30 juin 2006
USA: la Cour Suprême de Justice condamne Bush
Les tribunaux militaires d´exception de Guantanamo sont illégaux !
Le fer de lance des valeurs et de la démocratie américaine
« Les gouvernements des Etats-Unis sont seuls, défiant la volonté des nations du monde, dans la mise en oeuvre de ce crime contre l’humanité. Il agit dans l’intérêt d’une poignée de groupes économiques qui veulent s’approprier les richesses de Cuba et appauvrir le peuple Cubain dont la révolution apporta la santé, les libéra de la misère et apporta aussi une éducation universelle partagée avec les pauvres de la planète. Cessez cette honte. » Ramsey Clark (ex-Ministre de la Justice des Etats-Unis)
Sans le moindre doute, la Cour Suprême des Etats-Unis a condamné ce jeudi 29 juin 2006 les tribunaux militaires d´exceptions instaurés par Georges Bush pour juger ses détenus sans droit de Guantanamo. Le verdict a été désarmant pour le président Georges Bush puisqu´il lui reproche nommément d´avoir outrepassé de ses pouvoirs. Ce qui revient clairement à lui dire qu il se conduisait comme un dictateur. Or, comme le dit clairement l´honorable Cour sous la rédaction du juge John Paul Stevens : tout tribunal américain doit répondre aux normes constitutionnelles de tribunaux militaires ou civils, respecter les dispositions du contrôle de la Cour suprême et du Sénat des Etats-Unis, et les conventions internationales de Genève sur la détention et le jugement de prisonniers. Ce verdict qui a l´effet d´une gifle pour Georges Bush a été recouru par le chauffeur d´Osama Bin Laden, Salim Ahmed Hamdan qui avait passé 4 ans à Guantanamo. En appel il y eut un pat de quatre juges pour contre quatre contre. Ce fut donc à la Cour suprême de trancher en dernière instance.
Ce verdict vient à point dans la société américaine ou dans le monde entier pour les rassurer que la démocratie américaine existe bel et bien et qu´elle ne laisse pas ses principes et ses valeurs, comme l´a affirmé l´avocat militaire du prévenu, fouler aux pieds ou mettre aux oubliettes aussi grossièrement. Il avait en effet déploré que la défense n´eut ni droit de regard au dossier de leur client, et que celui-ci fut interdit de présence à son propre procès. Interrogé sur ce qu´il pensait de ce verdict alors qu´il allait faire une conférence de presse avec le premier ministre japonais en visite, le président Georges Bush visiblement ennuyé a simplement déclaré qu´il prenait ce verdict au sérieux. Quitte à savoir jusqu´à quel point.
Quoiqu´il en soit, ceci prouve bien que ce texan et ses malheureux conseillers, pour démocrates qu´ils se déclarent ou se laissent passer, ont été pris en flagrant délit d´abus de pouvoir touchant directement à des valeurs fondamentales de la démocratie américaine. A croire qu´ils se sentaient au dessus de la loi ou des principes et des valeurs constitutionnelles. Depuis le 9/11, le gouvernement américain se comportait de par le monde comme un chien enragé et brusquait tous ses partenaires occidentaux ou étrangers par des actes de « droit nouveau » les rendant tous complices actifs ou passifs d´enlèvements illégaux tel dans l´affaire El Masri ou de prêter discrètement leurs aéroport à des vols de transit de prisonniers enlevés sans aucun regard du droit. Le parlement européen, donnant suite aux conclusions du rapport Dick Marty a par ailleurs décidé de mettre sur pied une commission d´enquête pour éprouver en détail les allégations de ce rapport en contrôlant tous les vols américains sur territoire européen. La fin de la naïveté ou la fin de la complicité forcée ?
En tout cas, ce nouveau verdict américain de la Cour suprême prouve une chose : il y a eu manquement, et d´autre part, la démocratie ne se laisserait pas enterrer ou museler pendant qu´un texan et ses amis faisaient les siennes. Un exemple pour bien de pays que cette démocratie valeureuse dont on souhaiterait parfois que ce soient ses juges qui gouvernent plutôt que de lâcher sur le monde des représentants qui, avec des méthodes propagandistes, manipulatrices enfumaient leurs électeurs et les entraînaient dans des guerres et des intrigues qui dénigraient la réputation et les valeurs pourtant élogieuses de cette Nation sans pareille au monde. Ce jugement, Dieu merci, venait de dire ou de confirmer que la démocratie était sans conteste une quête américaine incessible.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
29 juin 2006
Racisme et discrimination au Panama
Parout où les noirs ont fermé les yeux, ils se sont retrouvés
à arpenter les bas du pavé
La liberté ne se donne pas; elle se conçoit, s´exerce jalousement et se défend non moins énergiquement.
Commentaire du 29.06.06 sur grioo
N´en déplaise à notre ami lol (un sénégalais idiot certainement) qui déplore que nous voyions le racisme partout, c´est hélas bien du racisme et plus que cela. Capturer des êtres humains, les priver de liberté, d´intégrité physique et morale, les mettre aux fers, les faire travailler 18 heures par jour pour des fruits qui n´étaient pas les leurs. Si ce n´est pas le pur mépris du racisme, qu´est-ce que c´est ; l´amour, l´amitié ? Et cela pendant 400 ans ! Nous comprenons très bien que certains d´africains soient idiots ; mais à ce point là ! Beaucoup de jeunes sans instruction, sans orientation historique, et ce faisant sans réelle conscience noire veulent à tout prix à oublier cette époque ou à la sous estimer parce que leur femme est française blanche, ou qu´ils ne veulent pas traîner derrière eux le sentiment que leur race, même à une certaine époque passée de l´histoire, valait moins que le chien du maître blanc. Tout cela nous le comprenons, et cependant, ne soyons pas à ce point bête pour sous estimer les conséquences de causalités économiques et sociales de cette époque dont nous avons chaque jour les résultats devant nos yeux ! Peut-être notre ami se croit-il malin ; et pourtant je peux lui confirmer qu´ il n´est on ne peut plus bête et borné. Car ne pas connaître son histoire, ou ne pas réaliser certains rapprochements directement liés au passé, c´est soit manquer d´intelligence, soit être de très faible qualité intellectuelle.
Mais nous ne nous arrêtons ni à l´esclavage, ni à ses suites ; l´intelligence, c´est de réparer le mal qui a été fait et produire l´esprit sociohistorique qui produits les facteurs et les conditions qui nous avait manqué jadis, et dont nous avons grandement besoin aujourd´hui pour nous réaliser librement et pleinement.
Ce n´est pas du pur hasard qu´on reproche aux noirs de manquer de sens de l´histoire : cette accusation qui est plutôt faite par les occidentaux pour justifier ou excuser leurs abus inhumains à l´égard de la race noire, était hélas vraie en 1441 lorsque les blancs débarquèrent en Afrique. Depuis les choses ont bien changé, hélas nous avons encore à en découdre avec les erreurs et les manquements du passé, et par là je pense à l´ignorance, à la naïveté, au manque de vision exacte des rapports universels contemporains. La liberté, il ne suffit pas de la vivre ou de l´exercer comme un animal au bon hasard la chance ou de l´aliéner au premier venu parce qu´il est blanc ou beau menteur. C´est une des vertus les plus intelligentes et les plus exigeantes de l´existence humaine. Ne pas lui rendre justice en mettant à son service toute notre intelligence et notre talent créatif, c´est être et rester de basse nature.
Et pour en revenir à ces panaméens réprimés racialement comme partout où les noirs ont fait aveuglément confiance aux blancs : aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, dans les Dom Tom où règnent les békés (mulâtres et descendant des blancs), ou encore en Mauritanie ou les arabes blancs s´imposent à 80% de noirs et leur imposent la soumission…Les blancs, tout en parlant de liberté, de démocratie, ou d´humanité n´organisent et de privilégient que leurs intérêts étroits et dominateurs. Voilà la vérité. C´est pourquoi où qu´ils soient les noirs doivent défendre immédiatement et valablement leurs droits, leur liberté, leur réalisation. Et ceci se traduit par un activisme autant intellectuel que pratique et organisationnel. A tous les plans. Si les blancs se donnent le droit de défendre leurs intérêts, nous aussi nous nous donnons ce droit. C´est en fait cela : la démocratie. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Et s´ils n´ont pas de matières premières, eh bien ils n´ont qu´à tirer leur plan. Et c´est exactement alors qu´on comprend l´esclavage, la colonisation et la francafrique; parce qu´en se posant la question : mais dites donc, pourquoi n´ont-ils pas pris leurs frères et sœurs blancs ? Pas résistant, incapables, sans matières premières ? Nous y voilà ! L´économisme de l´époque esclavagiste ne doit pas être perdu de vue ; c´était son moteur et son but immédiat : accumuler à bas prix tout en s´exerçant bestialement.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.
28 juin 2006
Mauritanie : peaux noires, masques blancs
Ou arabisation à n´importe quel prix ?
MAURITANIE: un sourd et féroce face à face racial ?
Nous tous mauritaniens reconnaissons nous frères
il nous faudra bâtir un monde plus humain
où nous pardonnerons sans jamais oublier
où nous partagerons mais sans jamais plier
Un jour, tous nos enfants se tiendront par la main
Fils d’une seule lutte et d’une même terre. ”
Annick 1994
La Mauritanie est ce vaste pays désertique de l’Afrique de l’ouest, voisine du Sénégal, de l’Algérie, du Maroc et du Mali. Pays des contradictions immuables et des paradoxes inavoués. Berceau des Almoravides, mais aussi des Bafours ; pays arabe, Mais aussi africain, blanc, mais aussi nègre. Pays multiethnique, multiculturel, pont entre les afriques blanche et noire, creuset d’un métissage culturel dont le ciment est l’islam. “Nation” écartelée entre un panarabisme débridé et presque institutionnel et un et panègrisme rhétorique et presque apatride. Au-dessus de cette “ nation ” un pouvoir fort, porteur d’un projet de société ethnotribal. Voyage au bout d'un Etat en noir et blanc et plaidoyer pour une Mauritanie nouvelle.
Le plus grand aveu que la Mauritanie peut faire est sans nul doute son caractère multiethnique et multiculturel. Y cohabitent, depuis des millénaires des populations arabes et des populations négro-africaines. Les arabo-bérbères appelés aussi maures constituent la population blanche. Les négro-africains (Halpular, Soninkés, Ouolofs et Bambaras) constituent sa frange noire. Entre les deux, “ la catégorie la plus dominée de la communauté noire et la plus concurrentielle des populations négro-africaines: les Haratines ". Noirs mais maures, maures mais noirs. Les noirs (tous groupes confondus) constitueraient aujourd’hui prés de 80% de la population. La question noire a toujours été en Mauritanie, le déterminant à la fois de la politique étrangère et de la politique intérieure. Depuis les indépendances, les dirigeants qui se sont succédé (tous maures) ont voulu entretenir le mythe d’une Mauritanie majoritairement blanche et arabe ; mythe qu'il faut "nolens, volens" imposer en l'exportant. La vérité à ceci d’admirable que, aussi sournoise qu’elle est, elle ne rate jamais ses rendez-vous avec l’histoire. La fécondité chez les populations noires étant plus importante que dans les populations blanches ; La polygamie étant la règle dans les couches noires (elle n’existe pas chez les Arabo-berbères). Le taux de divorce étant particulièrement important chez les Maures, il est difficile, au bout de 40 années de continuer à nier la supériorité démographique de la composante noire, Même pour les plus sceptiques.
Malgré sa composante noire fortement majoritaire, il est toutefois incontestablement établi que de tous temps, les dirigeants ,chefs de tribus qui se sont partagés le pouvoir en Mauritanie ont voulu arrimer ce pays à l’ensemble civilisationnel et politique arabe, au mépris de cette composante. La Mauritanie s’est engagée depuis sa naissance, dans une politique d’assimilation, d’esclavagisation et d’épuration de sa population noire. Un bref rappel historique et chronologique peut nous amener à mieux comprendre cette situation : résolument, La Mauritanie s’est voulue arabe, par préméditation dirons-nous. C’est le premier Etat au monde qui se proclame république islamique le jour même de sa naissance (bien avant l’Iran.). La naissance de la Mauritanie fut pourtant (relativement) l’œuvre de l’Afrique noire.
Le jour de l’indépendance de la Mauritanie a été décrété jour de deuil au royaume du Maroc (le Maroc avait des prétentions territoriales sur la Mauritanie). L’admission de la Mauritanie à l’organisation des nations unies est le fait des pays noirs progressistes. Tous les pays de la ligue Arabe (à l’exception notable de la Tunisie) ont voté contre son admission). Rejeté par le monde Arabe auquel il se sentait sentimentalement le plus proche, la Mauritanie faisant contre mauvaise fortune bon cœur, participe à la création de l’Union Africaine et Malgache en mars 1961(devenue OCAM en 65); elle est membre originaire de L’Organisation de l’Unité Africaine (Addis-Abeba 1963) et fonde en 1968, avec la Mali, La Guinée et le Sénégal l’Organisation des Etats Riverains du Sénégal. C’était la “glorieuse victoire noire” de la Mauritanie. Mais la Mauritanie n'entendait pas rester nègre, cela lui était intolérable, elle voulait sa place chez les Arabes, Elle l’aura, dût-elle pour cela, se renier ; dut-elle pour cela se blanchir Commence alors ses grands caprices de “ désafricanisation ”: Il fallait retrouver son arabité, sa “ suprématie ” millénaire sur les empereurs noirs ; et l’on entreprend de restaurer dans le nouvel Etat le pouvoir des arabo-berbères, marginalisés durant l’époque coloniale( à cette époque, les noirs, grâce à leur sédentarité constituaient le noyau de la fonction publique autochtone). Il fallait donc, rééquilibrer, au risque de déséquilibrer. La composition multiethnique du pays était une contrainte détestable, il fallait non s'en accommoder, mais s'en départir.
En janvier 1965, la Mauritanie rend obligatoire l’enseignement de l’Arabe sur tout son territoire; En juin 1965 elle quitte l’Organisation commune Africaine et Malgache qui ne répondait pas assez à ses aspirations arabes. En 1969,elle participe à sa première conférence arabe à Casablanca (renouant en même temps avec le Maroc). En 1972,elle se retire de la zone franc sur le conseil de ses frères Arabes(Algérie, Libye, Arabie saoudite et Koweït);un pays arabe digne de ce nom doit avoir sa propre monnaie. En 1973, la Mauritanie réalise le plus beau de ses rêves: adhérer à la ligue arabe. C'est à notre avis de cette reconnaissance là que la Mauritanie avait la plus envie. La Reconnaissance nègre c'est bien, mais la reconnaissance arabo-islamique c'est encore mieux. Ainsi, progressivement, inexorablement, après avoir été longtemps mis au banc de la "umma" Arabe, la Mauritanie retrouve ses marques et se voit porteuse de l'arabité dans un environnement africain.
La Mauritanie reçoit du monde Arabe sa bénédiction pour amener le pays sur la voie sacrée d'un panarabisme pur et dur. La composante noire de la population devait donc être ou assimilée ou "dissoute". Cette dissolution-assimilation s'est faite par l'entremise d'un certain nationalisme.
Ce qu'on appelle en Mauritanie les nationalismes nègres et Arabes mérite que l'on s'y arrête. Il n’existe selon moi qu’un seul nationalisme en Mauritanie, et c’est le nationalisme arabe, porteur d’un projet de société exclusivement arabe et aidé en cela par les différents pouvoirs et divers pays arabes (Irak surtout). Chez ce nationalisme Arabe, il y’ a recrutement, endoctrinement et formation ; c’est un nationalisme bourgeois et idéologique; il s'inspire du baasisme (de Baath: renaissance en arabe). Ce mouvement est crée à Damas ( Syrie ) au début des années 4O par un chrétien orthodoxe Michel Aflak et un Sunnite, Salah Eddine Bitar; l'unité Arabe est au centre de sa doctrine. Ce nationalisme est toléré. Ses représentants ont de tous temps occupé et continuent de nos jours à occuper les plus hautes fonctions de l'Etat. Au cours du procès des Bassistes en 1988, un inculpé s'écrie "nous sommes contre la négrité de la Mauritanie"; incident somme toute banale dans une République islamique et Arabe. Le “ nationalisme ” noir est une forme de "réaction épidermique" à un projet de société qui veut l’exclure. C’est plus une forme de “ rébellion ” à un nationalisme arabe qui veut le phagocyter qu’autre chose.Il est prolétaire et ne se réfère à aucun mouvement idéologique. C’est plus une lutte pour la survie qu’une lutte pour l’accession au pouvoir. Son combat est axé plus sur les droits de l’homme noir que sur les voies et moyens de chasser le maure de la Mauritanie. Elle s’inscrit plus dans une logique de fronts, d’associations et de commissions que dans une logique de Partis politiques et d’infiltration dans l’administration. Cet humanitarisme militant est pourtant diabolisé, réprimé et exclu du champ décisionnel (nous n'en donnerons pour preuve que les différents procès des 20 dernières années qui n'ont concerné pour la plupart que des noirs luttant pour leur dignité). Nous disons donc (au risque de nous tromper) qu’il est essentiellement réactionnel.
Je ne suis pas en train de trouver des excuses pour ce militantisme, seulement, il est à constater que ce n'est que par rapport à une situation donnée de domination, d'assimilation de répression et d'injustice que le noir se rebelle. Il n y'a chez le noir aucune préméditation dans sa lutte contre le pouvoir; Le militantisme noir en Mauritanie a comme "champ social "la vallée du fleuve Sénégal, les salons feutrés des capitales occidentales et africaines mais aussi et surtout les murs de prisons et les cimetières; en Mauritanie, un bon nationaliste noir, est un nationaliste mort, emprisonné, ou exilé. Ainsi, Pour le nationalisme noir, il n'a jamais été question de ramener les beydanes en Arabie, . le nationalisme noir n'a jamais orienté son débat sur "l'extranéité" des arabo-berbères mais simplement sur l'égalité de traitement entre les différentes communautés. Pour le nationalisme arabe, il a toujours été question de faire passer les noirs de l'autre côté du fleuve Sénégal Différence notable donc des stratégies et des ambitions des uns et des autres.
Dés les indépendances, les noirs ont senti la pente dangereuse sur laquelle la Mauritanie voulait la faire glisser; il ne s'agissait ni plus ni moins pour le pouvoir que de "haratiniser "de manière insidieuse, sa composante noire. Le nationalisme noir, dés 1966 dénonça dans le manifeste des 19 (le nombre de signataires) la politique d'accaparement du pouvoir économique et politique par la composante beydane (arabo-berbere). Un conflit ethnique éclatait avant cela à cause de la généralisation de la langue Arabe entre noirs et blancs: 6 morts et plusieurs blessés. Ce sont malheureusement des noirs (en l'occurrence les haratins qui ont constitué le bras armé du pouvoir blanc). Les noirs n'avaient pourtant aucun à priori sur la langue d' IBN KHALDOUN car c'était avant tout la langue de leur prophète, donc, de leur religion; la preuve est faite que ce sont les Halpoularen qui ont toujours été à la pointe de la lutte pour l'islamisation du Fouta. La communauté Halpoular avait plusieurs érudits qui maniaient parfaitement bien la langue Arabe et cette tendance est toujours visible de nos jours. Le problème, c'était l'instrumentalisation politique qui était faite de la langue Arabe. En plus, l'arabe comme le français sont pour elles deux langues aussi étrangères l'une que l'autre.
Avec la guerre du Sahara, la communauté noire a eu un répit dans son bras de fer contre le pouvoir. Elle constituait pourtant le gros des troupes engagées (chair à canon). Même si, dans une large mesure la guerre du Sahara a contribué à la dénégrification du pays, c'est dans une perspective de lutte pour la Mauritanie qu’il faut placer ce conflit. Cette guerre avait ceci de remarquable qu'elle donne l'opportunité aux populations noires de prouver combien elles étaient attachées à leur nation, donc à leur "mauritanité".
D'autres éléments de cette arabisation rampante et de cette "épuration ethnique"(le mot n'est pas fort, croyez-moi) sont à chercher dans les régimes militaires dans lesquels la Mauritanie a vécu depuis 1978. L'arrivée des militaires au pouvoir a quelque peu accéléré l'histoire ethnopolitique de la Mauritanie. A la fin des années 70 et au début des années ´8O, c'était l'embellie, l'heure de la redistribution des cartes et des rééquilibrages. A ce moment de l'histoire, l'affaire du Sahara était la préoccupation majeure du pouvoir. Plusieurs officiers noirs de l'armée furent nommés à des postes importants, pour "effort de guerre".
Les putschistes ont toutefois continué à défricher la trajectoire arabe de la Mauritanie. Cette période était celle des interrogations pour tous les mauritaniens, Après guerre et coups d'état, que leur réservait l'avenir? En 1979 toujours sur la question de l'arabisation, des élèves noirs des lycées furent grève et une forte agitation sociale exacerba davantage les relations entre le pouvoir et son "rival" culturel. Mais c'est véritablement au milieu des années 80 que s'accéléra l'histoire de la Mauritanie.
L'arrivée de MAOUIYA ould TAYA au pouvoir bouleversa toutes les donnes de la dialectique conflictuelle pouvoir/noirs. C'est pendant cette période que les communautés noires de Mauritanie connaissent la plus sanglante des répressions. Les antagonismes de race, les querelles linguistiques et les querelles politiques remontent grâce au chef de l'Etat, à la surface. C'est pendant cette période que le "péril noir" connaît ses années les plus noires. En 1986 paraît le Manifeste du négro-mauritanien opprimé. Texte d'une réelle teneur véridique. Ce texte dénonce l'arbitraire et l'injustice à laquelle les négro-africains sont assujettis. Avec des analyses et statistiques, ce document révèle dans toute sa crudité, la nudité du noir mauritanien. En Mauritanie, il existe le délit de la vérité. Toute vérité n'étant pas bonne à dire, ceux qui étaient soupçonnés d'avoir osé dire la vérité furent arrêtes, emprisonnés, tués. La crème intellectuelle négro-africaine fit les frais de ce "blasphème"." L'exilé de Goumel", Tène youssouf guèye, l'un des meilleurs auteurs de la littérature nègre de son époque et de son pays meurt en prison.
Pendant l'année 87 le gouvernement déjoue le "complot noir". Trois officiers Halpoular sont exécutés, plusieurs autres condamnés à de lourdes peines de prison . 15.000 officiers noirs sont démobilisés et assignés à résidence dans leurs villages, avec obligation de se rendre chaque matin au poste de gendarmerie le plus proche ; L'armée perd sa couleur noire.
Le 7 février 1989, La Mauritanie adhère par le traité de Marrakech à l’Union du Maghreb Arabe. De la signature du traité avec quatre pays Arabes (Libye, Maroc, Tunisie, Algérie), on passe à la "demélaninisation" du pays (comme on passe du plat de résistance au dessert). En Avril 1989 prenant prétexte du conflit sénégalo-mauritanien, la République islamique de Mauritanie assassine de ses mains blanches plusieurs de ses ressortissants. De la chasse aux sénégalais, à la chasse aux négro-mauritaniens, il n' y avait qu'un pas que le pouvoir Mauritanien n'a pas hésité à franchir.
70.000 mauritaniens furent déportés vers le Sénégal et le Mali et leurs biens confisqués. Des villages entiers furent rayés de la carte (l'actualité du Kosovo peut permettre de rafraîchir les mémoires). Serigne Abdoul Aziz Sy, khalife général des Tidianes affirmait, au plus fort de cette crise ce que tout le monde savait déjà " le gouvernement actuel de la Mauritanie est sur le point de réaliser son objectif, c'est à dire, l'expulsion de tous les noirs de leur patrie pour s'emparer de leurs terres". Élémentaire mon cher Watson, c'est de l'épuration ethnique. Epuration ethnique, le mot est lâché. Il s'agit maintenant de tirer les conséquences de cette affirmation. La première fois que l'on a parlé de génocide au Rwanda, tout le monde s'en offusqua. Aujourd'hui, le terme est entré dans les habitudes universitaires et journalistiques. En Mauritanie, une frange de la population, simplement parce qu'elle est noire, subit depuis de longues années l'oppression d'un pouvoir blanc. Il est facile (selon moi) de trouver les arguments juridiques nécessaires pour qualifier la répression en Mauritanie de "crime contre l'humanité".
L'avènement de la démocratie (avril ´91) a apporté beaucoup d'eau au moulin du pouvoir. La situation des noirs de Mauritanie a tout simplement empiré (excusez du peu).On est tombé de "charybde en Scylla". Il y'a aujourd'hui, une légitimation politique et juridique de l'action du pouvoir en place. Ce qui se faisait en douce avant la démocratie se fait actuellement au vu et au su de tous, avec la bénédiction de la France, du Fonds Monétaire international et de la Banque Mondiale. Mais le pouvoir à mon sens n'est pas très important à ce moment précis de l'histoire. Celui qui l'incarne est malade, et la communauté internationale a promu les droits de l'homme "patrimoine commun de l'humanité". Il se peut d’ailleurs qu'au bout du compte, l’on évite aux peuples de Mauritanie le jugement des responsables de cette situation : la commission africaine des droits de l’homme et des peuples et la cour pénale internationale créée à Rome peuvent s’en charger”; et nous, comme César, "nous nous en laverons les mains". Ce sont des peuples dont il s’agit en définitive. La Mauritanie doit se réconcilier avec elle-même. Cette réconciliation de la Mauritanie avec elle même doit passer par le droit à la différence que les uns et les autres se doivent de respecter. Il faut reconnaître aux négro-africains le droit à la différence; il n’y a pas de honte à être différents. Cette différence leur donne le droit de se sentir plus proches d'un Zoulou du Bophuthatswana (pourtant si loin) que d'un arabe de Midelt (pourtant si près); le droit de s'émouvoir plus pour "le cahier d'un retour au pays natal" de Césaire que pour le "fils du pauvre" de Mouloud Feraoun ; le droit de commémorer plus l'abolition de l'esclavage que celui de la création de la ligue Arabe.
A l'inverse les arabo-berberes ont eux aussi le droit de se sentir plus arabes que quiconque; le droit d'avoir plus d'affinités avec un yéménite qu'avec un guinéen. C'est du respect de ces différences là que notre unité se fera (ou ne se fera pas). C'est de la synthèse de ces différences qu'il faut sortir la quintessence de la nation mauritanienne. Les Mauritaniens me font souvent penser à ces trois singes qui ont leurs mains l’un sur la bouche, l’autre sur les oreilles et le troisième sur les yeux., pour dire nous ne voyons rien, nous n’entendons rien nous ne dirons rien. il nous faut pourtant nous, nous révolter, nous faire entendre; nos cris doivent sourdre pour se mêler aux cris de ceux qui souffrent partout dans le monde. Notre lutte est unique. Elle est celle de la dignité de l'homme, de tout l'homme, de tout homme. Nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis des générations futures. Il ne faut pas oublier, pour justement pouvoir pardonner. Nous ne devons plus continuer à enterrer nos morts sans cérémonies ; nous ne devons plus laisser nos enfants sans patrie ; nous ne devons plus laisser nos enfants sous esclavage. Tous ensemble, arabo-berbères et négro-africains devons enfin nous regarder en face et faire notre “ mea culpa ”. " le seul lien proprement humain d'une communauté proprement humaine, c'est la participation à un projet commun et à la contribution à la réalisation de ce projet, patrimoine commun de l'humanité"; c'est de Roger Garaudy et je crois qu'il l'a écrit en pensant à la Mauritanie.
N'gaidé Mourtada
Membre du Bureau Politique du FAAS
Talence, France
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Avec les fervents remerciements de Réalisance pour cet article éloquent.
La carte africaine qui gagne existe-t-elle ?
Qui la détient ou comment se la procurer et la mettre en jeu ?
Afrique : l´espoir existe-t-il encore ?
"You're not an African because you're born in Africa . You're an African because Africa is born in you. It's in your genes.... your DNA....your entire biological make up. Whether you like it or not, that's the way it is. However, if you were to embrace this truth with open arms....my, my, my....what a wonderful thing." Marimba Ani
Au delà de la misère, de la pauvreté, du manque d´organisation et de production actuel qui règne sur le continent africain, par delà tous les désagréments de l´histoire, de leurs causes et des raisons de leurs maux ; y a-t-il un quelconque espoir qu´un jour très prochain ce continent se donne les moyens d´épanouir, d´entretenir et de défendre sa liberté, la souveraineté et l´originalité de sa réalisation ? Que les habitants du continent éternel aient la chance et le loisir de mettre leur culture enfin épanouie au service de leurs désirs, de leurs attentes, des rêves assoiffés de leurs propres enfants ? Que les africains soient capable d´offrir au monde, au grand rendez-vous de la grande fête des cultures humaines, les paisibles richesses de leur créativité, fièrement, librement ; plutôt que contraint, acculé à l´aumône internationale, ou en perdant continuellement pied sur leur propre avenir par des embuscades sournoises par lesquels leurs richesses, leurs fils les plus doués, leurs matières premières servaient aux autres plutôt qu´à eux-mêmes ?
Pour répondre à cette question et faire taire tous les faux optimistes (occidentaux colonialistes invétérés comme africains demeurés et plutôt aveugle qu´avertis), je citerai l´exemple allemand, et plus précisément le professeur Hans Werner Sinn dont l´ouvrage : « Ist Deutschland noch zu retten ? » (Traduction du titre : Peut-on encore sauver l´Allemagne ?) paru chez ECON à München et dont le succès, depuis sa première édition en 2004 (6ième réimpression épuisée), est non seulement impressionnant mais illustratif d´une recherche d´objectivité et d´analyse réelle de la situation sociohistorique et économique de l´Allemagne d´après la réunification. Cette démarche, autant critique que didactique au début contestée, a fini par vaincre les aveugles et les bornés qui, sous le savantisme prétentieux allemand, se refusait à reconnaître la réalité alarmante de leurs propres statistiques, et surtout l´acuité des paramètres sociaux économiques défectueux de ce pays industrialisé. Pour le commun des mortels, et malgré que Réalisance s´attache à mettre à la portée de ses lecteurs de certaines vérités et projections analytiques fondées, mais difficiles à comprendre pour les non initiés de l´interprétation sociohistorique des chiffres et de l´invisible significatif et causal des facteurs économiques de sociétés ; le chômage, les licenciements intempestifs malgré des gains exubérants des sociétés commerciales, les endettements actuels galopants des pays industrialisés, …se réduisaient trop facilement à une crise que les politiciens, à grands discours populistes ou vides promettaient de vaincre. On perdait presque de vue que cette crise durait depuis bientôt 30 ans ! Et que de mesure en mesures inefficaces, les choses semblaient plutôt s´empirer que se réparer. La concurrence chinoise et indienne, elle arrivait à grands pas…et tous les autres qui s´étaient donnés la peine d´améliorer leurs productions et leurs facteurs de production, et repoussaient le centre occidental lentement vers un centralisme et un qui vive qui nuisait lentement mais sûrement au dernier libéralisme économique de ces Etats. Et partant, à leurs valeurs démocratiques.
En Afrique, un tel livre aurait soulevé un tollé général et serait vraisemblablement saisi comme ce fut le cas pour biens de journaux, de livres de par le monde, ou alors invendu par manque évident d´intérêt de la culture critique. Non, je n´irai pas aussi loin pour dire que l´Africain n´est pas objectif ; mais l´objectivité est une femme - la plus belle de la raison – exigeante et capricieuse. Il ne suffit pas de lui lancer à longueur de journées ou de siècles des compliments sans lui offrir, lui ouvrir les moyens de nourrir et d´entretenir la beauté attirante de ses lignes parfaites, autant qu´elle rejetait tous ceux qui méprisaient ses rêves équilibrés, ses désirs incisifs et rationnels de perfection. Cette maîtresse fatale punissait et repoussait tous ceux qui ne savaient ni aimer ses bruyants et tapageurs enfants, ni les protéger ; autant qu´elle consignait ses victimes à un sort d´hébétude impitoyable. On le voit en Allemagne, aux Etats-Unis, en France, en Afrique, dans le monde entier : chaque société souffrait de ses complexes, de ses petites pudeurs, de ses petits mensonges, de sa propre fausseté. Certaines sociétés brillaient même dans l´art de rejeter sournoisement leurs médiocrités ou leurs manquements sur les autres. L´important, cependant, est que malgré tout, celles-ci n´étouffent ni l´amour des critiques et des penseurs envers l´objectivité, ni ne les empêchent d´entretenir les réflexes qui permettent à cette grande dame de la raison à nous ouvrir ses bras en nous laissant déguster les nombreux fruits créatifs de sa séduction. Parce que ce n´est que dans sa passion que nous apprenons à corriger nos erreurs, à chercher et parfaire l´idéal qui nous ronge et se traduit par une quête, un tourment éternel inconsolable.
L´Afrique est actuellement la plus touchée des continents de par le manque de critique rationnelle, de science et de technologie ; et ne jouons pas avec les mots : cela explique notamment sa situation économique actuelle. Et malgré que le Bâton d´Ishango fut découvert au Congo, ce qui prouvait que ce bassin, il y a 22.000 ans de cela, pratiquait valablement les mathématiques ou l´histoire brillante des pharaons d´Egypte, ou encore que Malcolm X dise : "Les Révolutions commencent dans l’esprit. L’esprit est une chose terrible à gaspiller", la tradition rationnelle en Afrique souffrait de beaucoup de délaissement et, hélas de l´arrivisme, de l´illumination, ou même de l´obscurantisme béat. Tous les défauts infantiles du sous développement. Et même si dans le monde industriel avancé un Georges Orwell avouait : «En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire», rien ni personne ne peut sauver qui que ce soit de la fonction la plus importante de la nature humaine : l´usage et l´entretien de la raison. Et si l´objectivité, comme toutes nos valeurs humaines, est d´obédience sociale incessible et capitale, sa genèse et sa pratique est cependant individuelle. Quiconque lésine à l´instruction, à la connaissance et à la culture de la critique, ou un état qui néglige d´orienter l´éducation de sa société à affronter les barricades intellectuelles, à la longue, s´abrutit ou dégénère tout simplement. Se suiciderait-on en Afrique où l´instruction collective, la culture de la raison critique, la production de biens de réalisation attestait de joyeuses écoles buissonnières ?
De par l´esclavage, la colonisation, la domination occidentale sur l´Afrique (langues, normes administratives, industrielles, culturelles), on assiste à un phénomène sociologique des plus dangereux : au lieu de résoudre les problèmes existentiels spécifiques des sociétés africaines, les propriétaires, les maîtres de la norme occidentale (France, Angleterre, Hollande, Belgique, Allemagne, Italie…toutes les anciennes nations coloniales) se contentaient de reproduire et d´imposer un schéma socioculturel qui tout en répondant à leurs propres généalogies sociohistoriques, à leurs existentialismes respectifs, ne résolvait que leurs problèmes ; pire, ces nations employaient leurs cultures et leur industrialisation pour dominer et corrompre l´avènement, le développement d´une historicité autonome, libre et souveraine du tiers monde, et particulièrement de l´Afrique. Personne ne peut réaliser un autre d´autorité ou sans que les attentes, les désirs, la culture de la personne ou de l´Etat concerné ne s´exprime souverainement et ne s´accomplisse librement dans ses tourments psychoculturels les plus profonds et intimes. Ce qui me fais dire que l´ingérence, la mainmise ou le conditionnement occidental en Afrique est d´une criminalité historique sans précédent, autant qu´elle prouve que cette culture occidentale abusivement dominante est d´un barbarisme des plus dangereux. Car tout en se réalisant au compte des autres, elle n´apporte aucune solution culturelle satisfaisante aux problèmes dont elle ne perçoit que superficiellement la portée et le contenu réel ; et cependant, elle contraint, contrôle et domine ceux qui sans leur liberté et leurs moyens financiers propres, économiques, culturels, avaient le devoir de réaliser des rêves, des désirs dont eux seuls connaissaient la couleur, le contenu, la valeurs et la signification. Toute l´horreur et le mensonge de l´esclavage et du colonialisme.
Sortir de ce bourbier, pour l´africain, qu´est-ce que cela signifiait-il ? La raison, la science est universelle ; seules ses applications sont spécifiques et ou relatives aux particularités multiples des cultures, des moyens naturels et même de l´évolution technologique et intellectuelle. Seuls sont idiots les aliénés qui persistent à reproduire aveuglément le discours colonialiste paternaliste ou impérialiste du maître blanc, d´employer ses méthodes cognitives ou sociologiques sans au préalable les adapter ou les soumettre à une adéquation culturelle appropriée. Parler par exemple d´énergie atomique en Afrique sans avoir au préalable développé l´énergie solaire ou épuisé ses multiples possibilités, c´est faire un suivisme scientifique qui reniait un avantage naturel sans précédent, et manquer d´un sain jugement rationnel.
Ce qui choquait le plus en Afrique en ce moment, c´était la négligence de l´instruction Et de la production intellectuelle discursive sur ce continent. Tout dans la vie n´est pas rationnel, loin de là ; et cependant, les choix de l organisation et de la gestion sociale, pour être efficace et de large accointance, doit se fonder sur idéal d´objectivité sociale. Croire que la liberté se fait par elle-même, oisivement sans la conforter, la concevoir, organiser et affirmer son idéal pendant que l´Etat sous développé vendait à qui mieux mieux les matières premières qui représentaient la dernière chemise du peuple sans autre résultat que l´aumône et la dépendance à l´occident ; c´est se retrouver dans quelques décennies sans moyens matériel d´exercice scientifique, sans accumulation, et disons le sincèrement, sans avenir.
En occident on a souvent la sournoiserie de dire que les africains, surtout ceux qui sont restés sur le continent, sont des perdants. Ce n´est absolument pas mon avis. Il suffit de voir ce qui se passe actuellement dans les sociétés industrialisées riches et donneuses de leçons de savoir faire économique, politique ou scientifique pour être bien étonné : au sommet de la science et de la technologie, ils se prêtent à des contradictions sociales des plus infâmantes telles que le chômage, l´endettement public exorbitant, le racisme et l´exclusion sociale, et pratiquent envers l´Afrique un hégémonisme des plus étouffant par la francafrique, par exemple. Tout cela avec de faux slogans de liberté, de démocratie, de coopération. On se croirait, à s´y méprendre, chez les menteurs et les faussaires de valeurs les plus éhontés de l´univers. Mentir, tromper, ruiner, entremettre, priver de liberté, déjouer et souiller la souveraineté et la réalisation des faibles et des innocents ; serait-il devenu l´art civilisé idéal qu´on offrait en exemple à tous ? Quelles inepties, quel monde pervers, n´est-ce pas !
La vérité est encore plus curieuse : ces sociétés prétentieuses et plutôt méprisantes de la réalisation des autres se sont rendus comptes que leur cupidité les avait conduites à une étonnante évidence : ce n´est pas leur définition de la liberté qui importait exclusivement, mais aussi celle des autres. Qu´à force de surproduire, ils étaient devenus dépendent d´acheteurs étrangers. Mais alors, pourquoi les avoir si honteusement, et non moins sournoisement détroussés ? Ignorerait-on les lois élémentaires du marché avec un atavisme racial, hégémonique qui déniait toute lucidité rationnelle : assassiner et étouffer ses futurs clients comme le faisait joyeusement la francafrique sur le continent noir relevait de la pure illumination criminelle bornée, car on se suicidait, en fin de compte, soi-même en appauvrissant ou en éliminant ses futurs clients. Par ailleurs, clamer à gorge déployée qu´on était défenseur et promoteur de liberté, de démocratie, d´humanisme tout en pratiquant exactement l´inverse, cela ne consacrait en rien une quelconque prétention ni intellectuelle, ni logique. Mais bien un défaut évident de bonne foi.
L´Afrique, pour réparer ou contrer ces tendances négatives, devrait se consacrer, plus intensivement et énergiquement à la modernisation, la restauration et la mise à jour de ses facteurs culturels de réalisation : l´instruction et l´éducation accrue de ses populations afin de cultiver et de rehausser son niveau rationnel. Ceci augmenterait la prise de conscience de réalisation culturelle, et ouvrirait sur l´avènement d´un imaginaire averti et créatif supérieur permettant de mieux exprimer, défendre et promouvoir l´assouvissement réel des rêves, des désirs, des attentes dont se nourrit toute culture, toute quête existentielle. Il ne s´agit ni de copier, ni d´être ou de devenir une succursale culturelle occidentale ou chinoise ou de quelque nation que ce soit ; mais bien de sortir de la «Matrix» du maître, de cultiver et d´entretenir une liberté qui nous réalise d´abord au lieu de nous réprimer et de réaliser un autre qui nous chanterai alors les louanges de quelque fausse amitié ou aide. Si la liberté ou la réalisation est une définition universelle, multiraciale, tolérante, légitime et naturelle ; celle-ci incluait aussi notre souveraineté et notre entière et pleine réalisation. Car nous aussi nous sommes parties prenantes de l´existence humaine. Et pas seulement comme des objet, des esclaves ou des subalternes, mais comme des êtres humains qui ont des droits, des devoirs envers eux-mêmes et les leurs, et dont on doit respecter la liberté créative et sa pleine jouissance.
Ceux qui n´ont pas encore entrevu la solution à nos dilemmes diront : mais diable, comment se débarrasser de cette sangsue occidentale sournoisement fausse et accablante ? Et pourtant, c´est possible. La solution se trouve au bout de notre nez : personne ne peut nous imposer un système financier et économique qui nous vide depuis 46 ans de nos substances vitales tout en nous réduisant à la consommation asservie des produits du maître. Et pour ce qui est des matières premières, les vendre aveuglément sans accumuler une valeur réelle monnayable dans l´avenir, c´est s´offrir gratuitement au gibet des perdants qui demain ne sauraient ni produire, ni survivre, parce que malgré leurs collections de papiers monnaies, là où il n´y a pas de matières premières ou de pouvoir équivalent d´échange ; ces belles monnaies ne sont rien d´autre que de belles images sans valeur commerciale aucune.
La carte qui gagne existe donc. Mais elle n´est pas sans efforts et sans conviction. Elle n´est faite ni d´esclavage, ni de colonisation ou de racisme comme l´a été l´historicité occidentale ; et c´est donc qu´elle est plus pensée, réfléchie et d´efficience, d´organisation et de mise en œuvre exigeante. Elle se fonde sur les peuples eux-mêmes, l´éclosion et l´épanouissement de leurs possibilités que sur l´emploi, l´usage ou l´abus de moyens de production et de réalisation de tiers. C´est peut-être ce qui fait son originalité, mais aussi sa fierté et sa beauté ; parce qu´elle peut entretenir et cultiver des valeurs de liberté plus sincères, moins fourbes ou sournoises. Il ne dépend que de nous de le comprendre, de l´entreprendre et de la chérir. Car je suis persuadé que ses fruits sont d´un rare goût enivrant d´honnête et intègre moisson.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
26 juin 2006
26 juin: journée internationale contre la torture
Un mal qui se cache derrière bien de gouvernements,
d´hommes politiques aux visages innocents et « civilisés »
La bête primitive et sauvage dans l´être humain
« Ce qui m'effraie, ce n'est pas l'oppression des méchants ; c'est l'indifférence des bons. » Martin Luther King
Si je pouvais répondre à cette sage pensée de Martin Luther King, je dirai que cette indifférence de « bons » ne prouve qu´une chose : ce sont des méchants qui jouent l´indifférent pour pouvoir se faire passer pour des bons. Le code civil lui a tranché sur cet aspect de la responsabilité pénale : il punit la non assistance à personne en danger. Et c´est bien ainsi, car ces aveugles ou ces faux innocents dont on apprenait plus tard qu´ils avaient activement participé à la torture, au massacre ou à la privation de droits humains à des tiers, de ces genres de criminels en cols blancs, ainsi que leurs exécuteurs de basses œuvres ne sont que d´ignobles et repoussantes créatures primitives plus animales qu´humaines. Car l´humanité, pour peu universelle et intelligente qu´elle soit, ne dispense en aucun cas, et quelle que soit les raisons ou les situations, de rester humain et civilisé, c´est à dire de cette race qui use de la raison ; qui est intelligente et dont le respect pour elle-même incite et oblige à respecter ses partenaires existentiels (naturels, émotionnels, animal) et leur rendre justice autant qu´il leur reconnaît le droit à l´intégrité physique, morale, existentielle.
A l´instar de cette journée internationale contre la torture, je vous avoue que j´ai pensé à Patrice Lumumba, à Simon Kimbangu directement ; mais aussi à tous ceux qui, dans l´histoire humaine, ont été injustement torturés et assassinés. L´histoire de Kimpa Mvita, cette amazone intrépide et irréductible de la liberté congolaise brûlée sur l´échafaud par les portugais le 2 juillet 1706 a réveillé en moi un dégoût sans précédent pour les prétentions criminelles et douteuses de l´occident en Afrique.
Que ce soit dans ma propre histoire, ou même celle de l´occident ou du monde, ces actes primitifs d´assassinat, de torture physique ou morale, de privation de droits ou de libre réalisation tout court éveillent, dans chaque être humain de bonne foi un choc moral, éthique qui réveille dans notre sain subconscient des réflexes et des réactions qui ont contribués, l´histoire humaine durant, à la répression de telles bassesses.
Et c´est avec beaucoup de peine et de déception, en parcourant les sentiers tortueux et parfois assombris de l´histoire des hommes, des institutions et des nations, que nous apprenons que les religions, et la religion catholique de la bible et des 10 commandements n´a pas échappé à cette honteuse hérésie, qu´ils ont recommandé, incité, condamné de pauvres âmes à être torturées injustement, les accusant des maux les plus gratuits. Ainsi, au Moyen-Âge possédait-elle les instruments de tortures les plus variés et les plus criminels qui eurent été inventés par des tortionnaires invétérés. Et tout cet art du mal suavement au nom et au service de Dieu ? Que devenait, ou qu´était donc Dieu ; un criminel de grand chemin, un voyou qui donna aux Papes, à tout le clergé de l´église de piller, de torturer, d´assassiner en son nom ? Absolument criminelle et malveillante, cette interprétation de la foi. Et cependant, on brûla des innocents comme Jeanne d´Arc, on les soumit à une questio meurtrière et perverse. On pendit, on jeta à tort des innocents dans de sombres oubliettes humides au nom de la loi divine ! Des femmes rousses furent condamnées au bûcher seulement parce qu´elles étaient rousses ! Ou elles furent servies au bourreau parce que leurs puissants ou riches maris voulaient s´en débarrasser. De l´histoire de Galilée et de Copernic on apprenait aussi bien de choses sur l´objectivité occidentale. Quand on abordait l´histoire de l´esclavage, on était surpris de retrouver les mêmes acteurs autour des mêmes cruautés, et toujours habillés ou accompagnés de la robe mensongère et fourbe de leur foi. L´époque de la colonisation apporta elle aussi sa moisson d´horreurs et de cruauté au moulin de ceux qui se réclamaient de la culture, du savoir, de la civilisation…et même de Dieu !
Le moins qu´on puisse dire, c´est qu´il ne s´agit pas d´être blanc pour savoir ce que c´est que la justice, le droit, la liberté, le respect de l´intégrité des autres. Cette race, pour peu qu´elle se réclamât de Dieu, de la raison, de la science, de la culture ou même de la civilisation se complut dans des actes déniant toute humanité. Et on se demandait si tous ces prétextes n´avaient pas été, au fait, des masques incultes qui devaient servir à commettre les crimes les plus odieux dans la société humaine. De par le monde.
Pour mieux comprendre la francafrique, je me suis rendu sur les pas de l´opération condor, et ô surprise : on y apprenait des choses intéressantes sur l´occident, sur la France et les Etats-Unis dans leur entreprise commune de balkanisation de l´Amérique latine qu´ils livrèrent, main dans la main, à tous les dictateurs de droite sur cette partie du continent. Mes lecteurs peuvent trouver certains détails étonnants dans d´excellents articles sur :
- http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179 article de Pierre Abramovici
- http://www.resistances.be/chili02.html article de Manuel ABRAMOWI
Ces deux pages sont absolument instructives, non seulement pour les articles, mais aussi pour les informations et les liens qui y sont proposés.
On y apprend, par exemple que Baudouin 1er avait conspiré contre Allende ; que la France recruta ses assassins d´Algérie et les envoya en Argentine au service de l´Opération condor qui regroupait les Etats-Unis, les anciens nazis qui grâce aux américains avaient pu échapper au tribunal de Nuremberg, et l´OAS.
Et certains hommes politiques français tels que jacques Chirac ont, en qualité de premier ministre, conduit et contrôlé eux-mêmes sous leurs ordres les chefs des opérations d´assassinat et de torture française contre le Chili et tous les groupements de gauche en Amérique latine. Quant à Valéry Giscard d´Estaing, cet aristocrate auquel chaque belle mère aurait juré sur la réputation, lui aussi avait trempé dans ces honteuses et inavouables conspirations durant sa présidence. En fait cela ne devait étonner personne, quant on se souvient avec quelle rapacité il se laissa offrir par Mobutu une plaquette de diamants de 120 carats ! Celui qui se laisse corrompre par un dictateur n´a décidément pas de vertu. Aujourd´hui, la bouche repentie et trompeuse, il avait essayé de se faire élire président de la convention européenne…heureusement, le peuple français, lui, n´a pas oublié et ne se laisse pas abuser aussi facilement. Pour ce peuple, qu´on dise ce qu´on veut, mais les vertus démocratiques passent avant les marchands de fumée et les malfaiteurs reconvertis. Un peuple lucide ; après tout, c´est lui qui inventa la révolution française et ses principes. On ne l´oublie que trop souvent. A tort.
Ces mercenaires et officiers français spécialisés dans la torture et l´exécution se dépassèrent dans leurs attentats et assassinats ; après tout, ils avaient fait l´expérience et leurs armes en Algérie et partout dans les points chauds de l´Afrique qu´ils avaient laissée sanglante et veuve par milliers. Autre nom : Michel Poniatowski avait même fait le voyage jusqu´à Buenos-aires pour réunir et coordonner le combat commun contre la gauche latino américaine. Pourquoi cette animosité, que diable ; pour des gens qui se disaient tous démocrates et républicains, et dont pas moins que la France arborait fièrement devant le monde entier : « liberté, égalité, fraternité ? Les profits des ventes d´armes : là est la vérité. Ainsi que les profits des matières premières, du pouvoir de dominer les autres ou de leur infliger la mort. Tous les dictateurs en Amérique latine, pour se garder au pouvoir et assassiner au mieux leurs adversaires politiques, faisaient tous un emploi friand des armes et d´équipements militaires ou policiers de répression.
On a beau aujourd´hui crier sur l´Amérique pour l´invasion gratuite de l´Irak, l´instauration de Guantanamo, Abu Grhaib ou les massacres discrets mais non moins systématiques que l´armée américaine s´offrait sur le compte du peuple irakien impuissant, les français, comme les britanniques ou les allemands avaient tous des cadavres dans leurs caves. Le pouvoir blanc, depuis des siècles, en hordes complices ou en campagnes singulières avait toujours la fâcheuse vertu de prôner des valeurs qui n´étaient valables que pour lui et dans son intérêt exclusif ; lorsque ceux-ci devaient être interprétés ou étendus aux autres, et si par hasard ils exigeaient de ces nobles seigneurs de l´histoire humaine qu´ils respectassent eux aussi les conventions humaines, tout cela n´était plus qu´un malentendu. Le refus américain à se laisser, en cas de conflit, juger à la Haye est des plus éloquent ; autrement ils étaient prêts à exiger du monde entier de se soumettre à cette Cour commune des Nations Unies. Mais on était prêt et déterminé à jouer le policier international, et tout en bombardant des innocents à tort et à travers selon ses intérêts, on se donnait le droit d´enseigner liberté et démocratie. Et pourtant, lorsqu´on jetait un coup d´œil dans les prisons américaines, on y retrouvait une minorité noire battue, traitée avec mépris et une vile brutalité plus criminalisant et excluant qu´intégratif : le vrai visage de la démocratie et de la liberté américaine. Après tout ; Abu Grhaib, Guantanamo, le Vietnam ou la soldatesque mercenaire en Irak…tout cela n´est pas tombé du ciel. C´est un état d´esprit.
Les africains semblaient avoir été bêtement contaminés par leurs maîtres colonisateurs. Des enfants illettrés, des désoeuvrés à peine capable de lire ou d´écrire leurs noms, de douteuses élites incapables d´organiser et de promouvoir efficacement la société civile à sa réalisation, tout ce beau monde se mettait à jouer aux soldats. Si le génie du ridicule existe, il est bien là. Ou quand le désespoir analphabète faisait des siennes. Pas de route, pas de confort même rudimentaire, pas d´instruction et sans avenir, mais être capable de tuer, de terroriser afin de satisfaire aux enjeux cupides et rapaces des marchands d´armes occidentaux et leurs amis des matières premières ou de la francafrique. Quand diable ces africains apprendraient-ils à aimer et construire leur propre avenir ? Si ce n´était pas l´inconscience la plus primitive et la plus bornée ; qu´était-ce donc ? Et pendant que ces ignorants et incapables s´entretuaient, ces malheureux perdaient de vue le principal ou l´ajournaient : qu´ils étaient en retard de développement et que la stratégie occidentale consistait justement à les retarder le plus longtemps que possible, ce qui faisait d´eux des désespérés dont l´élites s´aliénerait de plus en plus pour, en désespoir de cause, se livrer pieds et poings liés au pouvoir blanc. Echec et matt.
Que les soit disantes élites africaines averties ne voyaient ou ne percevaient pas ce piège économique, culturel temporel, et son caractère sournois, faux et criminel derrière lequel se cachaient non seulement le mépris, mais aussi un calcul machiavélique de domination permanente, était des plus étonnant. A croire que cette élite n´avait ni appris sa propre histoire, ni compris que sans produire les conditions et les instruments de sa réalisation, elle tournerait en rond, et leurs peuples resteraient pauvres et insatisfaits.
N´en déplaise aux nombreuses associations de lutte contre le mal traitement physique de par le monde, la critique que je peux leur faire reste fondée : ils font, à raison, du bruit pour un reporter, un journaliste assassiné ou des torturés en prison et dans les cellules de détention du monde ; et pourtant, ils négligent à tort les causes du mal. Et on se demande parfois s´il ne s´agit pas seulement d´obtenir des images exclusives, des reportages de torturés ou de rescapés de violences dictatoriales ; de jouer le voyeur en somme dans notre société humaine avide d´horreurs et cruautés faites sur les autres, tout en s´enrichissant personnellement (après tout ces reportages et images exclusives rapportent célébrité et fortune, ne le cachons pas), plutôt que d´aider à combattre ce mal immoral et indécent qui rongeait nos valeurs et les affaiblissait. Certains journalistes le savent et s´attaquent au cœur du problème ; d´autres cependant se laissent instrumentaliser et même avec plaisir, pourvu qu´on leur promette de belles images ou des reportages filtrés exclusifs. On l´a vu pendant l´invasion de l´Irak où les américains ont, à plus d´un point ridiculisé la presse en la noyautant. Après avoir endormi l´opinion publique américaine, trompé son sénat et brusqué le monde entier par un acte de bris juridique international des plus douteux autant sur sa légitimité que sur ses intentions ; plus personne ne s´intéressait au principal, ce qui a permis aux renégats de l´armée américaine de massacrer à loisir dans l´arrière pays. Plus aucun reporter n´était présent, et n´eut été des témoignages de rescapés, des indiscrétions soldatesques, des hasards de film remis à développer ou le courage new York Times, la vérité ne serait jamais venue à jour. Et la démocratie que diable, et la liberté dont se réclamait ces envahisseurs américains, qu´était-elle donc devenue ? Traînée dans la boue devant tout le monde. Triste monde qu´est le nôtre où bien d´universitaires, d´instruits ne savaient plus comment ou par quelle attitude ils se devaient de défendre des valeurs qui étaient plus chers que toutes les fortunes et les scandales du monde.
Car une chose est certaine : celui qui ne défend pas la vraie liberté, la vraie démocratie, n´offre rien ni aux siens, ni à la société humaine qui soit valable et durable. Le mieux serait que toutes nos actions encensent et reproduisent la liberté et la démocratie ; alors nous pouvons être sûrs que ceux que nous aimons et chérissons ou respectons reçoivent de notre engagement ou de nos prestations ce qui leur revient de plein droit. Cela nous tranquilliserait autant qu´il nous ferait gagner leur admiration.
Derrière le monstre de la francafrique, il a un mépris et un tel machiavélisme sournois que cela surprend et étonne d´entendre les instigateurs de ce criminel système de parler de liberté, de démocratie. Ou même de civilisation ou de culture humaine aux valeurs éthiques et morales respectables. Car ce qu´on oublie souvent est d´une évidence criante : chacun veut vivre et se réaliser en toute quiétude, et personne n´est ni l´objet, ni l´instrument, et encore moins le jouet d´un autre ou d´une quelconque raison politique ou d´intérêt national. L´intérêt national le plus averti est le bonheur, la réalisation et la paix de tout un chacun du peuple dont il se réclame de la légitimation.
Ma prière ce jour va à tous ceux qui, sous des souffrances atroces ont été torturés, privés de leurs droits élémentaires, si pas assassinés et enterrés sans respect dans des fosses communes ou anonymes. La torture n´est pas seulement un phénomène physique ; il est aussi moral, psychologique, culturel, existentiel. On le retrouve autant dans l´esclavage, dans l´Apartheid, dans la francafrique que dans les dictatures et les fameuses guerres idéologiques ou de simple répression économique. Tant que de telles horreurs existeront sur notre planète, j´invite les hommes de bonne foi à les combattre ; parce qu´elles détruisent notre fierté humaine, nos valeurs culturelles et ravalent le respect que nous nous portons à nous-même et aux nôtres à une pauvre équation primitive.
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu
25 juin 2006
L´Amérique a violé le secret bancaire international
La chasse aux sorcières du terrorisme islamique actuel
justifie-t-elle un tel manquement au secret bancaire international ?
Face au terrorisme, tous les moyens sont-ils bons ?
« You can´t separate peace from freedom because no one can be at peace unless he has his freedom. Malcolm X
Les dernières révélations du New York Times selon lesquelles les Etats-Unis auraient, sous le patronage de la CIA, collecté et contrôlé les dates des transferts internationaux qu´ils auraient ensuite livré à leurs succursale bruxelloise Swift : Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, ont soulevé un curieux dégoût dans les milieux internationaux des affaires. Et même si, pour ne pas paraître suspect ou intrigant les intéressés du monde entier se taisaient, les journalistes et les juristes ruminaient, ainsi par ailleurs que les critiques avertis des méthodes américaines d´investigation qui, selon toute évidence, pour vaincre ce fléau international criminel d´Al Qaida, ne lésine ni sur la violence, ni sur l´illégalité pour arriver à ses fins. Après les écoutes téléphoniques intempestives à domicile, à l´ONU ou même chez les partenaires européens, les restrictions nébuleuses du Patriot Act, les enlèvements d´innocents tels qu´El Masri sur des aéroports européens et leurs tortures en Egypte, au Maroc, en Syrie, en Jordanie, en Pologne, en Roumanie en Afghanistan…on se demandait à raison si, sur le sentier de guerre contre le terrorisme, l´Amérique ne jetait pas à la fenêtre des valeurs qui étaient les fondements de sa constitution, de sa démocratie, du respect et de la crédibilité de sa Nation.
Certes, le modus opérant de ce comité islamique pour assassinat, meurtre et crimes est des plus conspiratif et antidémocratique ; et cependant, en usant de méthodes tout aussi primitives et non respectueux ni de la paix internationale, de la souveraineté des Etats indépendants, ou encore de conventions légales sensibles et déterminantes pour la convivialité internationale ou le climat des affaires, l´Amérique se conduit comme ces islamistes dévoyés. Nous comprenons tous que nous nous trouvons devant une bande d´extrémistes ne respectant des valeur de tolérance que nous avions chèrement acquises, ni notre vœu avoué à la démocratie ; et les combattre efficacement requiert une fermeté et une détermination décisive. Mais faut-il pour cela se rabaisser à rompre les principes et les valeurs qui nous sont chers ? Faut-il, pour nettoyer les latrines, se rouler dans la boue et briser la légalité jusqu´à ressembler aux criminels qu´on poursuit ? L´Amérique ne serait-elle pas tombée dans un piège éthique et moral qui lui fait perdre lentement la sympathie et le respect du monde entier ?
Parce qu´avec cette logique, tous les pays africains, tous les noirs ou même les indiens d´Amérique ayant soufferts de l´esclavage ou de l´extermination auraient le droit de bombarder, d´assassiner ou de torturer à loisir tous les européens, leurs cousins américains y compris ! Les américains passaient sous silence, et cela froissait le monde entier, que ce sont eux qui avaient financé ce monstre d´Al Qaida avec 6 milliards $ lorsque l´Afghanistan se débattait contre l´invasion de l´Union soviétique. Aujourd´hui, à grands bruits on se battait contre les fantômes et le mauvais esprit qu´on avait soi-même appelé à la vie ! Par ailleurs, outre l´histoire sanglante et esclavagiste de son évolution sociale, les USA oubliaient qu´ils n´étaient pas la nation d´innocents, de sages et d´enfants de cœur comme ils voulaient le faire avaler à tout le monde entier. Il suffisait de se rappeler de l´injuste et gratuite agression du Vietnam qui pava ce pays de morts, de dévastation et d´agent orange ; ou encore de l´embargo pour le moins criminel que le pays soit disant le plus démocratique du monde faisait subir injustement à Cuba. Et si on ajutait à cela l´affaire des contras du Nicaragua, la participation à l´assassinat d´Allende, l´entretien et le soutien de dictateurs tels Pinochet, l´invasion de Grenade, et la dernière en date : celle de l´Irak qui a coûté à ce pays plus de 150.000 morts et réveillé un essaim d´abeilles terroristes qui risquait de mettre en danger pour bien longtemps la paix et la prospérité de la région, et ce faisant, ce remue ménage intempestif et plutôt rapace et cupide que louable risquait aussi de porter préjudice à la prospérité, à la sécurité, la paix entre Israël et ses voisins arabes. Les ambitions nucléaires de l´Iran en sont, entre autre la preuve.
On avait beau se justifier à posteriori avec un droit de représailles bancal, tout cela sentait le pétrole à s´y méprendre ; à croire que la géographie était inconnue dans un pays qui se vantait être le plus industrialisé et le plus scientifique du monde. Comment expliquer qu´on ait confondu les talibans de l´Afghanistan avec l´Irak ? Le plus idiot des idiots a compris : il s´agissait de faire d´une pierre deux coups, et noyer son chien qu´accusait à dessein de rage.
Personne ne minimise l´ignominie du 9/11, loin de là ; mais ce n´est pas une raison pour se donner le droit de violenter le monde entier, ou par des inepties démocratiques tels que Guantanamo, Abu Grhaib ou les massacres civils volontaires de l´armée américaine dans l´arrière pays irakie