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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

31 juillet 2006

L´Etat Palestinien: la clé de la paix au Moyen Orient

Créer et respecter les équilibres plutôt que les torpiller

Vive la Palestine libre, indépendante et souveraine !

« L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité. »   

John Fitzgerald Kennedy 

L´arrogance et la vanité militaire criminelle actuelle d´Israël, loin de résoudre ses problèmes, de freiner sa disparition ou son engloutissement sous les arabes, ne lui rapporte qu´animosité, perte de crédibilité internationale, haine de la part de ceux qui sont appelés à vivre avec cet Etat juif belligérant et rapace de territoires qui ne lui appartiennent pas. Ce n´est pas en bombardant et en massacrant ses voisins à la plus petite escarmouche qu´on se fait des amis. Si cette idéologie occidentale fonctionnait dans le passé avec des esclaves noirs, avec l´Apartheid, ce n´est plus le cas aujourd´hui. Les temps ont changé. Ce n´est ni la violence ni la domination abusive qui détermine la prospérité et le bonheur des peuples, mais leur créativité matérielle, morale ; la capacité de vaincre le manque et de commercer avec leurs voisins dans des échanges fructueux et enrichissants. Croire qu´il suffit de montrer combien on est fort et armé pour impressionner ses voisins, cela ne provoque que distancement et méfiance : ce ne sont pas là des facteurs ni de rapprochement, ni de confiance. Et personne n´achète des tomates ou des œuvres d´art chez un terroriste international ou un criminel de droit commun.

Même si la rage aux dents, Israël, dans son désespoir existentiel assassine et bombarde à cœur joie ; cela ne va ni réduire son endettement exorbitant, ni lui apporter les enfants qui lui manqueront cruellement dans un avenir très proche. La logique de la violence héritée de l´Holocauste pour effacer la faiblesse du passé ne tient plus : on voit déjà les allemands supplier les étrangers à s´intégrer dans leurs pays (ce sont ceux qui font le plus d´enfants). En deux guerres mondiales au 20ième siècles n´avaient-ils pas fait massacrer leurs propres enfants pour des buts autant futiles qu´illusoires ? Ces allemands qui étaient hier si fiers et prétentieux d´eux-mêmes, ne sont-ils pas aujourd´hui en train de postuler les enfants d´autrui ? Les apprentis colonialistes israélien devraient s´informer chez leurs maîtres allemands : ils leur apprendraient qu´en réalité, eux aussi, avec leurs dettes et leurs commerce extérieur, ils étaient plus que dépendants de leurs clients étrangers ! C´est autre chose que les allemands aimaient par arrogance à clamer : « Wir brauchen die Welt nicht ; die Welt braucht uns » (Trad. Nous n´avons pas besoin du monde, c´est le monde qui a besoin de nous). Et si les immigrants, dans les années à venir, ne trouvaient pas le chemin de l´Allemagne, au plus tard dans 20 ans ce pays ne saurait plus subvenir à ses propres devoirs civils. Alors, à quoi donc servait le faux racisme, la fausse fierté nationale ? Ce sont des enfants arabes qui demain défendront la langue et l´avenir du peuple allemand, et cela, c´est aussi sûr que le amen à l´église.

Non seulement Israël se fait des ennemis inutiles, mais elle brusque aussi les Nations Unies en la ridiculisant et en la rendant, grâce à la complicité américaine, incapable d´unanimité. Et même si on ne fait aucun cas de Kofi Annan parce qu´il est noir, ce qu´on détruit, c´est l´institution ; Kofi Annan, lui, restera toujours noir. Du moins, espérons-le, parce que parfois on a bien l´impression qu´il se laisse trop facilement transformer en Michael Jackson (I am bad, mais se teinter la peau pour renier ses origines afroaméricaines). A la longue, tout le monde l´a compris : tout ce malaise du Moyens Orient crie l´absence de l´Etat de Palestine. Une injustice que les américains, tout en jouant faussement la carte de domination absolue des israéliens dans la région, sont en train de perdre sur géopolitique sournoise. Longtemps ils avaient beurré leur monde avec de fausses intentions, de faux plans de paix au Moyen Orient. Cette attitude méprisante des droits palestiniens ne trompe plus personne. N´est-ce pas honteux pour une nation qui se dit la plus démocratique du monde ou la plus libérale de torpiller pendant des décennies les droits fondamentaux du peuple palestinien à la sécurité et la reconnaissance internationale au sein d´un Etat légitime ? Si c´est cela toute la conception de la liberté américaine, elle est bien basse.

Il serait donc temps qu´on cesse d´ajourner le nœud du problème au Moyen Orient pour rendre justice à un peuple qu´Israël devrait, lui aussi apprendre à reconnaître et respecter. Et qu´on le veuille ou non, l´Etat Juif doit se faire à l´idée que ses voisins immédiats sont arabes et veulent le rester ; si elle veut se faire des amis plutôt de s´organiser soi-même ses propres obsèques, elle doit apprendre à composer. Dans son intérêt. Et le temps presse, avant qu´elle ne soit affaiblie par sa négative démographie et ses dettes publiques. Vive l´Etat indépendant de Palestine, et vive un Israël qui cesse de massacrer et d´assassiner des femmes et des enfants innocents ! Vive la liberté, la paix et la prospérité qui sont valables pour tous.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

        

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29 juillet 2006

En réponse à la lettre de Yumbi

Réveiller cette Afrique qui s´ignore ou se méprise

Au-delà des mots, des faits et du silence : la vérité

« L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. »   

Jean-Paul Sartre

Chère Yumbi, je te remercie vivement pour ta lettre ; note que j´aurai préféré que tu la postes sur ma page, afin que d´autres puissent prendre connaissance de ton tourment, de tes questions, et peut-être se reconnaître dans tes aspirations qui sont tout à fait légitimes et louables. Je t´avoue que je n´ai personnellement pas beaucoup d´admiration pour des gens qui n´ont pas le courage ni de leurs opinions, ni de leurs prises de position. Et les africains, par leur silence dans les sujets ou des débats qui les concerne au plus haut point, et même si c´est par timidité, donnent toujours l´impression qu´ils ne sont pas encore à la hauteur de discuter ou de défendre leur droit à la libre existence, leur culture ou leurs propres intérêts. Se taire, c´est souvent acquiescer, laisser faire. Ne rien dire, lorsqu´on est concerné directement à court ou à long terme, c´est faire preuve d´un manquement qui défie tout entendement, parce qu´il tronque le débat ou la construction d´un avis discuté et partagé. Et pour une culture qui, de l´esclavage des musulmans à celui des occidentaux en passant par la colonisation et la francafrique d´aujourd´hui, l´homme noir et sa culture ont toujours été interdit à la parole, à la discussion, à la réalisation de sa vision de l´histoire. Ce qui s´ensuit, tu le sais : il a été dominé, contraint à subir la culture, le système et les dispositions que lui imposaient le maître. Certes, des noirs se sont révoltés : Zumbi, Patrice Lumumba, Joseph Tchundjang Pouémi, Englebert Mveng Walter Rodney, Malcolm X. Martin Luther King, Toussaint Louverture…tous furent traîtreusement assassinés. Et pour cause : cette culture occidentale qui nous vendait la « civilisation » et la « démocratie » ne supportait pas la liberté ou l´autodétermination des noirs ! N´est-ce pas curieux que certains d´entre nous croient aujourd´hui que parce qu´elle dominait par la violence militaire et par sa richesse (Note que cette richesse a été en grande partie avec le sang et la sueur obligée des nôtres, ne l´oublions pas.) qu´elle est ou est devenue notre seul exutoire de réalisation. Mais alors, pourquoi a-t-elle commencé par l´esclavage, par le meurtre et le viol ? Tous les occidentaux qui en profitaient aujourd´hui, surtout les anciens communistes de l´Est européen, avaient-ils fait autant de sacrifices que les africains ? Non, n´est-ce pas ! Voilà pourquoi, tous ceux qui se taisent en tant qu´africains, me sont suspects et repoussants, parce que je me demande si c´est par ignorance (ce qui est criminel et irresponsable au regard de notre histoire, de nos souffrances passées), ou c´est par immoralité (parce que j´ai peur qu´ils ne soient en train de cogiter les mêmes crimes, les mêmes exactions que les maîtres occidentaux leur avaient si bien inculqué le goût.

