ne sachent pas réfléchir et faire deux et deux font quatre, parce qu´ils se rendront compte qu´on les mène en bateau. La banlieue française en est une preuve flagrante : 30 ans de délaissement et de mépris déboucha sur une révolte mémorable. Mais entre temps qu´est-ce qui a changé ? Les dettes de l´Etat se sont-ils évaporés, non ; le chômage a-t-il été endigué, non. Et la pension ?
C´est dire, pour cette rageuse campagne contre le racisme que je soutiens, soit dit en passant, vivement ; que c´est malheureusement de la pure cosmétique qui vient mettre trop de teint sur des rides encroûtées d´une Europe qui aujourd´hui, comme un faux jardinier, s´attaque aux mauvaises herbes en les coupant à la tondeuse à gazon. Et les racines ?
Pendant des siècles elle a, par des actes honteux et criminels qui vont de l´esclavage en hordes organisées en passant par la colonisation massacrante et torturante à loisir, entrepris de réaliser son bien être. Sans le moindre retenue moral ou éthique, bien au contraire ; tout fut mis en œuvre pour justifier ces crimes et les légitimer. On apprit donc à ses enfants des faussetés, des méchancetés, des injures et des qualificatifs racistes et discriminatoires qu´on leur demandait d´employer à l´égard de noirs ou nègres. Et maintenant, en pleine crise économique et devant les erreurs volontairement commis et entretenus dans la société, et surtout devant la flagrante dénonciation de ces faits, on essaie aujourd´hui de faire marche arrière, et de réparer les bris d´une philosophie humaine de la plus basse vertu.
Mais ce qu´on oublie, c´est que les raisons qui ont poussés à ces excès et surtout leurs conséquences perdurant dans le temps et l´espace, eux, n´ont pas été résolus ou réparés. Et en période de crise économique, où tout le monde sait que les gens les plus touchés, en désespoir de cause, mais aussi dans leur désarroi, sont plus facilement amers, frustrés et méchants que retenus et réfléchis ; leur demander de vaincre la bête sauvage qui leur a été inculquée par l´éducation, la société et l´usage courant, c´est taper dans l´eau. Pourquoi ne pas l´avoir fait lorsque la société n´avait pas de problèmes de chômage et de croissance économique ? Et comment fait-on pour effacer des phrases méprisantes telles que celles d´Henri Spaak à l´égard de Patrice Lumumba : « Je suis blanc : ce qui veut dire que je possède la beauté et la vertu, qui n´ont jamais été noires. Je suis la couleur de la lueur du jour » des livres d´histoire, et surtout de la mémoire des colonisés ? Comment diable effacer la participation évidente de la Belgique, de tout l occident complice à l´assassinat d´Osungu Odimba, Patrice Emery, Lumumba ? Et ces mains innocentes coupées aux femmes et aux enfants du fameux caoutchouc rouge ? Et les esclaves, et les meurtres, et le mépris à Thiaroye, à Madagascar, la révolte des Maya Maya, l´Apartheid et sa complicité occidentale sournoise, les villages ensanglantés d´Algérie, les assassinat de Thomas Sankara, de Toussaint Louverture, d´Amilcar Cabral, de Malcolm X, de Martin Luther King, de Steve Biko…
Il semble bien que ce sera une entreprise bien difficile, surtout s´il faut guérir aussi l´âme et la mémoire historique de la victime, parce que lui auquel on refusait l´esprit, l´intelligence ou l´âme pour mieux le confondre à l´animal et ainsi lui faire subir des tortures et des sévices sans nom la bible à la main, il prouve qu´il a non seulement une excellente mémoire, mais que tous ses crimes et ces exactions l´ont fait terriblement souffrir. 400 ans d´esclavage complice, et plus de cent ans de colonisation criminelle et malfaisante…puis toute l´histoire détaillée du transport, de la vente, de 18 heures de travail sous le Code noir de 1685, la Jim Crow , …
Comment diable ces européens d´origine ou camouflés sous le drapeau américain allaient-ils faire disparaître ou réparer les massacres des indiens d´Amérique, ceux des îles du pacifique… ?
