03 juillet 2006
Pourquoi je ne crois pas au racisme
Beaucoup trop de noirs croient qu´il suffit d´être raciste
Pour se départir de leurs problèmes, moi pas.
L´arme des faibles d´esprit et des incapables illuminés : le racisme.
« Qui logera nos rêves aux paupières des étoiles ? » Senghor
Pour répondre à ce questionnement que je considère personnellement comme la pensée la plus importante et la plus profonde de l´existentialisme noir, je dirai : qui donc sinon nous-mêmes et les cœurs passionnés de nos enfants ! Et cependant, actuellement, les africains font tout autre chose que d´avoir compris la portée responsabilisante de cette lourde et poignante question. Ceci est aggravé par le siège grotesque et dévoyant de la culture occidentale qui veut nous faire croire et avaler, parce qu´en réalité elle n´arrive pas à se passer de nous, qu´elle fera nos rêves à notre place et que nous n´aurons qu´à les consommer ou à nous en approprier l´utilité. Naïveté ou criminelle abus culturel d´égoïsme outrageant de la part de cette culture ? Je dirai les deux et un peu plus que cela ; car obnubilé certainement par l´esclavage, la colonisation et sa domination actuelle qui avait instauré la francafrique comme Norme et système préférentiel d´exploitation et de dominance de ses intérêts, elle perd de vue que toute culture ne se fait et ne se défait que par ceux à qui elle appartient, à ceux dont elle exprime les tourments existentiels et les valeurs imaginaires et réelles de réalisation. Et même si Edgar Morin dit : « Les humains doivent se reconnaître dans leur humanité commune, en même temps que reconnaître leur diversité tant individuelle que culturelle. », cette sagesse humaine ne semblait pas avoir été l´apanage de sa propre culture ; il dit plus loin : Le vrai dialogue, c’est quand on reconnaît à l’autre la même dignité. Il n’y a pas de dialogue possible entre un maître et son esclave. Le dialogue suppose l’égalité – ce qui est un point de vue relativement nouveau dans la culture européenne ! L’Europe occidentale a dominé et exploité le monde à partir de la conquête des Amériques, elle a pratiqué la traite des Noirs et l’esclavage, elle a exercé les dominations les plus longues et les plus dures de l’histoire. » Le plus étonnant était que cette culture soit disant de civilisation passait à côté de ses propres sagesse pour s´illustrer bassement dans son primitivisme passé. Et les autres, et parmi eux la race noire devaient croire que ce qu´elle concoctait ou vomissait à grands coups d´injustice, de racisme, de criminelle exploitation étaient la sainte parole de la civilisation humaine ! Faut pas charrier, ce n´est plus de l´indécence ; cela devient de la pure faiblesse d´esprit.
Certains africains tombent dans l´euphémisme réactif, et comme leurs anciens maîtres illégaux, croient que pour se débarrasser du complexe injurieux de chosification, il suffisait d´entretenir un racisme noir : un sentiment de haine et mépris qui, en s´opposant au racisme occidental, comme sur une balance historique invisible, rendrait à l´homme noir sa fierté historique et culturelle souillée. Pour peu que cela soit vrai, ne se plaçait-on pas en position existentielle définie uniquement par la réaction, par les méfaits et les bassesses d´une race comme référence d´opposition sociohistorique ? Comment se définit-on soi-même, par rapport à ses propres valeurs, par rapport à ses propres ambitions ? La vérité est tout autre en ce qui concerne l´esclavage, la colonisation ou la domination économique et financière actuelle : tous ces instruments servent un but avoué qui était, à l´époque de l´esclavage l´accumulation économique et l´acquisition de moyens industriels de réalisation socioculturelle. Beaucoup l´oublie bien souvent dans leur fièvre raciste. Et aujourd´hui, le racisme ou la domination actuelle n´a pour but que de conserver les acquis d´hier (surtout s´ils ont été mal acquis) pour leurs enfants. Croire donc qu´il suffisait de chanter les cantiques de la race noire pour avoir résolu tous les problèmes ; c´est à mon avis faire preuve d´une naïveté encore plus dangereuse que le racisme occidental. Parce qu´il était vide et déserté de stratégie ou d´intelligence, tandis que sa consoeur occidentale, elle pouvait se prévaloir de résultats réels. Et on assistait à ce paradoxe d´un noir roulant en voiture occidentale et parlant se déclarant pompeusement raciste. Ou ces dictateurs africains (qui étaient tous noirs, cela allait de soi) qui pillaient leurs propres peuples et les massacraient à loisir lorsque ceux-ci s´opposaient aux exigences du maître occidental de livrer à vil prix leurs richesses. Ou encore, ces fantasmes de la criminelle domination occidentale allaient jusqu´à priver les enfants africains d´instruction, de moyens adéquat de sortir de la pauvreté ! Peut-on vraiment dire que la peau noire était une preuve de sagesse ou même de conscience avertie de ses devoirs envers son histoire, sa société et sa culture ? Je doute qu´un racisme quelconque soit la clé magique de nos problèmes. Je tendrai plutôt à dire qu´il faut plus que cela. Il nous faut non seulement une conscience attisée et avertie de nos problèmes, il nous faut aussi la créativité, l´intelligence, la motivation et l´endurance pour parvenir à nos buts de résultats et d´épanouissement positifs.
Or nous vivons une époque où les noirs, de plus en plus se «désagrègent» de leur identité pour ne devenir que des consommateurs ou d´acteurs d´une phénoménologie à laquelle ils ne demandaient qu´une chose : être employé afin de jouir de quelque confort. Or tout le monde occidental était en ébullition : licenciements, endettements, concentrations de rationalisation, économies de faibles croissances… et la chine et l´Inde montaient à grands pas au firmament de la concurrence. Ceux qui croyaient qu´ils se sont échappés de la misère en quittant l´Afrique, se retrouvent au milieu d´une tourmente de recul égoïste qui allait les broyer et les exclure à l´accès du bien être occidental. Et les caractères occidentaux bas et primitifs, contre toute évolution culturelle de la civilisation humaine, ressortaient de leurs subconscients attardés leurs vieux symboles de racisme et les lançaient à tous ceux qui n´étaient pas des leurs. Ils buvaient le café, le thé, mangeait avec plaisir le chocolat et utilisaient les matières premières africaines incessibles à leurs industries, mais ils n´étaient pas prêt à reconnaître leur droit légitime à la libre réalisation. Pour eux, l´évolution de la pensée culturelle de la civilisation humaine s´arrêtait à leurs existences, comme pendant l´esclavage ou pendant la colonisation. Après tout, pensent-ils, ces gens nous ont toujours servi de paillasson, de bouclier, de tremplin ; nous d´abord, après, on verra. L´histoire n´avait ni changé, ni évolué. Pour un noir, se rabaisser à ce stade primitif et retardé de la raison, n´est-ce pas se diminuer, et ressembler somme toute à l´image qu´on voudrait bien qu´il prenne ?
«Je suis noir et je l´ai toujours été avant la naissance de Jésus Christ, et lorsque dans deux mille ans on ne parlera plus de lui ; je serai toujours aussi noir » disait Malcolm X. Et plus loin il ajoutait : "We declare our right on this earth to be a man...to be a human being...to be respected as a human being...to be given the rights of a human being...in this society...on this earth...in this day...which we intend to bring into existence...by any means necessary" ; beaucoup plus efficace, parce qu´il exprimait le droit légitime à la libre réalisation sensible. Croire qu´il suffit, comme l´a fait l´occident des siècles durant, de tromper le monde entier avec un faux humanisme qui se retrouvait aujourd´hui contesté de partout ; c´est non seulement manquer de sens universel, mais aussi d´équité, d´éthique et de morale saines. Et si chacun restait chez soi, qui est celui qui perdrait ? Là est la question. Car si tous nous appartenons à ce monde, nous avons tous autant le droit à la réalisation que n´importe qui.
Ce n´est donc pas à mon avis une question de race, mais bien de réalisation partagée et équitable. N´était-ce pas honteux pour les occidentaux qui avaient dominé le monde pour ne promouvoir et ne privilégier que leurs intérêts et ceux de leurs cultures réciproques de se retrouver à demander aux joueurs de la coupe du monde de football de 2006 de lire des déclarations incitant à l´antiracisme, de voter des lois européennes en 2004 combattant le racisme ? N´était-ce pas un peu tard de lutter, après l´avoir encouragé et institutionnalisé durant 600 ans d´un mal honteux défiant toute humanité, toute fierté humaine et sociale ? Mieux vaut tard que jamais, dit-on ; et cependant, il ne faut pas non plus déplacer le problème avec un activisme sournois qui ne voulait que trop bien cacher la vérité, plutôt que de combattre réellement le mal. Parce qu´on peut dire ce qu´on veut, ce mal est économique, culturel, philosophique. Et tant que ces équilibres ne seront pas remis à leurs valeurs positives et respectueuses de la valeur humaine, tous ces grands discours et démonstrations tapageuses ne sont que de vulgaires et trompeuses mises en scène. Les africains l´ont déjà compris.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Israël - Palestine: la haine gratuite
Retarder à tout prix l´Etat palestinien
David et Goliath : recours à la barbarie
On a beau croire que et entendre qu´Israël est un pays aspirant à la démocratie, ses comportements répétés envers les palestiniens crient le contraire. Et leur dernière vendetta, à la sauce gratuite Georges Bush ne prouve qu´une chose : ce pays n´est pas encore mûr pour exercer des responsabilités internationales vraisemblablement trop lourdes pour son nationalisme exagérément sioniste et peu regardant des intérêts des autres et particulièrement des palestiniens auxquels il ont l´habitude de voler des terres, de fustiger le droit pour imposer leur suprématie. A quoi tout cela mène, on se le demande. Retarder l´avènement de l´Etat palestinien ? N´est-il pas dans l´intérêt des israéliens d´avoir des voisins organisés, et fiables ; plutôt que des groupes désordonnés agissant autant contre eux-mêmes qu´en face de l´ennemi ?
Un soldat enlevé n´est pas une raison de bombarder tout un peuple en le renvoyant à l´âge de la pierre taillée. Surtout si les enleveurs font de revendications d´échange de prisonniers, ce qui prouvait qu´il s´agissait d´acte rationnel qu´il fallait aborder avec encore plus de rationalité. Après tout un israélien contre 1000 prisonniers palestiniens n´était-ce pas un échange d´honneur dans le goût des israéliens ? Mais non, on voulait faire porter au Hamas des destructions civiles affaiblissant autant leur autorité qu´elles ne les mettraient à genou devant l´aide occidentale. Ces ponts et centrales électriques détruites n´avaient-elles pas été construites et érigées avec l´aide de la Communauté Européenne ? Pour les reconstruire, le Hamas devrait faire encore plus de concessions, ce qui était dans l´intérêt à court terme d´Israël. Seulement à court terme, parce qu´à la longue les israéliens se battaient devant une cause perdue à l´avance. Et ils craignent cette évidence plus qu´inexorable. Ils ont beau inviter gracieusement les juifs éthiopiens noirs à venir gonfler leurs rangs stériles et décimés par une démographie dangereusement en baisse de natalité, ils s´étaient rendus trop tard qu´au plus tard dans 40 ans, dans leurs propres murs, ce seront les arabes qui seront en majorité. Et ce jour là, la culture et la religion israélienne aura cessé de faire tambour.
Pourquoi ne pas user de la raison et tabler sur la paix, sur un modis vivendi qui libérerait ce pays du militarisme illuminé qui accablait gratuitement sa jeunesse, ce qui la rendrait plus familiale, civile et …humaine. Une jeunesse à qui on apprend d´abord à tuer et à défendre des frontières illégalement acquises et parsemée de murs honteux non moins illégaux, ce n´est pas une jeunesse heureuse. Qu´on ne s´y trompe pas. Par ailleurs, combien de temps l´Etat israélien se permettrait-elle d´engager des sommes incroyable dans son armement, plutôt que dans le développement paisible de sa société ? Indéfiniment ? Il semble bien que la complicité géopolitique israélo occidentale inconditionnelle trompait lourdement la politique et le pouvoir israélien établi. Si Israël avait pour devoir de livrer la soumission des arabes, du Moyen Orient à l´hégémonie occidentale ; elle avait aussi un devoir encore plus éminent : protéger sa société, sa population et sa culture adéquatement dans l´espace et dans le temps. Or, soyons francs, ce ne sont pas les
Arabes qui ont fait l´Holocauste ou poursuivi ce peuple depuis des siècles ; ce sont les chrétiens. Alors pourquoi les arabes devaient-ils en pâtir, eux qui avaient, chaque fois que ce peuple avait été malmené et poursuivi, lui avaient offert asile et protection ? La dialectique de Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien avait été critiquée en occident, à raison ; et cependant cet homme d´Etat avait exprimé une logique pertinente et pour le moins exacte : s´il doutait de l´Holocauste, ce n´est pas pour la remettre en cause ; c´était pour attirer l´attention sur l´illogisme israélien. Car actuellement, en exerçant leurs gratuites animosités envers ceux qui ne leur avaient pas nui, on avait l´impression que le malade israélien, au lieu de soigner sa blessure ouverte à son pied, allait chez le coiffeur se tondre les cheveux. Les allemands, les français, et les américains jadis qui poursuivirent et massacrèrent les juifs, c´était vers eux que devait se lever la colère israélienne, pas contre ceux qui les avaient toujours aidé à survivre ! A quoi donc répondait cet illogisme douteux ?
On le voit : pour survivre et s´appuyer sur des alliés puissants avec lesquels ont fit ensemble l´esclavage, on entretint côte à côte la colonisation et l´Apartheid, Israël avait été entraîné dans une logique d´animosité envers les arabes qui ne s´expliquait que parce que ceux-ci détenaient le pétrole, le canal de Suez, et étaient donc un point stratégique sensible et important pour l´hégémonie du Pouvoir Blanc. Et maintenant qu´on s´était vendu à ses propres bourreaux d´hier, il fallait bien remplir son rôle de poste avancé du monde blanc. Voilà ce que le président iranien a voulu faire comprendre au monde extérieur. Ce persan intelligent et cultivé a choisi des formules antagonistes et dichotomiques, mais tout cela était, pour peu qu´on veuille le comprendre, tout à fait logique. D´où la négation de l´holocauste, parce que du point de vue des arabes, il n´a jamais été exercé sur les juifs.
Il serait grand temps pour les palestiniens de comprendre que pour profiter réellement de la victoire qu´il auront dans l´avenir, ils se doivent de faire la paix avec Israël. La reconnaissance de l´Etat israélien est légitime, autant que celle de l´Etat palestinien. Dans l´état actuel des rapports de force, c´est Israël qui profite à court terme de ces destructions et violences gratuites, parce qu´elle sait les infliger sans subir quelque conséquence que ce soit. Il est donc dans l´intérêt des palestiniens de ne pas leur donner de prétexte pour ajourner à dessein le bien être ou l´éclosion de la société civile palestinienne, parce que celle-ci est aussi le visage de sa politique.
Par ailleurs, au lieu de vivre de l´aumône internationale, les intellectuels palestiniens seraient plus avertis de se mettre activement au travail pour instaurer une économie étatique fondée sur ses propres substances, sa propre monnaie, ses propres institutions civiles de réalisation. Je le dis à haute voix, parce que là réside tout le secret de l´avenir de tout peuple. Ceux qui ont sous estimé cet effort de souveraineté, de conception organisée et structurée de l´idéal réel de l´Etat, se sont retrouvés, comme les africains, devant une indépendance vide, plus clamée à gorges déployées que réellement efficace et répondant aux exigences et aux devoirs de l´avenir.
Ce conflit israélo palestinien est un conflit synthétique, qui ne répond, de part et d´autre qu´à des enjeux religieux ou hégémoniques par procuration. Il serait grand temps que ces deux peuples se rendent compte qu´ils sont voisins et mêmes plus parents entre eux qu´avec les saoudiens ou les américains dont ils représentent les intérêts par amitiés, par affinités ou par rapprochements idéologiques. Une paix, cependant, permettrait à tous d´exercer l´un à l´égard de l´autre des devoirs de respect, d´assistance et de coopération qui seraient utiles à tous, et même au monde entier. Et ce serait, pour leurs peuples et les générations avenir qui en profiteraient, une véritable source d´espoir. Et lentement, ces peuples devraient bien avoir compris que la liberté n´est pas seulement un projection personnelle, fidèle à des idées ou des intentions de celui qui se regarde dans le miroir ; mais qu´elle était aussi un vœu de paisible réalisation qui, par tolérance et respect des autres, prouvait sa maturité et sa grandeur d´âme.
Musengeshi katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu