11 juin 2006
La civilisation de l´utilitarisme et de l´idolâtrie
Commentaire sur afrikara le 11.06.06
Ce monde, nous appartient-il encore ?
“Usually when people are sad, they don´t do anything. They just cry over their condition. But when they get angry, they bring about a change.” Malcolm X
Notre monde polarisé d´aujourd´hui devient d´année en année une impasse bien pauvre en liberté réelle. Et le plus curieux, c´est que 80% au moins de ses habitants veulent se laisser employer et abuser. Baises-moi, violes-moi, exploites-moi, vends-moi ; pourvu que je n´en meure pas, pourrait-on dire. Et ceux qui parlent de vraie liberté ou la cherchent, Pierre, ils sont bien rares. De nos jours, on ne les comprend plus : « qu´ont- il donc, ce sont des névrosés ou des rêveurs ! » Le sport, au lieu de rester un rendez-vous économique, culturel, créateur de rapprochements et de liberté; il est devenu un instrument du profit, de buts et de politiques douteuses. Si on devait juger comment Beckenbauer et son ami Joseph Blatter sont parvenus à amener le Mundial en Allemagne…hem, pas sans critique, c´est le moins qu´on puisse dire. Beaucoup de fédérations africaines ont été « aidées » à se décider pour l´Allemagne. D´un autre aspect des choses, on n´a pas oublié qu´en 1936 lorsque Hitler, face à l´écroulement de sa théorie raciale devant le succès évident et indiscutable de l´américain noir Jesse Owens (1913-1980 ; 4 médailles d´or aux jeux olympiques de 1936), il quitta le stade et s´épargna ainsi autant de lui remettre ses médailles que de lui serrer la main.
Aujourd´hui, la géométrie existentielle devient de jour en jour dépendant de la figure avec laquelle elle nous aveugle, nous entretient ou nous trompe irréversiblement. Mais pourquoi cette hérésie, cette négation de l´intérêt supérieur humain ; devrait-on se demander. Le profit, rien que le profit ? Mais qui est derrière cette déification du profit, que diable ? Si ce n´est l´être humain. Non, monsieur, c´est l´individualité, pas l´être humain. Ah, est-ce une nouvelle race humaine ?
Ce n´est pas le comprendre et continuer à acclamer qu´il faut; il faut aussi vouloir changer les choses. Mais si peu de nos contemporains comprennent souvent ce qu´ils voient, ce qu´on leur sert, et pire: comment on s´en sert pour les manipuler ou les conditionner. C´est la vie; celui qui ne sait pas se battre ou défendre un autre monde que celui qu´on lui offre, ne doit pas s´étonner s´il est trop étroit ou trop fripon pour permettre à ses meilleurs rêves de se réaliser. La question est toujours: combien d´entre nous savent réellement encore ce que c´est que rêver, se battre pour un idéal sain et enrichissant qu´on partage au mieux avec le monde entier; et la valeur nourrissante impérative du contenu précieux et transcendant de ses importantes qualités existentielles humaines ? Saine tolérance et paisible acceptance sont peut-être les plus grandes vertus humaines, parce qu´elle nous permettent non seulement de côtoyer la médiocrité, le suivisme, l´ ignorance humaine, mais aussi de rester nous-mêmes, même si la réalité a trop souvent l´odeur de la poudre et du plomb, celle de la misère devant laquelle nous devons fermer nos yeux choqués, ou celle du mépris gratuit et débile raciste s´exerçant grossièrement sans égard.
Demain, espérons que le soleil se lèvera avec un fougue peu connue : celle qui nous rend l´espoir. Et c´est peut-être cela qui nous rend réellement heureux : l´espoir. Pourvu que nous ne la perdions pas, cette fée.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Ils ont bel et bien existé : les pharaons noirs
Pour tous ceux qui en doutaient encore
Les pharaons noirs
A la découverte d'une fabuleuse civilisation longtemps ignorée qui, durant plus d'un millénaire, a tenu tête à son puissant voisin égyptien : le royaume nubien.
En janvier 2003, l'archéologue suisse Charles Bonnet exhume sept statues de pharaons noirs sur le site de Kerma, au Soudan. Ces œuvres monumentales dormaient à trois mètres sous terre depuis deux millénaires et demi. Non seulement elles offrent une nouvelle clé pour comprendre la civilisation nubienne, mais leur remarquable état de conservation permet de se faire une idée du visage de ces souverains noirs. Toutes les autres représentations trouvées jusque-là étaient trop détériorées.
Cette découverte extraordinaire montre l'importance de Kerma, ville à l’organisation complexe qui s’étendait sur 20 hectares. Elle était vraisemblablement la capitale d'un royaume nubien qui, pendant plus de mille ans (de -2 500 à -1 500 avant J.-C.), a préservé son indépendance face au très envahissant voisin égyptien. Un État autonome, puissant, dont le rayonnement économique et culturel commence tout juste à être mesuré. L'État de Kerma est même considéré aujourd'hui comme une civilisation à part entière. Si sa proximité avec l'Égypte l'a influencé, il a indéniablement développé une identité propre. Les archéologues le considèrent d'ailleurs comme le premier grand royaume d'Afrique.
Plus tard, en 747 av. J.-C., des souverains nubiens s'empareront même de la terre des pharaons, et cinq rois africains régneront sur l'Égypte, qui connaîtra alors une période de prospérité et de renouveau artistique. Mais cet épisode sera de courte durée (un peu moins d'un siècle). La dynastie nubienne cédera sous les coups des Assyriens et des rois du Delta. Dès lors, les Égyptiens s'efforceront de faire disparaître les traces de ces pharaons noirs, notamment en mutilant les statues les représentant.
Un documentaire intéressant à voir : « Sur les traces des pharaons noirs » de Stéphane Goel
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu