31 août 2006
Sectes et religions envahissent l´Afrique d´abrutissement
L´africain fuirait-il ses problèmes au lieu de chercher à les résoudre ?
Tous des faux-fuyants d´incapables confondus
« Bons chrétiens, bons crétins » Léopold II, roi des belges et du congo belges
(31 Août 2006 19H59)
Dans l´Afrique malade d´elle-même et incapable de résoudre ses contradictions internes et externes, les gens sont tous à la recherche de caches. Certains se réfugient sous la coupe suicidaire du christianisme, et ce faisant, ils ne se rendent pas compte qu´ils s´offrent volontairement au bourreau et son historique bûcher. D´autres se réfugient sous la francafrique: leur plus cruel ennemi, et lorsqu´ils s´en rendent compte, ils sont redevenus les esclaves d´antan. D´autres quittent l´Afrique et se réfugient en Europe, hélas, ce n´est pas mieux, parce que l´eldorado est en crise de croissance économique et crise de valeurs sociales. Le racisme y croît de jour en jour dangereusement. Et ceux qui devaient relever l´Afrique, eux choisissent la confrérie, pour cacher leur incapacité et leurs échecs visibles. Les pauvres désespérés et trompés en Afrique, eux, s´abandonne au large trou béant gratuit de la misère. Un philosophes de la rue avait dit avec sarcasme : "la vie se résout à trouver un trou, à en sortir, ou à s´y cacher. Quand un être humain naît, il sort d´un trou, pour prendre son plaisir, il lui faut un trou, pour l´empêcher de nuire à la société et invoquer un meilleur comportement social, il doit aller au trou. Et pour mettre sa fortune, sa richesse à l´abri, il choisit un safe à la banque, ce qui est tout de même un trou. A sa mort, il repose au fond d´un trou. Le jour que les africains se rendront compte qu´il faut cesser de se cacher, nous aurons fait un grand pas vers notre indépendance et notre souveraineté. Car la liberté, comme la réalisation; il vaut mieux les faire que d´en subir des versions écourtées, tronquée ou impropres que les autres ou le hasard heureux ou malheureux des choses nous offriraient. La vie ou l´existence, ce n´est pas un prêt à porter, un prêt à consommer ou même un voyage à l´aveuglette, parce qu´au fond de ses définitions, de ses valeurs, elles révèlent et affirment nos rêves, nos attentes, notre conception de l´existence. Attendre ou espérer que les autres la feront pour nous est une utopie qui ne peut être qualifiée que de ...trou noir.
Musengeshi Katata.
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu.
L´occident et sa politique du bâton et de la carotte
Face à un monde exacerbé par un totalitarisme sournois et rapace.
L´Occident peut-elle, est-elle encore capable de s´humaniser ?
« Celui qui n'a pas d'imagination n'a pas d'ailes. » Muhammad Ali
La politique, disait Plagnol, est l´art d´empêcher les gens de s´occuper de ce qui les regarde. Et les badauds qui acclamèrent n´avaient pas tort, parce qu´il ne s´agit pas de politique, mais d´existence et de réalisation socioculturelle. La politique n´est que l´ensemble de dispositions, de règles, de conventions idéologiques permettant d´articuler l´orientation et l´organisation de la société vers la résolution légitimée des problèmes émanant de son existence. Au delà de la politique, il y a aussi l´interférence de la pensée sociale évolutive ou progressiste, celui du monde extérieur (Surtout si on en dépend pour les matières premières, les marchés économiques et commerciaux, la territorialité). Et pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd´hui (et qui souvent tire ses racines des faits et méfaits d´hier), il faut non seulement analyser objectivement l´histoire, mais aussi retenir les lignes et les courants continus dont les caractéristiques et les variantes permettent de mieux comprendre les intentions historiques, les idéologies convoyées même si ceux-ci se cachent sous des peaux de moutons.
Comprendre, mais comprendre quoi et à quel but ? La vie se résumait-elle à tenter de comprendre les autres, à lutter contre les actes d´exploitation criminelles (et ici il s´agit autant de l´esclavage, de la colonisation que de la francafrique), les excursions militaires imposant des voies de fait d´intérêt unilatéral ? Comprendre, c´est cependant l´argument premier pour mieux se défendre d´une part, et d´autre part, c´est celui qui permet de trouver, surtout dans notre monde complexe, rapide et armé d´aujourd´hui, les moyens nous permettant de déjouer les intrigues désobligeantes de ceux qui, ignorant les droits et biens des autres, se comportaient primitivement en s´emparant volontairement de moyens ou de biens qui n´étaient pas les leurs, ou qui nuisaient à un intérêt collectif universel sain et équitable au seul but d´imposer le leur qui lui, restait bien étroitement lié à leur cupidité.
Personne ne peut être à la fois juge et partie, à la fois être au four et au moulin, se pencher par la fenêtre et se regarder passer dans la rue, disait un philosophe. Nous affirmons cependant que c´est possible, car le monde que nous construisons aujourd´hui, chaque jour, nous voulons y voir nos enfants y vivre librement, décemment, et heureux. Et ces enfants sont une prolongation sociohistorique naturelle de nos efforts réels, de nos attentes, de nos rêves, de nos ambitions culturelles. Un couple qui fait l´amour ne doit pas s´exclure de l´idée d´une probable parenté, ce qui impliquerait une tout autre vie, bien d´autres devoirs et nécessités que celle que les amants vivent présentement. Pour l´être primitif et plutôt borné, la projection réalité-présente et la causalité ou l´incidence de la projection réalité-future, ou représentations projectionnelle spéculative est restreinte par l´immédiateté, le visible et le palpable ; cependant que pour l´homme cultivé et civilisé, toutes ces projections font partie de son patrimoine intellectuel et socioculturel et lui permette de mieux saisir ou d´approcher exactement la teneur du tourment existentiel qui l´étreint. Les chercheurs exercent cette possibilité en laboratoires, par projets et éléments d´études scientifiques pour obtenir des résultats recherchés, certes, mais ces recherches mettaient aussi á jour des lois nouvelles, relevaient des erreurs, permettaient des corrections conceptuelles. C´est dire, par exemple pour la liberté et la démocratie, que les peuples y aspirent pas parce qu´il en connaissent les vertus précises, mais parce que c´est une forme d´organisation ou de conception sociopolitique qui tout en se fondant sur la légitimité du peuple, reconnaît et protège les droits individuels. Autant qu´elle honore et respecte le droit collectif. Et c´est cette lutte pour un équilibre positif et épanouissant qui fait la richesse et la grandeur de la démocratie. Maintenant croire que la démocratie américaine, française, allemande, anglaise sont exportables ; c´est de la plus vile affabulation. Une prétention autant méprisante qu´absurde. Sinon, pourquoi les peuples américains et leurs institutions sont-ils différents des allemands, des français, des italiens, et vice versa ? Tout est relatif, disait le brillant Einstein pour paraphraser l´explication de sa théorie de la relativité. Mais si tout est relatif, à quoi la relativité est-elle elle-même relative ? A Dieu, peut-être ? Dieu, disait Simon Kimbangu, est un absolu dont la saisie et l´approche ne peut se faire efficacement que par la connaissance approfondie de la multitude, de la complexité, de la recherche effrénée de la perfection sensible du progrès réalisant, et par la tolérance. La toute puissance de Dieu, ajoutait-il, n´existe pas. Dieu est à la fois réel, imaginaire, spirituel et projection parfaite de nos plus belles attentes, de nos plus vertueuses pensées et de nos actes les plus doués ; sa saisie et sa compréhension évolue, elle n´est ni passive ni immobile. On comprend dès lors pourquoi ce prophète a été illégalement arrêté et condamné à perpétuité en 1921 et mourut en prison en 1951 après 30 ans d´enfermement injustes dans son propre pays ! Il s´agissait pour les colonialistes belges de détruire toute identité et toute spiritualité noire afin d´imposer la toute puissance d´un Dieu blanc qui leur donnait le droit de vie et de mort sur les africains et leurs biens. Un complot imaginaire et réel de la plus fourbe et basse considération humaine qui, pendant 500 ans, mit le monde entier, et particulièrement l´Afrique à cause des 400 ans d´esclavage qu´elle a subi de la part des occidentaux, entre les main d´un des plus grand terrorisme économico financier et culturel de l´histoire humaine : la chrétienté !
Cet intermède dialectique pour expliquer que la liberté, comme la démocratie ne sont pas des valeurs absolues, elles sont dépendantes des valeurs et de la grandeur de leurs maîtres. Et pour autant qu´elles possèdent des fondements et des analogies communes à toute société humaine, elles n´en restaient pas moins identitaires et spécifiques. Les exporter, comme le chantait l´occident ou voulait le faire avaler, n´avait qu´un but de programmation institutionnelle de tous ceux qui s´y laisseraient tromper et abuser, à s´accrocher ou entretenir des institutions vides : sans pouvoir réel, sans contenu de résultats réels, sans la moindre historicité que celle d´être tombées du ciel. Une telle absurdité n´aurait aucune vocation à réaliser ses maîtres ou à répondre exactement aux appels de leurs attentes. La liberté, pourtant, n´est pas seulement une théorie, un nuage, une potion magique ; elle se mange, elle se boit, elle s´organise et produit les instruments et les moyens de sa réalisation, elle se discute. On en rêve, on y fait des enfants auxquels on la lègue avec fierté. Sa définition contient à la fois le passé, le présent que l´avenir d´un peuple, dans ses luttes, ses négations autant que ses victoires sociales et ses espérances. Elle ne peut donc pas venir de l´étranger, ou être empruntée à qui que ce soit. Car elle se pense, se défait, se constitue de par nos plus belles ambitions, et comme une maison, elle se bâtit et se décore pour donner à l´existence un toit contre les intempéries, les indiscrétions de la vie : un havre d´amour, d´affection et de protection.La francafrique et ses sournoises tentacules de répression, d´assassinats d´élites africaines averties, ainsi que de par l´exploitation économico financière scandaleuse que ce caïman du moloch occidental faisait subir à l´Afrique, et pas seulement à elle, mais aussi à des pays tels qu´Haïti, Guadeloupe, Martinique, Dominicaine, avec des variantes appropriées, mais toutes n´ayant qu´une issue : l´entretien et l´enrichissement de l´occident métropolitain. Ce système était tellement raffiné et pervers qu´avec l´inversion idéologique, non seulement les noirs priait à un Dieu blanc qui les vouaient à l´esclavage mental, social, économique ; mais ils défendaient avec passion et acharnement le venin qui les assassinait lentement eux, leurs enfants et leur avenir. Comment cela est-il possible ? Il suffisait de voir avec quelle arrogance les dictateurs africains pillaient et affamaient leurs peuples pour le comprendre. Pour le petit peuple déjoué et enfermé à l´impasse du non moi, il ne restait plus qu´à s´expatrier illégalement ou par tous les moyens en occident, là où, après tout allaient tous les biens monétaires et financiers. Là où le progrès et la production nourrissaient leur homme au lieu de l´assassiner. Ceux qui en doutaient ou rêvaient encore de la semaine des quatre jeudis devaient se lever tôt et aller voir ce que valent les joyaux sociaux et économiques de toute société humaine : les banques africaines. Autant dans leurs structures que dans leurs fonctions monétaires, elles sont toutes promoteurs des intérêts et de la polarité occidentale. Elles ont beau avoir de grands noms africains, toutes leurs activités se résumaient à exporter le flux monétaire vers leurs maisons mères occidentales. Une incroyable et douloureuse exsanguination qui asséchait les marchés de financement locaux et limitaient incroyablement le développement local. Comment la culture et l´économie nationale serait-elle donc entretenue et financée à son épanouissement ? L´économie et la comptabilité : les noirs sous estimaient cruellement sa valeur et son incidence sur leur développement. Le banquier africain était le témoin oculaire et fonctionnel de la plus grande escroquerie socioculturelle que l´occident n´aie jamais mis sur pied ! Mais si tout le monde croyait que Dieu était blanc, que l´occident était le centre et le maître du monde, pourquoi l´argent des noirs ne devait-il pas prendre le même chemin ? Un scandale de la plus honteuse malfaçon.
Après avoir fait croire au monde entier qu´elle était capable de faire son bonheur – ce qui était déjà une ineptie de la pire vulgarité prétentieuse, l´occident s´était rendue compte que chez elle, à domicile, avec le chômage et l´endettement galopant, elle n´était ni capable de miracle, ni de tromper son monde indéfiniment. Mais comment se retirer aujourd´hui d´avantages, de privilèges dont elle ne savait plus se passer parce que sa rapacité et son irrésistible besoin de pouvoirs sur les autres peuples le torturaient ? Les premiers à ressentir et à dévoiler ce mensonge étaient les immigrés qu´on s´empressait aujourd´hui rapidement à se débarrasser en les envoyant au chômage. Leur taux, comparé leur pourcentage réel dans la population européenne est de loin supérieur à plus d´une fois. Que faire, le flux d´illégaux en Espagne augmentait de jour en jour ? Quant aux africains restés sur le continent où rien ne marche, où l´emploi fait défaut et les fonctionnaires restaient des mois durant impayés, rien ne semblait changer les choses au mieux. Et pourtant, dans des banques occidentales dormaient des sommes faramineuses appartenant à des potentats et des hommes d´affaires africains ; mais si ceux-ci, pour satisfaire à leurs partenaires ou commanditaires occidentaux devaient faire preuve qu´ils mettaient du vent au moulin de leurs politiques économiques ; mais qui donc investirait en Afrique, à leur place, sinon eux ? En ce moment les occidentaux sont bien embêtés : ils ne savent plus mentir, ils ne savent plus tromper. Pire : la Chine et l´Inde marchent à grand pas vers leurs industrialisations, ce qui va leur causer de sérieux manques à gagner. Que faire ? Ils ont pillé et dévoyé l´Afrique à ce point que seuls des investissements incroyables pourraient la relever, parce que le grand poste, celui des infrastructures faisait cruellement défaut. Et si l´occident se départissait ou engageait ses capitaux à long terme en Afrique, elle en aurait peut-être un besoin urgent demain, lorsque les chinois et les indiens seraient en grandes montures devant ses portes. Ceux donc qui croyaient que l´occident se tournerait vers l´Afrique se trompaient bien naïvement. Elle préférait investir…en Chine ! Eh, oui ; et pour tous les rêveurs qui espéraient ou croyaient que les revendications de réparations envers l´esclavage rendraient les devoirs de l´occident plus empressés, la douche froide : ils s´en foutaient éperdument. Ils investissaient en chine pour jouir du profit rapide multiplié par la grandeur continentale de son marché ; quant aux anciens pays de la Comecon, leurs peuples étaient blancs, et feraient un élargissement utile en arrière court économique.
Dieu merci, lentement les intellectuels attardés du monde noir se libèrent lentement de leurs engourdissantes cécités, de leurs complexes, et ils commencent à voir clair dans le piège dans lequel l´occident impérialiste et sournois les avait enfermé. Certes, cela va prendre du temps pour désaliéner l´esprit social de bien de pays noirs, parce que notamment la francafrique et sa religion chrétienne ont détruit bien de qualités intellectuelles durant ces 600 ans. Et les réformes qui doivent être entamées, et je fais allusion ici à l´éducation, à l´agriculture, à la formation professionnelle, aux concepts de production, de productivité, d´énergie et d´écologie. A la promotion et le renforcement de la recherche. Une véritable refonte de l´art à exister africain qui se définit et s´exerce d´abord envers soi-même, pour soi-même, et d´abord en soignant et en protégeant ses intérêts en premiers. Tout cela ne peut se faire sans un nouvel esprit de liberté et de réalisation. Et malgré notre amour ou nos liens avec l´occident, nous devrons un jour avoir le courage de leur dire : trop, c´est trop ; vous nous étouffez, il vous manque un sens essentiel du respect des autrestion, complexes. Et maintenant de la place, s´il vous plait, sinon, nous nous oublierons. Car nous aussi nous avons de beaux enfant et de belles femmes auxquels nous devons soulager le présent et garantir l´avenir. Et si cette crise économique de croissance a quelque chose de positif, c´est qu´elle réveillé la conscience d´être africaine, l´intelligence et la créativité de ceux qui croyaient – à tort – que la liberté, la satisfaction des désirs, la réalisation professionnelle, l´organisation sociale, bref l´avenir se ferait comme toujours, il suffisait d´y croire. Non, messieurs ; il faut avoir le courage et la fierté de définir, d´énoncer et de constituer des libertés et des démocraties qui répondent à nos histoires, à nos désirs, à nos attentes, à nos ambitions socioculturelles. Être et devenir sujet indépendant et souverain de l´histoire, plutôt que de rester indéfiniment objet d´un enjeu historique qui foulait nos valeurs et nos attentes à ses pieds. N´est-ce pas un merveilleux moment que celui-ci ? Je le pense bien, parce qu´il est l´occasion de démontrer et de remettre bien de choses à leur place. Et nicher l´amour que nous avons de nous-mêmes et de notre avenir dans un lieu fiable et douillet, à l´abri de tout danger d´être pris en otage ou dévoyé.
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, bantu wa Muntu
30 août 2006
A propos des réparations esclavagistes
En les attendant, ne pas négliger de veiller nos intérêts
Un tien vaut toujours mieux que deux tu l´auras
Se battre pour l´injustice passée ne relève pas du devoir de veiller au présent et de préparer un avenir exempté de ces iniquités ; c´est aussi une aberration de se laisser corrompre ou se prostituer aujourd´hui en prétendant que l´avenir viendraient de prochaines réparations. MK
Au delà du manque à gagner, de l´empêchement ou de l´interdit à la libre évolution, des maux et sévices issus de crimes et mal traitements de l´esclavage et de la colonisation, il y a un aspect culturel et social qui dépasse, à mon avis, le seul paiement monétaire des vicissitudes. Ce sont pendant 500 ans un systématisme racial de la plus injurieuse et méprisante manière. Et pour mieux faire, il nous faudrait réparation sur les deux tableaux. Je pense ici notamment à 20 ans de levée de barrières douanières pour les pays concernés par l´esclavage et la colonisation sur le territoire des pays ayant pratiqué et profité de ces inhumanités. Beaucoup de gens passent à côté de cet aspect des choses qui est purement économique, et pourtant, l´esclavage ou la colonisation n´avaient qu´un but économique, lesquels furent assaisonnés de crimes et d´exactions en tout genre. L´argent ou la valeur monétaire d´échange ne représente que la valeur qualitative et quantitative de celui qui l´a émis ; on pourrait tout autant vous donner aujourd´hui des $ qui seraient demain, pour une raison ou pour une autre, sans valeur aucune ou désavoués de leur valeur initiale (Inflation ou dépréciation). L´esclave de jadis, cependant, qu´il plut ou qu´il neigea, il fut tenu de livrer pendant 18 heures par jour (voir Code noir français de 1685) sous la violence et la contrainte physique et morale la plus injuste, une plus value constante en quantité et en qualité. C´est dire que s´il faut réparer aujourd´hui ces méfaits, il faut mettre entre les mains des plaignants une contre valeur indestructible ni par l´espace, ni le temps, et encore moins n´importe quelle humeur économique ou sociale. Alors et alors seulement on peut parler d véritables réparations.
Quelques africains corrompus ou bornés (c´est selon), et beaucoup de novices de l´économie sous estiment ce deuxième aspect de l´injustice exercée à leur endroit, et seront tentés d´accepter quelques paiements ou investissements qui ne rempliraient qu´un formalisme symbolique. Ce serait une grave erreur, car leurs problèmes et leurs maux n´en seraient ainsi en aucun cas réparés. Bien au contraire, ils s´aggraveraient ; tant il est rare que ceux qui ont fait un tel faux compromis ne fassent la prochaine cochonnerie : notamment veiller à ce qu´avec des importations subventionnés, obligés et accrus, ils ne reviennent en possession des sommes de réparation auparavant accordées. Ce coup de boomerang marche si bien en Afrique que c´est à en pleurer de rage. Et pendant que les africains et leurs sournois occidentaux parlent de coopération, d´aide, de projet bilatéral d´investissement dont l´Afrique profiterait énormément, les seuls qui en tiraient bénéfice et qui gagnaient sur toute la ligne, c´étaient les occidentaux. Ce genre d´erreur et d´infantilisme doit prendre fin, cela va de soi ; c´est pourquoi j´incite les activisme acharnés à se servir de leurs entendement plutôt qu´à se laisser guider, et plutôt tromper par des apparences trompeuses de reconnaissance ou de droits rendus…et trop souvent vides. Qu´elles adviennent un jour ou pas, ces réparations; il ne faut cependant pas s´endormir ou négliger nos intérêts. Bien au contraire, cette histoire que nous traînons depuis des siècles derrière nous prouve, plus que jamais, que nous nous devons de surveiller avarement nos intérêts et ceux de l´avenir des nôtres.
Musengeshi Katata.
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu.
29 août 2006
Où nous conduit le terrorisme islamique actuel ?
Beaucoup de gratuite criminalité pour cacher la vérité ?
Stop à la violence criminelle ! Mais est-ce tout ?
Croire au beau, à la paix, prétendre être la plus belle religion du monde, et assassiner gratuitement des innocents… ? Combien de temps ce mensonge enfumerait-il encore ?
Le terrorisme islamique actuel qui a été déclanché par Bin Laden, l´élève assidu et assisté des Etats-Unis (Après tout l´Amérique l´avait soutenu avec un armement et un financement logistique de 6 milliards US $ lorsque celui-ci se débattait en Afghanistan contre l´invasion soviétique. Par ailleurs, Clinton qui courait aujourd´hui les rues et les conférences mondiales avait enjoint à son administration – CIA – de ne pas répondre à l´offre d´arrestation du gouvernement soudanais lorsque Bin Laden s´y trouvait. Pourquoi ? Nul ne le sait. Quant à parler aujourd´hui de chasse à l´homme le plus recherché du monde, on se demandait si ce n´était pas un canular ! A moins qu´on aie laissé filer l´homme, afin d´avoir prétexte pour entreprendre, le temps opportun, une géopolitique de chasse aux sorcières pour répondre au danger envahissant de l´islam.) n´est, en réalité qu´un vaste mouvement de contestation qui était arrivé aux conclusions que la domination économique et financière occidentale portait un préjudice étouffant aux islamistes.
Depuis les années 60, lors du plus grand boom après la 2ième guerre mondiale, les occidentaux firent venir les arabes musulmans sur leurs territoires parce que la main d´œuvre de basse qualification était recherchée, et parce que l´arabe était de teint moins choquant que le noir africain, il passait mieux dans un paysage qui n´était pas encore guéri de son racisme antérieur (l´est-il déjà aujourd´hui ?). Par ailleurs, le fait que ces arabes étaient assis sur les plus grandes réserves de pétrole du monde incitait à quelques égards afin de soulager les potentats arabes qu´on soutenait pour empêcher quelqu´indésirables révoltes qui pourraient endiguer le flux de l´or noir que l´occident, avec son industrialisation frénétique, buvait à pleine gorge. Vingt années plus tard, les potentats des pays pétroliers s´étant confortées au pouvoir et afin de tranquilliser leurs imams et leurs mullahs voyant les jeunes arabes quitter leurs pays et l´islam elle-même confrontée de plus en plus devant son inefficience industrielle, ces potentats créèrent de nombreuses écoles islamiques et financèrent la constructions de nombreuses mosquées en occident. Ce qui, quelques temps, calma les fondamentalistes qui s´empressèrent de parsemer l´occident de minarets et de muezzins clamant à longueur de journée les sourates du Coran. Les mullahs et les imams avaient enfin l´impression que l´islam allait de l´avant et allait bientôt régner sur le monde entier.
Mais cette fois encore, la déception ne se fit pas attendre : autre chose est la prière, autre chose est l´industrialisation ; quelques belles soient les sourates du Coran, l´économie, et surtout l´industrialisation, ne se faisaient pas à coup de belles prières. Par ailleurs, les revenus des travailleurs immigrés commencèrent à s´affaiblir, le chômage en occident commença à se faire sentir et ceux qui en firent les premiers touchés, ce furent naturellement la main d´œuvre sans qualification. Et malgré que l´Arabie Saoudite, l´Iran et l´Irak avaient atteint un certain niveau de développement ; en y regardant de près, on se rendit compte que les usines et unités de production, les armes, tout avaient été livrée clé sur porte, ce qui avait pour incidence que les ingénieurs arabes étaient au chômage (aujourd´hui 60% des académiciens), et la dépendance envers l´occident s´était accrue (pièces de rechanges, financement, know how), au lieu de décroître.
L´occident, cependant, resserra ses liens d´exploitation. Et ceux qui y firent contestation ou interruption, furent, comme Saddam Hussein, rendus à leur plus petite expression. Et cependant, trompé ou encouragé par la victoire sur l´union soviétique qui se retira la tête basse d´Afghanistan, Bin Laden se crut en devoir d´attaquer les Etats-Unis afin de s´assurer dans le monde arabe d´une notoriété de guide islamique en s´en prenant au nerf central du mal. Ce fut le 9/11 de 2001. Et avec ce coup de tonnerre, il réveilla, malgré la réaction américaine qui écrasa les talibans, un nombre accru de groupuscules toutes se revendiquant de lui. Et lorsque les américains, par une malheureuse (malheureuse ou tout simplement foncièrement opportuniste) géopolitique en attaquant et en envahissant l´Irak, c´est à peine si les abeilles fondamentalistes islamiques ne bombardaient pas à cœur joie, tous ayant enfin trouvé l´occupation criminelle nourrissant, à défaut de réussite sociale et industrielle, leur fondamentalisme piégé à l´échec. La dernière malheureuse intervention gratuite des israéliens au Liban n´a rien arrangé aux choses, bien au contraire. D´autant qu´elle n´a servi à rien du tout, son but et ses intentions ayant manqué, et d´à propos, et d´efficacité ; bien au contraire, Israël s´enfonçait, dans son désespoir, dans un vide engouffrant. Ni la Syrie, ni L´Iran ne mordirent à l´hameçon. Et le Hezbollah fit montre de capacités dangereuses qui auraient, dans une guerre d´extermination, donné lieu à une résistance des plus inattendue, et pour les soldats israéliens et les citoyens dans l´arrière pays, bien désagréables. Statut quo ridicule trompeur qui n´éparpillait que l´occident à travers le monde à des fronts vicieux, en attendant Godo.
Ce terrorisme islamique a révélé bien de choses : notamment que l´occident, malgré ses différences et ses particularités, avait, comme à l´époque de l´esclavage ou de la colonisation, bien une unité réelle d´action et de réaction. Autre vérité douloureuse et conséquente : cet occident était prêt à tout pour conserver son hégémonie et sa mainmise sur le monde entier. Et qu´en vérité, malgré que les islamistes s´écroulaient en actes primitifs de violence, leur revendications rejoignaient ceux des africains qui se débattaient contre la francafrique et un étouffement économique et financier méprisant. Les intellectuels africains croyaient que tout s´arrangerait avec le temps, ou qu´il y avait moyen de déjouer, par le jeu démocratique, les tentacules vampirisantes de l´occident. Et par là, ils se trompaient bien. L´occident avait pris la sournoiserie d´assassiner toutes leurs élites éclairées (Patrice Lumumba, Toussaint Louverture, Amilcar Cabral, Engelbert Mveng, Malcolm X, Simon Kimbangu, Martin Luther King…), par ailleurs, il employait les ONG pour endiguer les efforts de motivation et d´organisation à la production : les intellectuels croyaient fermement qu´il fallait défendre une liberté abstraite (née de principes importés et tombant vraisemblablement du ciel) plutôt que de la faire sur place en produisant et en donnant du travail au peuple. On les voyait parler de démocratie ; existe-t-il une démocratie de la faim ? Une façon comme une autre de détourner les esprits vers de grands moulins à vent. Parce qu´en vérité, si l´Afrique se mettait à produire et à employer ses propres techniciens, il se créerait un dynamisme qui risquait d´être préjudiciable aux intérêts industriels occidentaux. Que certains soit disant intellectuels africains se soient laissés beurré dans ce piège ne prouve qu´une chose : ce sont, comme le dit Georges Bush, des incapables. Plus d´activisme que d´intellect. Désolé, on ne peut pas le qualifier autrement, quand on voit que des milliers de femmes et d´enfants meurent de faim, que les écoles sont fermées ou manquantes, et que par milliers les intellectuels africains se larguaient en occident. Peut-on vraiment dire que ce sont là les prémisses du succès ?
Contrairement à ce que pense l´occident, ce terrorisme n´a pas seulement un effet néfaste et criminel de contestation sanglante, il a aussi un effet de dispersion à des fronts : Afghanistan, Irak, RD Congo, Liban, en Côte d´Ivoire, au Soudan… affaiblissant et coûteuses, autant qu´elle contaminait les libertés et frais de surveillance ; et malgré tout, à la fin, ces occidentaux devront répondre à la question : sommes-nous capable de faire le bonheur d´un peuple quelconque ? Pas du tout, celui-ci ne peut être fait que par les peuples concernés eux-mêmes. Et à moins qu´il ne s´agissent de retarder expressément le développement de ces peuples pour mieux les assujettir et les piller à loisir, ces sièges militaires et parades armées ne conduisaient à rien. Existait-il un seul pays au monde que les français, les américains, les allemands, les anglais…avaient développé malgré lui ? Pas un seul ; tout ce qu´ils laissaient derrière eux, ce n´étaient, comme le disait si bien Patrice Lumumba : que mulâtres et mulâtresses. Autant dire des fantômes aliénés et désorientés. Il serait donc honnête de cesser d´appeler cela démocratie, ou liberté.
La violence, messieurs les terroristes islamiques, ne mène pas nécessairement à quelques victoires de changement révolutionnaire. Seule la raison, la science, l´organisation et l´approfondissement de la production mènent à ce but, et c´est un chemin ardu qui nécessite d´une volonté et d´un amour particulier du détail. La religion, en général, et particulièrement la religion islamique n´est pas une garantie aveugle pour le progrès. Il faut bien plus que de chaudes sourates pour parler d´industrialisation, de science, ou de développement. Il serait donc grand temps d´en revenir à défendre ses intérêts autrement qu´en assassinant des innocents. Cette gratuite criminalité ne rend ni hommage ni honneur à l´islam. La même remarque est faite à l´Afrique : cesser de tourner en rond et chercher de midi à quatorze heures en s´aliénant de plus en plus, pendant qu´à Paris nos sœurs se prostituent, que les femmes et les enfants innocents meurent de faim. Il est grand temps de comprendre que la liberté, il faut la construire et l´organiser, plutôt que de la subir ou la recevoir en version écourtée. Jouer le sous fifre, tout le monde sait le faire ; la liberté, cependant se construit et s´exerce tout autrement.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
28 août 2006
Sur la théologie africaine
Droit de réponse du théologien nègre Kalamba Nsapo
La théologie nègre existe et elle est belle et bien réelle
En préambule de l´article du Dr. Kalemba Nsapo qui va suivre, je me permets de vous soumettre la correspondance qui a suivi la publication sur ce blog de l´article du 23 août 2006 : Critique à la théologie chrétienne, faisant lui-même écho de l´article : Commémoration de l'esclavage. Abolition de l'esclavage mental des nègres d'Afrique et construction d'un nouvel imaginaire paru sur http://www.afrology.com/presse/esclavage_2006.html . Je lui envoyai donc un faire part dont voici le contenu :
Cher S. Kalamba Nsapo,
J´ai apprécié votre article que j´ai critiqué sur mon blog. Je vous avoue être un fervent kimbanguiste essentialiste, de la pure religion du grand Kimbangu. Et je considère comme utopique et plutôt insultant qu´un théologue chrétien vienne nous donner des cours de retour aux sources. Vous trouverez ce que je pense sur mon blog. Bien à vous,
Musengeshi Katata
Réponse de Kalamba Nsapo
Cher ami,
Je vous remercie de la critique adressée à mon article que vous avez lu. Je prends au sérieux tout ce qui contribue à la tradition du débat. Je me permets de dire que je ne suis pas un théologien au sens classique du terme. Mon expérience de recherche m'a permis d'imprimer une orientation particulière à ma théologie. Les sources ancestrales ne sont plus destinées à actualiser la théologie des leucodermes. Elles livrent une information pertinente sur la révélation du Créateur à l'Afrique-mère. Le statut théologique de la manifestation de Dieu à nos ancêtres n'est pas un traitement de faveur qu'un bienfaiteur viendrait accorder aux expériences multimillénaires de la rencontre de Dieu avec les peuples d'Afrique. C'est dire que j'ai évolué dans la mesure où les théologies de la Vallée du Nil occupent la première place dans mon espace épistémologique. Je n'en fais pas un courant parmi d'autres. Ce n'est pas quelque chose à prendre ou à laisser. Cordialement,
Kalamba Nsapo
Réponse Musengeshi
Cher Kalamba,
Je vous remercie pour la franchise que vous avez eue à me répondre. Je serai intéressé, un jour, d´apprendre ce que votre orientation vous a instruit. En ce qui concerne ce retour aux anciennes sources égyptienne, je la considère personnellement comme une fuite à la confrontation sociohistorique réelle si elle n´aboutit pas à une synthèses utile. Il ne suffit plus aujourd´hui de soigner sa mémoire historique ou son complexe d´infériorité; il faut aussi faire preuve d´innovation, de créativité, d´être capable de moderne historicité. Et à mon avis, ce retour en arrière ne sert qu´à donner aux intellectuels noirs et africains des prétextes pour se cacher de leur incapacité à répondre aux exigences économiques, sociales, spirituelles et politiques des temps modernes sous la pression totalitariste de l´occident. Mais sait-on jamais, peut-être seriez-vous arrivé à trouver le lien linéaire et transcendant qui, tout en se nourrissant de notre riche passé, nous éclaire l´avenir en respectant le précieux tissu de notre âme culturelle originelle, et en nous donnant les instruments rationnels et spirituels utiles nous permettrait de bâtir et d´assurer efficacement notre avenir. Je vous avoue que je serai ravi et intéressé de vous lire. Je vais placer prochainement sur mon blog un essai sur l´interprétation et l´approche déictique du grand Simon Kimbangu; et vous verrez que ce prophète que vous avez vraisemblablement négligé, a enseigné et exprimé la plus belle et la plus profonde saisie de la foi et de Dieu, et ce faisant, de la liberté et de la réalisation humaine. Je vous ferai signe.
On peut lire, apprendre ou se perdre dans l´histoire africaine; mais le plus important est de garder les pieds sur terre, et se motiver positivement pour l´avenir. En ce moment, les intellectuels noirs castrés ou à court d´idées face au moloch occidental dominant se réfugient tous dans le passé, chez les égyptiens ou autres parce qu´ainsi ils échappent à leurs devoirs contemporains qu´ils ne savent pas exercer; or le présent, lui, nécessite des réponses précises, des solutions immédiates. J´ai apprécié votre objectivité et votre jugement dans votre article; j´espère qu´ils vous permettront d´apprécier la légitimité et le tourment des miens. Avec mes meilleures salutions,
Musengeshi Katata
Voici donc:
Une approche afro-kame de la théologie (Paris, Menaibuc, 2005). Débat avec Camille Tedanga.
L’égyptologie produite par les leucodermes après J.F. Champollion est devenue une science dont il est difficile de percevoir le caractère anti-nègre dans la mesure où le chercheur utilise des médiations historiques, linguistiques ou autres qu’on assimile naïvement sans tenir compte de leurs en-dessous réels. Il en résulte une idéologie tenace qui transmet des contre-vérités en soulignant notamment que remet km ou remete.t km.t (luntu kame = kame luntu = lume kame = ba kame balume = bantu kame) n’était pas kame (km). Cette conception dogmatique va à l’encontre du constat et du point de vue des blancs voisins des anciens Egyptiens depuis des millénaires et citoyens égyptiens depuis quelques siècles. Lesquels blancs ou leucodermes étaient des témoins oculaires ou de grands savants (Hérodote, Diodore de Sicile et autres). La vision anti-nègre dont je parle envahit plusieurs langues utilisées en Europe aujourd’hui et se charge de faire croire en un dogme du nègre qui n’est responsable d’aucune production matérielle, intellectuelle ou spirituelle.
Cette falsification de l’histoire affecte toute la vie et toutes les disciplines scientifiques. Dans le domaine qui relève de ma spécialité, elle promeut une herméneutique dévalorisante de l’action de Dieu auprès des nations africaines. La théologie africaine contemporaine aurait dû en tirer les conséquences, toutes les conséquences si possible. Il n’en est rien dans un contexte où elle se déploie en se satisfaisant de ce qu’elle a reçu et de sa capacité d’en faire des commentaires soit-disant savants. Si une vérité n’a de statut scientifique ou théologique que dans la mesure où elle résulte de la réflexion de l’Occident chrétien, il faut alors se poser la question suivante : de quel côté se situe le Créateur de ce qui est et de ce qui n’est pas encore ?
Le temps de nouvelles investigations exige d’atteindre les racines historiques et de mettre un terme aux « à peu près » et aux connaissances approximatives. Voici ce qu’il enseigne en un domaine comme celui de Dieu dont l’Afrique a fait l’objet de connaissance : la théo-logie en tant que traduction littérale et littéraire d’une expression antique africaine : Maalu-a-Maweja, Mambu ma/ya Mungu, Makambo ma Nzambe..., ne peut et ne saurait être réduite à la production intellectuelle des maîtres de l'ordre actuel du monde. Si l'on veut tenir compte de la vérité historique, il faut dire que la théologie est synonyme de Théologie Classique Africaine, donc de Théologie Pharaonique, Méroitique, Lunda, Kongo, Zulu, Luba, Dogon, Bambara, Kuba, etc. À partir de la langue luba, on devrait parler de la théologie comme de maalu a Mvidi Mukulu (Ntr et logos, maalu a Maweja, maalu a Mufuki). C’est-à-dire «les affaires, les problèmes, les choses relatifs au Créateur et les réflexions humaines sur Celui-ci». Ces maalu a Maweja qui sont aussi le correspondant bantu du mot « religion » se laissent mieux traduire par théologie en tant que discours de et sur Dieu.
Il n’y a là en profondeur aucune tentative de prendre en otage le discours théologique. La tradition africaine n’autorise pas à escamoter la différence de relations entre le Père et ses enfants au point d’imposer une seule forme de lien parental (humeurs de la pensée unique !) en excluant d’autres manières dont les enfants d’une même famille mènent leur vie de communion avec leur Père.
Ceci dit, je m’investis dans l’analyse des textes théologiques de la civilisation de la Vallée du Nil (début du IIIe millénaire et fin du 1er millénaire avant notre ère),qui constituent notamment la substance de l’intelligence négro-africaine multimillénaire de Dieu et permet de mesurer l’importance d’une pensée universaliste résultant du long et permanent dialogue du Créateur avec les peuples africains. Là se dessine un nouvel horizon, celui de la contemplation et de la pratique de la vérité, de la fraternité universelle, de la justice et du dialogue interculturel.
La reconduction de tout à ce sol de restitution historique et d’épistémologie théologique revêt une importance capitale. Ne me demandez pas – à travers L’Africain - d'où je parle et qui je suis. Je suis un nègre d’Afrique dont la réflexion se nourrit du fond d’une langue substantiellement apparentée au proto-bantu, au copte et à l'égyptien. Une langue porteuse de la civilisation génératrice de l’humain et dont le dispositif culturel et symbolique peut permettre de récupérer la renaissance panafricaine. La conscience de cette réalité est tellement répandue dans les mondes noirs qu’elle ne saurait se dissiper dans l’air avant que ne s'effacent tous les visages humains au lever du jour ou à la tombée de la nuit.
Je viens de mettre en lumière l’enjeu d'une autre théologie africaine. Le lecteur qui sort de ce cadre de pensée rate l'occasion de saisir mon "approche afro-kame de la théologie". C’est le seul reproche que je formule à l’endroit de Camille Tedanga qui non seulement confond quelques aspects de mon panorama de la théologie africaine actuelle avec ma thèse principale, mais s’appesantit sur des questions d’évaluation critique de mon livre qui visent à répondre aux exigences d’ordre méthodologique et déontologique et historique. Ce partenaire scientifique est un homme de lettres. J’en conviens. Je sais également qu’il a collaboré à une revue dans laquelle j’ai déposé une contribution qui pourrait lui offrir les clefs de lecture nécessaires à l’assimilation d’une thématique difficile à manier dans les milieux scientifiques qui se meuvent dans les couloirs de la théologie au sens classique. Je lui suggère de poursuivre un échange d’idées à ce sujet afin d’enrichir un débat qui ne vient que de commencer.
Kalamba Nsapo, théologien nègre
Forum Réalisance
26 août 2006
Vive le Maat, vive la réalisance !
A la redécouverte d´une conscience digne de nos attentes.
Le cœur du MAAT et la démarche de Réalisance
« Car les Humanités Classiques Africaines dont il est question, se présentent non seulement comme l’études des réalisations et de la pensée rationnelle de nos ancêtres mais aussi comme l’éducation des jeunes générations, c’est-à-dire, l’éducation de leur intelligence, de leur conscience, de leur sagesse et de leur humanité afin de faire germer en eux, ce que l’on appelle couramment « la conscience de soi », sans oublier la notion de défi associé au challenge que représente la Renaissance Africaine. Cheikh Anta appelle aussi cela le bouclier culturel. » J. P. Omotunde
Si certains noirs peuvent être qualifiés de personne ayant compris et assimilé la problématique de l´existentialisme de l´homme noir et de la démarche à suivre pour retrouver, asseoir et promouvoir une historicité plus avertie, consciente et rendant justice à ses aspiration universelles légitimes, c´est bien J.P. Omotunde, Cheikh Anta Diop et bien d´autres Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah Osangiefo, Malcolm X, Martin Luther King, Marcus Mosiah Garvey, Franz Fanon, Engelbert Mveng, John Henrik Clarke, Thomas Sankara, Steve Biko, Simon Kimbangu, Kimpa Mvita…et d´autres encore qui ont participé activement à la constitution universelle du subconscient sociohistorique de l´homme noir. Mais en vérité, tous nous y participons ; même ceux qui font des erreurs, parce que ces erreurs nous permettent de retrouver, en les critiquant, la démarche adéquate qui nous ramène sur le bon chemin de la réalisation harmonieuse et respectueuse des valeurs humaines.
Et si sur cette page nous critiquons et dénonçons certaines attitudes, pensées, discours, actes ou conceptions existentielles malheureuses, ce n´est en aucun cas pour animer un criticisme gratuit, mais c´est, à l´appui du Maat qui est la recherche de la conscience et de l´âme originelle de l´homme noir, une méthode critique publique permettant à tous ceux que la personnalité historique de l´homme noir intéresse, de séparer la graine de l´ivraie. De corriger les erreurs autant de méthode que de conception pour permettre rapidement une meilleure éclosion d´une prise de conscience universelle. Et nous insistons sur conscience universelle, parce que ce ne sont pas seulement les noirs qui sont concernés, mais les occidentaux et toutes les autres races ; tant est que ce monde nous le partageons ensemble et tous ensemble.
Pourquoi confirmons-nous que la recherche et l´affirmation historique de la conscience de l´homme noir soit d´intérêt public universel ? Parce que d´une part cette race a été toujours préjudiciée (Par les cultures musulmanes ou judéo chrétiennes, et ce depuis le 7ième siècles), et parce que lorsque nous parlons de liberté ou d´exercice de droits humains, nous évoquons une existence de droits et de réalisation qui accorde à tous les peuples, à tous les individus vivant sur notre terre, le droit légitime à la jouissance et à l´exercices des droits et des devoirs pacifiques découlant de leur vie.
L´histoire humaine, dans son tissu réel et institutionnel, a cependant mis à jour des iniquités, des erreurs, des crimes, des méfaits et des pensées qui ont conduit à des déséquilibres et des injustices sociales, raciales d´une incroyable cruauté ( l´extermination des indiens d´Amérique, par exemple ; l´esclavage des africains, l´Holocauste, l´apartheid…). Par ailleurs, l´hégémonie financière et économique établie par l´occident depuis 600 ans sur le monde nous a légué des réflexes, des usages, des institutions caduques reproduisant les erreurs et les hérésies du passé. La plus célèbre de ces institutions est sans conteste le système connu sous la dénomination de francafrique. Celle-ci, pour déjouer l´indépendance des pays africains, a instauré une mécanisme institutionnel fourbe et sournois reconduisant les pays indépendant sous la coupe de l´occident avec tous les aspects trompeurs et dévoyant d´une fausse indépendance.
Et pour sortir de ce marasme injurieux et humiliant pour la race noire, l´homme noir se doit de retrouver ses racines sociohistoriques détruites ou mises à mal par les déculturations autant arabes que chrétiennes, se reconstituer une conscience historique à même de répondre aux exigences complexes de l´histoire moderne compétitive, de restaurer et entretenir un existentialisme qui réponde à sa nature et à ses diverses ambitions et aspirations culturelles. Et c´est là que nous en sommes aujourd´hui : à une démarche légitime, capitale, et pour l´historicité et l´identité de l´homme noir, mais aussi de tous les autres peuples de notre univers, d´une valeurs incontestable. Car il est dans l´intérêt de la démocratie, de la liberté et de la tolérance humaine que toutes les cultures se développent et assument, dans un intérêt universel partagé et réciproque, leurs devoirs envers eux-mêmes mais aussi envers un monde de paix, de coopération et d´assistance mutuelle équitable.
Les occidentaux, et pas seulement eux, les arabes musulmans aussi sont embêtés par notre démarche parce qu´elle révèle tous les crimes, toutes les erreurs et les toutes les injustices que l´histoire durant ils se sont permis, sous quelques prétextes que ce soient, de commettre sur la race noire. Pire encore, nous dévoilons l´esprit qui se trouvait, et se convoie encore derrière leurs comportements, stratégies et actes politiques de mépris ou de soumission. Mais plus que connaître, le Maat incite à un renouveau socioculturel, rationnel et créatif de toute la race noire, afin que celle-ci, si l´occident se refuse à changer de modis vivendi envers elle, qu´elle soit en mesure et en devoir de se défendre valablement. Et on comprend tout de suite que dans cette démarche il s´agit de la liberté, et pas seulement de celle de l´homme noir ; mais aussi de répondre à la question : l´occident, tout en détruisant et en portant préjudice à l´existence de la race noire, peut-elle se prévaloir ou prétendre pratiquer la liberté ? Au fait, la liberté appartient-elle à tout le monde, est-elle un concept, une définition universelle, ou est-elle une interprétation subjective de la race blanche ? Si c´est le cas, les autres peuples auraient tout aussi le droit de se doter d´une définition individuelle de l´existence humaine. Nous en reviendrons à l´âge prédateur de la pierre taillée ou de l´esclavage.
La Réalisance, comme le Maat sont d´avis que la liberté, dans toute sa complexité, sa multitude et sa tolérance, est une définition universelle. C´est donc dans un intérêt universel que la race noire se doit de restaurer et retrouver l´originalité de sa conscience, sa personnalité réconciliée et de son identité historique afin qu´elle reprenne la place qui lui et due au concert actif et assuré de l´histoire humaine. Car elle fait partie intégrante et incessible de la liberté universelle. L´Afrique doit donc cesser de se laisser mutiler, de se ranger à l´immobilisme ou à la complaisante mendicité car elle doit, elle aussi, assumer les devoirs de sa propre historicité en épanouissant et en accomplissant ses propres ambitions, ses propres rêves. Autant que par son épanouissement, elle deviendra un partenaire sûr, fiable et respecté. Telle est notre profonde conviction.
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, bantu wa Muntu
25 août 2006
Un exemple type: le discours politique de Thabo Mbeki
Eloquent, passionné, engagé, et cependant défaillant depuis 10 ans ?
L´Afrique souffrirait-elle d´un idéalisme qui manque de déterminisme
organisé, détaillé et conséquent ?
Mes lecteurs trouveront sur AfricaMaat dans l´article « la renaissance africaine » par Thabo Mbéki publié le 04 juillet 2006 sur lequel se réfère notre analyse du jour : http://www.africamaat.com/article.php3?id_article=719
L´article en lui-même, est bien écrit ; ce qui nous a dérangé, et qui continue à nous déranger, c´est ce que Thabo Mbéki a oublié de dire, ou ce qu´il a mal exprimé. Nous avions déjà sur ce site, fait une critique de sa politique, ou du moins de ses résultats socioéconomiques réels. Beaucoup de lecteurs se sont sentis agressés parce que Mbéki succédant à Mandela, représente pour beaucoup l´espoir d´une Afrique non seulement en ébullition vers la réalisation de ses brûlantes ambitions, mais le caractère intègre et militant de l´homme rend confiant et rassure qu´enfin, depuis bien longtemps, une nouvelle génération de leaders africains étaient nés. Et c´est vrai dans un sens. Pourtant, le contexte Sud africain qui a, par une intrigue de la plus basse sournoiserie, laissé le pouvoir économique entre les mains des blancs tandis que le pouvoir politique, lui, était alloué aux noirs ; ce contexte vidé de cohésion entre les buts et les moyens détruisait l´euphorie Sud Africaine et la ravalait à un contexte dichotomique, où la division intérieure risquait de remettre les choses, pratiquement à l´heure ancienne. Mbéki pourrait donc s´époumoner, avoir les meilleures intentions du monde pour ses frères noirs, et pourquoi pas, pour toute la nation Sud Africaine, il n´aurait pas les moyens de les réaliser, les moyens étant détenus par les blancs qui eux, ne fonctionnaient qu´avec la manne du profit, parce que celle-ci, dans sa logique et son mécanisme régénérateur, reproduit la suprématie temporelle de celui qui a le capital. Mais ne soyons pas obscurantiste ou borné comme ces socialistes qui voulaient devenir célèbres, se faire aimer et aduler par la population en distribuant des revenus de l´Etat qui avaient été fait par des capitalistes avec des méthodes des plus douteuses. Personne de bonne foi et de bon sens ne veut assassiner le capital ; il s´agit simplement de son orientation vers le financement et la mise à la disposition de ses moyens au profit de la culture noire. Et c´est là que commence en réalité le conflit qui anime toute l´Afrique, parce que les occidentaux, ou blancs comme on veut, sont liés affectivement et structurellement à la culture occidentale. Et celle-ci, hélas, voulait rester dominante et hégémonique. Voilà ce que la plupart des africains ne comprennent : il s´agit d´un conflit à la fois culturel, économique, structurel, financier, philosophique…existentiel. Un large terrain qui commence par l´alimentation et la santé en passant par l´instruction, son symbolisme, ses principes directeurs et ses objectifs, et se termine par la question : dans quel modèle culturel l´homme noir se réalise-t-il ; dans sa propre projection sensible ou lui demande-t-on comme pendant l´apartheid ou la colonisation de se réaliser selon l´idéal du maître qui lui réservait, comme on le sait, la place en dessous de lui ? That is the question. Et il ne s´agisait plus, comme le faisaient bien d´africains, de fermer les yeux et de travailler sa vie entière sans avoir répondu à la question : dites donc, pourquoi et pour qui est-ce que j´ai travaillé toute ma vie ?
En occident, c´est depuis longtemps que les socialistes avaient cessé de tromper leur monde. Nés dans la tourment de l´industrialisation européenne du 19ième siècle, elle ne fut pas seulement un mouvement de contestation, mais aussi un compromis d´évidence économique : produire et produire encore tout en ne payant pas adéquatement celui qui devait acheter un jour ces produits, on courrait tout droit aux invendus et à la restriction du cercle économique (Remarquons la similitude avec notre crise économique actuelle). Cela étoufferait le capital au lieu de l´engranger. Aujourd´hui, aveuglés par la satiété et la mécanisation de leurs sociétés, leur humanisme estropié réclama la fin des abus de l´exploitation, Ils furent surpris de voir que les recettes du capital, et ce faisant des rentrées de l´Etat diminuaient, leur coupant ainsi les moyens de leur politique. C´est ce que j´appelle la fausseté bouffonne du socialisme. En fin de compte, le communisme s´écroulera, faute de moyens économique de sa politique ou comme ce fut le cas en occident, et malgré leurs chaleureux principes de solidarité et de respect humanitaire, ils fermeront les yeux sur l´exploitation éhontée et scandaleuse de l´Afrique pour recevoir des entrepreneurs capitalistes les moyens de jouer at home le rôle tapageur de samaritain, d´humaniste défendant un idéal de partage et de justice sociale. En réalité, ceux qui payaient rubis sur ongle les frais de cette fausseté, de cette mystification idéologique, c´étaient les africains. Mais ils étaient loin, tandis que ceux qui devaient croire à la social démocratie, eux, étaient blancs et bien présents en France, en Allemagne, en Italie, et aux Etats-Unis où ils s´appelaient démocrates.
Ceci pour expliquer que lorsque les étudiants ou les citoyens occidentaux étaient entraînés dans des schémas politiques de gauche et de droite, il ne s´agissait souvent que de la question : combien d´africains allons-nous affamer cette année afin de pouvoir redistribuer les gains entre nos propres citoyens ? Les deux étaient régis par la même comptabilité, les mêmes lois économiques, les mêmes chiffres de production et d´importation ou d´exportation. Si l´un d´eux prétendait faire plus de cadeaux à la société que ne le permettait ses recettes, il n´y avait que deux réponses : l´endettement ou le capitalisme agressif et barbare envers le tiers monde, et particulièrement l´Afrique, parce que c´était le seul continent où l´occident s´enrichissait à la pelle, et rapidement. Avec des méthodes et les conséquences qu´on sait.
Ainsi, pour revenir à Mbéki, de quoi n´a-t-il pas parlé dans son discours si élogieux ? Il parlait de retour des intellectuels et des techniciens africains en Afrique, mais il oubliait trois choses :
De réformer l´éducation et l´instruction africaine pour lui insuffler un meilleur sens pratique, créatif et innovateur. L´erreur de tous les chefs d´Etats africains est de croire que l´occident leur préparera des techniciens qu´ils n´auront plus qu´à mettre en service ! Naïve et fausse conception de la connaissance, parce que celle-ci ignore la spécificité du contexte climatique, culturel, de celui des facteurs énergétiques (si le pétrole sera encore là), les aspirations écologiques, et même de la technologie efficace appropriée (voiture au gaz, aux carburants du pétrole, à l´énergie solaire ou biologique, et même à l´hydrogène liquide …etc).
- Ces techniciens, ingénieurs et savants, s´ils devaient revenir, ne devrait-on pas leur donner les moyens structurels (Laboratoires, salaires appropriés, contextes sociaux tranquillisants pour les inciter à revenir ? Quand entreprendrait-on cet effort si les blancs qui ont le capital, eux, ne finançaient que l´intérêt immédiat ?
- Les africains devraient se refuser à la richesse ? Mais dites donc frère Mbéki, qui construira nos maisons, payera nos usines si nous sommes pauvres ? depuis quand un pauvre a-t-il les moyens de se libérer économiquement, de devenir entrepreneur ? Un peu naïve cette prédiction du dimanche. Peut-être faudrait-il laisser l´église au village, comme on dit.
Et on n´était pas surpris que pour pallier au manque de postulants aux bas salaires Sud africains, l´Etat fit venir des expatriés indous ! Alors, quoi, de quelle politique s´agissait-il ? J´ai bien peur que c´était la preuve que ce sont les entrepreneurs sud africains (comment pouvait-il en être autrement) qui dictaient les conditions d´emploi. Mais alors, à quoi a servi ce discours ? Certes, il a été fait avant sa prise de pouvoir, mais cela prouve bien qu´il avait, comme tous les africains, une idée erronée du contenu et de la portée du pouvoir. Du moins sur certains aspects précis. Et hélas pour lui ces aspects sont fondamentaux pour l´avenir de la république Sud Africaine. Et pour me résumer sur ce thème, je dirai que les africains ne se donnent pas la peine d´organiser et de projeter le détail précieux de leurs ambitions existentielles dans la réalité de leur société idéale ; la plupart des temps, ils se contentent de partir de schémas ou de prémisses héritées de la culture coloniale occidentale. Et on sait que l´esprit et les contenus de ces principes sont trop souvent nocifs, inadéquats ou peu appropriés à réaliser aveuglément les rêves africains de liberté et de réalisation africulturelle.
Ainsi, je suis surpris qu´en parlant abondamment de renouveau, d´imaginaire originel apparenté à réaliser les rêves culturels africains, je ne vois aucun effort réel de changer les choses, mais plutôt un discours qui disait ceci, alors qu´en réalité on restait accroché aux soutanes du Curé malgré qu´on mettait le christianisme au banc des accusés. Et à ce point, on rejoignait les socialismes européens qui fermèrent les yeux sur le pillage de l´Afrique, pourvu qu´ils reçurent les moyens de jouer les vertueux sociaux. N´est-ce pas une forme criante de corruption sociale ? Je le pense bien, et de là à rejoindre le bas de l´échelle, là où les petits dictateurs bornés de la francafrique martyrisaient, affamaient et assassinaient leurs propres peuples pour conserver un pouvoir vide, sans ni contenu conceptionnel, ni réelle ambition sociohistorique. Mais ne servait qu´à rouler en voitures étrangères, se faire soudoyer et défendre les intérêts occidentaux. Qu´est-ce qui avait bien changé en Afrique du Sud ? Ce sont les blancs qui détenaient les moyens de production ; ce sont eux qui dicteront le sens et le contenu des investissements. Cela influera sur l´emploi, sa qualité et ses buts. Et ainsi sur le sens et les priorités de la société ; celui qui dirait le contraire fait comme tous les africain aveugles et bornés : il se trompe lui-même.
Ce que j´ai apprécié dans cet article, c´est qu´il prenait au sérieux et à son juste poids le travail psychologique immense de libération de l´esprit noir. Et j´espère que ce travail, Mbéki ne l´a pas seulement évoqué dans son discours, mais qu´il l´a entrepris avec l´amour et le détail requis. Car on ne jugera jamais assez de son importance, tant la destruction identitaire africaine qui avait systématiquement été entreprise par la culture occidentale et qui perdurait encore aujourd´hui, est ravageuse et incroyablement ancrée dans les comportement existentiels. Et sans une véritable libération mentale, créative, imaginaire, ce continent qui est le nôtre continuera à divaguer et à vivoter. On le voit dans les appréciations et les jugements tronqués et délabrés des africains, même de ceux qui vivent à l´étranger et dont on était en droit d´espérer qu´ils se soient émancipés, beaucoup ne sont plus que des zombies de la consommation et de l´admiration européenne. Ils ont beau être noirs, croire qu´ils ont compris le problème, et même se donner le mal de vouloir chercher ce fond d´eux-mêmes qui était encore africain, hélas, tout était si compliqué ! Et c´est à peine s´ils s´avouent à eux-mêmes qu´ils ne savent plus ce qu´ils sont. Il ne suffit plus de se dire d´être fier d´être noir, il faut aussi montrer qu´on était capable d´excellence, de créativité originelle dont la qualité et l´esprit n´avait aucun complexe à se soumettre à n´importe quelle norme ; même si celle-ci était occidentale. Car là se trouve en réalité le nœud du problème : celui du jugement et de la reconnaissance comparatifs humains exigeant qui n´accepte, dans sa vanité et son orgueil, que le meilleur talent, la plus belle expression. Et celui qui n´a pas appris á réfléchir, à produire ou à concevoir en compétition réelle avec ce monde averti, il a déjà perdu. Et il pourrait évoquer mille et une excuses ; personne ne les écoutera. Aujourd´hui, seuls les résultats comptent, pas les larmes, ni les douleurs. Nous sommes au 21ième siècle, un siècle d´immédiateté, de beauté et d´excellence ; pas de médiocrité.
Musengeshi katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu
24 août 2006
Entre le bien et le mal
L´occident et son hégémonisme culturel
La culture dominante du faux et de la contre valeur vide ?
« Qui logera nos rêve aux paupières des étoiles ? »
Léopold Sédar Senghor
A force d´instaurer le crime, le mépris et le faux comme instruments sociohistoriques de réalisation sociale, la culture occidentale dominante depuis 600 ans sur notre monde a engendré une historicité culturelle qui reconnaît certes le bien, mais incite aussi au mal volontaire pourvu que celui-ci réponde à ses intentions ou à celui de ceux qui en exercent les privilège. En effet, en légitimant l´esclavage, les massacres volontaires des indiens d´Amérique, par exemple, ou l´usage de la force et du fait accompli de la violence, de l´usurpation ou du déni de droits légitimes dont elle se réclamait elle-même tout en les privant aux autres, l´occident a cultivé une puissance de négation qui devient, à la longue, le premier ennemi de ses propres ambitions de liberté et de démocratie. Tachant ainsi salutaire commune de toute culture de paix fondée sur l´éclosion et le respect de valeurs appartenant à tous. Et si tout le monde venait faire la même chose ? On le voit avec l´actuel dilemme atomique iranien : à cause du danger envahissant de la révolte islamique (mais il faut avouer aussi que cette religion entretient encore ou depuis longtemps d´un dangereux totalitarisme religieux), l´occident veut refuser ou priver ce pays de droits énergétiques légitimes. Oh, oui ; on entendait de fausses argumentations comme : énergie nucléaire, oui mais contrôlé par l´occident, ou encore : nous voulons avoir un mot à dire ou un droit de regard afin que l´Iran ne s´arme pas de bombes atomiques. Des prétextes tout aussi bancals que sournois : qui a donné son accord aux américains, aux français, aux anglais, aux israéliens, aux indiens, aux pakistanais lorsque ceux-ci se nantirent de bombes atomiques ? Personne. Ils l´ont fait en usant de leur droits légitimes existentiels. Mais alors pourquoi ces droits seraient-ils reconnus aux uns unilatéralement et devaient être soumis à l´acceptation des autres pour tous ceux qui ne faisaient pas partie du pouvoir Blanc ? Curieuse démocratie, curieuse conception de liberté. Sans le moindre droit quelconque sur le choix et les options scientifiques et industrielles d´un pays tiers, l´occident menaçait ce pays, comme ce fut le cas de Cuba ou celui récent du Zimbabwe, de l´enfermer dans un embargo complice, et cependant illégal. Il ne s´agissait plus ici de droit, de liberté ou de démocratie ; il s´agissait plutôt d´imposer la dominance occidentale en empêchant un membre souverain et indépendant de la communauté internationale d´acquérir des moyens technologique énergétique et militaire (ne nous faisons aucune illusion) qui le mettrait hors de portée de tout chantage et pression politique du bras de fer dominant et hégémonique occidental.
Cette histoire iranienne, autant dans les douteuses et partiales tribulations du Conseil de Sécurité de l´ONU (Excepté la Chine et l´Union Russe qui semblent exercer un droit de regard et de conseil moins pro occidental), que dans ses vices juridiques criants dans lequel le bourbier intentionnel occidental a mené les organisations internationales : notamment à couvrir et défendre ses intérêts partialement. Et on se rend enfin compte que ni La Banque Mondiale, ni le FMI, la Gatt, la WTO, toutes ces organisations ne poursuivaient pas un but universel, démocratique ou respectueux de la liberté au sens universel, mais bien défendait les intérêts et la vision des choses de leurs commanditaires. Et lorsque les institutions étaient réellement emplies de pouvoir comme à la Haie, pour la Cour Internationale de Justice, les américains se refusaient à y être jugé. On y jugeait donc des africains du Rwanda, du Libéria, de Sierra Leone, des yougoslaves, mais les grands fauteurs de troubles et de rebellions militaires de la CIA y faisaient défaut, ainsi par exemple Kissinger et Colin Powell pour le Vietnam ou l´Etat américain (ou la CIA, ce qui est la même chose) dans l´assassinat de Patrice Lumumba. Ceci n´étonnait personne : comme hier dans l´affaire de l´holocauste allemand, les américains firent évader près de 10.000 techniciens, ingénieurs et savant criminels Nazi vers les Etats-Unis parce qu´ils étaient détenteurs de technicité dont l´Amérique aurait prochainement besoin dans la lutte contre le communisme, les américains sélectaient ceux qui échoueraient devant le cadi. Et comme toujours, les faibles, on les soumettait à la loi ; les forts ou ceux dont on avait besoin, on les épargnait de la justice. Les américains, eux, se refusaient à se laisser juger par un tribunal international mais ils y conduisaient tous leurs ennemis, y compris Saddam Hussein, par exemple. Ca sentait étrangement la justice à double morale : une pour l´occident et pour tous ceux qui savaient se défendre, et une pour tous les autres. A l´Ouest, rien de nouveau.
Sinon, comment l´occident peut-elle, pour décourager l´Iran de ses ambitions nucléaires, lui promettre crédits à vue d´oeil, avantages commerciaux et économiques dont elle n´aurait plus qu´à accepter les conditions pour s´en réjouir ? Quand on pense aux négociations commerciales avortées de Doha, aux excursions restrictives de la FMI et de la Banque Mondiale en Afrique pour priver les nations pauvres de médecine, d ´instruction, d´investissements sociaux en leur saisissant leurs entrées et leurs douanes sous leur nez pour payer leurs dettes, il y avait de quoi se dire : eh bien, ça alors ; ça sent drôlement mauvais ! Mais cela n´étonnait plus les africains qui s´étaient rendus compte que quoi qu´ayant livré esclaves, larmes et sang pendant des siècles à ce moloch occidental insatiable et foncièrement centraliste, ces occidentaux investissaient en chine communiste, dans les pays de l´Est appartenant jadis au Comecon plus qu´ils n´investissaient en Afrique ou y créaient de l´emploi ! Pire, pour étouffer les révoltes sociales grondantes, on y plaçait des dictateurs sanguinaires, véreux et corrompus pour endormir leurs peuples, et au besoin les massacrer à loisir pour éteindre les brasiers désespérés qui montaient du continent éternel. Il ne restaient plus aux pauvres que de venir en occident vivre du meilleur côté de la ligne Maginot de la condamnation à la pauvreté. Mais là encore, de nouveau, la logique occidentale ne voulait pas accepter les prémisses de sa propre politique : ce qui éveillait un sarkozysme bon enfant ayant pour vocation de repousser les indésirables dans leurs pays d´origine. Ce mouvement, pour peu légitime et souverain qu´il soit, n´en est pas moins criminel, parce que tout en appauvrissant l´Afrique avec une francafrique sanguinaire et inhumaine, elle se refusait à en accepter ni les cause