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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

16 août 2006

Afrodescendants et africanité

Identité perdue ou identité retrouvée ?

Retrouver le passé, maîtriser le présent, défendre et épanouir l´avenir : la clé de l´identité perdue ou celle de l´identité retrouvée.

« L´amour n´est pas seulement un sentiment, il est un art aussi » Honoré de Balzac. La recherche de l´absolu.

Commentaire sur afrikara  (16 Août 2006 21H26)

Bravo Ze, cet article ne peut être que sorti de ta main, parce qu´il dit bien plus que sa lettre ne le laisse à prime abord entrevoir. Des retrouvailles, il y en a partout; celles des afrodescendants a cependant une tout autre consonance, parce qu´elles défient un bris culturel à la fois douloureux et inhumain derrière lequel l´identité historique individuelle de toute une culture, de toute une race a été mise à mal. Et du parallèle développement qui s´en est suivi, des mailles sanglantes, larmoyantes, peuplées de cris offensés et sourds qui nous ont séparé, restent un lien qui ne s´éteint ou ne se guérit. Les uns sont devenus américains malgré eux, les autres français ou anglais...etc, de l´autre côté de la barricade, cependant, même par des racines étouffées, désemparées ou désaccordées, survit une culture multiple qui souffre encore de ses faiblesses tout en cherchant désespérément à se réaliser. Pour tous ceux qui ont compris le cri légitime, inassouvi et insatiable de la négritude, il ne s´agit pas seulement, comme beaucoup le pensent de s´adapter à la culture occidentale dominante, ou même de s´y confondre; il s´agit de donner à ce fond nègre les moyens réels, pratiques, intellectuels et scientifiques qui lui rendent son sens de l´histoire et lui permettent de rendre non seulement justice à la riche sensibilité emmurée de ses enfants, mais aussi de jouer son rôle équitable au sein du grand concert mondial des cultures. Beaucoup d´africains, par ignorance ou par désarroi, et même parfois par simple opportunisme choisissent de déserter l´effort de restauration, parce qu´il apparaît ardu et complexe, ou confondent modernité, consommation et facilité avec l´identité et la célébration de sa propre culture, cependant qu´ils ne se livrent qu´à un vide qui les détruit en les dispersant dans l´inconnu. Et pourtant, elle existe, cette belle et immuable culture africaine ! Et je m´avance même à dire qu´elle sera, dans son développement, la prochaine chance de survie de l´occident. Curieux, n´est-ce pas? C´est pourtant vrai. Parce qu´au fond de son dynamisme bouillant, des forces créatives incroyables sont en gestation, et ne demandent qu´à voir le jour. Le problème de l´avenir est: cet homme noir, cet héritier hier encore soumis, avili, meurtri, déculturé; sait-il faire revivre les fleurs immortelles de sa propre voix? Reconnaît-il la beauté, entend-t-il encore ces appels rugissants qui le ramènent à son coeur, et embellissent son âme? A-t-il appris à transcender l´expression, à l´habiller de sa robe de gala pour qu´elle resplendisse dans toute son opulente et invincible beauté au bal des cultures? Ou était-il, comme hier, enfermé dans la faiblesse, l´ignorance, les traditions surfaites et rétrogrades? Tel est le cri ou la dévotion des temps. Par ailleurs, comme tu le dis si bien Ze, et j´ai apprécié grandement cette phrase: " Des fois que des malins esprits se saisiraient de cette tendance underground pour la dénaturer, la corrompre et la vassaliser…", nous nous trouvons devant une civilisation occidentale cannibale; et malgré tout, des gens doivent se lever pour défendre les nouvelles fleurs qui poussent et les encourager à fleurir librement, parce qu´elles ont besoin de soleil, et de victoire. Une culture ne peut pas vivre éternellement au marché noir, dans l´underground, comme tu dis; elle doit être pratiquée, aimée et défendue comme une irréversible maîtresse dont le seul clignement de l´oeil réveille des désirs impossibles. D´où que sa richesse viendra, cela importe peu. Que ce soit des Amériques, des créoles, des bantous, des peuls...de partout sa belle voix reconnaîtra et unira ses notes dans une harmonie qui surprendra ceux qui aujourd´hui se croient d´ici ou de là-bas. Car après tout, c´est une question d´aimer, et surtout de s´aimer soi-même. Sincèrement, passionnément. Avec le coeur, mais aussi avec la raison et l´image splendide et multiple de la projection réelle.

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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Guerre du Liban: le prix de la honte

Détruire et assassiner par simple fantaisie militaire ?

Le bourbier libanais va-t-il recommencer ?

« Il y a deux manières de combattre, l'une avec les lois, l'autre avec la force. La première est propre aux hommes, l'autre nous est commune avec les bêtes. »  Nicolas Machiavel. Extrait de : Le prince

Nous n´irons pas par quatre chemins pour qualifier cette guerre de honteuse d´irresponsable et de criminelle, parce que le Liban, pays indépendant et souverain, encore une fois, a été sauvagement mis à mal. Et nous ne pardonnerons ni aux israéliens, ni à l´Hezbollah ainsi qu´à tous ceux qui, à l´abri et de part et d´autres des belligérants, ont assisté à la destruction de ce pays ainsi qu´au meurtre volontaire de ses citoyens. Une honte pour la culture politique et le niveau de civilisation dont nous nous réclamons tous.

Pour les israéliens, avoir perdu près de 150 hommes dans cette guerre semble une victoire ; pourquoi l´échange des prisonniers du début des hostilités devait entraîner autant de morts et de destructions avant qu´on en revienne au point de départ ? Quant aux européens et aux américains qui aiment à guérir leurs antisémitisme historique passé sur le dos des arabes, il serait grand temps qu´ils se rendent compte qu´Israël ne pourra plus ou jamais contrôler la région comme potentat militaire occidental. C´est de la pure illusion. Plus les temps passent, et plus ses ennemis seront mieux armés et plus Israël se noiera dans les dettes militaires et l´isolation. Il n´y a qu´une seule issue à ce conflit : la composition pour sauver son existence et sa religion. Et lentement les israéliens devraient cesser de jouer les opprimés historiques ayant le droit de vie et de morts sur des innocents qui ne leur avaient ni infligé l´holocauste, ni pourchassé l´histoire chrétienne entière. Ce pays doit, comme tout autre sur terre, reconnaître et être soumis aux communes exigences de la cohabitation pacifique. Sinon, à la longue, c´est elle qui perdra. A quoi donc a servi cette guerre ? Sinon à détruire illégitimement les biens et les vies d´innocents ? Et si Israël croit que l´embargo que l´occident veut instaurer sur l´Hezbollah va tenir ; elle se trompe : ce sont les marchands d´armes occidentaux qui la briseront, car le profit est chez eux leur seul intérêt. N´a-t-elle pas été surprise que l´Hezbollah soit en possession de lances roquettes antichars allemandes modernes ?

Les israéliens sont bien naïfs ou aveuglés par leur supériorité aérienne ; mais personne n´a jamais gagné une guerre uniquement par air. Les pertes au sol auraient été remarquables…l´Hezbollah s´y était préparé, et pour eux, chaque juif tué est une fête ; pour Israël, une perte d´incidence démographique irréversible.

Au-delà de la crise économique, morale, culturelle qui frappe l´occident, et de sa relève prochaine par la Chine (prenons-le comme entendu), celle-ci est confrontée à faire preuve d´une sagesse et d´une grandeur de jugement et de morale culturelle qui n´a jamais été son grand fort ces 600 dernières années. Et si jadis cet occident domina et détruisit les autres cultures en leur faisant croire qu´elle était détentrice de la seule religion valable (christianisme) et de la civilisation, aujourd´hui tout le monde sait que tout cela n´était que foutaise et mensonges prétentieux. La culture est un moyen d´expression existentielle qui est le lieu de réalisation de toute communauté humaine, et de là, elle est spécifique, caractéristique et légitime à toute communauté culturelle. Ce qui nous unit ou nous allie, ce sont les devoirs d´assistance et d´échanges dues aux différences et aux respects de la complémentarité économique. Certes, la proximité, la dépendance des matières premières, et surtout les différences de développement et de besoins créent des conflits, des frictions ; mais ce n´est pas une raison pour fausser honteusement les équilibres culturels ou saboter, pour mieux régner, la quête incessible de cohabitation pacifique par laquelle la liberté et la démocratie se caractérise et se réalise librement.

Ni Israël, ni son aveugle assistance occidentale, ni même les arabes n´ont le droit de nous faire subir leur intolérance de par le monde ; car ils sont eux aussi, comme toutes les cultures de ce monde, parties prenantes d´une liberté, d´une démocratie, d´un devoir de tolérance et de respect des autres qui dépasse leurs religions, leurs intérêts, leurs petites ambitions hégémoniques. Il serait donc grand temps d´en revenir à la civilisation, plutôt que de la clamer bien haut pendant qu´on se conduisait comme le barbare le plus primitif de la terre. A ce jeux-là bien de peuples se sont suicidés, avalés par leurs indigestes illusions. Faire croire au monde que perdre 150 soldats vaut mieux qu´une paix d´échange de deux prisonniers militaires israéliens contre des prisonniers palestiniens et, ou libanais ; c´est manquer de la moindre mesure de réalisme. Ou s´adonner à une vanité militaire qui ne conduisait nulle part. Et maintenant ? N´en est-on pas revenu au point de départ ? Nous espérons vivement qu´Israël mettra le même zèle à payer les dégâts causés au Liban qu´elle n´a pris la peine de voir plus loin que son nez. Et à vrai dire, puisque l´occident ne veut ou se refuse à inciter à la raison son protectorat militaire et économique israélien, croire à la démocratie dans ce pays est de la plus grande affabulation. La démocratie n´est pas seulement un droit qu´on s´adjuge et qui justifie tous les abus possibles, mais aussi un devoir de tolérance, de liberté et de reconnaissance mutuelle qu´on partage avec ses voisins extérieurs. C´est dire que jouer le démocrate chez soi, dans ses propres quatre murs, pour se conduire comme un barbare inculte à l´extérieur, ce n´est rien d´autre que de la fausseté éthique et morale. Une façon comme une autre de rester un piètre citoyen de ce monde. Et c´est dire inculte et ignoble. Et cette espèce d´animaux, nous la connaissons bien : elle fit l´esclavage, détruisit la culture et l´identité culturelle de bien de peuples tout en se réclamant de la civilisation et au progrès. Méfions-nous donc de ces criminels, car nous savons qu´ils ne nous amène rien de bon.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 10:34 - critique et objectivité - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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