Je suis de nature un optimiste (surtout ne pas le prendre pour de la naïveté) comme tous les africains, et cela vient du fait qu´aucun peuple dans l´histoire humaine n´a été aussi avili, vilipendé, réduit à la nullité la plus méprisée des siècles durant, tour à tour par les hordes des deux plus grandes confessions religieuses du monde : l´islam et la chrétienté. Mais je sais, et peut-être mieux que ceux dont la race n´a pas connu cet enfer ou qu´ils étaient de ceux qui tuaient, massacraient et torturaient les autres, reconnaître la bonne foi. Parce qu´elle est une valeur qui a permis à ma race, en la cultivant, de préserver un coin de justice, de paix dans nos cœurs meurtris et inconsolables. Mais il est aussi vrai que j´ai appris à reconnaître le faux et le mensonge, et de me méfier de la sournoiserie occidentale ; car celle-ci est non seulement basse et primitive, mais elle n´a ni morale, ni éthique. Si donc l´occident continue à entretenir son joug sur l´Afrique, à étouffer ce continent avec son système monétaire international ; si elle continue à défendre sa francafrique et ses barrières douanières qui nous affame et nous empêchent de vendre nos produits agricoles, pendant qu´elle consomme à vitesse grand V nos matières premières et celles des générations futures ; ce qu´elle fait actuellement en campagne antiraciste n´est rien d´autre que de la cosmétique et affabulation. Bien, il faut tout de même lui rendre justice et attester un début de changement. Mais pour elle, pour tout le mal que cette race nous a fait, pour les larmes de nos femmes et de nos enfants, pour tous ces morts sans sépultures qui nous séparent ; il faut bien plus, beaucoup plus qu´une déclaration d´intentions. Ces temps-là sont révolus. Du concret et de la substance, plutôt que de belles paroles, parce que nos âmes ont une soif intarissable de justice.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
La Norme, de son contenu et de sa valeur
Illusion, réalité ou idéal ?
De la Norme
« La seule protection contre l´injustice de l´homme est le pouvoir physique, financier, scientifique »
Marcus Mosiah Garvey
Pourquoi est-ce que je sors ce sujet des annales des commentaires pour lui donner un caractère éditorial, c´est parce que mon ami Le Troll, encore une fois, a mis le doigt sur le problème fondamental de notre existence humaine, si pas le plus important : celui de la valeur, du contenu et l´importance de la norme pour la réalisation humaine. Et quoi que je sois défendeur de culture et d´instruction, ce qui suppose chez moi la capacité à digérer cette culture, le droit de la transformer ou de la rejeter, et plus important : la qualité de cette culture doit répondre ou correspondre à ma nature, la respecter et tout en lui ouvrant les moyens de se parfaire, de se confronter à sa meilleure réalisation, elle doit inciter ma critique, être flexible et ambitieux pour ma réalisation la plus belle, la plus pleine.
La culture, disait Malraux, est ce qui reste quand on a tout oublié. Et c´est vrai ; nous sommes plus conduit et régis par notre subconscient au préalable cultivé par sa structuration sociohistorique antérieure. Et même si j´ai des retenues envers Malraux pour le vol de deux statues Tevoda au Cambodge, je dois reconnaître que sa pensée ou sa réflexion sur la culture n´avait pas les mêmes indiscrétions que ses mains. Si vous rencontrez ce genre d´intellectuels, demandez-leur gentiment de garder leurs mains dans les poches, au risque de perdre votre amitié et bien d´autres encore. C´est typiquement occidental, ces mains baladeuses qui allèrent piller le monde entier, voler des terres qui ne leur appartenaient pas et les revendre ou les louer à leurs propriétaires légitimes. Il faut le faire, n´est-ce pas ?
Les anglais, dans ce domaine, furent eux aussi des champions : ils allèrent en Afrique du Sud et se mirent à cadastrer les terres. Le Bushman les regarda faire puis il voulut en savoir plus sur cet étranger qui mesurait ses terres : « Eh bien, mon grand, que fais-tu là ? Mais vous le voyez bien : je mesure les terres. Ah vraiment, mais dites-moi ; ce ne sont pas vos terres, ce sont les miennes…qui vous a donné l´autorisation de mesurer quoi que ce soit ? Mais les terres doivent être mesurée, c´est le progrès qui le veut. Ah, le progrès hein ! I´africain laissa faire et s´en mordra les doigts plus tard : les colons et leurs missionnaires lui volèrent ses terres et le contraignirent soit à travailler pou eux pour survivre, soit à cultiver douloureusement les terres arides délaissées par les occupants, sans en tirer de quoi vivre décemment.
Et lorsqu´on les entendait aujourd´hui, ces anglais, français, hollandais, allemands, belges, italiens parler de respect de la propriété privée ; c´est à peine si le Bushman ne se roulait pas au sol de rire : de quoi abattre un éléphant ! Faut croire que ces assassins de la liberté africaine et de sa culture étaient devenus cultivés. Tout ce que la culture peut transformer son homme, n´est-ce pas ! Mais le mieux serait qu´ils nous rendent nos objets volés, nos terres et nos esclaves ; parce que la chose la plus importante dans une culture, c´est la justice à laquelle tous ses membres ont droit. Et étonnamment, arrivé à cette revendication, l´homme blanc redevient tout à coup inculte et pas civilisé : il se réclame tout à coup de la barbarie ! Manger à deux râteliers, pourvu que l´escroquerie et le crime lui soient profitables. De quelle culture s´agit-il donc ? Mais vous l´avez certainement déjà compris, n´est-ce pas ?
Ceci me rappelle une belle dame Alexis Marise Bique, Présidente « Les 3A ~ Hitoire & Sociétés » qui me disait que nous pourrions partager quelque chose de commun…Entre temps j´ai appris qu´elle était fort agréable à regarder…c´est un bon début. Mais je suis naturellement intéressé par l´objet de notre partage, et j´attends ses brûlantes propositions. Un de ces jours je vais la relancer, et ce sera pas pour des carottes…et si elle ne répond pas, je vais répondre pour elle, comme l´ont si souvent fait les européens en Afrique : au four et au moulin, et j´aime autant lui dire que ça va faire mal, très mal. Mais on n´en meure pas comme à l´esclavage, mais parole de nègre, cela va la faire vomir jusqu´au sang. Vaudrait mieux qu´elle réponde, c´est plus civilisé et moins cher.
Pour en revenir à notre culture, je donne raison à Le Troll, parce que ce n´est pas en lisant tous les livres de la bibliothèque qu´on devient intelligent ou cultivé. On a lu, c´est tout. La culture n´est pas seulement de tissu théorique, cognitif ; elle est aussi, dans son tourment profond une dialectique ininterrompue entre us, usages, connaissances, idées, raisonnements s´attelant, se contredisant ou se relevant au chevet de l´existence humaine dans sa quête insoluble à la sécurité, au respect et à l´amour des siens, mais aussi à la réalisation organisée de rêves, d´attentes et d´ambitions humaines légitimes. Tout marche bien lorsque l´être et son lieu d´épanouissement : la société se réalisent pleinement l´un l´autre dans ce sens que l´un et l´autre s´influence, se conseillent, se motive et s´améliorent pour donner au citoyen le meilleur milieu existentiel de jouissance et de réalisation. Mais lorsque des problèmes surviennent comme le chômage, l´endettement galopant, la criminalité gratuite des villes, la famine ou l´exploitation économico financière scandaleuse en Afrique par l´occident, ou même, pour aller dans le passé : l´esclavage, la colonisation, l´Holocauste des juifs européens, la honteuse attaque du World Trade Center du 9/11, l´invasion illégale de l´Irak, les tortures à Guantanamo ou à Abu Ghraib, l´entretien et l´imposition de la francafrique par la France ; les valeurs sociales, humaines sont remises en causes et soumises à une critique culturelle objective et réelle pour changer les choses et remettre la paix sociale, humaine entravée sur le droit chemin qui respecte et défend les droits de chaque être humain comme étant partie prenante d´une vaste et généreuse culture universelle. Car la liberté, ou la démocratie, la vie tout court ou la réalisation ; on ne peut pas la réclamer pour soi-même tout en les refusant aux autres, c´est de la pure aberration. Un non sens qui, hélas, semble trop souvent prendre le dessus dans notre subculture de domination et de dominés.
En occident on voit des hérésies de toute grossièreté : des soit disantes démocratie qui entretiennent le chômage et endettent les générations futures si scandaleusement que les pensions de celles-ci, leurs assurances maladies invalidités s´en trouvent compromises. Tout cela pour défendre un capitalisme centralisé et primitif qui veut garder ses privilèges au lieu de les partager équitablement. Il ne s´agit, qu´on se le dise bien pas de distribution de prix comme à Noël, mais de démocratisation de la responsabilité et des conséquences réelles immédiates et futures. Franz Muntefering, actuel vice chancelier allemand (Parti socialiste – SPD) s´écriait : « Nous devons civiliser le capitalisme ! ». Il serait grand temps, parce que reposer tout le poids négatif de ce système en cafouille sur les jeunes et leur avenir en espérant qu´ils se débrouilleront, c´est non seulement être médiocre, c´est aussi être sournois et méchant ; parce que les jeunes, eux, ne savent pas se défendre. Le petit enfant qui naîtra demain et qui sera endetté jusqu´à la moelle sans qu´il n´aie profité de ces dettes aussi.
La démocratie qui a toujours été entendue comme un système qui défendait les droits et les devoirs à la réalisation individuelle est devenue un consortium social où 12% de ses membres pour l´Allemagne, 10% pour la France, et 8,2% dans la moyenne de la communauté Européenne sont chômeurs et exclus à l´exercice de leur participation au bien être social, à leur enrichissement personnel, et de ce fait, sont interdits à l´exercice de leur réalisation. Que devient donc ce genre de démocratie ? Ne se vide-t-elle pas de son contenu ? Peut-on encore parler de démocratie, ou devrait-on plutôt parler d´autocratie ?
Des actes comme : entretenir la francafrique, abattre l´élevage de la Jamaïque avec les excédents de lait européen et américain, exporter abusivement pour étouffer les pays africain ou élever des barrières douanières pour empêcher l´Afrique de vendre en Europe ou subventionner ses produits avec notamment des dettes, pour déjouer les lois des marchés de sucre, de coton. Mais boire à gorge déployée les matières premières des africains tout en leur rejetant et en leur faisant respirer un air pollué, malsain, dont ils devaient déguster de l´acidité sans en avoir connu ni les bienfaits, ni la satisfaction. Si ces démocraties occidentales persistent et ne voient pas ce qu´elles font, objectivement peut-on dire qu´elles resteront longtemps démocratiques ? N´y a-t-il pas un vice intentionnel profond à mépriser le droit des autres, le fondement affirmé de toute démocratie ?
Ce mal, comme je le disait en commentaire à mon ami Le Troll, n´est pas seulement visible en Europe ou en occident ; il est aussi perceptible en Afrique où une autocratie de la faim et du manque s´exerce cruellement en passant à côté de la réalisation de leurs peuples. Eux sont généreusement entretenus par l´occident ; ils roulent en limousine, entretiennent des comptes débordant chez leurs amis occidentaux, pendant que ceux dont ils sont sensés défendre les intérêts, la souveraineté et la réalisation en danger sont, de jour en jour acculés à la pire des pauvreté. Et ces messieurs dont le puissant et autocratique Georges Bush disait sur CNN en novembre 2004 : « L´Afrique est gouvernée par des incapables ! » étaient armés, corrompus, encouragés à délaisser leurs devoirs envers les leurs afin que l´occident puisse piller ce continent à loisir. Et entretenir un mensonge selon lequel l´africain est incapable de progrès, il ne veut que vivre de la mendicité. Une démocratie qui cautionne ou entretient de tels manquements, de tels agissement ; de quelle démocratie s´agit-il ?
Symptomatique pour ce marasme est la fièvre intellectuelle de la lecture, comme aurait dit mon ami Le Troll, chez les intellectuels africains : ils lisent, lisent et lisent encore. Mais pendant ce temps, le peuple dont par nature ils sont chargés de défendre et d´encenser les idéaux, est conduit à l´échafaud depuis 600 ans par les mêmes ennemis qu´hier. N´avait-il pas encore compris ? Lorsqu´il sortirait de ses lectures passionnés, son peuple sera décimé ou inexistant, parce qu´exterminé par le sida, par la misère, par l´exploitation criminelle occidentale. On entendait déjà les occidentaux grincer : « Sans coup férir nous allons entrer en possession de l´Afrique, de ses terres et de ses matières
premières » Et si on fermait les yeux, on se croirait devant ces talibans extasiés lisant le coran avec une ferveur toute pathologique. Ce qui a fait croire aux arabes demeurés que lorsqu´un bout de papier porte les sourates du coran, il devient sacré. Ce n´est même plus de l´hérésie, c´est tout simplement de l´abominable médiocrité. Une de celle qui fait mal, même au dernier idiot du village.
J´ai assisté, au cours de mes voyages à un fait qui m´a profondément touché en Libye : dans un bus, et parce que quelqu´un avait crû qu´un des voyageur lorgnait un femme, il fut éconduit, descendu sans procès du transport public et tondu indélicatement. Et cet incident m´a beaucoup fait réfléchir. J´ai pensé à mon premier amour en Europe : une marocaine, et malgré le frais souvenir de son sourire, personne ne me conviendra plus que l´Islam est une religion qui respecte l´intégrité et le droit des autres. J´ai eu sur ce blog un certain David, un noir vivant aux Etats-Unis qui a osé commenter que l´islam était la meilleure des religions. Cela m´a fait bien rire, parce qu´il avait un nom juif (David), il était noir : de cette race qui du 7ième au 15ième siècle fut castrée, vendue en esclavage par les hordes islamisantes si elle n´adoptait pas l´islam. Et s´il invoquait que les américains blancs en général appréciaient lorsque les noirs américains se convertissaient à l´Islam, je lui ai répondu que ces blancs savaient très bien que le christianisme avait cessé de tromper les noirs, et ces blancs se réjouissaient d´autant mieux que leurs anciens esclaves aillent frapper à la fausse porte de leurs anciens partenaires dans le commerce des esclaves, et ceux qui, bien plus que les occidentaux, firent un mal incroyable à la culture noire. C´est quitter le sida pour la peste. Il faut être idiot ou demeuré pour torturer volontairement sa propre spiritualité à ce point. Cela frise le masochisme ou de l´imbécillité congénitale. L´homme noir devrait apprendre à reconnaître ses valeurs, et parmi celle-là, il y a le kimbanguisme, le kitawalisme et même les religions de l´ancienne Egypte noire. Croire qu´en tant que noir on est toujours soumis à un choix est de la pure aliénation.
L´Afrique noire est à la recherche de sa norme, je le sais ; et en vérité, elle est à la recherche de son âme disloquée, et encore saignante. Son identité en tant que personne universelle de droit existentiel lui a été longtemps refusée, mais cela ne l´a rendue que plus chère, que plus précieuse. Mais nous devons avoir la force, oui, le courage d´entreprendre cette reconstruction qui nous rend nos valeurs et le tambour sacré de notre histoire. Beaucoup d´africains croient ou confondent identité avec biens modernes de consommation ou de réalisation ; c´est bien dommage parce que ces biens importés sont bien corrompant et aliénant. S´ils les aiment tellement ; pourquoi ne pas les produire en Afrique et donner du travail aux leurs ? Longtemps nous avons cru que l´occident, lorsqu´il se serait assagi, penserait à nous ; nous nous sommes hélas trompé. Il s´agit maintenant de mettre nos propres capacités, nos propres moyens à notre service. Un tien vaut toujours mieux que deux tu l´auras. Et si Louis Michel et ses amis, comme des muezzins au minaret du capitalisme nous lançaient des appels trompeurs et faux de : « Africa is back, Africa is back ! », ou corrompaient les congolais avec la politique de chèques en monnaie de singe, parce qu´inflationniste et dévoyant ; il faut simplement se rappeler ce que l´histoire nous a appris à propos de l´occident et de ses intentions. L´histoire ne trompe jamais et on ne peut pas la fausser ou la faire disparaître. Et ses vérités hurle le scandale et la fausseté.
