Ou le retour aux pires temps des colonies

La grande bouffe de mystification

Chers lecteurs, après la signature de ce traité dit historique au Sénégal, j´ai parcouru certains journaux sénégalais et autres de l´Internet, et j´ai été effrayé par l´appréciation naïve de cette escroquerie. Décidément, les africains se laissaient courageusement rouler sur la table ! C´est le moins qu´on puisse dire, parce que si ces africains avaient posé la question à monsieur Sarkozy : « Cher honoré ministre de l´intérieur français, quand penserez-vous que la France aura créé assez d´emplois pour faire face au chômage qui grondait en France, au lieu de venir faire un traité réglant une immigration dont la France ne savait actuellement que faire ? Ne faut-il pas fermer les frontières françaises, donner d´abord du travail et l´intégration sociale à ceux qui se trouvent déjà en France au lieu de venir faire des traités autant démonstratifs qu´inutiles ? » 

Les sénégalais auraient été surpris de sa réponse, car il aurait été fort embarrassé. Autre question qui aurait dû sauter aux yeux des africains, mais cette fois pour fort en thème et diplôme avancé : « cher et honoré ministre, à propos de chômeurs, pourquoi les chômeurs français ne viendraient-ils pas trouver emploi en Afrique, au Sénégal dans le cadre de l´aide au développement ? Ne serait-il pas logique que l´occident qui consomme nos matières premières à la vitesse grand V nous aide à nous développer ? En tout cas, cela emploierai les chômeurs et leur donnerai une perspective, des expériences professionnelles, et qui sait, un avenir ! Nous sommes tous de ce monde, n´est-ce pas, si nos matières premières peuvent voyager, pourquoi pas les cadres industriels ? »

Là les africains l´auraient vu rougir et perdre sa superbe, parce qu´en réalité, à cet exemple précis on voit à quel point l´occident trompe et abrutit les africains. Ces messieurs étaient tous d´accord pour nous prendre en esclavage, nous coloniser, nous piller à qui mieux mieux, et avec la francafrique nous assimiler vilement à leurs Système dominant et totalitaire économiquement et financièrement. Mais à aucun ils n´étaient prêt à nous intégrer, à nous reconnaître en tant que partenaire à part entière. Tous les chemins devaient mener à Rome, à l´empire occidental, et les nègres devaient rester au bas des échelles sociales. La peur fumante de la concurrence noire.

C´est cela que les africains ne comprenaient pas. Ils ne s´agissait plus de tendre la main ou d´accepter des aides qui étaient de toutes les façons empoisonnées, parce que ce qui comptait, ce qui faisait et soutenait l´économie d´une nation, c´est la production locale ainsi que la créativité et l´imagination créative des nationaux. Pas les cadeaux corrompant à la prostitution et à la fainéantise ! Demandez donc aux chinois s´ils acceptaient l´aide au développement, vous serez surpris d´entendre que ce n´est pas le cas. Et pourquoi ? Mais parce que l´occident investissait chez eux au lieu de leur faire des cadeaux empoisonnés !

A la fin, on se demande si les africains ont jamais compris ce que c´est que l´économie, s´ils se laissaient gaiement bazarder comme les plus incultes des paysans. La logique est pourtant simple : celui qui ne produit pas ses propres moyens de réalisation, meurt lentement mais sûrement. Et s´il accepte que d´autres le fasse à sa place, il doit répondre à la question : comment arriverai-je toujours à payer mes factures, si je ne produis pas, si je n´ai aucun revenu ? Les matières premières ? Elles ne sont pas éternelles !

Ceci met aussi les occidentaux, avec leurs déversements d´excédents envahissants en Afrique sous une lueur de coupable criminalité économique. Car si les agricultures africaines disparaissent et s´effondrent, de quoi donc paiera-t-on ces produits si sournoisement largués en Afrique ? Ne voyait-on pas qu´en Europe, dans ces pays hautement industrialisés, le capital renvoyait au chômage et à la pension maigre ceux qui lui avaient permis de s´enrichir et de devenir arrogant ?

Afrique, Afrique…moi pas bouger ; bouger, bouger…y a-t-il encore des gens qui résonnent là dedans ? Et quand on voit avec quelle naïveté les journalistes africains passent journellement à côté de la vérité pendant que des élites corrompues et incapables ruinaient l´avenir de générations entières en les condamnant à la pauvreté, à la misère et à l´ignorance…on se demandait : ils veulent tous la liberté de la presse, le droit de dire et de publier la vérité ; mais tous sont aussi aveugles, ou embués à ce point qu´ils ne savent même pas ce qu´on doit faire avec cette liberté ! Oui, sincèrement, à quoi servait-elle si les gens brillaient par les tournures de mots, par leur orthographe, ou leur fierté à écrire ou parler la langue coloniale plutôt que par leur capacité à dénouer et éclairer les vrais problèmes de la société afin que les esprits les plus consciencieux y trouvent des solutions utiles et adéquates dans l´intérêt supérieur des peuples et de leurs avenirs ? Liberté, hein…il ne faut pas seulement la réclamer ou en chanter faussement des éloges, il faut aussi savoir l´aimer au point de l´assumer dans toute sa profondeur…et sa beauté. Car c´est seulement dans la responsabilité de la conscience accomplie qu´elle ouvre grandement ses bras pour nous rendre le plus doux baiser de l´existence pour nous récompenser d´avoir saisi l´ampleur et la passion de sa véritable dimension.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

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