Pourquoi je parle ou j´écris sur l´occident, alors que l´Afrique a besoin de plus d´attention ? D´abord je parle toujours de l´Afrique, même lorsque j´écris sur l´occident. Beaucoup de correspondants m´ont fait cette remarque ; et cependant ils oublient que conséquemment ou subconséquemment à l´esclavage, l´homme noir a été dispersé dans le monde entier, au gré de son utilité économique. Par ailleurs, du fait de la domination occidentale sur l´économie et les finances du monde, ce qui se passe en occident a une incidence directe ou indirecte sur l´Afrique. On oublie souvent, et cela me déçoit profondément que l´esclavage a eu lieu parce que les arabes ou les occidentaux avaient un besoin économique qu´ils résolurent de cette barbare façon. Plus tard, lorsque les mêmes acteurs eurent besoin de terres, de matières premières ou de consommateurs pour leurs industries surproduisantes, ils revinrent et ce fut l´ère de la colonisation, de l´Apartheid en Afrique du Sud, de la mainmise sur l´Australie. Si personne ne l´a encore compris, c´est qu´il n´a rien compris du tout. Il ne s´agit pas « seulement » de racisme, comme tu le dis ; il s´agit d´économie, de réalisation. Le tout attisé évidemment de racisme, mais ce n´est qu´un moyen pour noyer son chien. Le but poursuivi, lui, reste celui de domination ou de chosification à des buts économiques.

Pour ce qui est de la religion chrétienne et de la complicité avec le capitalisme barbare et primitif du Pouvoir Blanc, je maintiens que cette religion est comme le disait le grand Simon Kimbangu, qu´elle représente une aliénation destructive pour la race noire, parce qu´elle lui fait croire à un Dieu blanc, tout en détruisant sa spiritualité culturelle originelle et en inculquant d´accepter et de supporter tous les méfaits faits par les blancs au nom d´une religion hégémonique de morale et d´éthique réservée à la race blanche. Et toute domination qui, comme l´occidentale, détruirait l´identité culturelle, spirituelle d´une culture, d´un peuple pour la remplacer par sa négation ou sa soumission, est à mon sens une domination des plus criminelle, parce qu´elle détruit une valeur légitime incessible. Et plus elle s´évertue à perpéterisante  plus elle devient mplus criminelle qu ou de chosification vinrent et ce fut luer ses méfaits, et plus elle devient méprisante et vile.

Maintenant, comment retourner en arrière ? Je parle de tous ces africains chrétiens qui, comme le disait Léopold II : « Bons chrétiens, bons crétins ! », jouent bêtement l´aliéné heureux, que ce soit aux Etats-Unis, en Afrique ou ailleurs, je ne peux que leur recommander un retour à l´authenticité, comme le prônait le dictateur congolais Mobutu Sese Seko. Je sais, c´était un dictateur, mais sur ce point de vue, rendons-lui justice, il n´avait pas tort. Ceux qui malgré tout continueront à croire au christianisme (la bêtise est partout, surtout chez les ignorants) ; je leur recommanderai d´exiger une reconnaissance immédiate sur tous les plans. Ils verront alors qu´en réalité, comme le disait Sartres : « On nous a appris à chanter les louanges de Dieu pour nous faire oublier que nous étions des hommes ». Cette phrase, je l´emploie ici pour exiger une humanité et une reconnaissance à la libre réalisation. Elle comprend autant la tolérance que le respect de l´intégrité et la souveraineté des autres.

Maintenant, dis-tu, beaucoup de noirs et d´africains, par ignorance ou par aliénation se mettent eux-mêmes la corde au cou ou s´entravent expressément la voie de la liberté ou faussent les conditions menant à des résultats réels de libération. Et tu as pleinement raison : ces petits dictateurs de la francafrique qui ruinaient et appauvrissaient ce continent, l´empêchant ainsi de combattre l´analphabétisme, de produire par des techniciens locaux les moyens urgents de biens sociaux de développement, y sont pour beaucoup. Il en va ainsi aussi de ces illuminés incapables qui, n´ayant aucune notion ni du pouvoir ni de ses obligations, s´emparaient du pouvoir et ramenaient leur pays dans la préhistoire plutôt que de le faire avancer. Ou tous ces élites castrées ou corrompues qui, ne sachant pas organiser et réaliser leurs peuples, les vendaient au plus offrant, pourvu qu´ils en tirent bénéfice personnel ou qu´ils exercent le pouvoir indéfiniment, tout simplement. Je sais, c´est triste tout cela. Mais ne reprochons pas toujours à ceux qui gouvernent de manquer de talent ou de vision adéquates de leurs devoirs ; s´ils ont été élus, le peuple qui les a choisi en porte aussi les responsabilités. Par ailleurs, aussi douloureux que ce soit, le peuple doit aussi apprendre à se débarrasser de ses défauts (ignorance ou traditions sottes ou primitives) pour accéder à une meilleure rationalité, et réaliser ou concourir ainsi à un haut niveau d´idéal existentiel. A mon avis, nous sommes tous concernés. Dans la victoire comme dans l´échec ; par les efforts autant que par les buts. Ceux qui croyaient que l´immigration, l´exile, leur égoïsme personnel ou même leur traîtrise les libéraient de tout devoir envers eux-mêmes ou les leurs, se trompaient lourdement : un jour, on leur rappellerait qu´ils sont noirs. Et ce jour-là ils devront s´avouer que le racisme n´était pas encore vaincu en occident ; bien au contraire, avec la crise économique, il poussait comme de la mauvaise herbe.     

Le rêve et la volonté de liberté, en ce qui concerne l´homme noir et l´Afrique est-il un rêve chimérique, des élucubrations d´illuminés ? Pas du tout ; note que ce ne sont pas les noirs qui se mettent au balcon ou à la plage pour bronzer aussitôt un petit soleil à l´horizon…ou encore, ce n´est pas la race noire qui a fait l´esclavage des blancs, mais bien le contraire. Pourquoi ? La race blanche n´était-elle pas assez résistante ? D´autre part, les occidentaux parlent souvent de leur liberté et de leur démocratie dont ils veulent abreuver ou convertir le monde entier ; celle-ci ne serait-elle valable ou ne respecterait-elle que les valeurs occidentales ou serait-elle aussi capable de respecter et, ou intégrer dans sa logique les valeurs des autres ? Si c´est le cas, pourquoi donc s´acharnait-elle à étouffer, détruire les valeurs et l´indépendance ou la souveraineté des autres ? N´est-ce pas antidémocratique et pervers ? Je le pense bien, et il serait temps que les gens s´en rendent compte.

