08 août 2006
Sur la nécessité de créer des médias africains
Commentaire sur afrikara (08 Août 2006 18H30)
Surtout ne pas renverser la logique
« La liberté ne s´achète ni ne se prête, elle se conçoit et se réalise. Celui qui se refuse à l´assumer pleinement subira tôt ou tard une version étrangère qui, l´histoire en est témoin, n´est qu´écourtée et assaisonnée de contraintes plus avilissantes que réalisantes. » MK
Créer nos propres médias, et commencer par les moyens techniques. Je reprends le cri du dernier commentant en disant que nos cultures, nos pays, comme toutes les autres communautés de la terre, se doivent de se nantir de moyens d´expression. Et cependant, ce qui nous diffère de certains opportunistes, c´est que nous pensons qu´il faut d´abord mettre sur pied la fabrication d´appareils de communication. Respecter le droit à l´expérience sensible des nôtres. Former et orienter nos techniciens et nos ingénieurs et leur faire confiance; ils en ont besoin. Sinon ce sera comme avec les routes: elles coûtent près de 1 million de dollar par Km à la société, mais les véhicules qui viennent y rouler et polluer l´air de nos enfants, ce sont ceux des industries occidentales ou étrangères. Un exemple type: on s´abîme au subsidiaire pour paraître et on abandonne le principal réalisant aux étrangers. Alors, n´inversons pas la logique et commençons par le début de l´alphabet, plutôt que de vouloir toujours tronquer la logique ou la renverser. Prendre le taureau par les cornes, plutôt que de jouer à cache cache avec son propre destin. Et pour ceux qui ne croient pas que cette démarche est possible, je leur rappelle que le plus grand constructeur aéronautique canadien est un congolais, et que l´électronicien américain en vogue actuellement est d´origine nigérienne. Surtout ne pas se sous estimer ou se laisser emporter par un activisme illogique, et en fin de compte suicidaire.
Musengeshi Katata.
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
Forum Réalisance
Le Sarkozysme a atteint la Guadeloupe
Les Haïtiens sont expulsés de la Guadeloupe avec des méthodes de Gestapo
La signature de Sarkozy en Guadeloupe ?
« Celui qui n´est pas assez dur pour imposer à l´existence ses conditions, doit accepter
celles qu´elle lui réserve. » Thomas Stearns Eliot
Dans l´article écrit Par Maguet Delva, journaliste haitien Site Internet : http://www.haitidemocratie.com dans AlterPresse, ce journaliste témoigne et relate des méthodes policières guadeloupéenne d´expulsion des indésirables haïtiens sur leur territoire. Cette pratique est apparue après que Sarkozy eut dépêché un corps policier spécial chargé de d´épurer la Guadeloupe de tous les haïtiens devenus désormais indésirables. Les malheureux sont chassés comme des bêtes dangereuses dans tout le pays, descendu de bus, appréhendés chez eux à domicile. Les petits marchands sont empêchés à vendre leurs produits sous prétexte qu´ils ne payaient pas l´impôt ou qu´ils n´avaient les autorisations requises. A l´aéroport où ces malheureux sont mis en quarantaine d´expulsion, on assiste à des scènes de mépris et de violence témoignant non seulement une profonde animosité, mais laissent lieu trop souvent à des abus corporels ingrats.
Pour peu qu´on connaisse l´histoire de l´indépendance d´Haïti et de la France, on se porterait à croire que la Guadeloupe se prête à exécuter la politique de Sarkozy qui lui, avec ces méthodes, se venge des haïtiens pour leur indépendance. Selon la logique : ils ont voulu l´indépendance, qu´ils aillent donc chez eux la fêter. Or Haïti est le premier pays qui a souffert de la fameuse francafrique pratiquée tour à tour entre français et américain contre ce jeune pays. Mieux, pour tous ceux qui voulaient comprendre ce que signifiait cette immonde et criminelle pratique géopolitique, ils n´avaient qu´à lire l´histoire de l´indépendance haïtienne et ses conséquences qui furent appauvrissante et aliénantes. La France en effet exigea 150 millions de francs lourds pour entériner l´indépendance de ce pays. Pour payer cette dette, Haïti s´endetta auprès de banques françaises et se retrouva, vu le poids étouffant du volume de cette dette, dans un cercle vicieux dont il ne sorti qu´avec d´incroyables restrictions financières en 1947.
Aujourd´hui, Haïti s´appuie sur les Etats-Unis, ce qui explique certainement le revenchardisme français. Et cependant, elle ne devrait pas croire que les américains sont des enfants de cœurs. Loin de là, ils ont toujours relayé les français pour appliquer le même utilitarisme unilatéral ; l´histoire de l´Amérique latine, de Cuba en disaient long sur ce colosse dominant du nord. Par ailleurs, nul n´était aveugle que les transferts des travailleurs expatriés étaient déroutés d´une politique de développement pour revenir à leurs points de départ. Cela profitait, par exemple au Canada par une immigration dont ce pays avait un grand besoin.
On le voit, les choses n´ont pas changé : les intérêts géopolitiques et économiques unilatéraux des pays occidentaux s´exercent toujours aussi sournoisement malgré des façades et des déclarations politiques toutes plus fausses les unes que les autres. Et pour tous ceux qui ne voient pas ces inversions et malfaçons ou qui croient, dans leur naïveté à la vierge Marie, ils vont se retrouver plus appauvris, enchaînés à des liens chosifiant pour le compte de l´empire occidental. Le fait que celui-ci se trouve en crise et fait face à sa relève par la Chine ne le rend que de plus en plus gratuit et agressif. On le voit dans les guerres d´Irak, du Liban, du Congo : au lieu de démocratiser son système et d´intégrer la périphérie en lui rendant son autonomie économico financière, on bombardait, on massacrait, on imposait des dictateurs. Exactement ce qu´il ne faut pas pour redorer le blason d´un système d´hégémonie des plus criminel de l´histoire socioéconomique des derniers 600 ans.
C´est à croire que les pays industrialisés faisant partie de l´oligarchie occidentale ne croyaient plus en eux-mêmes (comment en serait-il autrement si, ayant tous les moyens scientifiques et financiers, ils ne parvenaient plus ou pas à juguler leurs chômages, ni à freiner l´endettement galopant de leurs dettes publiques lesquels, par leurs intérêts négatifs, enfonçaient ces état dans des dilemmes financiers sans issue) qu´ils étaient aux abois et dans leur désarroi, ils se raccrochaient désespérément à leurs structures ignominieuses dont le monopole économico financier leur avait toujours réservé le dernier mot. Et malgré tout ce branle bas, ce qui va arriver ces prochaines 30 années leur coupera le souffle, parce qu´il dépasse de loin leurs craintes : de partout les conflits de liberté et de réalisation vont jaillir. Et même avec mille bras, personne ne peut arriver à éteindre tous ces brasiers autrement qu´en concédant à leurs revendications. Ce ne sera pas la petite pluie du jeudi sans soleil qui pleure sur la chaussée ; c´est un ouragan qui s´annonce. Haïti, comme tous les pays du tiers monde, feraient mieux de s´y préparer en soignant leurs intérêts et leurs facteurs économiques et sociaux afin de protéger et de promouvoir leurs indépendances réelles avec le plus d´empressement que possible. Une question de s´aimer soi-même, d´aimer sa liberté, de chérir et fêter sa propre réalisation. Et ce n´est qu´à ce prix que nous obligerons les autres à nous respecter, à cesser de nous considérer comme leurs guignols.
Musengeshi katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu