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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

06 juin 2006

Le piège acculé de l´activisme irréfléchi

Faire quelque chose, mais quoi ; dans quelle direction ?

Et en fin de compte sévit un individualisme négatif

"Nous voulons une vraie indépendance."

“Nous allons mettre tous nos travailleurs au travail, après le départ des troupes belges (…) Chacun aura du travail, avec des salaries modestes. Et je vous assure, qu’avec notre foi, avec notre dynamisme, avec notre fierté nationale, le Congo sera dans cinq ans un pays fortement développé. Ce n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons développer le pays. Mais en travaillant nous-mêmes, avec nos propres mains, par nos efforts (…) le seul slogan pour le moment: le progrès économique, tout le monde au travail, mobiliser toute la jeunesse, toutes nos femmes, toutes les énergies du pays. Les cadeaux, on n’apprécie pas. L’indépendance cadeau, ce n’est pas une bonne indépendance. L’indépendance conquise est la vraie indépendance.”

Patrice Emery Lumumba

(Conférence de presse 9 août, cite dans “Congo 1960, 2, pp 593-594)

Le vrai syndrome du retardataire, ce n´est pas d´arriver en retard ou de se réveiller alors que le premier train est déjà parti ; non, ce qui le distingue et le caractérise, c´est, au lieu de s´atteler rapidement aux fondations de son édifice personnel, collectif ou communautaire, il veut d´abord mettre un toit sur des murs inexistants, jouir de biens et d´avantages qui, pour peu consolantes ou alléchantes qu´elle soient, repoussent l´érection de bases solides mettant toute entreprise existentielle à l´abri de la précarité. Les investissements collectifs (éducation, instruction, médecine, ponts, canalisations, transports publics, chemins de fer) parce que ni jouissifs, ni de directe consommation, ne requièrent pas toujours la priorité qui leur revient, surtout si le populisme politique l´emporte sur l´organisation raisonnée et largement visionnée du devenir de la Nation, de l´Etat, de la cité. Et en définitive, de l´être humain dont l´épanouissement de la créativité pourra s´appuyer sur socle réel et imaginaire autant utile, protecteur que promoteur.

Ce que la liberté est à la réalisation humaine, le travail, la participation créative individuelle l´est pour l´épanouissement et le développement de la sensibilité existentielle. Tout est contenu dans le mot : organisation. Ce qui suppose une mise en place d´un réalisme efficient qui répond à la fois aux exigences présentes de la réalité imaginaire ou réelle, qu´elle est flexible et instigatrice de créativité spéculative. Sans éducation, instruction, livres et discussion ou publication contradictoires ou scientifiques, l´esprit et sa créativité restent, on le sait, enfermés dans une impasse plutôt illusionniste que de réalisme contemporain. On peut voir ces dissensions dans le sous développement, mais aussi en période de stagnation ou de crise : l´individu, désorienté et mal soutenu et réconforté par les valeurs collectives vacillantes ou défaillantes se replie à des valeurs purement individuelles pour satisfaire son ego touché par le chômage, la misère ou le délaissement tout simplement. Le pire est que si le riche et le nanti eux, peuvent se permettre de chanter les louanges de l´individualisme, le pauvre, l´ouvrier, eux, n´en ayant pas les moyens financiers ou intellectuels, parler d´individualisme, c´est plutôt faire du  sarcasme que de l´art.

Le grand problème de toute société moderne, c´est de trouver cet équilibre qui, tout en donnant priorité à la norme collective, empêche cependant celle-ci d´étouffer la personnalité, la créativité individuelle et son droit au libre épanouissement, parce que c´est elle qui vient enrichir par sa innovation et sa fantaisie le contenu réel de la communauté.

On entend souvent parler d´unité chez les africains, et beaucoup confondent, en réalité les criants manquements aux devoirs et aux prérogatives de la norme collective quasi défaillante en Afrique (si pas torpillée et mise à mal par incompétence ou ignorance de sa valeur réelle pour le développement de la société et de l´individu), et l´un des liens moteur de toute réalisation autant réelle que collective : le travail. Et tant que l´Afrique ne l´aura pas compris, elle ira de misère en misère, frappant aveuglément aux portes fermées du progrès. Car se laisser piller, corrompre, étouffer à satiété par la francafrique tout en se réservant le profit individuel de ces escroqueries à l´avenir du peuple et à son trésor public qui ne savait alors plus réaliser ses devoirs et allait, en désespoir de cause, s´inscrire à l´aide honteuse et criminelle au sous développement pour cacher ou maquiller l´incapacité notoire de l´élite au pouvoir d´organiser sa société, de la promouvoir et de la protéger de toute infamie. L´exemple le plus ironique de la duplicité africaine vient de Blaise Campaoré qui déclare à grioo.com lors de sa récente visite en France que sans le développement de l´Afrique, l´immigration choisie serait un échec. Loin de nous flatter, parce que c´est depuis longtemps que nous défendons cette thèse logique et évidente, les déclarations d´un criminel tel Blaise Campaoré, même si, par opportunisme de bon aloi, vont dans le sens de la raison, nous répugnent. N´est-ce pas ce même Blaise Campaoré qui avait assassiné, sous les recommandations et l´appui d´Houphouët Boigny, le brillant tribun Thomas Sankara ?

Aujourd´hui cet assassin devenu président de la république revenait avec un discours des plus inconscient qui suggérait implicitement que c´est la France qui devait développer l´Afrique ou ce devoir incombait à l´occident. Petit esprit, petite vertu ; mais que pouvait-on attendre d´un pion de la francafrique, sinon qu´il rejette ses responsabilité à ses maîtres commanditaires. Parce qu´en réalité, il n´avait ni l´idée de ce que pouvait être le développement de son pays, ni aucune qualité intellectuelles pour pourvoir aux exigences d´une telle responsabilité. La France avait veillé à ce qu´il soit là, à elle de résoudre ces problèmes. Ce n´était plus seulement de l´aliénation ou un quelconque déni de responsabilité ; c´était tout simplement l´ignorance, l´incapacité et l´arrivisme le plus demeuré. Autre chose est de porter une cravate ou un smoking et de se faire saluer chaque jour, et à chaque instant ave des honneurs de haut magistrat d´État, autre chose est d´exercer valablement les prérogatives de cette excellence. A moins qu´en Afrique tout ne soit qu´illusionnisme borné et dangereux. L´habit ne fait le moine que si celui-ci connaît son catéchisme, sa bible et les sacrements de son ministère ; sans cela il n´est qu´un pantin bouffon et renégat, plutôt qu´un noble représentant de la foi. Car la plus grande représentation humaine de Dieu sur terre, c´est logiquement le peuple.

La réalisance préconise une chose que la conception actuelle de l´architecture sociale semble de plus en plus négliger pour des raisons les plus contradictoires : le travail pour tous, et sans le moindre compromis. Car celui-ci est un lieu de réalisation le plus fidèle autant à l´individu lui-même, qu´à la société. Dissocier l´un de l´autre, même par amour pour la machine ou pour répondre à des lois illogiques du capital, c´est déplacer l´intérêt légitime de l´existence humaine et transformer celle-ci en un opportunisme malsain, bancal et destructif. Seul l´individu, l´être humain est capable de s´instruire, de s´améliorer, de s´adapter, de rechercher l´harmonie et la perfection ; c´est donc à lui qu´il revient de ne pas souffrir d´écartements ou d´isolements de son but sociohistorique. Il convient donc qu´une organisation sociale consciencieuse le remette au départ, à la finalité et au centre de toute société humaine moderne. Que ceux qui en doutent, même s´ils ont des millions ou des milliards, qu´ils prennent donc leur fortune et s´exilent dans un de nos déserts bien solitaires. Ils comprendront enfin bien vite combien précieux est la présence d´un voisin, les services d´un plombier ou d´un charpentier, de ceux qui veillent chaque jour à ce que les déchets soient relevés ou que l´eau que nous buvons soit propre et saine. Et je ne doute pas un seul instant qu´ils ne reviennent rapidement demander la réintégration au sein de la société de ceux qu´ils croyaient gratuitement pouvoir mépriser. Ainsi voit-on que ce sont ceux qui profitent le plus de la société qui la méprisent ou la foulent à leurs pieds ; une hérésie de la plus basse morale, parce qu´en réalité, ils ne s´injurient qu´eux-mêmes. D´autre part, beaucoup de révolutionnaires et de soit disant élites noires devraient se pencher avec plus de sévérité sur l´efficience économique et l´organisation de l´épanouissement matériel des leurs, plutôt que de s´attarder sur des slogans d´amour et d´identité qui, s´ils ne sont pas accompagnés par un résultat réel stabilisant, une réalisation économique affirmée, ne conduit qu´au retour à l´aliénation. Ne soyons pas aveugle en nous attardant sur la couleur de notre peau ou sur nos blessures quelques saignantes qu´elles soient, pendant que nos adversaires, eux engrangeaient et faisaient fortune. Nous aussi, autant que tous les nôtres avons aussi droit à la réalisation sensible. Et cela pleinement, et légitimement. Que personne ne l´oublie. Pour mieux protéger ceux qui nous sont chers, efficacement. Et durablement. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

                

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Iran et l´occident : une proposition immorale ?

L´occident délierait-elle un faux tapis rouge à l´Iran ?

Céder un droit légitime pour des haricots ?

"Le Capitalisme ne ment pas LA PLUPART DU TEMPS… il ment TOUT LE TEMPS. Quand il dit la vérité, c’est le résultat d’un DOUBLE MENSONGE. " Kwame Ture alias Stokely Carmichael 

Les membres occidentaux du conseil de sécurité ont proposé par voie diplomatique à l´Iran un paquet soit disant alléchant d´ouvertures sur le marché occidental, de perspectives d´investissements qui seraient, aux dires de leur porte parole américain Condoleeza Rice, à même de convaincre Téhéran d´abandonner le projet national iranien d´enrichissement de l´uranium servant à nourrir ses centrales énergétiques atomiques. Aux premiers abords, tout semble normal si ce n´était que quittant les accusations non fondées selon lesquelles l´Iran poursuivait en réalité de se doter de bombes atomiques et de devenir donc une puissance respectée, sinon crainte ; l´occident argumente au général et tente par tous les moyens à désintéresser l´Iran de son indépendance atomique légitime.

Fini la taxation comme axe du mal et le gel des relations américano iranienne qui datait de la prise d´otages américains à Téhéran en 1979. Par ailleurs, l´Amérique a toujours accusé l´Iran sans preuves réelles d´instruire et de d´alimenter le monde de terroristes musulmans et notamment en Irak depuis l´invasion gratuite de ce pays par les Etats-Unis et leur alliance qui, rappelons-le à toute fin utile, se plaça au dessus du votum du Conseil de Sécurité et même de l´Assemblée Générale. L´Invasion décriée de l´Irak qui ne semble pas porter rapidement ses fruits et enlise les forces américaines dans un bourbier grandissant dans lequel l´armée américaine perd les nerfs et assassine à vue dans l´arrière pays plus qu´elle ne poursuit de terroristes, ceux-ci devenant invisibles, et cependant toujours meurtriers. Ces excès ont soulevé la colère du Premier ministre irakien qui perd, dit-il, lentement patience devant les actes journaliers criminels de l´armée de « libération ».

Ce contexte, ajouté aux escarmouches et embuscades talibanaise en Afghanistan qui ont sensiblement augmenté en nombre et en victimes parmi les troupes occidentales, crée un malaise d´embourbement dans des tranchées à longue haleine, ce qui n´était ni dans les intentions américaines, ni dans leurs intérêts. Pour ce qui est du financier, l´Irak fait une victime de premier choix : on peut s´accaparer de ses finances et de ses réserves en or qui sont déposés aux Etats-Unis, et d´autorité, avec la bienveillance d´un gouvernement et d´une constitution fantoche et aliénée, on se paie quasiment soi-même pour des commandes de travaux qu´on a soi-même décrété en lieu et place du peuple irakien dont les recettes pétrolières paient tous les frais. Jamais une occupation n´a été aussi injurieuse pour communauté internationale, pour les envahisseurs qui se révélaient n´être que des pirates de la souveraineté et du pétrole irakien, et pour les irakien eux-mêmes dont on avait, par un prétexte des plus fallacieux, détruits l´homogénéité de l´économie existante pour la substituer par un construit, une architecture étrangère dont ils devaient payer le prix rubis sur ongle sans l´avoir ni conçu, ni commandé. On tuait ainsi le travail de conception, pour ravaler l´irakien à l´exécution aveugle. Par ailleurs, cette guerre a fait plus de 200.000 victimes irakiennes directes, et continue chaque jour à en faire au moins 100 avec les bombes, la malnutrition, le manque, le désordre et le chômage.

Voilà un tableau qui lentement ne plait plus au peuple américain naïf qui s´était laissé entraîner aveuglément dans cette guerre savamment orchestrée par l´administration Bush poussée et secondée par la puissante industrie militaire américaine représentée par Dick Cheney et ses acolytes. A force que les morts américains étaient rapatriés et enterrés aux Etats-Unis, les larmes des parents et des amis revinrent ; et depuis, cette guerre inutile et arrogante avait perdu et sa douteuse légitimité, et son importance pour ne devenir qu´une large fosse engloutissant de vies humaines, de matériels et de finances. Selon une étude de Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, et Linda Bilmes, de l’université de Harvard, le prix de la guerre d’Irak a été fortement sous-évalué par l’administration Bush. Dans une étude rendue publique le 9 janvier, ils ont estimé que son coût pourrait atteindre jusqu’à 2 000 milliards de dollars pour les Etats-Unis, si les troupes américaines restent jusqu’en 2010 en Irak. Les deux chercheurs incluent dans leur calcul les morts et les blessés américains. Répondant à ce rapport, le Pentagone a affirmé que le coût des opérations (qui n’incluent pas les équipements militaires, ni les pertes) était de 4,5 milliards $ par mois. (Source : Monde Diplomatique du 18 janvier 2006).

L´autre conflit atomique qu´il ne faut pas perdre de vue, celui de Corée, l´Amérique, à bout de conflits ouverts, serait bien contente de le larguer aux pourparlers de six nations, pour ne pas avoir à supporter, encore une fois, le poids coûteux de quelques concessions ou entreprises musclées. Les ressources militaires, économiques américaine ont une limite, car lentement, en voulant jouer au policier international auto déclaré sans concept et sans appui de légitimité, même avec l´orgueil de la nation la plus triche et la mieux armée de la terre, on perdait lentement de vue que la Chine, elle s´industrialisait à une vitesse vertigineuse et devenait un adversaire commercial et industriel de taille qui repoussait tous les occidentaux dans l´endettement et le chômage. Et dans ce contexte d´une Amérique éparpillée à tous les fronts et dont la dette publique excédait 9000. Milliards $, l´Iran avait la partie belle et comptait asseoir ses ambitions nucléaires.

Ces nouvelles cartes du Conseil de sécurité, au fait, que révèlent-elles ? Sinon que contrairement à ce que beaucoup de naïfs ne veulent l´avouer, le Conseil de Sécurité, excepté la Chine et l´Union Russe qui s´opposent à toute sanction, est bien pro occidental et partial, pour ne pas dire colonial. Parce que, du point de vue de la souveraineté nationale iranienne, ce pays a légitimement le droit de se doter de l´énergie atomique, de haut en bas. Pourquoi alors ce faux théâtre empressé à convaincre ce pays perse de ce dont ni le Conseil de Sécurité, ni quelque Etat que ce soit n´avait le droit ni de regard, ni d´interdiction ? La bombe atomique ? Mais qui donc faisait le même drame pour les israéliens ou les Indiens, les pakistanais ? N´y avait-il pas l´expression d´une fausse mesure de considération ? Nous pensons que oui. Car ne l´oublions pas, tous les pays du Conseil de Sécurité ont eux des bombes atomiques et exercent sur le monde un cartel quasi complice et imposant. Ce qu´on semble à tout prix vouloir empêcher, c´est qu´une nation perse du Moyen Orient ne vienne à devenir intouchable et puissante ; cela pourrait donner des idées aux autres, et rendre ardue l´aveugle « disposition » du pétrole à l´occident, car celle-ci pourrait bien devenir alors une arme de dissuasion. L´occident s´est donné un mal évident à retarder ou empêcher l´érection de raffineries suffisantes sur le territoire iranien, afin que celle-ci soit toujours obligée de raffiner en occident, même pour ses besoins nationaux. Ce qui crée un déficit énorme au budget de l´Etat iranien qui vend son pétrole raffiné à domicile à 8 cents/litre à perte, en subventionnant publiquement un produit qui sinon, reviendrait plus cher.

Cette stratégie de dépendance, l´Iran l´a déjà comprise et ne veut pas commettre la même erreur avec l´atome. A-t-elle compris ce qu´il y avait d´amoral dans la proposition occidentale ? Ce ne sont pas les facilités, le bonbon ou le chocolat ; c´est plutôt le fait que si elle accepte ce deal, elle entérine un droit légitime pour l´échanger contre un droit contractuel. L´un est immuable et inconditionnel, l´autre est dépendant et conditionnel. En langage populaire on pourrait dire : on n´échange pas une femme qui vous a fait des enfants sains et forts avec une jeune vierge élevée à la cour de l´ennemi. L´une avait fait ses preuves, on connaissait son caractère, on aimait et chérissait ses enfants ; l´autre était seulement prometteuse, elle pourrait tout aussi bien s´avérer stérile ou volage. Si l´Iran prenait cette main tendue en niant sa souveraineté, elle risquait fort de se retrouver avec des poux plein la poigne. En tout cas, espérons qu´elle saura préserver sa liberté, car il s´agit de liberté ; ou de la question : avons-nous le courage de cuire et de manger notre propre pain comme nous l´aimons, ou acceptons-nous qu´on nous apprenne comment ils doit être cuit et apprécié. Faire confiance à l´homme blanc peut coûter bien cher ; l´Afrique en a fait douloureusement l´expérience, et continue à en saigner abondement de plaies que ce même Conseil de Sécurité et le monde occidental entier ne résout qu´en leur vendant encore plus d´illusions, encore moins de liberté. Faut savoir de quel côté son pain est beurré, et se méfier de faux compromis qui mènent tout droit à la dépendance et aux pieds de l´occident. 

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

              

Posté par Musengeshi Kat à 11:33 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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