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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

15 août 2006

Allemagne: les aveux du prix Nobel Günter Grass

« J´étais membre des armes SS pendant la 2ième guerre mondiale ».

Un aveu qui choque et … scandalise

« L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit ». GANDHI  (Lettres à l'âshram. Paris, Albin Michel, 1971, p. 125)

Le prix Nobel de littérature allemande : Günter Grass a choqué ses lecteurs et toute la nation allemande en avouant à 78 ans : « oui, j´étais des armes SS », ceux qu´on appelait les loups d´Hitler et du nazisme. Et dans son nouveau roman qui apparaîtra en septembre prochain : « En épluchant l´oignon », il fait une autobiographie de cette époque de sa jeunesse. Une révélation qui coupe le souffle à tout le monde.

Ecrivain de talent et auteur du « Blechtrommel » filmé avec un grand succès, et désormais compté parmi les classiques de la littérature allemande, il a laissé son public sans voix. Et déjà des cris montent lui réclamant de retourner le prix Nobel qu´il avait reçu en pour avoir trompé le monde entier. Les milieux littéraires et même le public lecteur lui reprochaient à raison d´avoir gardé le silence sur une époque trouble de l´histoire allemande. Pourquoi au fait l´a-t-il fait ? Par honte, pudeur ou était-ce tout simplement, comme tous les allemands qui avaient bu à cette ignoble époque, une façon comme une autre de l´effacer unilatéralement de leurs mémoires. Par gène ? Oui, pourquoi n´en avait-il pas parlé ouvertement, lui qui, considéré comme un écrivain engagé et faisant partie du fameux groupe des 47, ayant obtenu le prix Nobel en 1999 ; cela ne lui a-t-il pas donné le courage d´avouer un pêcher de jeunesse auxquels de milliers de jeunes de son âges furent compromis ? Curieux écrivain qui, tout en se réclamant de traiter le discours réel allemand, se cacha derrière le silence pour ne pas avoir à supporter la vérité qui avait souillé tout le monde ?

« Il fallait que ça sorte », avait-il avoué. Et on le comprend : 61 ans de silence, cela peut peser sur la conscience. Et cependant, il se trouvait en bonne compagnie : le pape Benoît XVI (ou Bénédicte) avait lui aussi été dévoilé par le Daily Guardian anglais. Lui aussi avait été de « ceux-là » qui s´engagèrent à 15 ans de gré ou de force pour sauver le Reich en mal de soldats et acculé à tous les fronts. Cela ne l´avait pas empêché à devenir, grâce à Georges Bush, pape et maître du Vatican. Ou encore ces fonctionnaires nazis dont on retrouva les traces, en 1991, aux affaires étrangères allemandes dont ils représentaient alors 80% du personnel ! On avait bien beurré son monde, après la guerre. Pas étonnant que bien de criminels de guerre se retrouvèrent en Argentine, et plus de 10.000 aux Etats-Unis qui apprécia leurs qualités scientifiques au plus haut point. La chasse aux criminels se plia sournoisement devant le nouvel ennemi de l´heure : le communisme. Autres temps, autres mœurs, dira-t-on ; et pourtant un criminel en reste un, la morale ou la justice aussi.

Cette révélation de Grass tombe mal, comme un cheveu dans la soupe, au moment où les valeurs morales et éthiques du monde, et surtout des sociétés industrialisées qui s´étaient élevés en normes hégémoniques et dominantes, sont aux prises avec un chambardement des plus contradictoire. On bombardait des peuples entiers tout en parlant de paix et de démocratie, et pendant qu´on pillait et on confinait le tiers monde dans la pauvreté la plus méprisante, on parlait d´aide au développement. Le chômage qu´on cachait par trop souvent en manipulant les statistiques battait son plein en occident, tandis que ces pays riches s´endettaient comme les derniers des gestionnaires boiteux. La liberté et la démocratie ainsi surfaites, en période crue de crise économique de croissance, prenaient des allures étrangement excluantes. Et dans cette salade, un Louis Michel allait jouer aux oncles distributeurs de chèques au Congo (RDC) où le gouvernement renégat et fripon d´un Kanambe entretint une guerre civile qui causa la vie à 5 millions de vies humaines ! Il faut le faire et en avoir le toupet. Tout portait à croire que les mœurs politiques et les valeurs éthiques cédaient le pas, dans cette époque de profit sans âme et sans morale, à l´ennemi social barbare et rapace de la préhistoire humaine. Culture, civilisation, progrès ?

Mais Günter Grass ne devait pas s´en faire : il était sur le même pied que Henry Kissinger qui occasionna à Hanoi, dix jours avant l´entrée en vigueur du cessez le feu de la paix du Vietnam, un carnage de plus de 1 millions de vies civiles par des bombardement de surface volontaires par les fameux B52. Ou encore on se souviendra de Kurt Waldheim qui fut élevé au poste de secrétaire général de l´ONU, avant qu´on ne céda aux pressions israéliennes qui le délavèrent comme ancien Nazi. Tout est possible, de nos jours. Et c´est bien cela qui fâche les gens : ils ont l´impression qu´ils sont trompés et traînés dans une boue qui ne cesse d´éclabousser ceux qui voudraient bien croire à un monde juste, équitable pour lequel ils auraient franchement lutté et travaillé, et dont ils espéraient avec fierté léguer les valeurs à leurs enfants. Si les salauds et les criminels étaient partout…Souvent la vérité sert plus à la vertu que le mensonge ou le silence honteux ; trop de gens commencent à l´oublier.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 02:17 - Impact de l´actualité - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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