Comme à la légion étrangère : ordre de m´aimer ou de déguerpir !

Un cri de désespoir ou un ordre désespéré ?

« L´amour comme la liberté sont des sentiments supérieurs ; celui qui s´en réclame ou les exige, doit avoir la grandeur et la justesse de les reconnaître à tout  autre que soi-même. »   MK

A entendre ces cris désespérés de la part de l´honorable Sarkozy, on n´en croirait pas ses oreilles ! Mais avec un peu d´imagination, on se croirait dans quelques boudoirs douteux de la rue Saint Denis, où sous l´ombre faussement trompeuse de la maîtresse passion de la vie, la prostituée et son client s´adonnaient au vil marchandage de la chair. Contré rude, langage non moins rugueux : les gestes les plus discrets et les plus délicats devenaient de vulgaires démonstrations d´appâts Marchandé, soumis à une insolence provocante et sans mœurs.

En serions-nous arrivé là ? Tout le monde sait qu´il existe un analogisme étroit entre la prostitution et le capitalisme inconscient et primitif. Et lorsque la prostitution est légalisée ou devient une profession honorable dans une société, c´est une preuve flagrante que sa morale et son bien-être social sont tombés bien bas. Mais l´amour, le nectar royal de tout sentiment humain, peut-on le commander, l´imposer à tiers ?

Mr. Sarkozy s´est trompé certainement de boudoir. Et au demeurant, où habite donc la belle ; quelqu´un connaît-il son adresse afin que nous allions tous frapper à sa porte ou faire la file pour jouir de ses grâces ? Ne confond-t-on pas là deux choses différentes : l´étreinte fortuite de la satisfaction momentanée et l´amour d´un pays, d´une nation qui, lui, est constant, empressé, et a ses racines dans le passé, le présent, l´avenir ; autant que dans l´histoire, l´idéal et les intentions de ses enfants doués et productifs dans leurs actes volontaires et leur créativité avouées autour du sourire attendri de la mère Patrie ? Il s´adressait vraisemblablement aux immigrés, mais ceux-ci n´avaient-il pas donné la preuve qu´ils aimaient la France, qu´ils venaient sur son sol pour y bâtir une vie d´espoir, d´amour et de famille ? A qui la faute s´ils étaient refoulés,  renvoyés ou exclus aux confins isolés de sa banlieue, ou à la frontière ?

S´intégrer, monsieur Sarkozy, c´est vite dit et lancé aux visages des autres ; encore faut-il qu´on leur donner l´occasion et les moyens sociaux reconnus de s´intégrer. En ces moments de crise, la France néglige ses propres enfants et est prête à les jeter sans protection dans les bras d´un capitalisme rétrograde ! Mais ces immigrés n´avaient-ils pas fait des enfants à la France, ne travaillaient-ils pas parfois dans les métiers les plus bas, quand bien même ils seraient plus qualifiés ? Et si on ne les engageait pas, monsieur le beau parleur ; est-ce leur faute ? Faudrait plutôt créer de nouveaux emplois, faire preuve de responsabilité sociale plutôt que d´incriminer les victimes ! 

Nous croyons qu´il s´agit de bien autre chose ; et ceux qui vous ont taxé d´emprunter la dialectique de la droite n´ont pas vraiment tort. Ce populisme que vous employez a de méchantes consonances parce qu´il sous entend que ces africains doivent se laisser cuire à toutes les sauces, et prendre les petits vices français pour de hautes vertus. Mais personne, comme vous le savez vous-même, ne peut être obligé à aimer le mal, même s´il est fait par un français. Quand on immigre dans un pays, monsieur Sarkozy, et vous devez bien le savoir ; on adopte non seulement sa langue, ses usages, mais aussi son histoire et ses ambitions sociales auxquels on veut participer franchement à leur éclosion…à condition que ces ambitions et symboles culturels restent sains, paisibles et humains, sinon aucune loi de ce monde n´oblige qui que ce soit à adopter et aimer des valeurs sociales criminelles ou tendant à détruire l´individu ou la société. Nous sommes assez tolérant que pour supporter que la France soit raciste à 33% ! Pourquoi ne demandez-vous pas à ces monstres culturels de quitter le pays ? Ce serait peut-être un bon début. Mais à mon avis, vous ne craignez que trop bien un tout autre débat : celui de la francafrique ; et celui-là vous pose des questions bien embarrassantes : celui des valeurs morales, éthiques des idéaux fondamentaux du pays de France. Car entretenir un tel monstre sanglant et inhumain d´injustice contredit à toutes les ambitions sociohistoriques françaises, à sa belle constitution, et même aux ambitions universelles de la France en tant que nation de droit et de liberté.

Mais peut-être faut-il poser franchement la question : monsieur Sarkozy, aimez-vous l´Afrique ? Si oui, pourquoi la torturez-vous si méchamment ? Si vous ne l´aimez pas ; suivez vos propres préceptes : quittez sans délai ce continent, nous n´avons que faire de faux amis qui nous assassinent nous et nos enfants.

Quant à nous, c´est peut-être de la faiblesse ; mais nous aimons passionnément la France. Mais ce n´est pas la vôtre ; la nôtre c´est une France de liberté et de multiracialité. Une France qui rend justice au combat et aux ambitions des meilleurs de ses enfants qui, souvent au prix de leur vie, ont lutté contre l´injustice sociale et contre toutes les iniquités que beaucoup de parvenus et de criminels français se sont permis, tout au long de l´histoire, à perpétrer en son nom. Et pour cette France là monsieur Sarkozy, nous allons nous battre parce qu´elle répond à nos attentes, et fête les plus belles valeur de cette nation que l´histoire humaine reconnaît comme exceptionnelle et engagée pour les droits des hommes. Et si vous continuez à vous cacher, comme vos pairs derrière les crimes insalubres et repoussants de la francafrique, vous aurez choisi, et il ne nous restera qu´à vous dire, comme le grand De Gaule : « Vous avez cherché le débat, j´étais prêt à me débattre ; maintenant que vous préférez la déroute, je vous la laisse ».

Je vous avoue que nous prenons très mal vos divers qualificatifs repoussants envers les africains, mais croyez-vous que vous puissiez vous améliorer ? Si oui, faites-le nous rapidement savoir, parce que notre patience a aussi ses limites. Il ne sera pas dit qu´en pays de France, un quelconque immigré de Turquie, de Pologne, de Russie ou de Hongrie aurait le droit de discréditer un français d´origine africaine ou de se croire meilleur français que les autres, parce que cela fait plaisir à 33% de français !

La France, monsieur Sarkozy, ce n´est ni une prostituée obligée à lever ses jupons les jours de famine, ni une église où tous les vices sont acceptés pourvu qu´on dise amen ou encore une nations gouvernée par des principes occultes et douteux ; c´est hélas bien autre chose que cela : c´est une des nations les plus ambitieuse de cette terre. Et malgré tous ses manquements et ses défauts, dans son cœur vivant et chaud, elle couve un des meilleurs idéal de l´existence humaine, et ne vous en déplaise, c´est ce havre brûlant et vertueux que nous aimons aveuglément. Et croyez-le ou pas, nous allons la défendre et continuer à l´aimer, parce que nous sommes persuadé qu´elle représente, dans son âme attendrie et sincère, le plus beau de tout rêve humain.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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