02 août 2006
L´immigration clandestine: la marée
Depuis le début de 2006 : 12.000 africains appréhendés
Un mal qui accuse l´absurdité de la criminelle francafrique
« …Car vous ne m´ épargnez guère, vous, vos bergers et vos chiens. »
Le loup et l´agneau. Jean de la Fontaine
Depuis le début de l´année 2006, à la frontière espagnole donnant sur l´Afrique, c´est le branle bas contre l´immigration africaine clandestine. Des scènes d´un incroyable désespoir s´y déroulent : après une héroïque et dangereuse traversée de la méditerranée dans des barques de fortune surabondées, des femmes, des enfants, des hommes épuisés, déshydraté, au bord de la syncope sont recueillis par les vedettes gardes frontières ou les bateaux de pêche espagnols. Naturellement tous les survivants sont immédiatement soignés et recueillis dans des centres d´hébergement fermés. Et quelques jours plus tard, après les formalités d´usage, ces clandestins sont rapatriés. Combien se sont noyés, personne ne le sait ; mais à en croire le nombre de croix sans noms sur les cimetières de Ceuta et de Melilla, beaucoup dont les corps sont souvent rejetés par la mer ou emmaillés dans les filets de pêcheurs. Et parfois, ce qui n´est pas rare, harassés par la soif et les efforts de la traversée, ils s´effondraient à leurs arrivée, et malgré les efforts des médecins empressés pour les réanimer, c´était peine perdue. Et comme personne ne portait sur soi des papiers d´identification dans l´espoir de prolonger son séjour en Espagne ou de trouver n´importe quel prétexte pour se faire accepter, cela se terminait par des croix sans nom. Triste épopée sourde et solitaire.
On avait beau élever des barbelés, contrôler les frontières en Afrique, semaines par semaines l´Espagne recueillait ses clandestins, leur offrait assistance immédiate et les ramenait chez eux. Dans les centres en attente de refoulement, on assistait à des scènes pathétiques qui souvent épuisaient psychiquement les surveillants, tant l´angoisse et le désespoir qu´on lisait dans les yeux de leurs naufragés de fortune étaient immense, et pénible à supporter. Parfois, tout ce qu´ils demandaient pour s´endormir, écrivit un des gardes à sa famille, c´était la Bible qu´ils lisaient fébrilement, en proie à une soif de foi quasi insupportable dans sa violence. Et pourtant, continua-t-il, il ne s´agissait plus de foi ou de religion, même pas de Dieu ; il s´agissait de tout autre chose qu´on appelait l´économie. Et cette bête organisée et rationnelle, dès qu´elle avait élevé ses frontières et ses conclusions, il n´y avait place ni pour la pitié, ni pour la tolérance.
Derrière ce drame humain qui se répétait inexorablement chaque semaine comme une vielle chanson douloureuse d´un amour déçu, les refrains épineux accusaient dans leurs vers crus autant la francafrique que les élites africaines incapables et corrompues. Ce n´était plus une plaie qu´on pansait et qui cessait de saigner, c´était une hémorragie ouverte dans la culture humaine, la société, les mœurs. Et on avait beau, comme Sarkozy, aller faire campagne aux gouvernements africains pour les encourager à fermer leurs frontières, à retenir chez eux cette plèbes envahissante ; ou encore, comme le disait le grand Chirac : « Si nous ne développons pas l´Afrique, ils envahiront le monde ! ». Toutes ces bonnes intentions arrivaient bien tard, et elle ne témoignaient que d´une sournoiserie des plus sarcastique. Car dans cette histoire, ce sont ceux qui criaient haro qui avaient privé ces malheureux de leurs moyens économiques et financiers de réalisation en soudoyant leurs élites, en assassinant leurs tribuns, en fomentant trouble et dissension pour instaurer des dictatures sanguinaires et incapables. Et maintenant que le mal ne pouvait plus se cacher, plus personne n´en était responsable. N´est-ce pas un peu mesquin tout cela ?
Que pensait donc l´occident dans sa géopolitique hégémonique et étroitement intéressée : elle saurait faire le bonheur pour tous, on n´avait qu´à y croire et à supporter qu´elle s´enrichit, usa et abusa de la loi du plus fort. Et aujourd´hui, où en étions-nous ? Criblée de chômage, d´endettements publics galopants, saturé et au bord de la surproduction, et malgré ses banques effondrée sur leurs richesses ; n´était-il pas arrivé à l´évidence que personne ne peut faire le bonheur ou la richesse d´un autre sans que la personne concernée ne participe autant dans le dividende que dans le principal ? Comment arrive-t-on, que diable, à faire les rêves de quelqu´un lorsqu´on n´en connaît pas la couleur, le cri ardent, la saveur cachée ? Oui, comment si on lui imposait le silence, la médiocrité, la castration de la chosification ? Comment une telle hérésie a bien pu se croire permise d´être appelée : civilisation, ou démocratie ?
Et c´est bien là le drame de notre culture dominante actuelle : à l´impasse du beau menteur pris en flagrant délit d´impuissance, elle continuait à fausser la vérité, à mentir son monde, à se tromper elle-même. Et malgré qu´elle ne savait plus ni offrir l´illusion vide et délabrée du sens commun, ni cacher ses vices d´étroite moralité, elle ne voulait se rendre compte de l´évidence la plus élémentaire : si tous nous appartenons à ce monde, il n´y avait pas de raison à ce que ce soit ceux qui ne pensent qu´à eux mêmes de nous dire ce que seront nos rêves demain ou comment nous devons nous réaliser pour être heureux, s´il nous excluaient, nous privaient dès le départ de notre réalisation sensible. N´est-ce pas utopique, prétentieux et arrogant ? La vraie réalisation ne se fait que par une participation pleine et volontaire, au partage des biens, comme à celui des droits et des devoirs. Car tous nous sommes des êtres humains, pas des dieux.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Les premiers pronostiques des élections en RDC
La tendance se confirmera-t-elle ?
Au revoir, Kanambe ; le peuple a parlé
Courrier du 08/02/06, émanant de Lidia Ndende <lidiandende@yahoo.fr> :
Voici les résultats compilés de l'élection présidentielle de la RDCongo que j'ai reçus ce mardi 01 août 2006 du QG de campagne de JP Bemba, après 99 % de dépouillement sur toute l'étendue du territoire congolais.
Province |
Nombre d'électeurs |
Jean Pierre Bemba
|
Joseph Kabila |
Kinshasa |
2.963.912 |
2.074.738,4 70 % |
592.782,4 20 %
|
Bas-Congo |
1.232.416 |
1.047.553,6 85 % |
9.859,3 0,8 %
|
Bandundu |
2.689.986 |
1.613.991,6 60 % |
537.997,2 20 %
|
Equateur |
2.541.927 |
2.033.541,6 80 % |
254.192,7 10 %
|
Kasaï- Occidental |
2.038.310 |
509.577,5 25 %
|
10.191,55 0,5 %
|
Kasaï-Oriental |
2.021.418 |
808.567,2 40 %
|
10.107,09 0,5 %
|
Province-Orientale |
3.257.291 |
1.628.645,5 +/- 50 % |
1.628.645,5 +/- 50% |
Maniema |
629.894 |
31.494,7 5 % |
535.409,9 85 %
|
Nord-Kivu |
2.462.012 |
295.441,44 12 %
|
1.477.207,2 60 % |
Sud-Kivu |
1.666.615 |
99.996,9 6 %
|
1.416.622,75 85% |
Katanga |
3.517.922 |
703.584,4 20 %
|
2.110.753,2 60 % |
Total général |
25.021.012 100% |
10.837131,8
43% |
8.583.767,79
34% |
Selon les chiffres en ma possession, JP Bemba part favori pour le second tour avec un score de 43 % des voix, tandis que le président sortant Joseph Kabila n'obtient que 34 % des voix.
Comme prévu, les Congolais de l'Est ont majoritairement voté pour le président sortant Joseph Kabila. Les deux candidats font quasi le même score dans la province du Maniema, tandis que le Nord, le Centre et l'Ouest de la RDCongo ont littéralement plébiscité l'enfant du pays Jean Pierre Bemba Gombo.
Je pense que Jean Pierre Bemba Gombo est le candidat qui dispose d'une bonne réserve des voix dans le Nord, le Nord-Est, le Centre, l'Ouest et le Sud de la RDCongo, il va certainement bénéficier d'un report des voix d'autres candidats du Front pour la Défense du Congo que dirige l'incontournable Dr. Etienne Tshisekedi le Président National de l'UDPS.
De ce qui précède, je peux modestement affirmer que Jean Pierre Bemba Gombo sera le prochain président de la RDCongo avec un score supérieur à 65 %.
Toute fois, je reste dans l'attente des projections du QG de Joseph Kabila pour établir une petite comparaison avec les données obtenues auprès du MLC de JP Bemba.
A suivre.
Pour la dynamique de Bruxelles
B.S. Kalombo.
PS: Je viens d'apprendre que Joseph Kabila a été rappelé d'urgence ce mardi 01août 2006 aux USA pour règlement des comptes, car les résultats des premières tendances ne reflètent pas du tout les prévisions des experts et pseudo-spécialistes internationaux du Congo. Les pêcheurs en eaux troubles détestent les imprévus; Ca commence à sentir le roussi.
Bravo peuple Mokonzi !
Forum Réalisance