Les tribunaux militaires d´exception de Guantanamo sont illégaux !

Le fer de lance des valeurs et de la démocratie américaine

« Les gouvernements des Etats-Unis sont seuls, défiant la volonté des nations du monde, dans la mise en oeuvre de ce crime contre l’humanité. Il agit dans l’intérêt d’une poignée de groupes économiques qui veulent s’approprier les richesses de Cuba et appauvrir le peuple Cubain dont la révolution apporta la santé, les libéra de la misère et apporta aussi une éducation universelle partagée avec les pauvres de la planète. Cessez cette honte. »  Ramsey Clark (ex-Ministre de la Justice des Etats-Unis)

Sans le moindre doute, la Cour Suprême des Etats-Unis a condamné ce jeudi 29 juin 2006 les tribunaux militaires d´exceptions instaurés par Georges Bush pour juger ses détenus sans droit de Guantanamo. Le verdict a été désarmant pour le président Georges Bush puisqu´il lui reproche nommément d´avoir outrepassé de ses pouvoirs. Ce qui revient clairement à lui dire qu il se conduisait comme un dictateur. Or, comme le dit clairement l´honorable Cour sous la rédaction du juge John Paul Stevens : tout tribunal américain doit répondre aux normes constitutionnelles de tribunaux militaires ou civils, respecter les dispositions du contrôle de la Cour suprême et du Sénat des Etats-Unis, et les conventions internationales de Genève sur la détention et le jugement de prisonniers. Ce verdict qui a l´effet d´une gifle pour Georges Bush a été recouru par le chauffeur d´Osama Bin Laden, Salim Ahmed Hamdan qui avait passé 4 ans à Guantanamo. En appel il y eut un pat de quatre juges pour contre quatre contre. Ce fut donc à la Cour suprême de trancher en dernière instance.

Ce verdict vient à point dans la société américaine ou dans le monde entier pour les rassurer que la démocratie américaine existe bel et bien et qu´elle ne laisse pas ses principes et ses valeurs, comme l´a affirmé l´avocat militaire du prévenu, fouler aux pieds ou mettre aux oubliettes aussi grossièrement. Il avait en effet déploré que la défense n´eut ni droit de regard au dossier de leur client, et que celui-ci fut interdit de présence à son propre procès. Interrogé sur ce qu´il pensait de ce verdict alors qu´il allait faire une conférence de presse avec le premier ministre japonais en visite, le président Georges Bush visiblement ennuyé a simplement déclaré qu´il prenait ce verdict au sérieux. Quitte à savoir jusqu´à quel point.

Quoiqu´il en soit, ceci prouve bien que ce texan et ses malheureux conseillers, pour démocrates qu´ils se déclarent ou se laissent passer, ont été pris en flagrant délit d´abus de pouvoir touchant directement à des valeurs fondamentales de la démocratie américaine. A croire qu´ils se sentaient au dessus de la loi ou des principes et des valeurs constitutionnelles. Depuis le 9/11, le gouvernement américain se comportait de par le monde comme un chien enragé et brusquait tous ses partenaires occidentaux ou étrangers par des actes de « droit nouveau » les rendant tous complices actifs ou passifs d´enlèvements illégaux tel dans l´affaire El Masri ou de prêter discrètement leurs aéroport à des vols de transit de prisonniers enlevés sans aucun regard du droit. Le parlement européen, donnant suite aux conclusions du rapport Dick Marty a par ailleurs décidé de mettre sur pied une commission d´enquête pour éprouver en détail les allégations de ce rapport en contrôlant tous les vols américains sur territoire européen. La fin de la naïveté ou la fin de la complicité forcée ? 

En tout cas, ce nouveau verdict américain de la Cour suprême prouve une chose : il y a eu manquement, et d´autre part, la démocratie ne se laisserait pas enterrer ou museler pendant qu´un texan et ses amis faisaient les siennes. Un exemple pour bien de pays que cette démocratie valeureuse dont on souhaiterait parfois que ce soient ses juges qui gouvernent plutôt que de lâcher sur le monde des représentants qui, avec des méthodes propagandistes, manipulatrices enfumaient leurs électeurs et les entraînaient dans des guerres et des intrigues qui dénigraient la réputation et les valeurs pourtant élogieuses de cette Nation sans pareille au monde. Ce jugement, Dieu merci, venait de dire ou de confirmer que la démocratie était sans conteste une quête américaine incessible.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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