Encore une fois pour tous ceux qui l´ignorent : les toilettes nous viennent de la Turquie ; lorsque le château de Versailles fut construit, il n´existait ni latrines ni toilettes. Les nobles aristocrates se soulageaient dans tous les coins de cette illustre bâtisse, et les serviteurs, avec des pots, faisaient le ramassage des excréments. Le vin vient d´Egypte, la poudre à canon de chine, le café d´Ethiopie, la pomme de terre du Pérou ainsi par ailleurs que le caoutchouc. Le papier ou papyrus venait d´Egypte, l´imprimeuse et la voiture d´Allemagne…le tracteur, lui, venait de Russie, l´électricité de Thomas Edison, des Etats-Unis, la pénicilline de France, par Louis Pasteur. Je veux dire par là que c´est le développement des cultures et des diverses créativités  culturelles qui ont fait et enrichi notre civilisation humaine, ce qui veut dire que nous avons le devoir de respecter les autres cultures, mais nous devons aussi nous en inspirer et, dans la mesure où elle nous enrichit et nous émancipe, en faire nôtre. La liberté n´est pas un lieu de domination gratuite et dictatoriale, mais un consensus respectant l´éclosion et la liberté de tous. C´est la thèse de la Réalisance. Se réaliser librement n´exclut ni la coopération, les relations de solidarité, ni la responsabilité partagée du respect de la liberté et de la réalisation des autres. Mais il n´est en aucun cas question de dominer pour imposer ses vues, ses intérêts, ses abus même au nom d´une quelconque démocratie ou liberté hégémonique.

Ceci dit, je crois avoir répondu à tes questions. En espérant que mes réponses te satisferont ou t´aideront à trouver les tiennes, je te prie de croire à ma sincère sympathie.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

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28 juillet 2006

En RDCongo, rien ne va plus !

Show down pour le pouvoir

Le Congo : un cœur qui saigne

« Si le Congo meurt, c´est toute l´Afrique qui bascule dans la défaite et la recolonisation »   P.E.Lumumba

L´ambiance est tendue et presqu´insoutenable à la veille des élections congolaises, les premières libres depuis 46 ans ! Et depuis la mort du père de l´indépendance de ce pays : Patrice Emery Lumumba, tous les bas n´ont pas été épargnés à ce continent au cœur de l´Afrique. Ni la cupidité dernière de ses pays voisins attisés par des pays étrangers intrigants, ni le tribalisme illuminé et séparatiste, ni les guerres de politiciens véreux, maladroits ou simplement ignorants de leurs devoirs, ni l´analphabétisme, le populisme abruti et borné…rien n´a épargné ce peuple depuis. Et à la veille de cette échéance cruciale, on se demande si tous les acteurs sont conscients de la valeur symbolique réelle de ces votes ?

Ne nous faisons aucune illusion, ce n´est pas voter qui construit les école, fait l´agriculture, soigne les malades et protège la paix sociales ou nos frontières ; mais bien les hommes que nous élisons et qui veillent à ce que cet état soit valablement organisé et remplisse ses devoirs envers son peuple et sa destinée au sein du monde. C´est donc à cette élite que s´adresse nos espoirs et nos questions : saura-t-elle remettre le train congolais sur la bonne voie, nous l´espérons vivement. Car jusqu´aujourd´hui, 46 ans après l´indépendance antagoniste, plutôt sournoise que réelle du 30 juin 1960, la classe politique congolaise ne s´est pas couverte de lauriers de réussite, bien au contraire : elle a plutôt nagé et tourné en rond qu´elle n´a exercé ses devoirs avec talent. Est-ce une question d´hommes, de capacité, de vision de l´exercice du pouvoir et de sa dure et lucide appréciation ; ou est-ce le manque d´idéal, de l´art de conjuguer l´espoir historique du peuple avec ses devoirs envers ses désirs, ses rêves, ses attentes ? Ou n´était-ce, comme nous ne le savons que trop bien, la pression géopolitique occidentale qui entraînait cruellement ce pays dans une stagnation intentionnelle, pour faire plus aisément main basse de ses richesses ? Apparemment tous ces facteurs ont joué un rôle dans le marasme actuel de ce beau pays.

C´est pourquoi, encore une fois les congolais se demandent si cette fois le mal congolais prendra fin, que le choix que le peuple fera cette foi-ci le sortira des ténèbres des guerres civiles, de la corruption et de l´aliénation mentale donnant à chacun de ses enfants une chance réelle de travail, de participation active et assidue à la réalisation de ses propres rêves et ceux de tous les siens. Sortir de la misère,  de la mendicité et de la dépendance étrangère pour vivre et mériter la fierté de sa  propre créativité. Y avait-il de fierté ou d´honneur plus cher ?

Certes, la danse des sorciers et des prédicateurs marchands du vent et du mensonge a commencé, plus vertigineuse que jamais. Et cependant, devant ce vote qui à mon avis représente pour tous les acteurs nationaux et internationaux de la paix congolaise, une véritable chance de stabilité, j´espère vivement que le peuple saisira cette occasion solennelle pour imposer sa volonté saine et souveraine. Sinon, elle devra de nouveau en subir les conséquences qui n´ont été, pendant trop longtemps, que bien douloureuses. C´est donc l´occasion de faire et de dire le droit de la volonté populaire. Et après ce choix, exiger de la part de ses élus de mettre tous leurs effort et leur engagement à réaliser les nobles idéaux de la nation. Avec ambition et élégance, parce qu´ils sont la véritable source de la grandeur historique et de l´avenir d´un peuple.

Musengeshi Katata

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munkodinkonko@aol.com

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Confiant versus Bilé

Duel verbal d´identité sous le joug du maître blanc ?

Sous l´auberge du faux, de la frustration, du rêve brûlant

Le torchon brûle, et à couteaux tirés autour des caprices des apparences réelles et les aspirations profondes et brûlantes de la belle Martinique. Le journaliste Serges Bilé a reçu, sur son article « fierté noire » du 03.07.2006 sur la finale du Mundial vu des rues de la Martinique, une violente diatribe que je qualifierai personnellement d´excessive,  plutôt déplacée que posée. Pour ceux de mes lecteurs qui s´attachent au détail, dans le nouvel observateur du 21.07.2006, ils auront le loisir de lire le reportage de Serges Bilé et la rétorque de Raphaël Confiant intitulée : « Trop, c´est trop. »

En réalité, il s´agit dans cette confrontation qui a pris sous la violence de la réaction de Raphaël Confiant, une tournure agressive et plutôt méprisante, d´un conflit typique de symboles introvertis dont l´étalement volontaire ou pas par Serges Bilé a provoqué la violente négation de la part de Raphaël Confiant. Apparemment, Serges Bilé est allé fouiller dans des blessures vives de l´identité martiniquaise. Et son tribun chaleureux : Raphaël Confiant l´a traité de tous les noms. Si vous voulez mon avis, aucun des deux n´a tort ; pour ce qui est du style de Confiant, il dénote tout simplement que ni le contentieux africain de l´esclavage, ni l´aveuglement parvenu de bien d´africains nouveaux immigrés en France qui, ignorant parfois le douloureux passé des rapports blancs – esclaves des Antilles françaises. Ces nouveaux arrivants s´accommodaient par trop facilement à agréer au système dominant de la Grande Nation Française où cependant les anciens esclaves aspiraient déjà à une identité propre, à une indépendance culturelle, linguistique et économique qui leur rendrait leurs propres valeurs perdues, réprimées ou galvaudées par 400 ans de pire des traitements sociaux.

N´était-ce pas curieux que ce soit justement un peuple français qui fit la révolution française de 1789, légua au monde la charte des droits des hommes qui tardait sournoisement à le comprendre ? Serges Bilé a dévoilé dans son article les comportements antagonistes des martiniquais faces à leurs propres aspirations de libération du joug historique blanc. Que des martiniquais acclament, affichent le drapeau français ou chantent la marseillaise pendant que leurs propres fils jouaient pour la France dont ils faisaient, jusqu´à preuve du contraire, bien partie ; qu´est-ce que cela avait de blessant ou d´offensant ? Apparemment rien, sauf si la description de cette situation, et surtout par un français d´origine africaine (Côte d´Ivoire) comme l´était Bilé, ne fit, dans un nationaliste comme Confiant, déborder un vase séculaire dont le poids, à la longue, était devenu de plus en plus amer, insupportable.

Etrange situation de confrontation par symbolisme frustrés, dévoilés, faux auxquels les attentes, les rêves ou les aspirations brûlantes, et certainement séculaires des peuples des Antilles blessés dans leurs amours propres, leurs avides quêtes identitaires, ne révoltait que d´autant mieux lorsque quelqu´un (et surtout un africain, semblait-il) venait à leur en rappeler les douloureuses cicatrices.

Dans cette affaire, à ce qu´il me semble, (et on le voit dans la lettre de soutien à Confiant adressée par un collectif à la presse) qu´on attribue d´autorité à Serges Bilé le voie de fait ou l´intention volontaire de blesser ou d´offenser la fierté martiniquaise. Je ne le pense pas, ou du moins, je ne lui attribue pas cette méchante ironie. Il serait donc encore temps d´enterrer une hache de guerre qui, tout en voulant abattre un ennemi qui n´en était pas, prenait ou cherchait des prétextes qui éloignaient de la vérité, du but réel encouru. S´agissait-il de se défouler ou s´agissait-il d´exercer sa violence sur le premier venu qui disait un mot de trop ou de travers ? Ce n´est pas Serges Bilé qui a fait l´esclavage, et ce n´est pas lui qui en est responsable, ou le geôlier sournois cachant sous sa verve la clé de la liberté martiniquaise. Si les martiniquais aspirent à se libérer de la France, ou à exiger de celle-ci qu´elle respecta plus étroitement leur identité, leur culture, leur langues ; ne soyons pas mesquin, Serges Bilé leur a rendu un service irremplaçable en leur disant justement ce qui était faux. Car de nos jours, bien de symboles dont faussés et inversés. Rouler dans des voitures françaises, être dépendant de son industrie, de sa littérature ou de sa créativité,…de son bon vouloir, et rêver de liberté sans organiser la reprise et la défense efficace de celle-ci, l´Afrique ne le savait que trop bien ; cela ne menait nulle part, sinon au mensonge, au faux à l´illusion la plus douloureuse.

Et pour avoir vécu des siècles sous « liberté, égalité, fraternité », tous les peuples des Antilles victimes de l´esclavage et des valeurs judéo chrétiennes françaises devaient en chanter une chaude chanson. Mêmes les américains noirs en avaient éprouvé, de la part leurs maîtres blancs, d´un étalage de mépris et de traitements avilissants du plus impressionnant catalogue. Heureux ceux des peuples qui savaient oublier, et cependant, selon toute vraisemblance, même pas l´Afrique ne le sait. Car faire l´histoire, c´est aussi avoir une mémoire, des idéaux, des valeurs éthiques et morales, …et l´art particulier d´aimer et de chérir sa culture, ses désirs, son avenir. Il y a cependant 600 ans que des blessures faites à notre histoire n´arrivent à guérir autrement qu´en nous torturant. Il serait grand temps de leur rendre leur dû : la liberté. Et nous apprenons déjà que de frères que nous étions jadis, l´esclavage nous a divisé, rendu étrangers l´un à l´autre. Autre vérité : tous nous aimons une France qui n´existe pas, ou qui tarde à se réaliser ; la France à laquelle nous aspirons, celle qui nous rendra justice à tous et guérira autant nos blessures qu´elle permettra à nos âmes ensanglantées de recouvrer leurs fiertés, elle n´existe pas encore. Et il est bien possible qu´elle ne verra jamais jour, parce qu´elle n´est qu´un rêve irrésistible certes, et cependant insaisissable si ceux avec lesquels nous devons la partager et la réaliser ont une toute autre vision de sa beauté, de sa justice sociale, de sa grandeur d´âme que nous. Et il serait peut-être sage que chacun chez soi apprenne à cultiver et à chérir ses fleurs les plus précieuses. Mais est-ce la peine, pour se faire, de renier des valeurs qui nous sont tous chères ? Car si elles ne savent pas nous rendre notre passé perdu, celles-là au moins nous rapprochent.

Musengeshi Katata

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munkodinkonko@aol.com

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26 juillet 2006

Brigitte Bardot: une idole raciste

Un exemple type de symbole occidental dévoyant

Symboles de mystification, d´aliénation mentale, de négation

« Le peuple Américain est le seul peuple à être passé de la préhistoire à la décadence

sans connaître la civilisation ».  Georges CLEMENCEAU 

On les idolâtre, on les acclame, on les vend au monde entier pour symboliser la beauté, l´élégance, l´idéal occidental symbolisé…puis lorsqu´on gratte derrière le masque que ces idoles portent et représentent, on se rend compte avec horreur que ce ne sont, en réalité que des monstres racistes. Brigitte Bardot, condamnée à plusieurs reprises pour propos racistes est vraisemblablement l´exemple type de cette culture occidentale à idéal blond aux yeux bleus que la culture française a tenu à imprimer à sa société sans prendre la peine de contrôler le contenu de valeurs humaines que recouvrait cette artiste. Et si les français se donnèrent, fier de son talent et de son succès évident à l´écran beaucoup de peine à la commercialiser dans le monde entier, même en Afrique ; ils auraient dû, au préalable, s´assurer que ce produit n´était pas pourri, que sa consommation ne risquait pas de donner des indigestions aux consommateurs du monde auxquels on la servit comme étant le non plus ultra de l´interprétation cinématographique. Certes, certes, une chose est l´acteur lui-même, autre chose est sa prestation. Nous en sommes tous conscients, et cependant, lorsque cette « beauté » qui doit sa célébrité et son succès financier au public du monde entier se mettait ouvertement et sans le moindre gêne à tenir des propos racistes et ségrégationnistes, le symbolisme sans frontière qu´elle représentait s´éteint pour laisser place à une vulgaire caricature régionale de la plus étroite projection.

On voudra discuter longtemps autour du sujet, mais l´interview que Brigitte Bardot fit en 2004 à un journal allemand quelques temps après sa condamnation en France pour propos racistes, et dans lequel elle s´écriait à l´endroit des étrangers : « Depuis 20 ans nous laissons ces canailles et ces barbares détruire notre culture et nos villes sans nous y opposer ; cela doit cesser, nous devons défendre l´occident contre l´invasion de ces incultes et analphabètes qui n´en veulent qu´à notre bien être » Ce fut, naturellement pour ce grand journal allemand dont la société nourrissait secrètement depuis l´ère nazie l´idéal germanique du blond aux yeux bleus, des propos de belle aubaine. Surtout si ils étaient prononcés par une française, une étrangère, en somme à l´interdit social de propager cette idéologie décriée. C´est bien connu que certains journalistes aiment à faire dire aux étrangers ouvertement ce qu´ils pensent tout bas et entretiennent secrètement, afin de ne pas se mouiller eux-mêmes. La belle sournoiserie. Interrogée sur ses amis, la belle française avoua qu´ à part ses animaux, elle ne comptait que Le Pen dans ses amitiés, tout en ajoutant qu´elle l´admirait et l´estimait au plus haut point. Cela voulait tout dire : le monde entier aurait admiré une belle femme artiste qui n´aimait que les animaux et ceux qui étaient racistes. N´est-ce pas effrayant ?

En lisant l´interview, j´ai pensé à ma mère qui admirait cette actrice française avec dévotion. Qu´aurait-elle, elle qui est noire, dit si je lui disais que Brigitte Bardot, son idole, était raciste ? Elle serait vraisemblablement choquée, et déçue ; et sûrement, pour elle, les belles poses et les frondeuses répliques de la française ne seraient plus qu´injures. Et c´est bien là le drame culturel devant lequel les cultures noires, africaines se trouvent : on leur a fait avaler, depuis l´esclavage jusqu´à ce jour des symboles destructeurs, aliénant, négativistes. Les occidentaux ferment les yeux et se détournent lorsqu´on aborde ce problème cependant crucial pour la liberté, le respect de l´intégrité et la culture des autres. Eux qui arboraient si joyeusement « Liberté – Egalité – Fraternité ou criaient à qui veut l´entendre des droits des hommes, sont pris, encore une fois, en flagrant délit de faux et usage de faux. Et cependant, malgré la surdité française et occidentale en général, ce problème subsiste autant qu´il n´est que le revers d´une problématique beaucoup plus large, d´un manquement beaucoup plus profond. Et pour le moins inconvenant.

Et on a beau faire le tamtam de l´antiracisme, afficher des idéaux qui encourageaient les encroûtés à quitter leurs vielles tanières ou leurs retranchements devenus insoutenables, comme dans le livre du « Poison Chrétien » de, toute la culture occidentale était pavée de citations, de sommités telles que Montesquieu, Napoléon Bonaparte, Léopold II, de documents tels que le Code noir de 1685, d´actes et de comportements politiques, idéologiques, économiques qui ont été imprégnés depuis des siècles dans cette eau trouble et sale. Et des générations et des générations se sont légués ces symboles culturels inhumains et pourris. Changer les choses ? Oui, mais par où commencer ? Ou suffisait-il de jouer au réformiste superficiel pendant que, par exemple, tout ce qui était noir dans la langue, était mauvais, péjoratif, fautif, sale ?

Nous pensons que ce ne sont pas seulement les symboles qu´il faut réprimer. Ces symboles sociaux vivants ou abstraits ne sont que des projections de l´esprit ou des usages qui leur ont donné jour et les utilise. Et il serait temps de prendre le taureau par les cornes, plutôt que de jouer un jeu mesquin qui, pour peu qu´il n´eut que le but de satisfaire sa propre conscience historique prise en flagrant délit d´inhumanité, n´en était pas moins un art typiquement occidental à tromper les apparences, si les choses, le mépris et le racisme se répétait indéfiniment. A la fin, on se demande si l´Afrique et l´homme noir ne devraient pas s´abaisser, eux aussi au racisme envers les blancs et à ses multiples facettes ; peut-être alors ceux-ci comprendront-ils ce qu´ils ont entretenu pendant 600 ans. Parce que crier au respect de l´intégrité humaine, des cultures et des droits comme des muezzins au minaret chrétien de la culture occidentale, cela leur fait croire qu´il s´agit de faiblesse ou de désespoir hallucinant. Les chiens aboient et la caravane passe, se disent-ils ; il se tairont bien un jour. Erreur. Quiconque ne sait apprendre ni par la raison ni par le bon sens, ne doit pas s´étonner un jour s´il est contraint à apprendre au corps.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

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25 juillet 2006

Sur la nouvelle destruction du Liban

Israël pris au piège de l´isolation en voisinage arabe.

Détruire le Liban à quel but ?

Beaucoup de gens se demandent : qu´est-ce qui se passe, les israéliens, s´ils ne s´agissait que de libérer deux soldats enlevés, pourquoi prendre en compte la destruction de tout un pays en occasionnant des pertes disproportionnées en vies humaines, en biens, en matériel militaire ? Etait-ce seulement, comme pour le 9/11, la fierté blessée qui tournait à la rage de détruire et de massacrer tout en démontrant sa suprématie militaire aux arabes ? On se demande bien ce qui se passe, parce que tout semble tout à coup prendre des proportions de guerre prétexte. Israël serait-il de nouveau en mal de territoire, et aurait profité de l´enlèvement de deux de ses soldats qui étaient vraisemblablement, pendant que leurs collègues bombardaient et assassinaient des femmes et des enfants innocents, à l´abri ? L´administration  américaine de Bush, selon le New York Times, aurait accordé aux israéliens deux semaines de destruction avant qu´ils n´interviennent pour exiger un cessez-le feu. Heureux qui a de tels amis qui lui permettent de massacrer et de bombarder à loisir. Lorsqu´on apprend de telles intrigues contre la paix d´un pays, on se demande bien à quelle culture barbare la domination occidentale nous entraîne dans ses étroits retranchements. Car il s´agit bien d´actes désespérés d´imposer partout dans le monde une culture qui n´arrivait plus à satisfaire ni à ses propres ambitions, ni à celles de tout le monde et de chacun. On avait longtemps crû qu´il suffisait de placer et d´entretenir des puissances satellites bien armées, et gouvernées par des despotes qui dirigeaient les finances et l´économie de leur pays entre les mains des banques occidentales. Cette stratégie ne semble plus tenir : de partout explosent des protestations civiles, armées ; et ces brasiers, pour les éteindre, ne nécessitaient plus le bâton et des mensonges de « démocratie » mais des concessions qui toutes tendaient vers le respect de valeurs de réalisation. C´était bien plus que le capitalisme centraliste occidental n´avait à offrir. Il ne restait que le bombardement ou la dictature par procuration : l´arme bornée et primitive de l´exploitant simple d´esprit.

Pour Israël chargée de dominer les arabes pour le compte occidental afin d´assurer l´exploitation du pétrole dont la région regorge (combien de temps encore), les choses ne se présentaient plus comme dans les années ´90 ou avant. La flambée islamiste – surtout fondamentaliste (Notons qu´on se demande pourquoi on les nomme fondamentalistes si leurs attentats criminels ne tenaient compte ni de la vie d´innocents, ni de la tolérance qui est un élément humain et culturel fondamental. Mais soyons francs et objectif : le capitalisme occidental et son judéocatholicisme qui  s´était volontairement imposé sur le monde, n´avait-il pas fait l´esclavage, massacres en tous genres, colonisations déculturantes et oppression économiques et militaires pour parler aujourd´hui de « civilisation » ?) n´était rien d´autre qu´une révolte consciente et organisée contre l´assujettissement à l´étranger que représentait Israël, et derrière lequel un plus grand monstre complice régnait et tirait les ficelles : l´occident.

