Un mouvement apparemment normal, et cependant bien sournois

Derrière cette méthodique : un utilitarisme borné de refus d´intégration et d´émancipation systématique de l´hégémonisme occidental

« L’écart gigantesque entre ce que font les dirigeants des Etats-Unis dans le monde et ce que les habitants des Etats-Unis croient qu’ils font est une des grandes réussites de propagande de la mythologie politique dominante. »

Michael Parenti

Afin qu´on nous comprenne bien : nous ne sommes nullement contre une immigration bilatérale, d´harmonie ou de libre échange culturel et humain ; ce qui se passe en ce moment, par contre, n´a rien à voir avec un rapprochement naturel ou culturel des peuples. C´est plutôt, en tout cas en ce qui concerne l´Afrique, un mouvement à sens unique dicté par la pauvreté, la misère et le sous emploi chronique. Et lorsqu´on va derrière les raisons et les causes directes de ces maux, on est bien surpris de découvrir que ce sont les pays occidentaux qui en sont, avec une francafrique immonde et méprisante, une systématique d´hégémonisme économique et financier centraliste et totalitaire, ceux qui mettent le feu aux poutres afin que dans leur désespoir et leurs faiblesses, les autres peuples africains, haïtiens, guadeloupéens, arabes, et mêmes asiatiques restent à leur disposition au lieu de s´émanciper d´eux, de devenir leurs propres maîtres comme le veut la liberté.

Hier ils pratiquèrent l´esclavage : l´époque primitive de leurs accumulation, puis ce fut la colonisation, et enfin vint la période actuelle de la francafrique. Mais toutes ces périodes ont ceci de commun : tout, et c´est dire êtres humains, biens financiers, biens économiques et matières premières n´avaient qu´un seul flux, qu´une seule destination définitive : l´occident. Et par tous les moyens de corruption d´élites, d´assassinat de tribuns éclairés dont le plus ancien était Zumbi au Brésil, puis Toussaint Louverture en Haïti, puis vinrent Ruben Um Nyobé du Cameroun, Patrice Lumumba du Congo…etc, ils décapitèrent successivement politiquement les peuples noirs pour les soumettre à une servitude qu´ils entretiennent encore aujourd´hui avec un art sournois et insolent de la pire des fausseté en prétendant qu´ils représentaient ou défendait la liberté et la démocratie ! Curieuse démocratie, curieuse liberté qui mettaient tous les moyens de production, le système et le contrôle des moyens de paiement entre les mains de l´oligarchie blanche !

Et lentement, on se demandait combien de temps les occidentaux se rendraient eux-mêmes comptes qu´ils mentaient effrontément, et qu´ils étaient, de part leur rapacité historique, leur cécité à considérer et à respecter les droits existentiels des autres, et particulièrement celui des africains, incapables d´offrir au monde un existentialisme d´équilibre et d´harmonie qui permettrait à tous d´œuvrer équitablement à leur réalisation existentielle culturelle.

Et derrière, par exemple, la misère actuelle d´Haïti, on découvre les tribulations d´américains, de français, des banques et des politiciens canadiens empressés de garder la première nation noire indépendante dans l´impasse de la misère et du sous emploi pour attirer ses intellectuels vers une immigration salutaire en terre canadienne où le développement futur de cet Etat nécessitait à tout prix d´une croissance de population active que les anciens immigrés blancs ne savaient plus satisfaire. Et pour honorer autant que saluer le combat d´une grande dame des Nations Unies : Mary Robinson qui fut  âprement combattue autant par les Etats-Unis que par le Canada, nous poserons la question : pourquoi diable avoir massacré les indiens canadiens, les avoir repoussé dans des tristes réserves qui les déprimèrent et les livrèrent à l´alcoolisme, à un désespoir sans consolation ? La réponse, vous la pressentez : pour s´emparer de leurs terres et éviter plus tard de toutes revendications territoriales légitimes. Ainsi donc on persécutait ou on martyrisait les minorités noires (Etats-Unis), rouges (indiens des Etats-Unis, ceux du Canada) pour faire chaque année appel d´offre international à l´immigration ? N´est-ce pas un peu trop facile ? Pourquoi ces Etats ne faisaient-ils pas comme la Finlande qui s´occupait de ses enfants avec un soin exemplaire et attentionnés ? Aux Etats-Unis, on préférait incriminer le nègre, l´emprisonner ou l´abattre sur la rue comme un chien galeux, si on le confinait pas à se morfondre dans des Ghettos insalubres et surpeuplés, plutôt qu´à lui faire profiter d´un bien être social dont ses ancêtres esclaves avaient grandement payé le prix mille fois ?

C´est bien cela notre doute sur ces débats d´immigrations choisies, préférentielles, concertées, autoriséesfacilenadans)ais…de l´affabulation que tout cela, nous semble-t-il. Tant que les occidentaux, par mépris ou par illogisme social, méprisaient ceux qui se trouvaient devant leurs yeux, toute cette histoire d´immigration n´était qu´une mise en scène qui ne cachait que des sentiment ou des caractères douteux. Que chacun fasse et élève ses propres enfants, mais surtout, que la société, la politique et l´économie les respectent et leur prodiguent tous les moyens afin qu´ils servent adéquatement et pleinement leur nation. Négliger ses propres enfants comme à la Banlieue de Paris, en France, ou comme la jeunesse rébarbative de l´est de l´Allemagne de la réunification, pour aller chanter les louanges de l´immigration choisie à Dakar ou faire les éloges de l´intégration musulmane comme c´est le cas en Allemagne aujourd´hui croulant sous le poids de dettes publiques, de son vieillissement et sa prochaine dépopulation ; c´est pour nous tromper les évidences, jouer à la pyromanie sociale plutôt qu´à entretenir une conception sociale juste, équitable et harmonieuse.

Et ce sentiment persiste et se concrétise dans notre jugement quand nous lisons les statistiques sociaux des pays concernés ou prenons connaissance de courants extrémistes qui s´y développent. Ainsi, en France 35% des français seraient racistes, en Allemagne les chiffres sont plus élevés, mais grâce à un consensus politique entendu, la réalité est masquée ; ce qui n´empêche pas une montée fulgurante du nazisme qui s´organise politiquement au municipales et régionales en gagnant constamment du terrain à chaque élection. Au Canada on n´a pas oublié les injures raciales d´un certain Dr. Mailloux. A la fin on se demande : pourquoi jouer le faux jeu de l´immigration si on ne réservait à ces pauvres que racisme, quolibet de ses extrémistes mal élevés, le ghetto surpeuplé de HLM sans humour, le chômage et la discrimination de leurs enfants autant aux études qu´aux moyens sociaux de réalisation ? Oui, pourquoi ? N´était-il pas simple de faire comme la Suisse qui venait de voter la plus sévère réglementation de la reconnaissance des exilés sur son territoire ? Au moins on savait où on en était, plutôt que ces états mensongers jouant faussement avec des demi vérités, et jetant des innocents en pâture à une cruelle escroquerie sociale agrémentée d´injures et dégoût racial . Peut-être serait-il franc de reconnaître ouvertement : nous voulons de nouveaux esclaves, ou encore, comme c´est le cas pour le japon aux abois démographiques, en Israël : il s´agit d´apports génétiques étrangers pour une race vieillie, au bord de l´extermination.

Quand on analyse les mouvements de migration humaine des derniers siècles, on est surpris de constater que les occidentaux qui furent les plus grands envahisseurs des autres mondes, se sont toujours imposés par la violence et le violentement. Ils n´ont respecté ni l´ordre établi, ni la culture et la société qu´ils rencontrèrent ; bien au contraire : ils la détruisirent et imposèrent par la violence et le crime leur sens social, culturel et leurs valeurs. Ce fut non seulement le cas aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, au Mexique, en Australie, en Afrique du Sud, en nouvelle Zélande. Et c´est pour quiconque aujourd´hui parle si spontanément de liberté et de démocratie tout en défendant et privilégiant ses méfaits d´hier, faire croire à une immigration équitable et juste, c´est à mon avis vendre beaucoup d´illusions. Je dirai plutôt que tous ces pays occidentaux étaient en mal de nouveaux esclaves, ou de nouveaux naïfs qui se laisseraient pendant des décennies plumer et déplumer avant qu´ils ne comprennent qu´en réalité on les avait invité dans un système sournois et injuste. Ils n´étaient là que pour garantir aux riches de devenir encore plus riches, rien de plus. Et on ne serait illogique de dire qu´en réalité lorsqu´un occidental allait vivre n´importe où, il voulait y être le maître ; mais lorsqu´on émigrait chez lui, on restait en dessous de lui, de ses intérêts, de son ordre social et de sa culture. Pendant que cet occidental, lui, de par le monde avec son système économique et sa rapacité, détruisait les cultures, les sociétés et la foi des autres.

Et à notre avais, s´il fallait vraiment croire à l´immigration sous quelque forme que ce soit, l´occident devait aussi changer intégralement de politique sociale. Et pas seulement dans le discours réel conscient du pouvoir, mais aussi dans le discours réel usuel de ses citoyens. Autre chose est de crier à l´intégration pour mieux s´approprier les enfants des autres pour qu´ils viennent assurer le paiement  de dettes dont ni leurs parentes dettestres pour qu n´ont profité, autre chose est d´être franc et ouvert en donnant à ces nouveaux citoyens les moyens réels pleins pour leur permettre une intégration réussie à tous les niveaux. Après tout, le niveau de formation, d´intégration et de participation à la scène sociale des immigrés détermine la richesse qu´ils offrent à la société. Les renfermer dans un bas utilitarisme a priori, c´est priver la société d´une richesse créative et fonctionnelle que les exigences et les impératifs grandissants de société moderne ne saurait se passer. Faut savoir ce qu´on veut. Crier à la démocratie et à la liberté, et cependant fermer les pauvres et les immigrés les portes aux universités et aux professions techniques supérieures, c´est de la contradiction la plus bornée qui soit.

On ne peut pas parler d´immigration sans parler de l´autre côté de la médaille : de ce qui crée cet état de choses ou les conditionne. Quand on a vu avec quelle désespoir des africains sans avenir s´embarquaient dans des forteresses flottantes de fortunes pour atteindre les frontières espagnoles, là où pour eux commençait l´Eldorado ou l´espoir d´une vie meilleure, c´est à peine si le cœur de tout être humain de bonne foi ne se disait pas : incroyable, ça doit cesser cette tragique et souvent mortelle épopée qui insultait tout le monde, les élites africaines incapables autant que le totalitarisme économique et financier occidental de la francafrique qui, en enfermant l´Afrique dans un carcan injurieux de liens et de contraintes d´aliénation qui la détruisaient et la saignaient depuis 46 ans, ruinait ce continent avec un sadisme unique en son genre au monde. Pourquoi l´occident investissait-il en Chine, leur futur concurrent, ou même à l´Est européen de l´ex Comecon qui furent jadis leurs ennemis idéologiques jurés ? Mépris, racisme, déconsidération culturelle ? Les occidentaux s´en défendent, et cependant, lorsqu´on sait que la plupart des capitaux qui servaient aujourd´hui à investir de par le monde pour faire profit et agrandir l´influence financière des occidentaux de par le monde venait notamment…des africains ! Ces capitaux ne venaient pas seulement de l´esclavage et de l´accumulation qu´elle avait royalement réalisée, mais aussi des matières premières qu´on raffinait et transformait en produits industriels finis avec lesquels on engrangeait le profit. Et par ce système concerté qui consistait dans le refus d´investissement en Afrique pour lui permettre de jouir de ses propres efforts, ou encore en lui fermant sournoisement le marché occidental où il pourrait écouler ses produits et par là s´attirer des investisseurs, on condamnait ce continent à la misère et la pauvreté, parce que le travail avait difficile, dans ces conditions à être créé pour subvenir aux besoins et aux exigences vitales des cultures africaines. Certes, on ne peut pas pousser l´occident à aimer l´Afrique, ce qu´elle n´a jamais fait. Mais ce mépris organisé et sournoisement complice…C´est de la pire des entreprises historiques criminelles.

Si l´Afrique veut survivre et garder la tête haute au lieu de subir l´histoire humaine entière le mépris et la méchanceté de ses envahisseurs et de ses oppresseurs, elle doit se décider rapidement à changer d´attitude, de pas et d´ambition historique. Il en va de l´avenir de ses cultures et de celle de ses enfants. Attendre ou compter sur l´occident, c´est à mon avis se mettre la corde au cou. Il est grand temps que les africains qui pensent, réfléchissent et décident de l´avenir de ce continent le comprenne. Car au point où nous en sommes aujourd´hui, notre avenir et celui de nos beaux enfants et de nos belles femmes sont en danger. Il est temps donc de cesser de rêver car ce n´est pas seulement notre réalisation qui est menacée, mais aussi notre culture et les facettes sensibles et avides de son joyauce nmps donc de cesser de ros beaux enfants et de nos belles femmes sont en danger..

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com