07 juillet 2006
Kofi Annan, un destin difficile, ingrat et tortueux.
Saura-t-on jamais le juger à sa juste valeur ?
Kofi Annan, le prix de l´impuissance ou celui de la témérité ?
« Une fourmi noire dans la nuit noire, Dieu seul la voit » Proverbe juif
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Jamais dans l´histoire des relations internationales modernes, une personnalité africaine n´a été autant connue que controversée comme Kofi Annan. Tandis qu´en Europe et dans le monde entier il jouait le rôle qui lui avait été assigné de chef représentant d´un machin mondial plus défini qu´efficace, en Afrique et selon les cas, on lui reprochait son impuissance face aux intérêts dominants blancs ou comme dans le cas de l´invasion de l´Irak de n´être qu´un pantin plus effrayant qu´agissant. Personne ne saura comment il se définit lui-même à l´égard des problèmes que traverse l´avenir du monde libre, celui de l´indépendance réelle des pays africains, et ceux des rapports dominants des pays industrialisés et leurs intrigues envers les pays du tiers monde. Un sort difficile a été le sien, parce que sa fonction n´a aucun pouvoir réel, sinon de représenter le Conseil de sécurité dont on sait qu´il joue lui-même ses propres cartes, sa géopolitique et ses stratégies économiques. Dans le sourd combat qui l´a opposé aux Etats-Unis qui voulaient vider les Nations unies de leurs pouvoirs si celles-ci ne couchaient pas devant leurs intentions, il a pourtant gardé la tête froide ; cela n´a en rien ni changé les choses, ni sécurisé le monde face à la domination américaine. Et personnellement, je suis persuadé que ceux qui le nomment nègre blanc, Oncle Tom ou encore l´aveugle du village ne connaissent pas la nature restrictive réelle de ses prérogatives. Et je pense sans me tromper qu´il aurait voulu avoir de pouvoirs plus incisifs et déterminants. Hélas ce ne fut pas le cas, et vraisemblablement, ce ne sera jamais le cas pour un Secrétaire Général des Nations Unies, chacun des puissants pays de cette terre craignant une quelconque dictature égalitariste ou d´une utopie contraire à ses intérêts. Que restera-t-il de cet homme, de sa personnalité, et peut-être aussi de sa sagesse si tel a été le cas à la tête de la plus grande organisation humaine ? Seule l´histoire prochaine le dira. Pour ma part, j´eus formulé le vœu qu´il fut un grand stratège de la liberté. Mais voilà, la liberté, chacun des puissances imposantes du Conseil de Sécurité la définissait à sa manière, selon ses intentions et ses intérêts propres. J´aurai souhaité qu´il convainquit le monde entier d´une philosophie de l´existence qui protégea et enrichit ponctuellement les valeurs humaines les plus remarquables et les plus profondes de la culture humaine universelle ; mais tout le monde le sait : une chose est de vouloir, autre chose est de pouvoir convaincre tout le monde de prendre le même sentier. Et en fin de compte, ce n´est pas les nations unies à faire ou à définir notre liberté ou notre avenir ; mais nous-mêmes dans une lutte pratique et théorique journalière. Adieu, donc ami Kofi Annan. Et malgré le profil insaisissable qu´il nous laisse, sachons lui reconnaître le tourment d´avoir souffert d´aimer notre liberté et d´y veiller, même si, en définitive, il était impuissant à la faire pour nous. Mais cela, c´est dans la nature de la liberté qui, comme on le sait, s´érige par la conception, les faits et les contradictions de pouvoirs ; mais ne s´offre ni ne se donne pas.
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu
Des notes blessantes de racisme au Mundial
Ces primitifs n´étaient pas seulement allemands
En plein cœur des idéologues du Pouvoir Blanc
« Le racisme est une manière de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même. » Robert Sabatier, extrait de : Le livre de la déraison souriante.
32 équipes du monde entier, un ballon rond, un arbitre et un public bigarré qui attendait des postulants de la coupe du monde de fooball de lui faire vivre des moments inoubliables de l´art de jouer au football. Et après la déchéance de l´Allemagne en demi-finale, on avait fini par sourire à la définition de Beckenbauer sur ce jeu ; mi arrogant, mi moqueur, il avait dit une fois : « Le football est un jeu qui se joue entre deux équipes adverses de 11 joueurs chacune, de deux buts et d´un arbitre de jeu, et l´Allemagne gagne ».
L´Allemagne, en pays organisateur, s´est donné beaucoup de peine pour mettre tous ses hôtes, quelles que soient leur bourses, à leur aise ; après tout, elle attendait beaucoup de cette manifestation : un rapprochement Est-Ouest autour d´une équipe nationale qui se donna la peine de montrer son meilleur football. Dans ce pays où la raison et la stratégie, même dans le jeu le plus anodin prend une place respectable, l´entraîneur Jürgen Klinsmann, un brillant buteur de l´équipe nationale retraité en Californie s´était promis de faire revivre le mythe d´excellence qui avait, par trois fois déjà, fait de cette nation la championne du monde.
