30 avril 2006
A l´occasion de la journée internationale du travail
Le travail, droit existentiel légitime et passible de plainte juridique ?
Le travail : un droit existentiel plein
Ce n´est pas seulement le sous développement qui donne aujourd´hui une image désolée de l´organisation du travail dans les sociétés humaines, mais aussi l´occident industrialisé. Dans l´Union Européenne, par exemple, 20 millions de chômeurs subissent honteusement l´exclusion déprimante causée par une conception dépassée de l´organisation et de la gestion du travail comme une fonction sociale légitime par laquelle tout être humain, par la plus value à laquelle il participe, crée les moyens matériels et immatériels aptes à entretenir et à épanouir sa réalisation. Pourquoi en est-il ainsi ? Oui, pourquoi, si l´Etat s´adjuge la souveraineté d´émettre monnaie et d´exercer le rôle souverain d´autorité sociale souveraine, de dicter les priorités du pouvoir, de contrôler et de régulariser les facteurs sociaux de réalisation, n´arrive-t- il pas à imposer un partage individuel équitable du travail ?
Pour répondre à cette question, il faudrait aller dans l´histoire sociale humaine dont nous utilisons aujourd´hui encore les antécédents, les préceptes, les bases de raisonnements théoriques et pratiques. Et rapidement nous nous rendrons compte que l´époque de l´esclavage, des travaux forcés par violence et privation de droits ont établis un droit de fait économique, financier qui, hélas, aujourd´hui encore, perdure dans sa mainmise sur notre conception socioculturelle de la réalisation collective, individuelle ; conditionnent la société moderne actuelle, et rend ardu ses devoirs à s´imposer comme un tout organisé et logiquement tenu à protéger, défendre et épanouir l´existence de ses membres.
Le fait que certains soient riches et d´autres pas, comme le pensent certains à tort, n´est pas la cause de ces disparités ; il faut bien que certains, et surtout ceux qui ont des idées, la connaissance et les moyens de les réaliser, créent l´emploi pour les autres, surtout ceux qui n´ont ni idées, ni moyens financiers, et encore moins le sens d´entreprise pour défendre ou imposer leurs inventions. Le problème se situe plutôt au niveau de l´utilisation et la répartition des moyens de production ; de leurs incidences ou orientations sur le développement, la protection et l´épanouissement de la société, de l´individu. Et bien sûr, sur l´idéologie sociale pratiquée comme un enjeu intentionnel de représentation et d´interaction des forces directrices sociales, à savoir : le syndicat, le patronat, les partis politiques, les chômeurs et ou les travailleurs.
De nos jours où 500 multinationales internationales contrôlent plus de la moitié du PIB mondial, où les intérêts géopolitiques raciaux, régionaux, religieux, au lieu de chercher l´équilibre et l´harmonie, s´exercent gaiement à l´hérésie du profit illimité et de l´exercice de sa puissance, on observe de plus en plus la prépondérance de la rationalisation mécanique pour obtenir un profit sans responsabilité sociale. Un danger qui risque de basculer le monde dans une horrible avalanche destructive. Une contradiction avec laquelle les pays industrialisés sont confrontés en ce moment, car bien de médiocres acteurs sociaux ont oublié que sans revenu et sans audience politique, l´acteur social individuel disparaît de la scène économique et perd sa valeur d´agent démocratique actif. Que devient la démocratie du chômage, de l´hégémonisme économique et financier ou celle de l´endettement galopant ? Un vide politique effrayant ou un déséquilibre dont les effets, à long terme, peuvent devenir nocifs pour la paix sociale et l´enjeu démocratique.
Pour l´Afrique cette évolution internationale, ainsi que la fulgurante ascension industrielle chinoise et indienne, posent d´incroyables pressions qui risquent, si ce continent ne se consacre pas rapidement à se débarrasser de la mainmise occidentale étouffante, ainsi qu´à échapper ou au besoin à profiter des nouveaux arrivants au firmament industriel pour capitaliser d´une part, et de l´autre former et motiver l´organisation, la gestion et la production de sa réalisation sociale, la plongera dans un gouffre encore plus profond que ne l´était le joug postcolonial occidental. Parce que la connaissance, les exigences techniques et industrielles vont connaître dans les prochaines années des poussées concurrentielles inaccessibles si on n´a pas atteint un niveau d´accumulation constant et rationalisé. Autant dire que les pauvres s´appauvriront tandis que les riches s´enrichiront effrontément. Et les pays qui n´auront pas saisi cette opportunité pour réduire leurs handicaps scientifique et technique n´auront que très peu de chance de vaincre la pauvreté et s´industrialiser, parce que leurs accumulations seront constamment dévorés par des devoirs délaissés plutôt que de servir à l´avenir. Et la création de l´emploi est, hélas de nos jours, dépendant du niveau technique et scientifique pratiqués d´un pays, d´une communauté dans la résolution de problèmes assurant l´avenir, pas le passé.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Opportunisme ou racisme historique français
Autour du livre : La férocité blanche de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe
Les crimes des allemands contre les juifs sont-il plus lourds que ceux commis contre toutes les autres races ?
«On peut bâillonner la bouche de la vérité, mais elle se fera toujours remarquer par ses soupirs » Arnold J. Toynbee
Commentaire du 29.04.2006 sur Afrikara sur l´article : Sala-Molins réagit à la déformation de la pensée de Rosa-Amelia Plumelle-Uribe par le Nouvel Obs
J´ai lu et relu cet article, et en définitive, j´en suis stupéfait. Comment Louis Sala-Molins peut-il tomber dans un piège aussi bête ? Les français, c´est bien connu, veulent cacher leurs atrocités envers les autres races derrière l´antisémitisme ou l´antijudaïsme, alors que lorsqu´on analyse en détail l´histoire de leurs sanguinaires et interminables méfaits l´histoire durant, ils se sont conduits envers toutes les races qu´ils ont rencontrées depuis le 14e siècle pire ou également comme les allemands envers ces malheureux. Ce ballon de fausse interprétation du Nouvel Observateur n´avait, en réalité que le but de disqualifier l´ouvrage éloquent de Rosa-Amélia Plumelle Uribe, mais avec un but précis qui est resté invisible à Louis Sala-Molins tout philosophe qu´il soit: celui d´atténuer, d´alléger le jugement des atrocités faites aux noirs, pour alourdir par contre ceux faits aux blancs! Un racisme caché en somme. Et malheureusement, notre philosophe réagit exactement comme l´homme blanc le veut: il renie, précise, se débat, tombant ainsi dans un piège dialectique de la plus bête nature. Typiquement intelligentsia française: minimiser ses crimes envers les africains et faire d´une pierre deux coups en mettant l´Allemagne sous une lueur de plus grand criminel historique humain. Une façon comme une autre de se débarrasser de son complexe d´infériorité devant les allemands, tout en se cachant de honte devant des regards accusateurs des africains. Les allemands ont déjà compris ce manège et sont, à l´endroit de la France qui cocarde sournoisement, et pour le moins prétentieusement Liberté - Egalité - Fraternité, alors que le regard de l´histoire passée, et même avec sa francafrique actuelle, la condamne ouvertement. Ce n´est pas du pur hasard que les livres sur le passé esclavagiste de l´Afrique aient un succès évident en Allemagne Où de grands historiens tels que Gerd von Paszensky, par exemple, ont écrit des oeuvres stupéfiantes et détaillées qui ne laissent ni détails, ni dates à l´oubli. Faudrait-il vraiment croire que l´esclavage et le massacres qui ont eu lieu pendant 400 ans envers les indiens d´Amérique, ceux des îles du pacifiques, des aborigènes d´Australie et dont le nombre des victimes se situe loin au delà de 100 millions; que le poids, la responsabilité de ces crimes seraient inférieurs à l´Holocauste de 8 millions de juifs faite par les allemands parce que leurs victimes, étaient blanches ? Etre tombé dans ce piège dialectique, n´est-ce pas fausser l´histoire et faire preuve de faiblesse de jugement? C´est absolument incroyable!
Je remercie Afrikara quand il fait la remarque: "Les alimentaires de la race noire, blancs de peau de préférence, avec leurs mélanodermes commis en grenouillages, sont surtout des ali-menteurs." Les intellectuels français se débattent avec une fausseté qui n´honore ni leurs intellects, ni leur notion d´objectivité, d´éthique ou de morale culturelle. Et quand on pense qu´ils allèrent gaiement enseigner la philosophie, le droit, la liberté en Afrique; ils sont bien embêtés maintenant de constater qu´ils n´ont vendu que du vent, beaucoup de vent. Et cela les touche dans leur orgueil que ce soient des noirs qui les débusquent et les acculent. Le pire vient encore, pour eux, s´ils continuent à falsifier, à "améliorer" l´histoire et les faits historiques; ou encore à les interpréter ou les conformer à leur retraite désordonnée. Ils s´enfoncent de plus en plus dans la boue, dans un marécage dont on ne sort qu´avili et sans fierté. Et c´est là que nous les attendrons au coin du feu. Il est seulement regrettable que beaucoup d´intellectuels africains opportunistes ne l´ont pas encore compris. Mais c´est une question de temps, comme le disait si bien Malcolm X: "Time is on the side of the oppressed today, it´s against the oppressor. Truth is on the side of the oppressed today, it´s against the oppressor. You don´t need anything else."
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
29 avril 2006
Le CFA et l´Euro contre l´Afrique
Un ouvrage d´une valeur incontestée
Le franc CFA et l´Euro contre l´Afrique
Préface du Professeur Grégoire BIYOGO
Postface du Professeur Jean ZIEGLER
Editions SOLIDARITE MONDIALE A.S., Paris, 1999
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Le Professeur Nicolas AGBOHOU, docteur en économie politique, démontre dans cet ouvrage de 296 pages comment les institutions et les principes de fonctionnement de la zone franc CFA bloquent le décollage socio-économique et politique de l'Afrique. Sortant des sentiers habituels, et battant en brèche les idées reçues, ce livre va au-delà d'un simple diagnostic. Il éclaire, de façon lumineuse, les voies et les moyens qui permettront aux Africains de s'affranchir de cet ordre monétaire hérité de la colonisation, et de prendre leur propre destin en main. |
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Pour information et commande s'adresser auxEditions Solidarité Mondiale A.S. 23, rue du départ 75 014 Paris.
Prix: 168 FF ou 25,61 Euros
Email: esmas99@hotmail.com
Tel: 01 40 64 74 63 01 40 64 70 21
Selon Grégoire BIYOGO, écrivain, Professeur à l'Université de Créteil (France)
et Directeur de l'Institut Cheikh Anta DIOP de Libreville (Gabon) :" L’ouvrage de Nicolas AGBOHOU, le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique, est une contribution importante du point de vue des sciences économiques et politiques et des recherches actuelles sur le filiationnisme égypto-nubien et l’Afrique Noire.
La thèse centrale ici est que les institutions et les règles de fonctionnement de la zone franc comme la monnaie unique européenne qui naît —l’Euro- ne profitent pas à l’Afrique. Mais qu’elles comportent des contraintes énormes, dont la finalité est de maintenir le continent africain dans la dépendance économique et politique. Sans doute cette thèse avait-elle été soutenue naguère par des éminents économistes d’Afrique. Cependant, jamais elle n’avait été aussi clairement et aussi complètement développée, non sans du reste fournir une série d’analyses et de matériaux techniques, enrichis par des tableaux dont les chiffres confirment les thèses de l’économiste… Celles-ci vont certainement entraîner des révisions déchirantes et des reniements nécessaires. Un ouvrage courageux, lucide et tonique ! "
Pour Jean ZIEGLER, écrivain et Professeur à l'Université de Genève en Suisse :" Nicolas AGBOHOU a écrit un livre de révolte, intelligent et puissant. Livre d’économiste d’abord. En homme de science, érudit et précis. L’auteur démontre le mécanisme de la répression monétaire des anciennes colonies de la France. Le maintien du Franc CFA, en d’autres termes : la camisole de force des pays africains enserrés dans la zone franc, est pour lui la première cause de la persistante misère, de l’humiliation permanente, du sous-développement devenu réalité minérale des pays d’Afrique francophone…
Nicolas AGBOHOU défend sa thèse avec un langage vif, tranché et une foule d’arguments logiques et d’énoncés pertinents. Il est le contraire de ces scientifiques désincarnés et mornes qui, usant de leur érudition, énoncent des évidences, puis éteignent la lumière et sortent du champ de bataille. AGBOHOU est Africain, passionnément. C’est un patriote continental. Un homme en révolte. Bref : un intellectuel engagé au service des luttes populaires et des lumières à venir.
AGBOHOU appelle donc à la renaissance, à la revitalisation des mémoires, à l’insurrection des consciences. Quelles humiliations ne subissent-ils pas, les Africaines et Africains de cette fin de millénaire ! Ce livre est nécessaire. Il faut le diffuser largement et le lire avec attention. "
Commentaire Réalisance
Un ouvrage édifiant qui confirme bien de choses sur les intentions organisées par l´existentialisme européen. Nous félicitons le professeur Agbohou non seulement par la clarté et l´analyse objective avec laquelle il a mené son débat, mais aussi pour le noble et valeureux sentiment auquel la lecture de son oeuvre fait appel. Nous espérons vivement que beaucoup le liront et prendront compte des détails et révélations poignantes sur le sang africain: sa monnaie. Par ailleurs, nous invitons, par cette occasion, tous ceux qui connaissent cet états des choses à réagir. Il ne serait pas logique que de brillants africains nous mettent chaque jour la vérité devant le nez, et que malgré tout nous nous laissions déjouer par l´Occident. Les européens ne sont pas tenus de faire notre bonheur, de concevoir ou de réaliser notre épanouissement économiques, financier, politique; ce devoir, il incombe aux meilleurs enfants de l´Afrique. Et quand ceux-ci se donnent la peine de nous dire la vérité, nous sommes tenus de ne pas fermer les yeux et d´agir en conséquence. Parce que sinon, nous les trahissons et manquons par là au devoir de protection, de promotion et d´épanouissement envers les nôtres, et surtout ceux qui sont faibles et nécessiteux. Ces devoirs sont depuis 600 ans mis à mal; il serait temps que cela change. Et le plus rapidement serait le mieux, car il y a urgence.
Musengeshi Katata Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
28 avril 2006
Shanghai Express
L´Amérique se prépare envers la Chine
La Chine aux portes de l´histoire du monde
« On est responsable non seulement pour ce qu´on fait, mais aussi pour ce qu´on ne fait pas. » Lao Tsé
Depuis l´année passée, en été 2005, on assiste à un curieux phénomène aux Etats-Unis, et particulièrement à New York où la langue chinoise devient de plus en plus enseignée, surtout aux enfants de riches et de nantis. Les bureaux et les institutions qui s´occupaient du placement, dans le passé, d´étudiantes françaises au pair se sont reconvertis aux bonnes chinoises, et ne savent que difficilement faire face à la croissante demande américaine. Le mandarin est à l´honneur, et plus d´une garderie d´enfants offre déjà, à partir de 3 ans, des programmes de jeux, de chansons et de films animés traduits ou parlant chinois pour permettre aux élites de demain de ne pas rater le train chinois de demain. La preuve que le réalisme dans la société américaine est pragmatique et conscient de la prochaine hégémonie de la Chine, car quiconque veut, à l´avenir, préserver ses intérêts et les entretenir, ferait mieux de parler la langue du Grand Empire du Milieux.
En Europe, et surtout dans les universités, les programmes d´études et de langues chinoises se multiplient. Les experts estiment que très vite la Chine pourrait atteindre 25.000 milliards $ de PIB, et ce n´est pas exclus qu´avant 2040, elle atteigne les firmaments de 40.000 milliards $ (quatre fois le PIB actuel des Etats-Unis). Rien à dire, une puissance effrayante et sans égale. Et même si, pour lutter contre les effets économiques négatifs érosifs de l´irrésistible ascension chinoise, l´Europe, sous l´initiative de l´Allemagne, se constitue une caisse de guerre de 160 milliards €, cette guerre semble déjà perdue d´avance, tant l´ouragan qui s´annonce à l´horizon est puissant et souverain.
Et personne ne dira plus un jour que cette culture est inerte, immobile ou endormie. C´est bien pourquoi nous nous devons, avant que le cyclone ne nous emporte, débattre et faire clarté en ce qui concerne nos valeurs ; parce que lorsque le tourbillon jaune nous aura atteint, ce sera trop tard. Nous serons alors emportés dans un courant nouveau qui, lui, ne connaît que ses prérogatives et ses paramètres d´incroyables forces synergiques internes.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
ONU: un ultimatum pro occidental compromettant
Un Conseil de Sécurité compromis
Contre l´Iran et sa souveraineté atomique légitime ?
Ce vendredi 28 avril expire l´ultimatum fait à Téhéran pour s´abstenir à enrichir l´uranium servant à ses installations énergétiques atomiques. Devant le refus de l´Iran de se plier aux injonctions l´IAEO dépêchée dernièrement en la personne de El Baradai dans la capitale perse pour convaincre le gouvernement de ce pays d´accepter, à la rigueur, la solution d´enrichissement soviétique ; le conseil de sécurité avait prononcé un ultimatum qui expire ce vendredi 28 avril. Que va-t-il se passer, se demande-t-on ; le Conseil de Sécurité ne se serait-il pas laisser manœuvrer dans une impasse de souveraineté nationale où elle n´avait, selon la Charte même de l´ONU, rien à voir ? Si elle produisait, à la hâte et dans son désarroi des sanctions envers l´Iran, cette Haute Maison des Nations Unies ne lésait-elle pas un principe de légitimité qui risquait si pas de la ridiculiser, sinon, encore une fois de l´affaiblir ?
Oui, et pour tous ceux qui se laissaient gaiement entraîner dans des conflits ayant pour discret résultat de restreindre les droits légitimes des Etats souverains, comment diable le Conseil de Sécurité pourrait-il argumenter pour expliquer, et pour le moins excuser les bombes atomiques indienne et pakistanaises ? Et plus crucial : comment pouvait-elle expliquer qu´Israël n´ait jamais été ni contrôlée, ni sanctionnée ? Le droit international, ou son interprétation pratique par le Conseil de Sécurité serait-elle ségrégative ? Les critiques de la philosophie de cette institution ne gagnaient-ils pas de l´eau à leurs moulins ?
Cette histoire d´enrichissement paternaliste via Union Russe ou même Union Européenne, ce n´était qu´une fausse piste embarrassée pour gagner du temps, car la logique la plus vacillante se serait demandé : pourquoi ailleurs et pas sur place ; et d´un point de vue économique et même sécuritaire, qui gagnait ou épargnait dans tout cela ? En langage populaire, cette entremise illogique ressemblait à un homme amoureux qui épousait femme, mais s´adressait au voisin pour faire l´amour avec la femme pendant que lui voulait élever les enfants. L´occident semblait, dans ce dilemme, enfermé dans sa propre logique ou celle qui prévalait entre les européens et l´Allemagne. Rappelons que Mitterrand exigea expressément, lors de la réunification allemande, que celle-ci s´abstienne contractuellement à aspirer à devenir une puissance atomique. Ce que l´Allemagne s´empressa d´acquitter, pour calmer et sécuriser ses étroits partenaires occidentaux dont les appréhensions, eu égard à deux guerres mondiales allemandes jalonnées de près de 100 millions de morts, exigeaient quelques réserves. Par ailleurs, cet interdit satisfaisait la France en premier, mais la grande Bretagne aussi, qui restaient ainsi des puissances nucléaires dominantes en Europe. Mais ce cas devait-il automatiquement s´appliquer à l´Iran ? Et pourquoi pas à L´Inde, au Pakistan, à Israël, par exemple ?
On le voit, dans cette histoire d´enrichissement d´uranium iranien, ce n´est pas un question de principe ; le principe a été depuis longtemps noyé ou égaré dans une jungle touffues d´intérêts occultes. Et dans ces sentiers assombris par la géopolitique, par la domination et par l´hégémonisme de certains Etats, la liberté devait trouver son chemin et garder la vertu d´appartenir à chacun et à tous. En se laissant instrumentaliser par l´occident colonialiste et dominateur occidental, le Conseil de Sécurité va perdre beaucoup plus de crédibilité qu´il n´arrivera à convaincre le monde qu´il œuvre pour le bien collectif international, car où est donc la bombe atomique iranienne ? Mais plus de 200 sont à l´affût en Israël, entre 1500 et 3000 aux Etats-Unis et en Union Russe, en Chine, en Inde, au Pakistan, en France…Comment demander à tous ces seigneurs de guerre de désatomiser ? Là serait en fait une bonne action pour le monde entier. Mais comment se présenterait le problème énergétique mondial après l´ère pétrolière et celle du gaz naturel ? L´énergie atomique ne serait-elle pas, à la longue, irréversible pour tous ? En tous les cas, il faudrait de nouvelles sources d´énergie pour l´avenir, sans cela, au point où nous en sommes, personne n´a ni le droit, ni l´autorité morale exemplaire de contraindre les autres à s´abstenir. Car tous se soupçonnent de poursuivre des intentions inavouables. Et dans le doute...armes-toi, pas seulement de bon sens et de patience; parce qu´un jour viendra l´ennemi. L´Afrique ne le sait que trop bien.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
27 avril 2006
Réalisance : une autre façon de voir les choses
Clairement, et sans ambiguïté :
Ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas.
« Celui qui abandonne la liberté pour jouir de la sécurité ne mérite ni l´un, ni l´autre. » Benjamin Franklin
Oui, nous voyons les choses autrement que les autres ; et je pensais que bien de gens l´avaient compris ; notre message qui a rapidement trouvé un nombre chaque jour croissant d´adhérents dans le monde entier le prouve. Et cependant, je remercie personnellement le parti communiste français d´avoir pensé à nous, hélas à tort, parce que nous avons des vues qui sont complètement différentes. Nous ne sommes même pas socialisants, de cet hybride trompeur assis à cheval entre l´acclamation d´un capitalisme primitif et la fausseté d´une solidarité aliénée aux recettes sanguinaires et criminelles du néolibéralisme. Et pendant que celui-ci pillait, violait et ensanglantait le tiers monde, ces messieurs gonflaient d´ambition et redistribuaient les gains en jouant les généreux attentionnés et solidaires. Mais si ces recettes faisaient défaut, comme en ces moments de crise en occident, c´était la fin des haricots : on endettait honteusement les prochaines générations et on dépensait les deniers durement épargnés des assurances sociales pour soutenir un système socioéconomique maraude, autocratique et exclusif. Produire, produire à tout prix ; et si les autres n´existaient pas, que ferait-on ? A qui vendrait-on donc ses excédents ? Ne voit-on pas cette énorme, cette montagne de l´absurdité ?
Cette question reste sans réponse ; mais ces invétérés n´ont pas de solution à leur dilemme, sauf qu´elle menait à l´impasse. On se croirait revenu à l´époque de l´esclavage ou de la colonisation où l´occident vivait et s´accaparait des biens financiers et humains des autres, pour arriver à l´évidence que les autres, pour entretenir et rendre le système viable et fructueux, devaient eux aussi devenir possesseurs de revenus aptes à réaliser leurs attentes, à les rendre actifs dans le système. Le monde ne semble pas beaucoup avoir changé, sauf pour les africains qu´on appauvrissait et qu´on étouffait à distance, en consommant rageusement leurs matières premières et en leur faisant avaler les surplus de la société industrialisée. Piètre monde. Cette forme destructive et dévorante de la liberté est symptomatique pour un idéalisme primitif et rapace de l´existence humaine ; il faut lui opposer un meilleur équilibre, de meilleures valeurs éthiques et morales afin que cette malfaçon existentielle prenne enfin compte de ses abus et revienne à la raison. Sinon, si tel est le sens irréversible de l´histoire, il n´y a aucune raison à ce que certains produisent, polluent, contraignent et jouent aux faux policiers internationaux bombardant à loisir pendant que d´autres sont tenus, au nom de fausses valeurs plus fourbes qu´équitables à subir, supporter ou consommer ce qui les affaiblit et les détruit.
La réalisance, fondée sur le lumumbisme, les enseignements spirituels de Simon Kimbangu, et sur les pensées politiques de Malcolm X, de Franz Fanon, de Marcus Mosiah Garvey se réclame d´une liberté universelle, mais aussi d´une sévère recherche de l´harmonie et de l´équilibre de réalisation, entendus non seulement comme un lieu interne de devoirs et de droits, mais aussi comme une communion externe d´obligations respectant l´existentialisme des autres tant que ceux-ci ne mettraient pas en danger le nôtre. Par ailleurs, l´acte de réalisance est un acte qui convie à prendre conscience du respect et de l´utilité raisonnable et responsable de la nature. Voilà, ce n´est pas un communisme même idéaliste qui n´aboutissait qu´à un apparatchik de fonctionnaires privilégiés : en fait une dictature d´un autocratisme faussement bienveillant. Et croire que l´ingénieur doit gagner autant que l´ouvrier est aussi une utopie car l´un a étudié, et produit pour la société des services de haute qualité, tandis que l´autre s´est vraisemblablement refusé à autre chose que l´exercice manuel. Là où il ne faut aucune différence, c´est dans la jouissance et les services des biens sociaux publics car ceux-ci appartiennent à tous et se doivent de rétablir l´équilibre involontairement rompu. Il en va de soi aussi de transferts sociaux dits de rééquilibre.
Nous sommes sans contestes capitalistes, mais ce capitalisme n´est ni exclusif, ni ségrégatif comme on le voit depuis des siècles, surtout en Afrique où la francafrique et son sournois paternalisme colonial entretient un hégémonisme ségrégationniste. Ce que nous reprochons au néolibéralisme capitaliste occidental, aux communistes et aux socialistes, c´est, en fin de compte, d´être rapaces, faux, égoïstes ; et surtout de manquer de sens évident d´équilibre. Le tout, logiquement, est toujours plus grand que la partie, quelle qu´elle soit. Aujourd´hui des multinationales sont devenus tellement riches, tellement puissantes et influentes qu´on se demande si ce ne sont pas des Etats synthétiques qui, tout en jouissant de pouvoirs financiers énormes, échappent aux devoirs et au contrôle de toute territorialité.
Toute l´histoire du passé, et surtout du 19ième siècle ressemble au ménage d´un cocu qui court le monde en s´exerçant abusivement et sans scrupule, qui se vante de sa phallocratie, tandis que son voisin avec lequel sa femme le trompe, lui, se refuse à entretenir des enfants qui légalement sont les siens. Dans la situation actuelle des pays industrialisés, cela se traduit par le chômage, les assurances sociales balkanisées et l´endettement public galopant qui touchent plus les pauvres que ceux qui étaient tenus d´éviter ou de combattre ce genre de maux. Et on parle déjà du retrait de l´Etat et de rendre l´initiative aux acteurs civils (comment en serait-il autrement si l´Etat est endetté comme le dernier des manants) ; ce qui veut tout simplement dire qu´en fin de compte, ceux qui se vantaient d´organiser et de gouverner le destin social, face à leurs incapacité de résorber le chômage et d´équilibrer la société, ils se cachaient et se retiraient de leurs devoirs. Mais curieusement, ils voulaient garder les privilèges, les gros gains et les hautes pensions du passé ! Pour eux c´étaient des droits acquis, mais qu´en est-il du chômeur ; pouvait-il lui aussi se réclamer du droit acquis au travail ? Voilà le dilemme.
Beaucoup de nos adhérents ont compris ce que signifie la réalisance, d´autres pas ; c´est dans la nature des choses. Les gens ont été élevés et abreuvés par des valeurs qui s´avèrent aujourd´hui fausses ou caduques ; changer les esprits, éveiller l´attention sur ces invisibles changements qui s´opèrent douloureusement pour certains, et irréversiblement pour tous, n´est pas facile. Et comme je le dis toujours, mieux vaut défendre nos droits et notre sens de la liberté aujourd´hui, que de subir demain des faits accomplis ou une vile, partiale version de la liberté. Certes, et disons le franchement : beaucoup ne se font pas d´idées sur l´avenir ou ceux de leurs enfants parce qu´ils n´en ont pas les moyens ni financiers ni intellectuels. D´autres n´en ont pas besoin : ils sont du meilleur côté de moulin social. Tant mieux pour eux. Mais ceux qui se désistent malgré qu´ils en aient les moyens et le loisir, ceux-là pêchent par déni d´eux-mêmes. Plusieurs se disent : pourquoi me torturer, après tout, tout se fera sans mon avis ; ceux d´en haut font toujours ce qu´ils veulent. On en voit, comme certains africains qui, tout en sachant que le christianisme les aliénaient, reniaient cette religion, mais s´accrochaient désespérément à la soutane du curé, en désespoir de cause, parce qu´ils n´avaient rien d´autre sous la main pour les soutenir dans leur changement d´orientation. D´autres, complètement désorientés, se remettaient à la prière et au bon hasard la chance le sort de l´avenir. Cependant que l´organisation et la gestion sociale de l´avenir va exiger, dans le très prochain avenir, plus de rationalité, de précision et de prévenance dans l´exercice de ses devoirs et ses obligations envers la chose publique qu´il n´a jamais été fait état jusqu´à nos jours. L´avenir ne tolérera plus ni l´amateurisme délinquant, ni l´irresponsabilité cachée sous le faux manteau de l´opportunité politique.
L´homme de demain veut se réaliser largement et sans restrictions au sein d´une société humaine sans frontière qui respecte ses ambitions et les encourage avec des préceptes intègres, consciencieux, responsables et généreux quant aux libertés et aux moyens de réalisation. Et c´est cela qui fera de notre société moderne de demain : un monde réfléchi et rigoureux, certes, mais un monde équitable, solidaire, conscient et flexible qui répond valablement à ses devoirs et aux défis incessants de la complexité, plutôt que de s´en décharger. Personne n´a la vertu de réaliser plus que lui-même; c´est donc que tous nous avons le devoir de participer à notre individuelle et commune réalisation.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
27 avril : Journée de la femme noire
Un hommage attendri, humble mais passionné
Hommage ému à la femme noire
Dieu humble et généreux, ce soir
Comme hier, je n´ai pas mangé ;
Mais mon cœur est frais et pur.
Et la prière que t´adresse ma foi
Ô Seigneur est celle-ci : puisse
Ta magnanimité sauver et guérir
Ma mère. Je n´ai jamais quitté
Le bon chemin, et je le jure sur
Le soleil de mon âme que nul
Ne me fera quitter la voie sacrée
Qui mène à ton doux regard.
Extrait de Paris brûle (Les Cercles Vicieux)
Ce 27 avril, chez les kimbanguistes est une date toute particulière : la fête de la mère. La valeur de ce jour est inspirée de la vie de Mwilu Nzitani, l´épouse chérie de Simon Kimbangu. Une femme pas comme les autres : elle vit son mari bastonné et condamné à perpétuité par l´administration coloniale belge, en 1921. Elle ne revit plus l´homme qu´elle aimait et admirait. Et pourtant, tenace et femme de caractère, elle éleva ses enfants, organisa son église dans la clandestinité et lui donna une autorité et une popularité qui fit d´elle le plus grand pilier de la foi kimbanguiste. A sa mort, elle offrit au monde noire un héritage chaleureux, vivant, enthousiaste : l´église kimbanguiste, la foi infaillible de son mari.
Aux dires de croyants passionnés, elle fut aperçue, en compagnie de son mari, Simon Kimbangu à Nkamba le 1er mai 1959. Comme quoi les êtres chers, ceux qui nous ont appris à aimer, ne meurent jamais. Ils sont éternels.
Pour tous ceux qui, en grandissant oublient souvent combien grand est la valeur de l´amour, de la tendresse, de l´affection patiente et assidue de la mère ; je les convie à se rappeler qu´ils furent, eux aussi des enfants frêles et sans défense. Et n´eut été le sourire, la patience et le grand cœur de cet être inégalable, notre vie aurait connu très tôt bien de tourments. C´est donc pour tout enfant, pour tout être humain un acte d´amour et de reconnaissance que de se souvenir de cette assistance, de remercier et d´honorer cette passion toute femme qui, souvent dans des conditions de privation ou de manque difficiles, leur a donné le meilleur d´elle-même. Et en ce jour du 27 avril, en toute humilité, nous nous reconnaissons à son attentionné et infatigable amour, et la remercions infiniment, du fond du coeur. Daignent les générations prochaines ne pas perdre cette valeur sans prix de la vie qu´est le sourire, la caresse et l´amour de la mère. Quant à tous les enfants qui ont perdu leurs mères ou qui n´ont pas connu la joie et la richesse de l´amour d´une mère, nous leur adressons une prière compatissante et leur demandons de trouver la force de redécouvrir et d´aimer ce nectar délicieux qu´est l´amour. Car ce noble sentiment, il ne suffit pas seulement de le recevoir; il faut aussi savoir le donner; et c´est dans ce don qu´on découvre la véritable vertu du sein chaud de la mère.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
26 avril 2006
L´Egypte et son terrorisme rébarbatif
L´autocrate Moubarak en serait-il le responsable ?
Contre Moubarak et son occidentalisme aliénant ?
23 morts et plus de 60 blessés, tels est actuellement le bilan des 3 dernières explosions de bombes à Dahab, un lieu touristique largement fréquenté par les étrangers. Rappelons-nous que ce pays est gouverné depuis l´assassinat d´Anouar El Sadate par Osny Moubarak. Et depuis lors, par périodes intermittentes, la foire au terrorisme égyptien a ouvert ses portes, frappant surtout les lieux touristiques ; vraisemblablement pour s´attirer l´attention internationale et ne pas être étouffé par l´administration autocratique de Moubarak qui gouverne ce pays depuis 25 ans selon toute évidence au mécontentement de certaines tendances religieuses. En effet, non seulement on lui reproche sa trop étroite amitié avec les occidentaux, ce qui se traduit par une hybride laïcisation de l´Etat qui dérange les fondamentalistes musulmans forts influents dans son pays, mais ni son économie ne semble sortir de la dépendance étrangère, ni sa trop grande amitié avec Israël ne plait aux radicaux islamistes. Rappelons que son prédécesseur El Sadate a été assassiné pour avoir signé la paix américaine à Cam David. Depuis, l´Egypte vit de l´aide américaine et du tourisme du nu qui révolte les islamistes primitifs tendant à la charia et à rejoindre le club invétéré des islamistes du monde arabe qui préconisent l´avènement d´une gestion de la chose publique basée sur le coran. Une petite chronologie permet de saisir l´ampleur ou la fréquence des attentats terroristes dans ce pays :
18. April 1996: au Caire, dans un hôtel à Gizeh, des terroristes attaquent un groupe de touristes grecs, ils tuent 18 vacanciers et en blessent 14. L´attentat visait, en réalité des touristes israéliens.
18. September 1997: devant le musée égyptien au Caire, un bus conduisant des touristes allemands est attaqué. 9 touristes sont tués, ainsi que le conducteur égyptien, tandis que 6 allemands sont blessés.
17. November 1997: lors d´une attaque sur un groupe de touristes étrangers devant le temple d´Hatschepsut à Luxor, 58 étrangers et 4 égyptiens sont tués ; parmi lesquels 36 suisses et 4 allemands.
7. Oktober 2004: lors d´un attentat sur un hôtel touristique à Taba et deux camps touristiques à Nuweiba (Sinaï), 34 touristes sont tués, plus de 120 blessés. La plupart des tués sont israéliens.
7. April 2005: par un attentat suicidaire sur le bazar Khan-el-khalili, deux francaises et un US américains trouvent la mort.
30. April 2005: devant le musée égyptien au Caire, un candidat suicidaire se fait sauter et blesse 11 personnes. Deux femmes tirent sur un bus touristiques dans la vieille ville du Caire et blessent trois passants. Elles se suicident après cet attentat.
23. Juli 2005: une série de bombes explosent à Scharm-el Scheich (Sinaï) et causent un désastre sans précédent : 83 morts et 150 blessés.
24. April 2006: à Dahab explosent des bombes causant 23 morts et plus de 60 blessés.
Et néanmoins, nous ne croyons pas que Moubarak soit directement responsable de ces atrocités ; ce serait trivial et gratuit. Et cependant, gouverner un pays pendant 25 ans pour étouffer son fondamentalisme indésirable par les américains et leur hégémonisme géopolitique au moyen orient, protéger l´existence d´Israël pendant que celle-ci en faisait voir de toutes les couleurs aux palestiniens…, c´est peut-être faire preuve de réalisme, mais pas de sagesse. Surtout si au lieu d´adopter le dialogue, l´éducation et l´instruction pour vulgariser la critique et inciter à une vision moins fondamentaliste et radicale de la religion islamique, et par là ouvrir à une réforme intellectuelle, culturelle de cette religion qui, aujourd´hui encore, charrie des préceptes et des usages dangereusement primitifs pour ceux qui ne sont pas de son sein. C´est d´avoir, à notre avis, fait preuve d´amateurisme politique, de manque de vision à long terme. Plus d´opportunisme et d´immédiateté que de juste estimation de la réalité des choses et de l´avenir. Et le danger avec lequel ce pays est actuellement confronté, est qu´il risque de sombrer entre les mains d´un fondamentalisme embusqué à une foi louable, mais dont les symboles d´expression sont dépassés et ne répondent plus ni à la réalité, ni aux ambitions d´une vie industrielle moderne.
Vivre arrimé à l´aide américaine ou occidentale, comme l´Egypte le faisait depuis des décennies, aggrave encore ses problèmes, puisque ses besoins industriels, eux, s´accroissent. Et il est dès lors vite trouvé, celui qui est responsable de cette stagnation économique et industrielle : Moubarak. L´Iran produit ses voitures, l´Algérie construit son métro, la Libye irrigue le désert et y fait pousser une vie nouvelle. Le monde change, le monde bouge ; sauf l´Egypte qui s´accroche désespérément à ses pyramides du passé, et malgré les 2 milliards $ que les touristes charrient dans ses caisses chaque année, elle n´arrive pas à se débarrasser de l´étreinte occidentale aliénante. Et qu´on le veuille ou non, les devoirs oubliés ou mal accomplis vont resurgir en Egypte, surtout à une époque où des fauteurs de trouble comme Sarkaoui ou Bin Laden sèment la terreur pour réveiller les fondamentalistes de leur sommeil.
En fin de compte, Moubarak ne sera pas seul au banc des accusés, l´occident y prendra aussi place pour avoir soutenu un dictateur à courte vue qui, au lieu de moderniser et d´industrialiser son pays, s´est contenté de réprimer et de régner en potentat aliéné et sans idéal réel permettant à l´islam et à son pays de sortir élégamment de l´impasse fondamentaliste et primitive de son passé. L´époque où il suffisait à l´occident d´inviter quelques travailleurs musulmans à venir gagner sa vie chez lui en allant gonfler les banlieues délabrées de ses métropoles pendant qu´il buvait à satiété son pétrole ou son gaz, avait eu son charme prolétaire ; la jeunesse arabe d´aujourd´hui aspirait à une meilleure réalisation que celle d´être assommé à longueur de journée par les larmoiements d´un muezzin à peine toléré en ville étrangère. Elle voulait se réaliser et asseoir des rêves immatériels et matériels accomplissant ses attentes existentielles ; être libre et se défaire du manque ou de la dépendance. Et de ne pas l´avoir compris va mettre l´occident en mauvaise posture, parce qu´au lieu de semer le modernisme, elle avait tout simplement offert l´exploitation et la cécité. Et la récolte, elle, est la haine et le fondamentalisme radical et aveugle. Espérons cependant que des forces intellectuelles averties dénoueront ce nœud islamisme – Emancipation – fondamentalisme – Modernisme - tolérance au mieux pour tous, et pas seulement pour les non croyants, mais aussi pour la femme, par exemple.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
25 avril 2006
Sarkozi : „aimer la France ou la quitter“
Comme à la légion étrangère : ordre de m´aimer ou de déguerpir !
Un cri de désespoir ou un ordre désespéré ?
« L´amour comme la liberté sont des sentiments supérieurs ; celui qui s´en réclame ou les exige, doit avoir la grandeur et la justesse de les reconnaître à tout autre que soi-même. » MK
A entendre ces cris désespérés de la part de l´honorable Sarkozy, on n´en croirait pas ses oreilles ! Mais avec un peu d´imagination, on se croirait dans quelques boudoirs douteux de la rue Saint Denis, où sous l´ombre faussement trompeuse de la maîtresse passion de la vie, la prostituée et son client s´adonnaient au vil marchandage de la chair. Contré rude, langage non moins rugueux : les gestes les plus discrets et les plus délicats devenaient de vulgaires démonstrations d´appâts Marchandé, soumis à une insolence provocante et sans mœurs.
En serions-nous arrivé là ? Tout le monde sait qu´il existe un analogisme étroit entre la prostitution et le capitalisme inconscient et primitif. Et lorsque la prostitution est légalisée ou devient une profession honorable dans une société, c´est une preuve flagrante que sa morale et son bien-être social sont tombés bien bas. Mais l´amour, le nectar royal de tout sentiment humain, peut-on le commander, l´imposer à tiers ?
Mr. Sarkozy s´est trompé certainement de boudoir. Et au demeurant, où habite donc la belle ; quelqu´un connaît-il son adresse afin que nous allions tous frapper à sa porte ou faire la file pour jouir de ses grâces ? Ne confond-t-on pas là deux choses différentes : l´étreinte fortuite de la satisfaction momentanée et l´amour d´un pays, d´une nation qui, lui, est constant, empressé, et a ses racines dans le passé, le présent, l´avenir ; autant que dans l´histoire, l´idéal et les intentions de ses enfants doués et productifs dans leurs actes volontaires et leur créativité avouées autour du sourire attendri de la mère Patrie ? Il s´adressait vraisemblablement aux immigrés, mais ceux-ci n´avaient-il pas donné la preuve qu´ils aimaient la France, qu´ils venaient sur son sol pour y bâtir une vie d´espoir, d´amour et de famille ? A qui la faute s´ils étaient refoulés, renvoyés ou exclus aux confins isolés de sa banlieue, ou à la frontière ?
S´intégrer, monsieur Sarkozy, c´est vite dit et lancé aux visages des autres ; encore faut-il qu´on leur donner l´occasion et les moyens sociaux reconnus de s´intégrer. En ces moments de crise, la France néglige ses propres enfants et est prête à les jeter sans protection dans les bras d´un capitalisme rétrograde ! Mais ces immigrés n´avaient-ils pas fait des enfants à la France, ne travaillaient-ils pas parfois dans les métiers les plus bas, quand bien même ils seraient plus qualifiés ? Et si on ne les engageait pas, monsieur le beau parleur ; est-ce leur faute ? Faudrait plutôt créer de nouveaux emplois, faire preuve de responsabilité sociale plutôt que d´incriminer les victimes !
Nous croyons qu´il s´agit de bien autre chose ; et ceux qui vous ont taxé d´emprunter la dialectique de la droite n´ont pas vraiment tort. Ce populisme que vous employez a de méchantes consonances parce qu´il sous entend que ces africains doivent se laisser cuire à toutes les sauces, et prendre les petits vices français pour de hautes vertus. Mais personne, comme vous le savez vous-même, ne peut être obligé à aimer le mal, même s´il est fait par un français. Quand on immigre dans un pays, monsieur Sarkozy, et vous devez bien le savoir ; on adopte non seulement sa langue, ses usages, mais aussi son histoire et ses ambitions sociales auxquels on veut participer franchement à leur éclosion…à condition que ces ambitions et symboles culturels restent sains, paisibles et humains, sinon aucune loi de ce monde n´oblige qui que ce soit à adopter et aimer des valeurs sociales criminelles ou tendant à détruire l´individu ou la société. Nous sommes assez tolérant que pour supporter que la France soit raciste à 33% ! Pourquoi ne demandez-vous pas à ces monstres culturels de quitter le pays ? Ce serait peut-être un bon début. Mais à mon avis, vous ne craignez que trop bien un tout autre débat : celui de la francafrique ; et celui-là vous pose des questions bien embarrassantes : celui des valeurs morales, éthiques des idéaux fondamentaux du pays de France. Car entretenir un tel monstre sanglant et inhumain d´injustice contredit à toutes les ambitions sociohistoriques françaises, à sa belle constitution, et même aux ambitions universelles de la France en tant que nation de droit et de liberté.
Mais peut-être faut-il poser franchement la question : monsieur Sarkozy, aimez-vous l´Afrique ? Si oui, pourquoi la torturez-vous si méchamment ? Si vous ne l´aimez pas ; suivez vos propres préceptes : quittez sans délai ce continent, nous n´avons que faire de faux amis qui nous assassinent nous et nos enfants.
Quant à nous, c´est peut-être de la faiblesse ; mais nous aimons passionnément la France. Mais ce n´est pas la vôtre ; la nôtre c´est une France de liberté et de multiracialité. Une France qui rend justice au combat et aux ambitions des meilleurs de ses enfants qui, souvent au prix de leur vie, ont lutté contre l´injustice sociale et contre toutes les iniquités que beaucoup de parvenus et de criminels français se sont permis, tout au long de l´histoire, à perpétrer en son nom. Et pour cette France là monsieur Sarkozy, nous allons nous battre parce qu´elle répond à nos attentes, et fête les plus belles valeur de cette nation que l´histoire humaine reconnaît comme exceptionnelle et engagée pour les droits des hommes. Et si vous continuez à vous cacher, comme vos pairs derrière les crimes insalubres et repoussants de la francafrique, vous aurez choisi, et il ne nous restera qu´à vous dire, comme le grand De Gaule : « Vous avez cherché le débat, j´étais prêt à me débattre ; maintenant que vous préférez la déroute, je vous la laisse ».
Je vous avoue que nous prenons très mal vos divers qualificatifs repoussants envers les africains, mais croyez-vous que vous puissiez vous améliorer ? Si oui, faites-le nous rapidement savoir, parce que notre patience a aussi ses limites. Il ne sera pas dit qu´en pays de France, un quelconque immigré de Turquie, de Pologne, de Russie ou de Hongrie aurait le droit de discréditer un français d´origine africaine ou de se croire meilleur français que les autres, parce que cela fait plaisir à 33% de français !
La France, monsieur Sarkozy, ce n´est ni une prostituée obligée à lever ses jupons les jours de famine, ni une église où tous les vices sont acceptés pourvu qu´on dise amen ou encore une nations gouvernée par des principes occultes et douteux ; c´est hélas bien autre chose que cela : c´est une des nations les plus ambitieuse de cette terre. Et malgré tous ses manquements et ses défauts, dans son cœur vivant et chaud, elle couve un des meilleurs idéal de l´existence humaine, et ne vous en déplaise, c´est ce havre brûlant et vertueux que nous aimons aveuglément. Et croyez-le ou pas, nous allons la défendre et continuer à l´aimer, parce que nous sommes persuadé qu´elle représente, dans son âme attendrie et sincère, le plus beau de tout rêve humain.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
24 avril 2006
Sur une lettre pastorale contre le racisme
Vu le lourd et criminel passé de l´église catholique, cet appel est-il sincère ?
Prêcher le faux élogieux et soutenir le crime et l´escroquerie ?
Commentaire sur afrikara du 24.04.06
Un historien anglais disait:"l´humanité est faite de plus de morts que de vivants". Peut-être l´église a vite oublié que c´est elle qui insuffla l´intolérance et le racisme à ses propres croyants vis à vis des "autres". Et les sentiments, les habitudes, les moyens existentiels acquis jadis se perpétuent incessamment d´année en années, de siècle en siècles dans les comportements et les usages sociaux des hommes. Et maintenant il s´agit de jouer à la grande vertu sans réformer tous ces instruments contaminés ou les changer...cela ressemble à Don Guichote brassant l´air de moulins à vent. Les fruits d´un manguier, sont-ils des oranges? Ou encore les enfants d´un prédateurs sont-ils des chèvres ou des moutons? Si la France qui se vante d´être la fille aînée de l´église catholique entretenait la francafrique qui assassinait les africains et leur privait de liberté et d´avenir, pouvait-elle se réclamer de la tolérance et de la liberté comme elle le fait effrontément, et à vrai dire sournoisement ? Derrière le racisme et l´intolérance, il n´y a que le refus de reconnaître à l´autre le droit à la liberté et à la libre réalisation, à moins qu´il n´aie la même croyance que nous, la même couleur de peau, la même langue...etc. Ce genre de lettre pastorale me donnent plutôt l´impression qu´on veut prendre les gens pour des idiots ou des demeurés; et en faisant cosmétique, on joue à tromper par le subsidiaire, pendant que le principal, lui, s´exerçait autrement. Si Monsanto, la banque du Vatican continuait à s´illustrer dans des tribulations financières douteuses et ruineuses pour les pauvres et leurs intérêts, on se demande si ce n´était pas du racisme pur et de la discrimination ouverte. Et la France et toute l´union européenne qui déversaient leurs excédents agricoles subventionnés en Afrique ou en Jamaïque à des prix de dumping, par exemple pour les tomates au Sénégal, le lait en Jamaïque; si ces riches chrétiens, par surcroît empêchaient les africains de vendre chez eux et les étouffaient sur les marchés internationaux avec des méthodes de pirates et de flibustier, on se demande si ils ne pêchent pas par racisme et intolérance. Parce qu´ils ne font ces sales coups à aucun de leurs congénères blancs. Qu´on le veuille ou non, l´économie, la survie et la réalisation de l´"autre" est la condition sine qua non de la tolérance et de la preuve d´antiracisme. Sans cela, on fait beaucoup de vent, et pour ma part, on devrait cesser d´enfumer les gens; nous sommes assez noirs, ça suffit comme ça. Et en vérité, qui nous rendra nos frères et soeurs arrachés aux leurs des siècles durant par l´esclavage béni par l´église catholique? Qui nous rendra les symboles et les signes de nos cultures détruites gratuitement. Oui, qui nous rendra Simon Kimbangu? J´ai bien peur que pour quiconque a encore un peu de bon sens, croire encore au père noel ne soit une injure blessante faite à sa raison et à sa fieté identitaire. a moins, bien entendu que cette lettre ne soit exclusivement adressée aux chrétiens blancs criminels, parjures et assassins invétérés notoire de l´histoire humaine. Alors tout aurait un sens.
Quoique je sais que la belle parole du dimanche, depuis 2000 ans, n´a rien changé à leurs misérables caractères.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