Et ce face à face culturel entre l´islam et le judéo christianisme, loin d´employer ses meilleures valeurs pour s´imposer ou repousser l´autre, tous deux se cachaient derrière les symbolismes les plus sourds de leurs cultures. L´un arborait un islam primitif et rétrograde dont on se demandait parfois si sa rigidité et son manque évident d´humanisme libéral n´était pas une insulte criante à la liberté et aux droits individuels primaires ; l´autre, par contre, arborait le militarisme dominant et abusif qui pour atteindre ses buts financier et économiques, ne lésinait pas à détruire sournoisement des valeurs humaines et sociales. C´est le face à face de la pudeur sournoise et de l´illumination excessives et dominantes de la foi islamique contre la corruption, le nu commercial de la femme, et le catéchisme-prétexte derrière lequel tous les vices semblaient autorisés, pourvu qu´on fut blanc. Dans tous les deux cas, la tolérance et le respect de l´autre étaient liés à l´abandon du sacré qui n´était rien d´autre qu´une affabulation. Le faux dominant de fausses valeurs destructives et sans perspectives que la domination elle-même. L´être humain ? Il n´était plus qu´un vil instrument pour atteindre ses buts.

Enclavé au milieu de pays arabes islamisants, comment Israël pouvait-il exercer son pouvoir de domination ou d´émancipation culturelle, si ce pays n´arrivait pas à établir entre lui et ses voisins arabes des rapports culturels, commerciaux, économiques à même de lui permettre d´avoir accès aux peuples, ceux qui, en vérité, décident de la pratique et du contenu de la démocratie quelle qu´elle soit ? Les peuples peuvent vivre et exister sans gouvernement, mais un gouvernement ne peut pas exister sans peuple. Croire que sans intégration au Moyen-Orient, sans échanges commerciaux et économiques assidus, Israël, grâce à sa suprématie militaire impressionnerait qui que ce soit ; cette illusion ne pouvait qu´être momentanée et de courte durée. Pour l´Etat hébreu, outre cette frustration de l´isolement, se conjuguait d´autres facteurs non moins déprimants : l´endettement public israélien galopant, et bien entendu la courbe démographique angoissante. Les meilleures pronostiques d´experts prévoient à ce pays dans 30 ans un irréversible envahissement arabe, car ce sont eux qui font des enfants, pas les juifs. Eux jouent au soldat. Ce sont, si on veut, des enfants arabes qui viendront payer les dettes juives ; n´est-ce pas l´ironie la plus injurieuse pour les juifs ? Sarcastiques, certains observateurs disent que c´est une raison pour s´endetter à cœur joie ; d´autres par contre, à la perspective d´un judaïsme dépendant d´arabes, cela les rend nerveux et plutôt tristes. L´insoluble impasse. Quand le vin est tiré, il faut le boire…quelqu´amers soit-il. Inch Allah.

A quelque chose cette situation de dépopulation juive est absurde et déprimante : à croire que comme le Japon et l´Allemagne qui s´illustrèrent au 20ième siècle par un usage dépensier et abusifs de leurs jeunesses dans des guerres barbares et gratuites, les victimes de l´Holocauste, pour avoir adopté le militarisme et la belligérance de leurs oppresseurs de jadis, subissaient, eux aussi le même sort. Voilà les revers cachés de ce bombardisme insolent et plutôt méprisant envers le Liban qui, malgré tout ce qui a été fait et entrepris par les occidentaux en y dépêchant 40.000 immigrés canadiens, 25.000 américains, 10.000 philippins, 3.000 allemands…etc, ne fut pas à même de devenir entièrement chrétienne. Ou d´étouffer l´animosité conjurée de la Hezbollah.

Quelques questions, cependant, éveillent notre attention : et si cette vendetta israélienne n´avait d´autre but que d´attirer l´Iran et la Syrie dans un piège de confrontation ouverte, ce qui aurait permis à l´armée israélienne de détruire, par cette même occasion, toutes les installations d´ambition nucléaire de l´Iran ? Les américains, selon toute vraisemblance, n´arriveront pas à imposer ni un embargo, ni une quelconque pression politique sur Téhéran ; le pétrole risquerait des envolées indésirables. Quand aux iraniens, ils semblent avoir évalué leurs droits légitimes à l´énergie nucléaire à leurs justes valeurs et se réservaient, en temps opportun, à donner une réponse valable à ce conflit, au lieu de tomber dans un piège stratégique qui les conduirait à un gambit vide ou désavantageux. Faire appel au Conseil de Sécurité pour empêcher un pays indépendant d´exercer un droit légitime comme l´a fait l´occident, tout cela a mouillé tout le monde en prouvant que l´ONU, hormis la Chine et la Russie, n´était rien d´autre qu´une chambre d´entérinement de l´hégémonisme occidental institutionnalisé. Une bien maladroite et pénible complicité. Cela rappelait la réponse d´un Putin au dernier G8 à Georges Bush qui lui, répondant à la question d´un journaliste lui demandant si il y avait rapprochement entre Putin et lui sur la démocratie. Le président américain lâcha : « …j´ai pu apprécier que le président Putin a une autre vision de la démocratie ». Et Putin de répondre à cette critique voilée : « …en tout cas, ce ne sera pas la même démocratie que celle qui sévit actuellement en Irak ». Ce qui m´avait personnellement scandalisé, ce fut que la plupart des journalistes rirent. A se demander s´ils n´avaient pas compris le pénible sarcasme accusateur qui venait d´être échangé devant eux. Triste monde qu´est le nôtre où un pays indépendant et souverain était bombardé dans le Moyen-âge, ses structures sociales et politiques fourvoyées, ses citoyens massacrés au nom d´une démocratie qui n´en était pas une. La démocratie du pétrole, de l´utilitarisme occidental aurait-elle à ce point détruit notre bon sens ?

Ce qui blesse et révolte dans cette guerre gratuite du Liban, c´est qu´encore une fois ce pays sera détruit pour un enjeu qui n´était pas le sien. Et à mon sens Israël se trompe bien si elle croit qu´elle arrivera à détruire le Hezbollah ou le Hamas. Au plus ce pays bombardera et fera des victimes ; et au mieux ces institutions fantômes renaîtront après son départ. Ce sont, si on peut dire la cime de la contestation musulmane contre l´hégémonie occidentale formalisante ; et si celle-ci les assujettissait et violentait leurs valeurs, plutôt qu´elle ne leur reconnaissait le droit à être indépendant et singulier dans leur foi, la révolte repousserait, comme de la mauvaise herbe. Pourquoi tous les immigrés arabes en occident ne devenaient-ils pas tous terroristes ou fondamentaliste ? Le dialogue réel de possible et équitable cohabitation.

Le problème de la fameuse « démocratie occidentale » est qu´elle détruit d´abord les valeurs étrangères, puis les remplace par des vides et des illusions qui servent plus à son industrie et à son hégémonie culturelle et financière qu´aux adeptes de l´islam. Or ceux-ci, mieux que tout autre communauté, sont ancrés dans leur religion. Ceci donne naturellement aux faux mullah en mal de réussite industrielle la partie belle pour tromper et aveugler certains croyants dans un extrémisme ou un fondamentalisme borné, intolérant et peu libéral. Mais cela n´est-il pas dû au fait que la société musulmane stagnait et se réfugiait dans la religion plutôt que de résoudre les problèmes rationnels et créatifs du bien être matériel ou intellectuel réel ? Au plus l´homme est incapable et acculé par la pauvreté ou l´échec de réalisation économico sociale, et plus il se met à prier fiévreusement, c´est bien connu. Par contre, le bonheur et la richesse matérielle rendent libéral et tolérant ; croire donc qu´en faisant l´esclavage, la colonisation ou l´exploitation économico financière, même pour sauver Israël, c´est de bonne démocratie, c´est mettre l´huile dans le feu au Moyen Orient. Les arabes sont une culture millénaire qui n´a pas besoin de fausses leçons politiques occidentales intéressées pour comprendre ou accéder à leur démocratie qui, soit dit en passant, sera de toutes les façons la leur, et c´est à dire différente de toute autre. D´autre part, il est au 21ième siècle bien pervers de prétendre que la liberté et la démocratie soient les suites de bombardements et d´assassinats. Il est temps de le comprendre, et de s´en accommoder. Question de tolérance, de liberté et de réalisation pour tous.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com 

 

             

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23 juillet 2006

Un livre très intéressant

Une vue éclairante des rapports Afrique - Occident

L'Afrique au secours de l'Occident

Préface de Boubacar Boris Diop, Postface de Pierre Kipré, Auteur: Anne-Cécile Robert, 2006 Les Éditions de L'Atelier/Les Éditions Ouvrières.

"Et si c'était L'Occident, et non l'Afrique, qui avait besoin d'aide?  Et si c'était au continent africain de venir au secours de l'Occident?  En répondant par l'affirmative à ces deux questions impertinentes, l'essai d'Anne-Cécile Robert s'oppose à la vision condescendante du livre de Stephen Smith Négrologie.  Alors que le capitalisme globalisé est en train de mettre à sac la planète, l'Afrique pourrait, en puisant dans son patrimoine culturel, apporter une vision plus harmonieuse et plus équilibrée du rapport entre les humains et la nature.  Sans idéaliser une Afrique mythique ni nier la dramatique situation dans laquelle se trouve souvent le continent noir, le livre suggère que le prétendu "retard" de l'Afrique ne serait que l'expression d'une formidable résistance culturelle à un modèle économique dévastateur.

Le succès de la première édition de L'Afrique au secours de l'Occident conduit les Éditions de l'Atelier à publier cette nouvelle édition avec des éditeurs d'Afrique de l'ouest dans une version de poche à un prix accessible aux lecteurs du continent africain (9 euros).

Anne-Cécile Robert est journaliste au Monde diplomatique et professeur associé à l'Institut d'études européennes de l'université Paris 8. 

Boubacar Boris Diop est écrivain et auteur de « Le temps de Tamango » (Le Serpent à Plumes, 2002)

Pierre Kipré est professeur d'histoire africaine à l'École normale supérieure d'Abidjan et ancien ministre de l'Éducation nationale de Côte-d'Ivoire.

Table des matières 

Préface.................................................................................               p.9

Introduction...................................................................................      p.19

Chapitre I - Un miroir de l'Occident..................................................   p.31

Les habits neufs de l'occidentalisation.............................................   p.33

L'Afrique, dominée exemplaire........................................................    p.38

Le libre-échange, ce médicament qui tue........................................   p.41

Quand les pauvres financent les riches...........................................   p.47

Lutte contre la pauvreté ou lutte contre les pauvres?........................ p.51

La corruption, partie intégrante de la mondialisation........................  p.55

Incantations démocratiques et ingérence politique..........................   p.60

Conclusion: Le modèle occidental poussé à l'absurde...................    p.64

Chapitre II - Maudits soient les yeux fermés..................................     p.71

La modernité africaine, les pingouins et nous................................    p.74

Ces médias qui raffolent de l'Afrique-cauchemar............................   p.85

L'Afrique, mourra-t-elle guérie?.....................................................    p.90

Le piège des réparations.............................................................       p.100

Cette fierté tranquille d'être africain..............................................     p.109

Conclusion: Éloge de la rencontre..............................................      p.120

Chapitre III - Besoins d'Afrique.....................................................     p.131

Les vertus simples du lien social.................................................       p.134

L'informel, laboratoire de la modernité..........................................     p.140

L'étranger le sens de l'accueil.....................................................       p.145

En convenance avec le monde....................................................     p.149

Fausse pauvreté, vraie misère....................................................       p.152

Indispensable parole.................................................................        p.156

Forces de l'esprit et psychanalyse.............................................       p.160

L'Afrique chez nous..................................................................         p.166

Le paradigme relationnel...........................................................         p.173

Conclusion: Démiurges et magiciens........................................       p.184

Conclusion générale:

Plaidoyer pour la diversité du monde..........................................       p. 195

Postface par Pierre Kipré..........................................................         p.203

Forum Réalisance

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22 juillet 2006

Commentaire sur l´article « Dieu a quitté l'Afrique »

Par Bibish Mumbu de Kinshasa, publié le 20/07/2006 sur Africultures. 

http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&no=4537 

Croire en Dieu ne suffit pas, il faut aimer, renchérir, épanouir et célébrer son œuvre exceptionnelle pour mériter sa belle et solennelle prière.

Cet article est symptomatique pour l´esprit et la situation congolaise qui règnent actuellement sur ce pays. Il décrit bien le mal ou le marasme dans lequel ce beau pays nage depuis le 18 janvier 1961, date de l´assassinat de son premier ministre élu : Patrice Emery Lumumba. Depuis la mort de ce tribun, tout a commencé à tourner à l´envers. Mobutu que les occidentaux aidèrent à prendre le pouvoir par un coup d´état était certes un dictateur charismatique qui arriva rapidement à mettre le peuple derrière lui, mais en ce qui concerne son rôle en tant que chef d´Etat, il n´en avait qu´une vision superficielle, et pour vrai dire dilettante. Comme tous les leaders africains d´après l´indépendance, du contenu et de portée du pouvoir, il en avait une trop lascive conception. Cette tradition de la superficialité, du paraître plutôt qu´être, a été, non sans le conseil paternaliste intéressé de la francafrique, chaudement encouragé et entretenu. Mobutu, certes, essaya d´y mettre du sien avec l´authenticité qui n´était, au fait qu´un gros mot de plus s´il ne guérissait pas le mal africain de l´analphabétisme, des traditions désuètes et primitives, et surtout, s´il n´accélérait pas la rationalisation des ambitions et des idéaux de la société en la mettant devant ses obligations face à elle-même, et le devoir incessible, inévitable de  développer les qualités intellectuelles individuelles en les organisant autour d´une production réelle et imaginaire de moyens conséquents de réalisation.

La crise qu´on observe au Congo actuellement est classique d´une classe politique désorientée, incapable de retrouver et aligner harmonieusement autour d´une véritable politique de développement par lesquelles toutes les forces vives de la nations trouveraient leurs places respectives. A force de vouloir rouler en Mercedes, de s´habiller à l´importation, de danser plutôt que de travailler…comment pourrait-on, avec une telle morale, régler ses problèmes croissant sous une démographie explosive ? Si par surcroît on dépensait plus qu´on produisait, qu´on fermait les universités et les écoles techniques, et que les élites corrompues et incapables préféraient, eux et leurs familles, aller se faire soigner à l´étranger, plutôt que d´encourager et de financer les hôpitaux et dispensaires locaux entretenus par de brillants jeunes médecins congolais manquant de tout équipement moderne ou approprié pour exercer un métier qui leur avait coûté des années d´études assidues, de restrictions, d´efforts. Et malgré leurs diplômes et leurs spécialisations, la société ne semblait pas reconnaître ni leurs talents, ni leur précieuse utilité. N´est-ce pas déprimant ? Cet exemple s´appliquait autant aux ingénieurs en agricultures, aux hauts techniciens, aux enseignants. Tout cela est caractéristique d´une société tournant en rond, et se mordant la queue à l´impasse de la régression, plutôt que d´investir dans l´avenir afin de résoudre progressivement ses problèmes. Ce qui révoltait, au Congo, c´était que cette classe fourvoyée d´élites incapables et visiblement sans talent ni orientation se vantait de mérites et de résultats qui n´étaient ni visibles, ni appréciables. Et pendant ce temps, le mal lui grandissait et devenait insupportable, si pas explosif. En viendront-ils un jour à trouver le sens équitable et responsable de leurs devoirs, ou ces marasmes sont leur seul tribut à l´avenir de ce continent ?

A ma dernière visite au Congo, j´ai été invité par un ministre de la coopération, en 1998. Et tout de suite j´ai remarqué, par le nombre de petits enfants qui abondaient les rues, que ce pays allait avoir des problèmes sociaux grandissants. Lorsque j´ai dit à mon ministre qu´ il fallait mettre les gens au travail, leur donner un revenu et un rôle social, celui-ci m´a répondu : « Avec quoi va-t-on les payer ? » cette réponse m´a fait dire que je me trouvais devant un amateurisme scandaleux qui s´exerçait au détriment de ce pays. Un autre ministre, celui des de la petite et moyenne entreprise avec lequel j´avais fait les secondaires m´avoua, sur la question comment allait sa famille, que ses enfants allaient à l´école américaine qui coûtait des yeux à la tête. Intérieurement je me dis : pas étonnant que le niveau des écoles nationales périclite, si les élites envoient leurs enfants qui à l´école belge, française, américaine. Voilà tous des gens qui aimaient vraisemblablement le pouvoir et ses honneurs et ses avantages, mais qui ne croyaient ou ne remplissaient pas leurs rôles, visiblement parce qu´un marché parallèle de possibilités étrangères leur étaient, de par leur revenus, accessibles. Pas très loin de chez nous, à Monbele, j´ai, dans mes promenades journalières, fait une découverte qui m´a coupé le souffle : le long de la route qui menait au campus universitaire, dans une sorte de garage de fortune faite panneaux de bois sur lesquels un toit ondulé gluant sous la chaleur de midi, j´entendis des voix d´enfants. Je me dirigeais donc à l´entrée, et quelle ne fut pas ma surprise : c´était une classe. Sans bancs et sans tableau. Les enfants, âgés tous de 6 ans environ, étaient assis á même le sol et écrivait sur le sol nu. Suffoqué, je ne pus m´empêcher d´observer un beau garçon aux énormes yeux doux dont le visage, perlé de sueur et qui, à chaque signe en l´air de l´instituteur de fortune, tentait tant bien que mal à reproduire la lettre sur le sol à ses pieds. J´ai eu des larmes de colère et de rage. Lorsque la classe prit fin et que l´instituteur de fortune put répondre à ma question, il se contenta de dire : « Depuis que grâce au FMI et à la Banque Mondiale l´école est privatisée, nous nous débrouillons ». En quittant ce pays, j´étais tellement en colère que j´y oubliait mon manteau neuf. Qu´importe, me suis-je dis, je n´en mourrais pas. Ma femme ne fut pas contente, pas du tout. Depuis, quand je pense à cet enfant, à cette jeunesse démunie…ma colère est sans borne.

Dieu n´a pas quitté l´Afrique, monsieur Mumbu ; il n´a jamais déserté les côtés de l´homme noir. Mais à la longue, il commence lentement à désespérer. Car celui-ci, au lieu de renchérir et de fructifier sa parole, il ne l´écoutait ni la suivait. Cet homme noir auquel il avait donné sa parole en premier aimait trop danser, il préférait le prêt-à-porter, le prêt à consommer, le prêt à penser de la facilité que lui vendait l´homme blanc. Et même dans la Bible de l´homme blanc, il est écrit : « aides-toi et le ciel t´aidera » , mais vraisemblablement, depuis belle lurette, cet homme noir passait devant ses obligations sans les exercer dignement. Comment expliquer qu´il passait devant la chaude prière, une des prière les plus belle de l´univers : celle du puissant et redoutable Simon Kimbangu pour aller prier à l´église des blancs dont on sait que leur religion n´est autre chose qu´un poison venimeux pour l´Afrique ? C´est entre autre le nœud du problème : l´homme noir fuit son ombre au lieu de l´assumer, et à force de nier ses propres valeurs, de ne pas épanouir ses propres qualités afin que celles-ci lui ouvrent les portes de son propre paradis, il tergiversait, pataugeait et n´était plus que copie, ombre d´un fantôme qui le vidait de son sang, de sa voix, de sa force de célébrer l´existence, la plus belle prière de la vie !

Que peut-on dire d´une race qui se conduit de cette façon ; est-elle responsable et digne de la parole de Dieu ? Il ne s´agit, comme beaucoup le font, plus de prier à s´en fendre l´âme, ou de choisir un maître, une cachette culturelle pour cacher ses mensonges ou ses manquements. Il s´agit tout simplement de s´assumer et célébrer, avec élégance et doigté, l´existence : le plus grand don de dieu à la race humaine ! Celui qui s´y refuse, quel que soit sa religion ou ses prétextes, il n´a rien compris ni à la vie, ni à Dieu, parce qu´il passait devant la seule chance d´excellence et de réalisation humaine et la méprisait. Quelle que soit sa prière alors, ou ses moments de joies ou fortune, ceux-ci n´étaient rien d´autre qu´illusions vides et fausse foi. De quelque religion, de quelque race, de quelques origines sociales que nous soyons, monsieur Mumbu, nous n´avons qu´une vie ; quiconque la dépense oisivement ou en futilités, ne doit pas s´étonner un jour si la misère et la pauvreté est, malgré ses fausses prières, son seul pain.

Et permettez-moi de vous dire qu´attendre que les autres vous fassent la liberté, réalisent vos rêves, vos attentes, vos ambitions et ceux de tous les vôtre, c´est du pur suicide, parce que eux, ils sont occupés à réaliser les leurs. Si personne ne l a encore compris en Afrique ou ailleurs, il serait temps de se guérir d´amères illusions. Non, je peux vous en rassurer : Dieu n´a pas quitté l´Afrique ; c´est l´africain qui ne veut pas ou ne se donne pas la peine de réaliser sa prière la plus passionnée, celle d´aimer et de chérir valablement ce qu´il lui a été solennellement offert, et qui est l´existence.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

         




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