Et c´est d´autant curieux, si pas offensant au plus haut point qu´au beau milieu de cette rencontre internationale de longue haleine, des cris injurieux de racisme viennent ternir les visibles efforts allemands de réussir á tout prix ces quatre semaines compétitives en permettant à tous d´être à l´aise et de vivre des moyens de culte sportif de grand niveau. Tout le monde sait que l´Allemagne, malgré ses incessants efforts, n´est pas arrivée à vaincre le fléau du racisme chez elle. Chacun peut dire ce qu´il veut de cette vision primitive de la convivialité humaine, mais fallait-il que sa bassesse profite encore une fois d´une telle occasion pour s´exercer bêtement, comme toujours ? Chassez le naturel…Un bourgmestre embarrassé s´empressa de vouloir calmer les protestations scandalisées : « Nous ne sommes pas plus racistes que d´autres pays ». Et loin de calmer, cette formule qui rejetait à toute l´Europe, et peut-être à toute la race blanche cette maladie, ne satisfaisait personne. Le gouvernement prit aussitôt la décision de combattre le radicalisme de droite avec un nouvel élan, dès que ce Mundial serait terminé, entendez : lorsque les étrangers ne seront plus là. Et déjà, ceux qui connaissaient bien ce mal allemand bien ancré dans sa mentalité et son histoire, se demandaient combien de millions € seraient cette fois distribués aux nombreuses associations de droite ou combien seraient investis dans les milieux défavorisés de l´Est pour calmer ce mob.
Que s´était-il passé en fait ? A part le démonstration ou marche à la gare de Gelsenkirchen dont nous avions parlé précédemment, et qui s´était déroulé quelques heures avant l´ouverture du Mundial, le 24 juin, à in Pretzien, une localité de Schönebeck dans le Magdebourg, trois néonazis brûlent publiquement, au cours d´une fête locale de moisson comme il y en a partout en Allemagne, le journal d´Anne Franck, ainsi que le drapeau américain. Ce fait, plutôt anodin ne le restera cependant pas, parce que le bourgmestre de la ville se fit photographier avec ces délinquants désormais poursuivi par la justice. Mais le on remarquera que le bourgmestre n´était pas le seul à se faire photographier avec ses jeunes radicaux ; un ex ministre de la justice, des politiciens du crû…et lorsqu´on leur mettait la photo sous le nez, ils prétendaient tous qu´il avaient seulement voulu se faire photographier avec tous ceux qui avaient aidé à organiser la fête. Il est vrai que les radicaux de droite nazis ont, ces derniers temps, au lieu de rester en dehors de la société, ils se sont convertis en organisateurs, pompiers, entrepreneurs et industriels au milieu de la société, ce qui leur donne non seulement audience auprès des petites gens, mais cela leur ouvre aussi pied en politique communale où ils occupent de plus en plus des postes de décision. Autant dire qu´en Allemagne, on a pas encore fini avec Adolf Hitler ; pas du tout.
Ce qui a choqué les français, c´est que le 27 juin à Hannover à l´issue de leur match contre l´Espagne, ils furent reçus avec des hurlements primitifs de singes par…des spectateurs espagnols ! Et selon les journaux français, italiens, les mêmes cris injurieux furent entendus sur la Plazza Colon à Madrid où le match avait été retransmis sur grand écran. Rappelons à ce propos que Samuel Eto'o, le brillant attaquant camerounais du FC Barcelone, avait menacé de quitter un match à Saragosse après avoir subi des insultes racistes de la part des supporteurs adverses. On se rappellera des déboires de magate, battue à sang à l´aéroport de Madrid, malgré son passeport francais...les signes ne trompent plus.
On avait beau croire que les occidentaux se donnaient du mal pour civiliser leurs populations et les émanciper, plus personne n´y croit plus. Il serait donc temps que des dommages et intérêts salés interviennent, et que les gouvernements occidentaux ne se cachent pas toujours derrière leurs démonstratifs efforts pour justifier leurs propres échecs.
Et pour ne pas oublier l´actualité, on se demande ce que ces allemands, français, et autres faisaient diable au Congo, en Afrique ? S´ils ne savaient pas, chez eux, protéger des valeurs qu´ils prônaient à gorges déployées et le fusil sous le bras chez leurs anciennes victimes de l´esclavage, de la colonisation, et aujourd´hui de la francafrique ? Croient-ils que les africains n´ont pas encore compris ce petit jeu mesquin qui consistait à aller vendre le mensonge et le vent en Afrique, pendant que chez soi à domicile on élevait des racistes et des horreurs civiles en parlant de civilisation, d´humanisme, de respect des droits et des liberté humaines ?
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu