Un hommage attendri, humble mais passionné

Hommage ému à la femme noire

Dieu humble et généreux, ce soir

Comme hier, je n´ai pas mangé ;

Mais mon cœur est frais et pur.

Et la prière que t´adresse ma foi

Ô Seigneur est celle-ci : puisse

Ta magnanimité sauver et guérir

Ma mère. Je n´ai jamais quitté

Le bon chemin, et je le jure sur

Le soleil de mon âme que nul

Ne me fera quitter la voie sacrée

Qui mène à ton doux regard.

Extrait de Paris brûle (Les Cercles Vicieux)

Ce 27 avril, chez les kimbanguistes est une date toute particulière : la fête de la mère. La valeur de ce jour est inspirée de la vie de Mwilu Nzitani, l´épouse chérie de Simon Kimbangu. Une femme pas comme les autres : elle vit son mari bastonné et condamné à perpétuité par l´administration coloniale belge, en 1921. Elle ne revit plus l´homme qu´elle aimait et admirait. Et pourtant, tenace et femme de caractère, elle éleva ses enfants, organisa son église dans la clandestinité et lui donna une autorité et une popularité qui fit d´elle le plus grand pilier de la foi kimbanguiste. A sa mort, elle offrit au monde noire un héritage chaleureux, vivant, enthousiaste : l´église kimbanguiste, la foi infaillible de son mari.

Aux dires de croyants passionnés, elle fut aperçue, en compagnie de son mari, Simon Kimbangu à Nkamba le 1er mai 1959. Comme quoi les êtres chers, ceux qui nous ont appris à aimer, ne meurent jamais. Ils sont éternels. 

Pour tous ceux qui, en grandissant oublient souvent combien grand est la valeur de l´amour, de la tendresse, de l´affection patiente et assidue de la mère ; je les convie à se rappeler qu´ils furent, eux aussi des enfants frêles et sans défense. Et n´eut été le sourire, la patience et le grand cœur de cet être inégalable, notre vie aurait connu très tôt bien de tourments. C´est donc pour tout enfant, pour tout être humain un acte d´amour et de reconnaissance que de se souvenir de cette assistance, de remercier et d´honorer cette passion toute femme qui, souvent dans des conditions de privation ou de manque difficiles, leur a donné le meilleur d´elle-même. Et en ce jour du 27 avril, en toute humilité, nous nous reconnaissons à son attentionné et infatigable amour, et la remercions infiniment, du fond du coeur. Daignent les générations prochaines ne pas perdre cette valeur sans prix de la vie qu´est le sourire, la caresse et l´amour de la mère. Quant à tous les enfants qui ont perdu leurs mères ou qui n´ont pas connu la joie et la richesse de l´amour d´une mère, nous leur adressons une prière compatissante et leur demandons de trouver la force de redécouvrir et d´aimer ce nectar délicieux  qu´est l´amour. Car ce noble sentiment, il ne suffit pas seulement de le recevoir; il faut aussi savoir le donner; et c´est dans ce don qu´on découvre la véritable vertu du sein chaud de la mère. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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