A la fin, me poserai-je une question d´éthique culturelle humaine : existe-t-il une norme qui nous réunisse tous sous des valeurs fonctionnelles communes (notez le fonctionnel) ? Je le pense bien ; mais il est hors de question que certains se réalisent pendant que d´autres meurent de faim ou soient exclus. Et l´homme noir, à ce propos, est plus qu´averti sur les méchanceté et les crimes que l´occident notamment peut faire sous diverses couvertures toutes aussi fausses les unes que les autres. Reconnaître la liberté et la réalisation aux autres, ce serait un grand, un bon début. Mais comme nous connaissons les occidentaux, ils vont jouer jusqu´au bout avec des cartes pipées ou fausses, et ne se retireront que pas à pas pour respecter le droit des autres, et surtout des noirs. Qui aurait pensé que Gerhard Schröder, ancien chancelier Allemand ayant déclaré pendant ses fonctions qu´il ne participerait pas à la guerre d´Irak comme les USA le lui demandait, que cet humaniste droit et intègre a vraisemblablement donné l´ordre à la BND allemande d´aider efficacement au bombardement de Bagdad ? Les révélations faites par le Times sont sans contestes. Ou encore qui oserait croire qu´un pays tel que la France entretienne une honteuse conspiration contre l´Afrique noire avec sa francafrique, alors que ce pays se réclame des droits des hommes ? Ou encore comment interpréter le vote négatif des américains et des israéliens cette semaine lors de la création de la nouvelle commission des droits des hommes à l´ONU ? Eux qui ont toujours affirmé défendre la démocratie, la liberté et les droits humains ?
Et pour ceux qui s´étonnent qu´à Paris ou en occident les israéliens soient traités avec beaucoup trop de retenue et de compréhension quoi qu´ils cassent ou qu´ils assassinent au Moyen Orient, doivent se dire que la Mossad est une des meilleure agence de renseignement du monde, et qu´elle a bu à tous les râteliers pour servir les intérêts du Pouvoir Blanc en recevant ainsi son aide aveugle au Moyen Orient. Les Juifs sont non seulement puissant dans les banques et les financements mondiaux, ils sont aussi informés sur toutes les cochonneries que tous ces occidentaux ont vendu comme des acte d´humanité et de bonne vertu. Si ces gens se mettaient à parler, à dévoiler les stratégies et les secrets de certaines opérations connues, beaucoup de pays seraient embêtés sérieusement, et perdraient beaucoup de leur crédibilité internationale. Et la France est parmi ceux-là. Et pour ce qui est de leurs banquiers et financiers internationaux, en période de crise, on se garde d´énerver les seigneurs des finances. Ce qu´on ne voit pas, en réalité ; c´est qu´il ne s´agit pas de monnaie, mais de créativité, de nouveaux produits et de démocratisation de la capitalisation.
Sans morale, sans éthique, sans foi et amour du bien en tant que valeur individuelle, sociale, universelle souhaitable et importante pour la réalisation et la coexistence humaine, toute norme est illusoire et inefficace. C´est donc que si nous voulons qu´un jour nos enfants nous rendent le respect et l´amour que nous leur avons appris ou prodigué, il faut que nous l´ayons pratiqué et non seulement récité. Rien ne se perd, rien ne se crée disait Lavoisier. Et cependant, Wendell Phillips (1811-1884) nous dit « Eternel vigilance is the price of liberty ». Il ne s´agit donc pas de raconter des sornettes au gens, tout en les assassinant en catimini, pour se réclamer faussement d´une norme qui n´en était pas une. Ou encore d´en établir une qu´on interprète et tord à loisir pour accomplir ses basses vertus. Car si elle est à tous, alors tous doivent y tenir et la respecter.
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu