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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

08 septembre 2006

Impératif d´historicité : conscientiser l´homme noir

Réinvestir l´homme noir de ses droits et devoirs envers sa liberté

Concevoir, réaliser la liberté plutôt que de subir passivement, ou indéfiniment celle des autres

« Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis »  P. E. Lumumba

Mais pour arriver à ce point, il faut non seulement être libre de son esprit, mais aussi avoir la lucidité et le courage de juger objectivement de sa cause, de ses intérêts, et savoir les nouer autour d´une stratégie de faisabilité qui lui donne les moyens et les buts affirmés de sa politique. Il ne s´agit ni de mots croisés, ni de chinoiseries ; ce n´est rien d´autre que la gestion consciente et responsable de son propre existentialisme. Et pour ce qui est de celui de l´homme noir, il n´est pas seulement passionnant, mais absolument fondamental à la liberté humaine. Pourquoi cette importance accrue ? Mais parce que par la démarche de sa libération, l´homme noir a l´occasion de refouler toutes les fausses et, sans conteste, criminelles définitions qui lui ont été, ainsi qu´au monde entier, imposées notamment par la civilisation islamique d´une part, et la civilisation chrétienne d´autre part. Et retrouver une balance intérieure qui, tout en résolvant ses propres contradictions, lui offre un équilibre sociohistorique nourrissant positivement son historicité.

Beaucoup d´africains imprégnés par le courant dominant occidental, ou même islamique, ne savent plus se départir de leur aliénation ; ils ne voient les choses que dans la perspective du choix qui leur a été insufflé par la colonisation, la religion, ou même l´éducation aliénée ou l´instruction polarisée. Les dés sont jeté, rien ne va plus, dit-on ; ou encore : quand le vin est tiré, il faut le boire. Parfois jusqu´à la lie. Tout cela est vrai pour des actes ponctuels, définis dans l´espace et le temps. Pour la liberté dont la définition prend ses racines autant dans le passé, le présent et l´avenir ; et dont le contenu déterminant, autant que sa légitimité sont à la fois devoir et droit existentiels dépendant autant du bon sens que de l´équité, de la morale, de l´éthique humaine ; nul n´a le droit de s´y refuser, autant que personne n´a le droit de la refuser à qui que ce soit. On comprend ici le dilemme du racisme qui a été justement employé pour justifier la déconsidération et ou le mépris d´une autre race humaine pour lui refuser justement certains droits, et l´assujettir et l´employer à loisir pour atteindre ses buts.

Aujourd´hui, la communauté Européenne, grand essaim d´abeilles esclavagiste du monde entier, en 2004, votait des lois antiracistes ! 600 ans après avoir pratiqué et célébré honteusement à satiété toutes les honteuses et criminelles facettes de ce mal. Que s´était-il donc passé ? La raison serait-elle devenue accessible aux blancs ? Le moins qu´on puisse dire, est qu´elle a pris bien du temps ! Ce qui n´honore pas le sens culturel humain de cette culture. Et maintenant ? Comment réparer les dommages socioculturels, moraux et physiques causés injustement à des millions et des millions de vies humaines ? Certainement pas en leur clamant : nous sommes vos amis, en leur invitant à croire au christianisme du Dieu blanc qui assista lui et son église à cette infamie ; ou encore en leur accordant une aide truquée qui ne les enfonçait que d´autant mieux dans la dépendance et la misère. Autant que ce déversement d´excédents agroindustriels qui les ruinait en détruisant leur agriculture : le fondement de toute économie nationale. Non, on pouvait dire ce qu´on veut ; tout cela avait une systématique bien organisée : asservir et détruire avec des moyens commerciaux. Rien n´avait donc changé. Et cependant, il ne s´agissait pas seulement de l´homme noir dont on camouflait le mépris ou la haine, mais aussi d´une question philosophique de la plus haute valeur pour la culture ou la civilisation occidentale : quelle est le niveau moral, éthique de la liberté occidentale ?

Et parce que la liberté est une définition familiale, sociale, universelle, en y répondant Individuellement ou collectivement, on se retrouve devant son propre miroir. Le faux consiste à donner aux autres des masques qui ne les représentent pas. Chacun doit se réaliser et retrouver dans sa vie, la projection de ses rêves, pas celles de son ennemi.

Longtemps, et aujourd´hui encore, l´occident persiste á vouloir faire avaler aux autres, et particulièrement aux africains dont il est indéniablement dépendant, que sa définition de la liberté, de la démocratie était la meilleure. Un bien piètre mensonge ; à croire qu´un criminel de droit commun était devenu juge et avocat de ses propres méfaits qu´il retouchait et décorait en des actes de bravoure, d´élégance culturelle, oui, même de civilisation ! Mais comment appelle-t-on un acte, une conception de l´existence, des politiques débutant avec le crime, se consolidant par l´injustice et se perpétuant avec l´assujettissement ? Liberté, démocratie ? Les professeurs d´université qui essayaient de vendre ces insalubrités à leurs étudiants, aux africains ne se sentaient-ils pas ridicules et faux ? Le moins qu´on puisse dire, c´est que la vulgarité intellectuelle, le vice moral et éthique ne tuent pas. Mais il ne rend aussi pas heureux, sinon on ne les verrait pas, eux et leurs missionnaires impénitents, vendre effrontément leurs faussetés et leurs mensonges en Afrique à longueur de décennies, et ce malgré l´indépendance des pays africains, et malgré leur fameuse richesse et industrialisation. Pas capable de rester chez soi ? Pas capable de porter par soi-même le poids et le prix de sa religion et de ses excès industriels ? Alors, quoi, et cette liberté, cette démocratie dont on clamait du matin au soir les vertus ; les faire à tout prix aux dépends des autres ?

Le prix de la liberté. Quand on voit avec quelle fourberie l´islam, autant que la chrétienté avaient employé, et le faisaient encore aujourd´hui, la religion pour convoyer ou camoufler des buts criminels, rapaces et fallacieux, on se demande bien de quel Dieu ces deux religions se réclament. « Quelles peuvent bien être ces dieux qui incitaient à l´asservissement, aux meurtres, à l´intolérance de la liberté, de l´existence, de la réalisation des autres », se demandait Simon Kimbangu. Et il n´avait pas tort. Des paravents qui servaient à certains groupes d´individus, de race, d´intérêts à piller, violer, tuer, asservir. « Et cependant, si Dieu existe, et il existe ; il a créé la multitude, la différence et la complexité des êtres, des éléments, des facteurs, des attentes ». Seuls les barbares semblaient ne pas s´en accommoder ; on devait parler leur langue, adopter leur religion, adopter leur culture, consommer leurs produits afin qu´ils soient heureux. Ce toupet d´intolérance et d´inculture dépassait le bon sens ; ce n´était plus de la bêtise criminelle, cela devenait tout simplement d´une primitivité ahurissante.

Sortir de la Matrix du maître, pour l´homme noir, est devenu de la plus haute priorité ; parce qu´ainsi il fait regain de ses propres forces éthiques, morales, et puise dans le combat de valeur qui le mène à sa liberté de nouvelles sources d´énergie pour la liberté humaine. Ce combat, cette démarche d´émancipation de la race noire est crainte et repoussée autant par l´occident que par l´islam, parce qu´il leur enlève, sous ses pas critiques, toutes leurs fausses parures en découvrant un sens de valeurs à la fois millénaire et fondamental de la race humaine : celui que la liberté est un bien universel et incessible à tout être humain. Autant que toute religiosité doit accepter et respecter celle des autres. Pourquoi cela dérangerait-il s´ils croyaient tous en Dieu, et s´ils étaient épris de démocratie et de liberté ? Mais c´est simple : parce que ces messieurs n´étaient que des caméléons qui se cachaient derrière des mots vides pour tricher, violer, violenter, asservir.

La nécessité de renouveau, d´authenticité ou de recours aux sources des valeurs africaines a déjà atteint les niveaux les plus reculés de la race noire. Et avec sa problématique, une foule de questions poignantes : du comment, par où commencer ; qu´est-ce qui fait réellement notre identité, comment épanouir et protéger nos valeurs ? Et comment se départir de cette sangsue occidentale qui nous poursuivait l´âme et les désirs en ombres destructives, malsaines ? A cette question, je réponds comme mon maître à penser, le grand  Simon Kimbangu : par l´amour. Car l´amour est un sentiment fructueux, émancipant, capable de transcendance. Il incite au bien, à la beauté, à la protection. Il respect et honore la famille, célèbre et encense la critique et la connaissance. Et son meilleur tourment n´est autre que celui de rendre à la tolérance, à l´éthique et à la morale ses fleurs les plus belles. C´est un sentiment à la fois actif et passif, mais jamais stérile; et par dessus tout respectueux de la valeur humaine.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 23:03 - critique et objectivité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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