11 juillet 2006
A la conférence euroafricaine du 10 juillet à Rabat
Institutionnalisation du rideau de fer contre l´Afrique ?
Un mur insalubre de mépris, de mensonges, de fausseté
A la conférence euro africaine de consultations qui s´est ouverte ce lundi 10 juillet à Rabat/Maroc, l´Europe veut enfin mettre fin à l´envahissement clandestin de ses frontières par des immigrés qui, suite au durcissement de la crise économique, ne trouvaient ni emploi, ni même la tolérance qu´on accordait jadis à leurs fausses déclarations de poursuites politiques. Endettée gravement, avec un chômage dérangeant, des assurances sociales à la goutte et une croissance économique trop maigre pour résoudre ses problèmes, les européens s´étaient plutôt tournés vers la réinsertion des anciens pays communistes de l´Est qui étaient blancs (disons-le franchement) et qui représentaient pour son économie et la sécurisation de son capital un meilleur lieu d´asile de prospérité lui permettant de se préparer contre l´ouragan chinois qui grondait déjà à ses portes.
L´idée française d´immigration choisie était représentée par son maître : Sarkozy, mais il était évident que derrière cette façade, c´était un consensus européen qu´on défendait. L´ Espagne, ayant la frontière la plus violée, avait pressé à ces pourparlers en réclamant de la part de l´Union européenne une aide financière conséquente à cette poignante et dramatique situation. Il arrivait par trop ces derniers temps qu´en quinze jours plus de 1.500 clandestins (hommes, femmes et enfants) soient appréhendé en mer ou recueillis au bord de l´écroulement physique. Par ailleurs, les frais d´enterrement des victimes noyées et de rapatriement des rejetés devenaient, pour les espagnols, considérables.
Cette conférence mettant les africains face aux européens, pour peu nécessaire qu´elle soit, est un grand faux d´intentions : les africains, trompés et abusés par les fausses promesses d´investissement que les européens préféraient plutôt effectuer en Chine (dont ils tremblaient cependant de la puissance prochaine) ou à l´Est (préférant ainsi des anciens communistes blancs aux africains dont ils avaient fait assassiner à la pelle leurs élites soient disant entachées de communisme), ces africains donc avaient fermé les yeux sur le drame qui se jouait à leurs frontières avec l´Europe. Ils espéraient ainsi, par des preuves réelles humaines, faire chanter les occidentaux, ou du moins, leur faire revoir leurs méprisantes politiques économiques et financières envers un continent qu´ils avaient saigné à blanc avec l´esclavage, dépersonnalisé et formaté avec la colonisation, et auquel ils n´offraient aujourd´hui qu´une francafrique pilleuse en sourdine des barrières douanières injurieuses et des impositions de prix de produits agricoles ruineux.
Comment sortir de l´impasse de ce dialogue de sourds et de muets ? Apparemment, tout ce que l´Occident et l´Europe voulait concéder à l´Afrique, ce n´était que comme hier le rôle indigent et attentiste de son utilitarisme obligé. Tout en se gardant, par exemple du désordre congolais de la RDC qui risquait d´insécuriser l´accès aux matières premières incessibles á leurs industries. Vue fonctionnelle. Quand aux africains, ils s´étaient bien rendus compte que ce rôle, ils le jouaient depuis 600 ans, ce qui n´a ni amélioré le fond de l´humanisme européens face au droit légitime de réalisation de l´Afrique, ni démocratisé les moyens financiers et économiques de véritable partenariat existentiel. Et si l´Afrique du Sud semblait une île d´espoir sur ce continent, personne n´avait manqué de remarquer que cette prospérité restait dominée par les blancs. Ce face à face auquel les occidentaux, prétextant la crise ou quelques raisons que ce soit (comme toujours), voulaient institutionnaliser en des frontières hermétiques, au besoin financée par l´Union par des vedettes rapides ou des instruments policiers modernes de contrôle frontalier, tandis que les africains, eux, du moins ceux qui avaient compris, réclamaient un revirement total de politique envers l´Afrique.
Le malheur veut que les européens, eux, arriveront – comme toujours – à s´imposer par corruption ou quelques cadeaux industriels appuyés par des sommes visibles ou invisibles pour atteindre leurs buts. Les africains, eux, n´ayant pas les moyens de défendre leurs revendications (qu´ils formulaient déjà au départ si mal et faussement par manque de maturité politique ou de fermeté et d´efficacité dialectique), devraient, hélas se contenter d´accepter le dictat occidental. Et ainsi, comme jadis, comme hier, comme demain, pendant que ces occidentaux pilleraient l´Afrique de ses matières premières, ils auraient aussi le droit de s´approprier des meilleurs cerveaux de l´Afrique à vils prix. Ceux-ci, travaillant pour leurs nouveaux maîtres, ne travailleraient pas forcément pour l´Afrique, bien au contraire. Mais dites donc ; en quoi cette situation était-elle meilleure que l´esclavage ou la honteuse colonialisation ?
Encore une fois l´Afrique ne donnait-elle pas l´impression qu´elle ne savait ni défendre ses intérêts, ni préserver son avenir ; et surtout l´épanouir librement ? On avait beau crier, on avait beau montrer toute l´absurdité actuelle du comportement des africains ; rien n´y fait, ils ne veulent pas sortir de cette logique destructive dans laquelle l´occident et leurs propres erreurs les avaient emprisonnés. Ils saisissaient, par cécité ou incompétence, le subsidiaire plutôt que de s´atteler au principal qui est la création d´emploi et de structures économiques permettant aux cultures et aux sociétés vilement détroussées et piégées à l´utilitarisme occidental de se développer indépendamment des facteurs négatifs. Créer l´industrialisation plutôt que d´attendre qu´on la leur vende. Sortir de la fausse indépendance de la francafrique pour acquérir une véritable liberté économique, financière, socioculturelle.
Croire qu´il s´agissait, de la part des africains, de défendre le tourisme africain en occident ou la libre circulation des personnes en territoire européen était de la pure illumination. Il s´agissait de tout autre chose : notamment de la réalisation des africains. C´est bien autre chose que de perdre ses intellectuels ou d´autoriser des illettrés et des analphabètes à venir gonfler les banlieues de France, de pratiquer joyeusement la polygamie ou de faire dix-sept enfants vivant dans quatre pièces d´HLM sans humour dont on abandonnait l´éducation et l´avenir ont stance publiquepour leaquelsgamie ou de faire de circulation des personne en territoire europà l´assistance publique ou au bon vouloir de la société faute de savoir les défendre financièrement et politiquement. Que les français s´indignent ou se révolte de telles insouciances, cela allait de soi, et franchement, personne ne pouvait leur en vouloir ; ce comportement frisait la délinquance paternelle. Et n´importe quelle société organisée avait le droit de contrôler et de régenter son immigration comme elle le voulait ; après tout, c´est elle qui en faisait les frais d´intégration, d´emploi, de soins médicaux. Et si tous ces frais étaient si gratuits, pourquoi ne restaient-ils pas chez eux ?
Il ne faut pas voir les choses que d´un seul côté ; les africains devraient commencer à défendre leurs réels intérêts plutôt que de les abandonner à des élites incapables et venir en Europe exiger des droits dont ils n´avaient pas eu le courage de défendre le contenu chez eux. Ce n´est que lorsqu´on sait ce que la francafrique fait sur le continent, qu´on se bat pour élire des gens qui la combattent et oeuvrent pour la vraie liberté de l´Afrique, pour son indépendance réelle et autonome qu´on peut se réclamer du droit de venir en France faire entendre son droit. Au centre de l´empire occidental qui pillait, et sournoisement avalisait son avenir. Pas pour parler racisme ou se cacher derrière des cris vides d´afrocentricité, de gloire à nos ancêtres ou encore de quelques faussetés aussi vides que mensongères …pendant qu´en Afrique des élites corrompues et incapables bras dessus, bras dessous avec l´occident néocolonialiste assassinait, pillait et appauvrissait les habitants innocents de ce continent, leur privant de tout avenir, de toute libre historicité.
La liberté, comme sa fierté réelle : la réalisation ; il vaut mieux les faire que de les subir, c´est bien connu. Parce qu´au moment où on nous les fait ou on nous les impose ou nous les vend ; nous ne sommes plus que des instruments d´une volonté étrangère et de ses intentions. Or notre âme est indépendante et singulière ; ses besoins, ses tourments, la beauté de ses expressions ne peuvent être comprises et réalisées que par des mains qui dans leurs sangs et leurs amours reproduisent ses gestes les plus fidèles à ses rêves.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu