Les dessous d´un système d´aliénation continue

« L’AIDE » DE L’OCCIDENT A L’AFRIQUE NOIRE,

MYTHE ET REALITE

BWEMBA – BONG

Membre du Cercle SAMORY

Groupe de Réflexion sur la Culture Africaine

pour la Renaissance du Peuple Noir

Au cours de sa tournée africaine au Mali et au Bénin en ce mois de Mai 2006, Monsieur Nicolas SARKOZY, ministre de l’Intérieur français, président de l’U.M.P., parti majoritaire au pouvoir en France, et futur candidat à la présidence de la République française en 2007, confronté à un accueil qui a démenti la mythique génuflexion de l’Africain devant le Blanc, a répliqué vertement, avec l’agacement du potentat outré, à l’interpellation d’un membre de la société civile malienne, qu’il ne croit pas que celui-ci défend les intérêts du Mali, en traitant ainsi le représentant de la France qui aide ce pays africain.

Cette remarque pleine de suffisance et de morgue, interpelle sur le mythe de « l’aide » que la France en particulier et l’Occident en général, accordent aux pays du Tiers-Monde, dont l’Afrique Noire.

Comme le souligne WIGHTMAN, : « Pour le citoyen ordinaire qui apporte sa contribution en argent à l’une des institutions privées de secours opérant dans les pays pauvres, le mot « aide »  a un sens simple et non équivoque. Il s’agit tout bonnement pour lui d’un sacrifice, d’un don, et il n’en attend rien en retour, ni bénéfice tangible, ni compensation particulière. Il y a longtemps que l’aide officielle ne peut plus se targuer d’un tel altruisme. Ce que les pouvoirs publics appellent « aide » peut comprendre des investissements du secteur privé dans les pays d’outre-mer, des crédits d’exportation à court terme, des prêts à plus long terme à des conditions assez dures, le transport des produits excédentaires, les dons en espèces ne pouvant être dépensés que dans le pays donneur, des contributions versées à des organisations intergouvernementales. Grouper en bloc toutes ces opérations sous le vocable « aide à l’étranger » constitue un abus de langage propre à donner une impression fausse du véritable fardeau que les pays fournisseurs et ses concitoyens supportent effectivement »[1].

En effet, une vaste campagne de mystification raciste a semé autour de la notion « d’aide », une confusion savamment entretenue par l’Occident en général et la France en particulier, autour de l’ambiguïté véhiculée par « l’aide » en direction de l’Afrique Noire. Il en a résulté chez l’Africain, l’intériorisation du complexe d’infériorité qui a créé chez lui le mythe du Blanc généreux qui délivra le Nègre de la barbarie et de la misère, pour le faire accéder à la dignité et à la respectabilité. L’Occident s’est ainsi illustré comme une entité magnanime, honnête et soucieuse du bonheur de l’humanité tout entière. Or, la réalité historique est tout à fait autre, et la crédulité des peuples aliénés, ne doit pas les empêcher de s’interroger tant sur leur passé que sur le présent vécu de leurs rapports avec l’Occident. Car, ce sont ceux-là même qui, dans l’Histoire contemporaine, se proclament les champions des Droits de l’Homme, se sont donnés pour préoccupation majeure, la spoliation et la condamnation à mort, entre autres du Peuple Africain. Dans un tel contexte, que peut alors signifier l’aide de l’Occident au Tiers-Monde en général, et à l’Afrique Noire en particulier ?

Communément l’aide est considérée comme un ensemble de transferts de biens, d’équipements, d’actifs financiers et de personnels des pays développés vers les pays du Tiers-Monde ; ces transferts seraient fondés sur la bonté des pays industrialisés, qui essaieraient ainsi de donner aux pays dits sous-développés, les moyens efficaces devant les faire accéder au développement économique, social et culturel.

Ainsi caractérisée, la notion d’aide recouvre un mouvement unidirectionnel des actifs de nature diverse, dégagés par les pays développés, aux fins d’amélioration et de bien-être du Tiers-Monde, de l’Afrique Noire notamment. Or, des mouvements réciproques plus importants non déclarés, s’opèrent bien du Tiers-Monde en direction de l’Occident, sous forme de fuite des cerveaux (la fameuse immigration choisie), de capitaux et de flux de biens, sans être désignés sous le vocable d’aide.  Face à une telle dissonance, que peut au juste recouvrer la notion si galvaudée « d’aide » ?[2].                

DU CONCEPT DE « L’AIDE »

Le concept d’aide recouvre surtout, outre les mouvements de biens, de services divers et de personnes, leur origine et leurs destinations. Il s’agit donc d’un concept plus ethnosociologique que purement matériel, teinté d’une considération certaine de suprématie matérielle, politique, militaire, voire raciale, des dispensateurs occidentaux en direction de destinataires infériorisés et faibles du Tiers-Monde. L’aide est un ensemble d’actions diversifiées, d’emprises menées par les forts sur les faibles, par le biais des transferts de biens et de personnes. Cette conception finalisée colle mieux à la vérité de l’aide, parce qu’en l’élaguant de toute hypocrisie idéologique, ses conditions d’instauration constituent le dernier élément essentiel à la levée de l’ambiguïté qui l’entoure dans son articulation en Afrique Noire notamment.

La fausse décolonisation de l’Afrique Noire, s’est simplement résumée sur les plans juridique, politique, économique, culturel et militaire, en la métamorphose des relations entre les pays colonisateurs et les pays colonisés, métamorphose matérialisée par la signature de divers accords dits de coopérations et par l’adhésion des prétendues ex-colonies aux diverses organisations internationales, sans acquisition de leur part du moindre pouvoir. La proclamation mystificatrice d’un changement des structures politiques et juridiques n’a en rien modifié le pillage des prétendues ex-colonies par l’Occident. C’est ainsi que, dans le cadre de leur appartenance mutuelle au système économique capitaliste, les positions initiales des uns et des autres (sans aucun effort d’amélioration des conditions internes de vie dans les « anciennes colonies »), ont été maintenues au nom d’une prétendue interdépendance qui, en fait, enrichit davantage les riches et accroît davantage l’appauvrissement des pauvres. Car l’aide est fondée sur la croyance « scientifiquement établie » selon laquelle la lutte contre le sous-développement n’aboutira que si le Tiers -Monde se plie aux exigences de la théorie de ROSTOW, c’est-à-dire au respect des étapes conduisant du sous-développement à l’industrialisation, à laquelle l’on ne peut parvenir que par le dynamisme du capitalisme dont l’aide constitue la courroie de transmission.

L’accroissement de l’appauvrissement général de l’Afrique Noire, l’impéritie de ses groupes dits dirigeants, l’aliénation de ses lettrés prétendument intellectuels, acquis à la défense des intérêts et des valeurs de l’étranger dominateur au détriment de leur peuple, et leur démission face aux problèmes internes de l’Afrique Noire, dans un environnement international hostile et menaçant, sont à la base de l’aide qui s’inscrit ainsi comme un élément de pillage de l’Afrique Noire par le biais des relais internes qu’elle génère. Ainsi, dans son essence, l’aide constitue un obstacle au développement de l’Afrique Noire. Elle y provoque un processus de spoliation diversifiée qui nourrit d’argent frais les banques, les institutions financières, les entreprises occidentales et crée des emplois dans les pays occidentaux où elle accroît davantage l’accumulation de capital financier destiné entre autres au financement, de multiples progrès, au détriment de l’Afrique Noire notamment.

A l’évidence, l’aide qui se comprend en langage international contemporain, comme la mise à la disposition du Tiers-Monde par l’Occident, des possibilités nécessaires à l’exercice des activités économiques, de formation des hommes, de défense du territoire, du maintien de l’ordre, et de « sauvegarde » des populations, n’est en réalité qu’une pratique usuraire sur le plan financier, la domination politique, l’aliénation culturelle, la spécialisation économique et l’asservissement global de ses récepteurs. Elle n’est que l’instrument de la domination camouflée de l’Occident après l’ère coloniale, par le maintien du statut quo, malgré ses apparences commerciales et économiques. Masque derrière lequel se tapissent et s’articulent tous les mécanismes et tous le processus d’exploitation néocoloniale de domination et les fantasmes raciaux (incapacité des peuples non blancs à pouvoir se développer tout seuls), l’aide est multiforme, pour mieux enserrer tous les domaines.

LES MODALITES DE « L’AIDE »

Ainsi donc, les vraies-fausses modifications de formes dans les relations entre anciennes colonies et « anciennes métropoles » après les « indépendances », font de l’aide une synergie ; c’est-à-dire, un ensemble d’instruments diversifiés, assurant la fonction de maintien, voire d’extension de la domination des plus « forts » sur les « faibles », suivant des modalités bien codifiées dont l’analyse peut se mener sous deux caractéristiques principales, portant l’une sur l’origine de l’aide, et l’autre sur son contenu.

·         L’origine de « l’aide » 

Déterminée, l’aide se distingue en aide publique (aide bilatérale et aide multilatérale) et en aide privée.

1.       « L’aide » bilatérale

L’aide bilatérale est celle qui concerne les transferts publics d’un pays développé A à un pays du Tiers-Monde B. Ces transferts s’inscrivent dans le cadre des accords mutuels passés ou tenant à des situations exceptionnelles ; ils comprennent les biens et les capitaux sous forme de prêts, de « dons » et de personnels, sous forme d’assistance technique diverse et militaire. Ces transferts sont généralement impulsés par de grandes institutions spécialisées, telles que l’Agence Canadienne pour le Développement Industriel (ACDI), la United States Agency for Industrial Development (US-AID), la Caisse Centrale de Coopération Economique (CCCE), le Fonds d’Aide et de Coopération (FAC), etc… Par ailleurs, à côté des Etats Occidentaux pris individuellement, la plupart des pays sont regroupés au sein d’organisations soit régionales, soit internationales ; ces organisations sont également pourvoyeuses d’aide dans le but de maintenir une domination collective (plus ou moins atténuée par rapport à l’aide bilatérale), sur les bénéficiaires ; d’où l’aide multilatérale.

2.       « L’aide » Multilatérale

Le renforcement de l’emprise des Etats individuels, passe par des transferts issus des rapports établis entre, soit une communauté en association régionale d’Etats, soit des institutions d’une organisation internationale, en direction d’un Etat particulier du Tiers-Monde.

Ce type d’aide comprend prêts, dons, assistance technique, militaire, alimentaire. C’est le cas des institutions telles que la Banque Mondiale, le FMI, la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), la Banque Européenne d’Investissement (BEI), le Fonds Européen de Développement (FED), l’UNESCO, la FAO, l’ACCT, etc…

Dans ce cas, les fonds destinés aux prêts proviennent, soit des contributions des Etats membres de l’organisation, soit des emprunts effectués par celle-ci à des Etats ou sur des marchés financiers, à un taux d’intérêt faible et attribués à un Etat demandeur du Tiers-Monde, à un taux d’intérêt plus élevé. L’intermédiation financière de l’organisation, en fin de compte, renchérit le loyer d’argent dont ont besoin les pays dits pauvres. A côté de ces aides publiques on retrouve l’aide privée.

3.       « L’aide privée »

Le financement des activités dans le Tiers-Monde n’est pas uniquement le fait des organisations et des Etats. L’emprise sur l’économie s’y pratique de manière plus directe par les interventions, d’ailleurs de loin plus nombreuses, du Secteur privé occidental, aggravant la domination de l’extraversion. Cette aide privée comprend surtout les investissements de portefeuille (prises de participation par achats des actions entre autres), les investissements directs et les crédits commerciaux octroyés par les banques pour encourager les achats des produits de leurs pays d’origine.

L’étude des origines de l’aide qui détermine de manière implicite ses destinations, révèle un mouvement de facteurs financiers économiques et humains des dominateurs vers les dominés. Ce mouvement est destiné à accroître la mainmise du  centre sur la périphérie. En fait, les facettes économiques et commerciales de l’aide n’en constituent que des moyens insérés dans un cadre plus global. La multidimensionnalité de l’aide démontre clairement la stratégie d’occupation de tous les domaines possibles des pays du Tiers-Monde : politique, économique, militaire et culturel. Les Etats occidentaux qui, sans l’aide dominaient déjà le monde de manière directe, ont conçu au travers de celle-ci, une forme nouvelle de domination indirecte, plus efficace et plus rentable. L’étude de l’origine de l’aide fait ressortir l’utilisation des mêmes instruments par les Etats, les organisations et les entreprises privées, ce qui pose le problème de clarification de sa nature qui constitue sa seconde caractéristique.

·         Le contenu de « l’aide »

Les actions des entreprises privées, des Etats et des organisations en matière d’aide, peuvent se subdiviser en trois volets principaux ; à savoir l’aide financière, l’aide technique et culturelle et l’aide alimentaire. Des trois, c’est l’aide financière est de loin la plus importante.

1-       « L’aide » financière

Il s’agit, dans le cas général, de prêts, d’investissements de portefeuille et d’investissements directs et, accessoirement, de dons. Prêts et investissements sont une mobilisation de capital destiné à fructifier à l’avantage des propriétaires qui auront à récolter, outre les intérêts, le principal placé. Cette récolte s’effectue soit de manière directe par le biais des intérêts et du principal, soit de manière indirecte par le biais des profits, des exonérations fiscales et même par les subventions des Etats pauvres et des rapatriements de profits et salaires. La mobilisation de l’aide financière n’est jamais totale au profit du bénéficiaire qui se voit souvent imposer les achats de biens, d’équipements et de services dans le pays d’origine de l’aide. L’obtention même de cette dernière est assujettie aux intérêts des bailleurs de fonds qui choisissent les activités à financer en fonction de leurs propres intérêts et de ceux de leur pays ou région, sans tenir aucun compte du caractère prioritaire ou non de l’activité pour le pays « aidé ».

L’aide ainsi conçue est facteur d’extraversion ; car, l’économie du pays demandeur ne peut répondre qu’aux besoins et aux orientations des détenteurs des moyens financiers. Elle est facteur de domination dans la mesure où elle transforme le pays aidé en mendiant, attribue la propriété de son patrimoine à l’étranger et instaure le processus de décapitalisation lié aux remboursements contractuels et d’autres transferts visibles et invisibles. Le fournisseur dispose ainsi d’un moyen de contrôle incontestable. En fin de compte, le pays bénéficiaire lui ne se contente que de l’accueil de l’exercice des activités qui ne rapportent qu’aux fournisseurs d’aide. L’Afrique Noire subit ainsi par le biais de l’aide, une immense ponction préjudiciable à son développement et une véritable humiliation ; mais l’aide financière induit presque toujours l’aide technique et culturelle.

2-       L’aide technique et culturelle

L’aspect financier de l’aide plus facilement exploitée par la notion d’emprunt, plus pernicieux en tant que condition sine qua non d’investissement dans les activités diverses dans les pays du Tiers-Monde, ne revêt de prime abord qu’un aspect économique et financier. Il renferme cependant un aspect fondamental de domination réelle que prolonge l’aide technique et culturelle.

L’illusion selon laquelle la science et la technique, très avancées dans les pays développés, ont déjà étudié tous les problèmes à résoudre et qu’il suffirait d’être capable d’acheter de leur technologie comme produit de consommation, procède d’une vision réductrice du monde. Cette vision dénote l’infériorisation des peuples non-Blancs – et particulièrement du Peuple Noir – et suggère leur incapacité à abattre les obstacles par leur propre génie, afin d’accéder à un développement autonome. Par ailleurs, le transfert de technologie qu’elle sous-tend est un leurre. L’aide technique et culturelle constitue donc une tutrice qui adapterait aux conditions locales les applications des technologies occidentales. Donc, une présence importante de l’assistance technique, des orientations culturelles et une formation à l’image des « maîtres ». Or, ces divers éléments ne servent qu’à aliéner davantage le Peuple Africain. Par ailleurs, l’africanisation des cadres qui limite l’utilisation de leurs compétences à la gestion routinière  du sous-développement, démontre bien la démission des dictatures africaines face aux problèmes de développement véritable qui se posent à l’Afrique Noire. C’est ainsi que, dans la logique de cette mission, n’est mise à la disposition du cadre africain que de la technologie déjà mise au rebut dans les pays occidentaux. Il apparaît ainsi clairement, l’absence de la prise en compte, et du niveau scientifique international, et des menaces qui pèsent sur le Peuple Africain.

Le prétendu transfert de technologie et le maintien d’une assistance technique occidentale en Afrique Noire n’ont, en réalité, pour fonction essentielle, que d’empêcher les Africains de s’atteler aux recherches scientifiques et technologiques qui permettraient au continent subsaharien de promouvoir son propre développement et de combattre efficacement l’inquiétante réalité de l’environnement international qui le vampirise depuis des siècles. Les ventes occidentales de technologie inopérante constituent donc des anesthésiants, outre l’aspect commercial réel qu’elles représentent pour l’Occident. En outre, ces facteurs sont une vigilante présence de l’étranger dans tous les rouages politiques, économiques, administratifs, techniques, militaires et autres, indiquant les bornes à ne pas dépasser sous peine de représailles. L’assimilation de la balkanisation et l’exacerbation du micro nationalisme, par procuration interposée dans tous les domaines en Afrique Noire, en témoignent de façon pertinente. L’assistance technique et le transfert de technologie sont, de fait, des axes essentiels de l’aide technique qui jouent en fin de compte un rôle annihilant pour le Peuple Africain. Ils reposent sur la négation de la culture propre de l’homme Noir, homme relatif, qui devrait accéder à l’Homme Absolu en adoptant les langues, les religions, les modes de pensées, en somme la culture de l’Occidental. Mais l’économie de l’aide sous la forme de ventes de matériels occidentaux, ne s’arrête pas seulement à ces seuls domaines. Il s’étend également à l’aide alimentaire.

3-       « L’aide » alimentaire

L’aide alimentaire consiste à déverser sur le Peuple Africain, malgré ses habitudes alimentaires et son écosystème, des produits agricoles, pastoraux et des semences, des espèces végétales et animales venant de l’Occident, comme ce fut le cas de la vache folle, bien que ce flux constitue un paradoxe. En effet, alors que les pays africains sont spécialisés dans le ravitaillement de l’Occident en produits agricoles industriels, ils en reçoivent par contre des produits agricoles vivriers. Il en est ainsi qu’un peuple pratiquant l’agriculture, n’a pas conscience que l’œuvre primordiale pour lui est de nourrir en priorité sa population, avant la recherche d’un hypothétique gain en devises. Ainsi, en arrive-t-on à transformer en produits exportés, des produits pouvant être consommés par les populations locales.

L’aide alimentaire est également un paradoxe scientifique. Agresser un peuple dans sa culture alimentaire et ignorer ses conditions écologiques de vie, est une déclaration de guerre et une menace pour la paix mondiale. Qu’y a-t-il donc au bout de toutes ces opérations, sinon la transformation totale de l’Africain et de son environnement ? Certes les multinationales et le commerce international ont à l’évidence pour seul souci de vendre et de réaliser des superprofits. Mais les importations par l’Afrique Noire de céréales, de lait … et parfois de produits dangereux, servant de tests n’accroissent pas son endettement ; elles ont pour autres conséquences, la persistance de la famine et de la misère dans les pays africains essentiellement agricoles. L’inquiétude des dictateurs néocoloniaux pour leur survie, dont le maintien réside dans le terrorisme interne soutenu par l’Occident au nom de la stabilité et de la paix, fait partie à la fois des aides financières techniques et culturelles, qui se matérialisent par un contrôle direct, au travers de troupes étrangères et des conseillers sur le sol africain, de vente de matériel miliaire et de formation des armées de répression. Plus que toute autre modalité, cette forme d’aide concrétise le contrôle de l’Afrique Noire par la présence d’étrangers occidentaux aux postes stratégiques dans ses armées. Comme en atteste le journal français Le Monde Diplomatique, sous la plume de DENIS MARTIN, qui soulignait en 1975, qu’un millier de militaires français environ, officiers et sous-officiers, servaient d’instructeurs et de conseillers techniques aux armées africaines. Selon le même journal, les services de Monsieur FOURCADE auraient attribué à ces armées africaines en 1975, une enveloppe de 73 millions lourds, sous forme de fusils, mitraillettes, chenillettes, land roover, jeeps, etc…

Le journal donne également des précisions sur la répartition des ressortissants Français dans divers secteurs militaires de ces pays :

·         Forces armées : 50 %

·         Forces de police : 30 %

·         Forces aériennes : 17 %

·         Marins et services de santé : 3 % [3]

Cette répartition appelle dès lors un certain nombre de remarques :

1°)- Comme cela ressort nettement, la proportion de Français est plus élevée dans les secteurs militaires ou paramilitaires qui se livrent directement à la répression des populations en Afrique Noire.

2°)- Une armée ayant pour mission de défendre une Nation, il paraît hautement discutable que les officiers et sous-officiers opérant dans les pays africains étant en majorité anciens de l’armée coloniale française d’occupation, aient, depuis, substitué leur conception d’une armée coloniale à celle de la défense des intérêts africains.             

LES EFFETS DE « L’AIDE »

Initiées dans les années 1950-1960 par les « métropoles » occidentales comme substitut à la politique coloniale agonisante, les politiques dites d’aide au Tiers-Monde ont été, dès le début, très fortement marquées par l’exigence fondamentale qui a en réalité présidé à leur initiation, à savoir : maintenir les territoires en voie de développement sous la domination économique, politique, culturelle et militaire de l’Occident. L’aide apparaît ainsi clairement comme un instrument d’exploitation économique et, corollairement, comme le moyen de soumission politique.

            « L’aide » : un moyen d’exploitation économique

Cette fonction de « l’aide » apparaît, au prime abord, à travers sa pratique de l’aide liée, qui est l’obligation faite au pays receveur d’acquérir, avec les fonds prêtés ou « donnés », des produits en provenance exclusivement du pays « assistant ». L’Etat « bénéficiaire n’a donc pas la possibilité de s’adresser à des producteurs concurrents pour l’achat d’équipements ou d’autres biens. « Ainsi, comme le note fort justement Pierre JALEE, le pays donateur est-il sûr que la plus grande partie des fonds qu’il alloue lui reviendra en paiement d’importation… Et, poursuit l’auteur, comme les fournisseurs du pays donateur savent qu’ils détiennent dans ce cas une exclusivité. Il leur est facile de s’entendre souvent pour majorer leurs prix dans une mesure importante ». Afin d’illustrer son propos, Pierre JALEE cite le rapport PEARSON[4] : « … les pays bénéficiaires d’aide liée se voient contraints d’acheter des marchandises à des prix souvent supérieurs à ceux en vigueur sur les marchés mondiaux où s’exerce la libre concurrence »[5].

Dans le même sens, l’on peut mentionner la déclaration faite en 1970 par l’ex-président NIXON, : « Ces ficelles, reconnaissait-il, qui lient notre aide en diminue le pouvoir d’achat… »[6]. On peut donc certainement en conclure avec Pierre MASSON qu’«il est indéniable que l’attribution de l’aide liée relève plus des préoccupations essentiellement égoïstes des pays qualifiés de donateurs que des sentiments altruistes vis-à-vis du Tiers-Monde »[7]. De l’Afrique Noire en particulier.

C’est ainsi qu’il y a quelques années, le Cameroun se retrouva à la tête d’un gigantesque stock de bouteilles de champagne, « aide » liée accordée par la France pour le « développement » du Cameroun…. Au grand bonheur, fort « heureusement » de la caste prédatrice et singulièrement avinée, de ce pays africain.

En fait, la proportion des fonds absorbés par la pratique de l’aide liée varie selon les pays « assistants ». C’est ainsi que « l’aide » des U.S.A. doit être dépensée à plus de 90 % en achats d’équipements américains. En Angleterre, un rapport Officiel précise que les deux tiers de « l’aide » britannique doivent être utilisés dans ce pays. Quant à la France, c’est « pratiquement toute son « aide » à l’Afrique qui lui revient sous forme de transferts de fonds ou de commandes »[8].

Il ressort à l’évidence que l’opération dite d’aide se réduit à une simple subvention à l’exportation accordée par le pays « donateur » à ses propres exportateurs, ceux-ci étant les vrais bénéficiaires des fonds octroyés. Il s’ensuit donc qu’en réalité, les soi-disant crédits au développement refluent vers leur origine, où sont créés de ce fait les vrais effets multiplicateurs ; tandis qu’en revanche, dans le pays « assisté », « l’aide » ne produit que de simples effets de complémentarité.

Ainsi, par exemple, dans le cas de fonds débloqués pour l’implantation d’une usine d’exploitation de matières premières, ceux-ci doivent servir à l’achat de biens d’équipement dans le pays « aidant ». Ce dernier développera par là même un secteur d’exportation, c’est-à-dire une branche de son industrie, créera par ailleurs des emplois, et servira aussi à rétribuer le personnel expatrié, imposé comme l’une des conditions de l’octroi de « l’aide ». Ce personnel rapatrie en métropole, soit aux fins de consommation, soit d’épargne ou d’investissement, les salaires ainsi versés. Ce qui concourt à relancer la machine industrielle de ladite métropole.

A l’inverse, du côté du pays « assisté », le seul signe manifeste des crédits reçus est, outre bien sûr la présence de l’usine (simple structure enclavée destinée à piller les matières premières par des mécanismes négriers), les maigres salaires distribués à la main d’œuvre locale, composée essentiellement d’ouvriers et de quelques employés subalternes, les cadres étant dans leur quasi-majorité, des Occidentaux.

Assurément, les politiques dites d’aide au Tiers-Monde en général, et à l’Afrique Noire en particulier, constituent donc un vrai marché de dupes et ce d’autant plus que les fonds censés être débloqués pour la lutte contre le sous-développement, génèrent d’énormes profits qui sont quasi-intégralement, c’est-à-dire aux neufs dixièmes, rapatriés en Occident. On estime, en effet, que pour un dollar investi dans le Tiers-Monde, les fournisseurs de capitaux en retirent 2,3 à 3 dollars. Ainsi, loin de représenter une aide réelle pour l’Afrique Noire en particulier, les crédits investis constituent en réalité des moyens de spoliation. Aussi, comme le souligne justement Pierre JALEE, « les considérer comme une aide relève de l’aberration »[9].

Mais, comment ne pas approuver cet auteur quand on sait de surcroît, que ces fonds sont souvent prêtés à des taux très élevés, ce qui accroît d’autant le niveau d’endettement de l’Afrique Noire en particulier et du Tiers-Monde en général ? C’est ainsi qu’aujourd’hui le problème de la dette des pays africains, notamment, est devenu un sujet de préoccupation permanente. Chaque année, en effet, des sommes énormes doivent être englouties dans le remboursement non plus de la dette elle-même, mais de son service dont le paiement (amortissement du capital et des intérêts), mobilise une part importante des recettes d’exportation des pays africains ; soit en moyenne 15 à 20 %, voire 25 % des dites recettes. En clair, cela veut dire que le service réel de la dette est de deux à trois fois plus élevé que la dette elle-même. Les pays africains, comme d’ailleurs les autres Etats du Tiers-Monde, étant incapables de rembourser des sommes aussi considérables, demandent généralement un réaménagement des conditions de paiement de leur dette. Or, ces « facilités » ne sont accordées que sur la base d’un certain nombre de conditions pour le moins draconiennes et très fortement attentatoires à la souveraineté politique. 

            « L’aide » : un instrument d’asservissement politique

Lorsqu’un pays débiteur se trouve dans l’incapacité d’honorer le paiement de sa dette, il fait généralement appel à des créanciers dont les interventions sont coordonnées par le très tristement célèbre Fonds Monétaire International (F.M.I.). Comme contrepartie du moratoire demandé, le F.M.I. exige que l’Etat endetté respecte un certain nombre de règles qui se résument comme suit :

            1°)- Contrôle strict du déficit budgétaire par la réduction des dépenses publiques, l’abolition des subventions aux produits de consommation, l’accroissement de la pression fiscale, la hausse des tarifs des entreprises publiques et la privatisation de celles-ci ;

            2°)- Contrôle étroit de l’évolution de la masse monétaire par l’encadrement du crédit bancaire et la hausse des taux d’intérêt ;

            3°)- Compression de la masse salariale et ajustement des prix intérieurs sur les coûts de production et de commercialisation réels ;

            4°)- Libéralisation du contrôle des changes ;

            5°)- Ajustement du taux de change[10] .

En réalité, sous prétexte « d’aider » les pays africains par exemple, à résoudre leurs problèmes économiques, le F.M.I., à travers ses exigences, vise tout simplement à renforcer leur asservissement au système capitaliste international. Car, enfin, préconiser le désengagement économique de l’Etat, en l’absence d’une classe d’entrepreneurs autochtones susceptibles de prendre la relève, c’est, sans nul doute, favoriser encore un peu plus le contrôle de l’économie par le système capitaliste mondial.

De même, demander aux pays africains d’encourager le développement des cultures d’exportation, afin de pouvoir payer leurs dettes, revient à les contraindre à accepter indéfiniment leur spécialisation agricole dans l’ordre économique actuel, qui les spolie si gravement et les asservit.

Concrètement, les conditions draconiennes imposées par les créanciers des pays africains, via le F.M.I., pour la renégociation de leurs dettes, s’étaient soldées, entre autres, par la privatisation d’un certain nombre d’entreprises publiques. Ainsi, en Côte d’Ivoire, le Centre National des Bureaux de Fret, IVOIROUTI, la SONATCI avaient été dénationalisés. De même, au Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo), 38 sociétés d’Etat avaient été partiellement ou totalement cédées à des intérêts étrangers. Au Togo, autre exemple, la société nationale de transport, TOGOROUTE, avait également été mise sous le contrôle des intérêts français, notamment[11].

Toujours sur les injonctions du F.M.I., d’autres entreprises furent fermées, mettant au chômage des milliers, voire des centaines de milliers de travailleurs. Ainsi en fut-il  notamment en Côte d’Ivoire de la SICOFREL, de la SODERIZ, de la SOLAFI, de l’ARSO ; au Togo de TOGOFRUIT, de la SALINTO, de la SOTEXMA ; au Sénégal, diverses sociétés furent également fermées[12].

Par ailleurs, le chômage sévit aussi dans l’administration générale ou spécialisée, par suite du coup d’arrêt brutal imposé par le F.M.I. et les gouvernements africains à toute politique de recrutement. C’est ainsi que, ô paradoxe, dans une Afrique Noire sous-développée, des ingénieurs, médecins et autres cadres hautement spécialisés, se trouvent au chômage.

Entre également dans la panoplie des mesures imposées par le F.M.I. aux pays africains, la déréglementation, entre autres, « du commerce tant intérieur qu’extérieur, c’est-à-dire l’instauration du libre échange et ses corollaires qui se résument en la levée de toutes barrières douanières et en la privatisation du commerce des produits agricoles dans les régions où cela existe »[13]. C’est ainsi que Madagascar et le Mali, notamment, où les céréales, base de l’alimentation, étaient commercialisés par des Offices d’Etat, avaient été contraints de faire appel à l’initiative privée.

En fait, le monopole que détenaient ces Offices, visait à empêcher la spéculation privée et à mettre les denrées de première nécessité à la portée des bourses les plus pauvres. Plus spécifiquement, dans le cas de Madagascar, la commercialisation des céréales, et notamment du riz, par un Office d’Etat, entrait dans le cadre plus global de la socialisation de l’économie. C’est donc une partie essentielle de la politique socialiste que, sous la pression du F.M.I, le gouvernement malgache s’était trouvé dans l’obligation de reviser.

Mais, plus généralement, cette privatisation des circuits de distribution entre dans le cadre de la politique dite de vérité des prix, préconisée par l’organisation financière dominée par les Américains et leurs alliés Européens. En effet, la plupart des pays du Tiers-Monde subventionnent de manière importante les produits de première nécessité, afin de les mettre à la portée des couches les plus défavorisées. Estimant pour leur part qu’une telle politique était contraire aux lois du marché dont ils sont les ardents défenseurs, les maîtres du F.M.I. ont donc contraint un certain nombre de régimes à y mettre fin. Tel fut notamment le cas du Brésil et du Maroc, en 1983, et de la Tunisie en 1984. Ce n’est que grâce aux pressions des masses populaires qui se manifestèrent par des soulèvements réprimés dans le sang, que de telles mesures furent reportées.

Sans doute, est-ce par crainte des mêmes réactions populaires que d’autres mesures préconisées par le F.M.I., telles que l’augmentation des frais scolaires ou des frais médicaux, ne furent pas appliquées dans toute leur rigueur par les dictateurs africains[14].

Afin de veiller à l’application effective des mesures qu’il impose, le F.M.I. accrédite dans les pays qu’il soumet à ses diktats, des « missions résidentes » composées d’un certain nombre « d’experts ». Ceux-ci se trouvent placés à des postes stratégiques de l’appareil d’Etat qui leur permettent ainsi de détenir les vrais leviers de commande des pays soumis. Ainsi, par exemple, au Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo), « la direction de fait de la Banque Centrale, c’est-à-dire l’émission monétaire, la politique du crédit et le contrôle des changes a été confiée à un ancien directeur de l’Institut d’émission de la R.F.A., Monsieur Erwin Blumenthal mandaté par le F.M.I.. Un autre expert du F.M.I. a été placé auprès du ministre des Finances, pour contrôler tous les engagements de dépenses. Une équipe française a pris en main les impôts et une autre la paie des fonctionnaires. Des Belges en ont fait autant à la douane »[15].

En réalité, sans arriver aux mêmes extrêmes que le Zaïre (aujourd’hui République Démocratique du Congo), plus aucun régime africain n’échappe aujourd’hui à la présence de contrôleurs du F.M.I. au sein de son appareil d’«Etat ».

C’est ainsi qu’après près d’un demi-siècle d’indépendance formelle, toute l’Afrique Noire se retrouve, par le biais de « l’aide », totalement recolonisée. Oh ! certes, contrairement à ce que l’on pouvait observer avant 1957-1962, ce sont des Africains qui tiennent, en apparence, les leviers politiques. Mais la réalité du pouvoir leur échappe totalement, car, dans le domaine strictement politique comme dans le domaine économique, les dirigeants africains actuels se trouvent soumis à une étroite tutelle des pays et organismes fournisseurs « d’aide ». Constater cela, ce n’est cependant pas les absoudre. Bien au contraire, c’est montrer les mécanismes politiques du nouveau système de domination de l’Afrique Noire : le néocolonialisme, auquel ils ont volontairement souscrit, par cupidité, par félonie et par soumission pathologique au « maître Blanc ».

Car, ce marasme africain programmé par l’Occident, était prévisible. Il était alors annoncé par le regretté Président KWAME NKRUMAH, en 1963 à Addis-Abeba, lors de la Conférence constitutive de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.). Le Président NKRUMAH , à cette occasion, mit en garde la valetaille africaine néocoloniale, en soulignant en substance : «Aucun Etat africain indépendant n’a aujourd’hui par lui-même la possibilité de suivre une voie indépendante de développement économique, et plusieurs d’entre nous qui s’y sont efforcés ont été presque ruinés ou ont dû se laisser ramener au bercail de leurs anciens maîtres coloniaux. Cette situation ne changera pas tant que nous n’aurons pas une politique unifiée opérant sur le plan continental….

            ... Certains ont également exprimé l’opinion que nos difficultés peuvent être résolues simplement par une plus grande collaboration réalisée au moyen d’une association coopérative, sur le plan de nos relations intra territoriales. Cette façon de considérer nos problèmes consiste à nier la juste conception de leurs rapports intérieurs et réciproques. Elle consiste à dénier toute foi dans un avenir ouvert à la progression africaine dans l’indépendance africaine. Elle trahit le sentiment qu’une solution ne peut être trouvée que dans la continuation d’une confiance envers les sources extérieures, au moyen d’accords bilatéraux qui organisent une assistance, sous une forme économique et diverses autres formes ».

Paris, le 24/05/2006

 

[1] WIGHTMAN David : L’intérêt du développement du Tiers-Monde pour l’économie des pays industriels, Introduction. Doc. N°5. Centre de l’information économique et sociale de l’O.N.U.

[2] Voir Cercle SAMORY, Actes du Séminaire sur l’Economie de l’Afrique Noire, Poitiers 20- 21 Avril 1985.   

[3] Le Monde Diplomatique, de Décembre 1975, P.10.

[4] Il s’agit d’un rapport élaboré par la Commission PEARSON à la demande de la Banque Mondiale.

[5] JALEE Pierre : Le pillage du Tiers-Monde, Ed. MASPERO, Paris, 1982, P.115.

[6] Cité par Tibor MENDE in De l’aide à la recolonisation, Ed. SEUIL, Paris, 1972, P.308.

[7] MASSON P. : L’aide bilatérale : assistance, commerce ou stratégie, Ed. P.U.F., Paris, 1967, P.284.

[8] Sur ces points voir JALEE Pierre, Op. Cit., PP.115-116.

[9] JALEE Pierre, Op. Cit., P.103.

[10] JACQUEMENT Pierre : Le F.M.I. et l’Afrique subsaharienne, Le Mois en Afrique, Août - Septembre 1983, P.111.

Nous n’avons cité ici que quelques-unes des  conditions. Il en existe donc bien d’autres.

[11] Jean du BOIS de GAUDUSSON : Crise de l’Etat interventionniste et Libéralisation de l’économie en Afrique, Revue Juridique et Politique, Indépendance et Coopération, Janvier 1984, P.7.

[12] Jean du BOIS de GAUDUSSON , Op. Cit., P.9.

[13] Jean du BOIS de GAUDUSSON , Op. Cit., P.9.

[14] Rapport BERG : Banque Mondiale, 1981, P.50 et suivantes.

[15] Inprecor, numéro spécial sur la crise, Février 1981, P.17.

Commentaire Réalisance

Voilà un document qui permet de confondre tous les illuminés, les analphabètes de la vérité ou tous ceux qui, se cachant derrière les apparences trompeuses de la sournoiserie occidentale, s´ingénient à traiter ceux qui disent la vérité comme elle est, de racistes, de marchand de haine ou comme on semble vouloir l´habiller gratuitement à Kémi Séba de la tribu KA, d´extrémiste. Or ce que ce leader dit est absolument logique et évident. Et ceux qui l´accusent de racisme devraient trouver une autre musique pour cacher leurs gênes. Parce que pour nous être raciste, c´est faire pendant 400 ans l´esclavage des noirs pour accélérer son accumulation à bas prix, les piller, les violenter et les vilipender à loisir en inculquant à ses enfants que le noir était sale, bête, animal et condamné à servir l´homme blanc. Sous de faux prétextes de civilisation, on alla violer les territoires africains, on détruisit leurs cultures, les valeurs, leurs identités sociohistoriques en imposant les siennes avec une violence et une sournoiserie défiant toute humanité. Dieu fut chrétien et blanc et l´occidental son serviteur privilégié. Et plus tard, lorsqu´on fut confronté avec l´inévitable vérité de l´indéfectible légitimité d´identité propre et de liberté de l´homme noir, on leur organisa une fausse indépendance vide régie par un monstre gourmand et rapace : la francafrique. Est-ce que Kémi Séba a commis tous ces crimes, ses ancêtres ou ses amis à l´endroit de la race blanche ? Non. Absolument pas. Alors, que ces petits cerveaux cessent de tromper leur monde et eux-mêmes. Quant aux africains qui n´ont pas encore compris qu´on les menait en bateau depuis des siècles, et mêmes tous ceux qui participaient activement à l´escroquerie et au meurtre de leur race ; qu´ils soient heureux avec leurs fers d´aliénés ou d´esclaves. Si nous ne pouvons les empêcher de se suicider eux-mêmes ou leurs enfants ; nous veillerons cependant à ce que ni leurs maîtres rapaces, ni eux-mêmes ne mettent continuellement en danger la liberté ou la souveraineté d´innocents. Et surtout celle de l´Afrique imbue de liberté, de saine et souveraine réalisation.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com