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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

30 septembre 2006

Contre l´immigration africaine en occident, pourquoi ?

Un mouvement apparemment normal, et cependant bien sournois

Derrière cette méthodique : un utilitarisme borné de refus d´intégration et d´émancipation systématique de l´hégémonisme occidental

« L’écart gigantesque entre ce que font les dirigeants des Etats-Unis dans le monde et ce que les habitants des Etats-Unis croient qu’ils font est une des grandes réussites de propagande de la mythologie politique dominante. »

Michael Parenti

Afin qu´on nous comprenne bien : nous ne sommes nullement contre une immigration bilatérale, d´harmonie ou de libre échange culturel et humain ; ce qui se passe en ce moment, par contre, n´a rien à voir avec un rapprochement naturel ou culturel des peuples. C´est plutôt, en tout cas en ce qui concerne l´Afrique, un mouvement à sens unique dicté par la pauvreté, la misère et le sous emploi chronique. Et lorsqu´on va derrière les raisons et les causes directes de ces maux, on est bien surpris de découvrir que ce sont les pays occidentaux qui en sont, avec une francafrique immonde et méprisante, une systématique d´hégémonisme économique et financier centraliste et totalitaire, ceux qui mettent le feu aux poutres afin que dans leur désespoir et leurs faiblesses, les autres peuples africains, haïtiens, guadeloupéens, arabes, et mêmes asiatiques restent à leur disposition au lieu de s´émanciper d´eux, de devenir leurs propres maîtres comme le veut la liberté.

Hier ils pratiquèrent l´esclavage : l´époque primitive de leurs accumulation, puis ce fut la colonisation, et enfin vint la période actuelle de la francafrique. Mais toutes ces périodes ont ceci de commun : tout, et c´est dire êtres humains, biens financiers, biens économiques et matières premières n´avaient qu´un seul flux, qu´une seule destination définitive : l´occident. Et par tous les moyens de corruption d´élites, d´assassinat de tribuns éclairés dont le plus ancien était Zumbi au Brésil, puis Toussaint Louverture en Haïti, puis vinrent Ruben Um Nyobé du Cameroun, Patrice Lumumba du Congo…etc, ils décapitèrent successivement politiquement les peuples noirs pour les soumettre à une servitude qu´ils entretiennent encore aujourd´hui avec un art sournois et insolent de la pire des fausseté en prétendant qu´ils représentaient ou défendait la liberté et la démocratie ! Curieuse démocratie, curieuse liberté qui mettaient tous les moyens de production, le système et le contrôle des moyens de paiement entre les mains de l´oligarchie blanche !

Et lentement, on se demandait combien de temps les occidentaux se rendraient eux-mêmes comptes qu´ils mentaient effrontément, et qu´ils étaient, de part leur rapacité historique, leur cécité à considérer et à respecter les droits existentiels des autres, et particulièrement celui des africains, incapables d´offrir au monde un existentialisme d´équilibre et d´harmonie qui permettrait à tous d´œuvrer équitablement à leur réalisation existentielle culturelle.

Et derrière, par exemple, la misère actuelle d´Haïti, on découvre les tribulations d´américains, de français, des banques et des politiciens canadiens empressés de garder la première nation noire indépendante dans l´impasse de la misère et du sous emploi pour attirer ses intellectuels vers une immigration salutaire en terre canadienne où le développement futur de cet Etat nécessitait à tout prix d´une croissance de population active que les anciens immigrés blancs ne savaient plus satisfaire. Et pour honorer autant que saluer le combat d´une grande dame des Nations Unies : Mary Robinson qui fut  âprement combattue autant par les Etats-Unis que par le Canada, nous poserons la question : pourquoi diable avoir massacré les indiens canadiens, les avoir repoussé dans des tristes réserves qui les déprimèrent et les livrèrent à l´alcoolisme, à un désespoir sans consolation ? La réponse, vous la pressentez : pour s´emparer de leurs terres et éviter plus tard de toutes revendications territoriales légitimes. Ainsi donc on persécutait ou on martyrisait les minorités noires (Etats-Unis), rouges (indiens des Etats-Unis, ceux du Canada) pour faire chaque année appel d´offre international à l´immigration ? N´est-ce pas un peu trop facile ? Pourquoi ces Etats ne faisaient-ils pas comme la Finlande qui s´occupait de ses enfants avec un soin exemplaire et attentionnés ? Aux Etats-Unis, on préférait incriminer le nègre, l´emprisonner ou l´abattre sur la rue comme un chien galeux, si on le confinait pas à se morfondre dans des Ghettos insalubres et surpeuplés, plutôt qu´à lui faire profiter d´un bien être social dont ses ancêtres esclaves avaient grandement payé le prix mille fois ?

C´est bien cela notre doute sur ces débats d´immigrations choisies, préférentielles, concertées, autoriséesfacilenadans)ais…de l´affabulation que tout cela, nous semble-t-il. Tant que les occidentaux, par mépris ou par illogisme social, méprisaient ceux qui se trouvaient devant leurs yeux, toute cette histoire d´immigration n´était qu´une mise en scène qui ne cachait que des sentiment ou des caractères douteux. Que chacun fasse et élève ses propres enfants, mais surtout, que la société, la politique et l´économie les respectent et leur prodiguent tous les moyens afin qu´ils servent adéquatement et pleinement leur nation. Négliger ses propres enfants comme à la Banlieue de Paris, en France, ou comme la jeunesse rébarbative de l´est de l´Allemagne de la réunification, pour aller chanter les louanges de l´immigration choisie à Dakar ou faire les éloges de l´intégration musulmane comme c´est le cas en Allemagne aujourd´hui croulant sous le poids de dettes publiques, de son vieillissement et sa prochaine dépopulation ; c´est pour nous tromper les évidences, jouer à la pyromanie sociale plutôt qu´à entretenir une conception sociale juste, équitable et harmonieuse.

Et ce sentiment persiste et se concrétise dans notre jugement quand nous lisons les statistiques sociaux des pays concernés ou prenons connaissance de courants extrémistes qui s´y développent. Ainsi, en France 35% des français seraient racistes, en Allemagne les chiffres sont plus élevés, mais grâce à un consensus politique entendu, la réalité est masquée ; ce qui n´empêche pas une montée fulgurante du nazisme qui s´organise politiquement au municipales et régionales en gagnant constamment du terrain à chaque élection. Au Canada on n´a pas oublié les injures raciales d´un certain Dr. Mailloux. A la fin on se demande : pourquoi jouer le faux jeu de l´immigration si on ne réservait à ces pauvres que racisme, quolibet de ses extrémistes mal élevés, le ghetto surpeuplé de HLM sans humour, le chômage et la discrimination de leurs enfants autant aux études qu´aux moyens sociaux de réalisation ? Oui, pourquoi ? N´était-il pas simple de faire comme la Suisse qui venait de voter la plus sévère réglementation de la reconnaissance des exilés sur son territoire ? Au moins on savait où on en était, plutôt que ces états mensongers jouant faussement avec des demi vérités, et jetant des innocents en pâture à une cruelle escroquerie sociale agrémentée d´injures et dégoût racial . Peut-être serait-il franc de reconnaître ouvertement : nous voulons de nouveaux esclaves, ou encore, comme c´est le cas pour le japon aux abois démographiques, en Israël : il s´agit d´apports génétiques étrangers pour une race vieillie, au bord de l´extermination.

Quand on analyse les mouvements de migration humaine des derniers siècles, on est surpris de constater que les occidentaux qui furent les plus grands envahisseurs des autres mondes, se sont toujours imposés par la violence et le violentement. Ils n´ont respecté ni l´ordre établi, ni la culture et la société qu´ils rencontrèrent ; bien au contraire : ils la détruisirent et imposèrent par la violence et le crime leur sens social, culturel et leurs valeurs. Ce fut non seulement le cas aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, au Mexique, en Australie, en Afrique du Sud, en nouvelle Zélande. Et c´est pour quiconque aujourd´hui parle si spontanément de liberté et de démocratie tout en défendant et privilégiant ses méfaits d´hier, faire croire à une immigration équitable et juste, c´est à mon avis vendre beaucoup d´illusions. Je dirai plutôt que tous ces pays occidentaux étaient en mal de nouveaux esclaves, ou de nouveaux naïfs qui se laisseraient pendant des décennies plumer et déplumer avant qu´ils ne comprennent qu´en réalité on les avait invité dans un système sournois et injuste. Ils n´étaient là que pour garantir aux riches de devenir encore plus riches, rien de plus. Et on ne serait illogique de dire qu´en réalité lorsqu´un occidental allait vivre n´importe où, il voulait y être le maître ; mais lorsqu´on émigrait chez lui, on restait en dessous de lui, de ses intérêts, de son ordre social et de sa culture. Pendant que cet occidental, lui, de par le monde avec son système économique et sa rapacité, détruisait les cultures, les sociétés et la foi des autres.

Et à notre avais, s´il fallait vraiment croire à l´immigration sous quelque forme que ce soit, l´occident devait aussi changer intégralement de politique sociale. Et pas seulement dans le discours réel conscient du pouvoir, mais aussi dans le discours réel usuel de ses citoyens. Autre chose est de crier à l´intégration pour mieux s´approprier les enfants des autres pour qu´ils viennent assurer le paiement  de dettes dont ni leurs parentes dettestres pour qu n´ont profité, autre chose est d´être franc et ouvert en donnant à ces nouveaux citoyens les moyens réels pleins pour leur permettre une intégration réussie à tous les niveaux. Après tout, le niveau de formation, d´intégration et de participation à la scène sociale des immigrés détermine la richesse qu´ils offrent à la société. Les renfermer dans un bas utilitarisme a priori, c´est priver la société d´une richesse créative et fonctionnelle que les exigences et les impératifs grandissants de société moderne ne saurait se passer. Faut savoir ce qu´on veut. Crier à la démocratie et à la liberté, et cependant fermer les pauvres et les immigrés les portes aux universités et aux professions techniques supérieures, c´est de la contradiction la plus bornée qui soit.

On ne peut pas parler d´immigration sans parler de l´autre côté de la médaille : de ce qui crée cet état de choses ou les conditionne. Quand on a vu avec quelle désespoir des africains sans avenir s´embarquaient dans des forteresses flottantes de fortunes pour atteindre les frontières espagnoles, là où pour eux commençait l´Eldorado ou l´espoir d´une vie meilleure, c´est à peine si le cœur de tout être humain de bonne foi ne se disait pas : incroyable, ça doit cesser cette tragique et souvent mortelle épopée qui insultait tout le monde, les élites africaines incapables autant que le totalitarisme économique et financier occidental de la francafrique qui, en enfermant l´Afrique dans un carcan injurieux de liens et de contraintes d´aliénation qui la détruisaient et la saignaient depuis 46 ans, ruinait ce continent avec un sadisme unique en son genre au monde. Pourquoi l´occident investissait-il en Chine, leur futur concurrent, ou même à l´Est européen de l´ex Comecon qui furent jadis leurs ennemis idéologiques jurés ? Mépris, racisme, déconsidération culturelle ? Les occidentaux s´en défendent, et cependant, lorsqu´on sait que la plupart des capitaux qui servaient aujourd´hui à investir de par le monde pour faire profit et agrandir l´influence financière des occidentaux de par le monde venait notamment…des africains ! Ces capitaux ne venaient pas seulement de l´esclavage et de l´accumulation qu´elle avait royalement réalisée, mais aussi des matières premières qu´on raffinait et transformait en produits industriels finis avec lesquels on engrangeait le profit. Et par ce système concerté qui consistait dans le refus d´investissement en Afrique pour lui permettre de jouir de ses propres efforts, ou encore en lui fermant sournoisement le marché occidental où il pourrait écouler ses produits et par là s´attirer des investisseurs, on condamnait ce continent à la misère et la pauvreté, parce que le travail avait difficile, dans ces conditions à être créé pour subvenir aux besoins et aux exigences vitales des cultures africaines. Certes, on ne peut pas pousser l´occident à aimer l´Afrique, ce qu´elle n´a jamais fait. Mais ce mépris organisé et sournoisement complice…C´est de la pire des entreprises historiques criminelles.

Si l´Afrique veut survivre et garder la tête haute au lieu de subir l´histoire humaine entière le mépris et la méchanceté de ses envahisseurs et de ses oppresseurs, elle doit se décider rapidement à changer d´attitude, de pas et d´ambition historique. Il en va de l´avenir de ses cultures et de celle de ses enfants. Attendre ou compter sur l´occident, c´est à mon avis se mettre la corde au cou. Il est grand temps que les africains qui pensent, réfléchissent et décident de l´avenir de ce continent le comprenne. Car au point où nous en sommes aujourd´hui, notre avenir et celui de nos beaux enfants et de nos belles femmes sont en danger. Il est temps donc de cesser de rêver car ce n´est pas seulement notre réalisation qui est menacée, mais aussi notre culture et les facettes sensibles et avides de son joyauce nmps donc de cesser de ros beaux enfants et de nos belles femmes sont en danger..

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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La culture face à l´idéologie de domination

Protectionnisme, envahissements étouffants, contraintes destrictrices

La culture est toute notre philosophie existentielle

Commentaire sur Afrikara du 30 Septembre 2006 13H00

Hugh, Pierre Prêche a parlé !

Compliment, monsieur Prêche; là on reconnaît la signature indélébile de votre plume. Et remerciements également au premier intervenant qui a exactement saisi le font du problème. Ce sont ceux qui jadis allèrent piller, violer et détruire les cultures des autres qui aujourd´hui, à coup de protectionnisme et d´interprétations fallacieuses, se protégeaient véhémentement du même méfait qu´ils avaient réservé à bien de peuples et de sociétés de la terre. Et malgré cela, quand ils ont raison aujourd´hui de se protéger, nous le leur accordons. On observe cependant que leur goût de la destruction des autres n´a ni diminué, ni connu l´émancipation de la tolérance, de la liberté et de la démocratie. En ce moment, c´est l´Inde qui, avec son Bolliwwood envahit lentement le monde avec son cinéma bon marché. Le secteur du cinéma indien a fait plus de recette cette année que sa consoeur américaine, n´est-ce pas étonnant, et pour le moins tout aussi effrayant ? Puis viendra la Chine et le kung fu que tous seront obligés d´avaler.

Pour ce qui est du protectionnisme culturel que tous les occidentaux exercent plus ou moins discrètement les uns à l´égard des autres, on se demande en effet ce que c´est que la culture, où commence son domaine et où se termine-t-il face au libre échange et à la tolérance internationale ? En y répondant, beaucoup de gens mentiront ou donneront libre court à des définitions tronquées, subjectives, intéressées et mêmes sournoises. Et cependant, au début, pendant comme à la fin de toute activité humaine se trouve la culture, car autant dans l´économie, l´organisation sociale, les moyens de production, les arts et musiques, tout cela est du domaine culturel de l´être social. Les excédents industriels occidentaux déversés en Afrique détruisent l´agriculture et les jeunes industries africaines, ce qui affaiblit nos sociétés et détruisent sa créativité et sa culture. Et la France, les Etats-Unis, la Belgique, l´Espagne, le Portugal...tous y sont mêlés. Il n´y a que les occidentaux qui prétendent qu´en entretenant ce banditisme économique et commercial criminel, ils font civilisation, liberté et démocratie. C´est de la plus grande fausseté. Et c´est dire avec cet exemple que tout est culturel parce que l´être humain est un animal culturel plein: sa langue, son instruction, sa réalisation autant que son émancipation et le respect qu´il doit à l´intégrité de la vie des autres, tout cela est la facture de sa philosophie culturelle. Voilà pourquoi les échanges économiques, financiers et culturels doivent rester égaux et respectueux des autres plutôt que mercantiles et envahissants, parce qu´étouffé, la culture de l´opprimé ou de l´envahi s´étiole et s´éteint. Et cela, c´est être non seulement criminel, mais agir ainsi sciemment, c´est manquer définitivement de culture. Et pour la France, une petite remontrance: elle doit cesser, comme avec Brigitte bardot, par exemple, de vendre au monde entier des idoles qui se révèlent plus tard n´être que des caractères racistes de grand chemin, ce qui contredit à tout respect d´une culture humaine digne de bonne foi.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com   

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29 septembre 2006

Le spectre de la récession serait-il à nos portes ?

Les signes d´un débâcle financier international prochain affluent

Le système économico-financier actuel au bord du gouffre ?

Avant propos

Chers honorés lecteurs, j´ai pris la peine de reproduire cet article avec l´autorisation publique de l´auteur. Vous trouverez l´original sur http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=2009. L´intérêt que notre démarche a apprécié dans cet article certaines vérités selon lesquelles, par exemple : l´Afrique ou les pays pauvres financent l´occident sont bien clairement expliquées, autant que l´incidence et la signification de l´endettement occidental joyeusement entretenu dont nous avons si souvent attiré l´attention. Certes, c´est un article qualifié, mais parfois, pour bien comprendre ce qui se passe autour de nous, nous devons nous donner la peine d´aborder le problème ou le mal dans toute sa crudité rationnelle, c´est à dire avec tout son évidence objective. Beaucoup d´africains mal informés, et même d´occidentaux néophytes (le système occidental les reproduit à la pelle, dans le genre bien suiviste : tais-toi et consomme) ne comprennent pas ou ne croient pas à la profonde fausseté actuelle du système économique et financier international. Et même le danger d´un écroulement prochain ne semble, pour beaucoup, pas évident du tout. Et cependant, à moins d´un revirement à 180°, comment ce système résoudra-t-il ses poignantes, et pour lui-même destructives contradictions ? Le tiers-monde, et particulièrement l´Afrique en a marre de soutenir un moloch qui le ruinait et l´excluait à l´avenir productif et libre, sous le prétexte fallacieux qu´il ferait notre bonheur pendant que les seuls effets de notre collaboration n´étaient autre que pauvreté, misères, asservissement économique, social, culturel. Mais appréciez.

Musengeshi Katata. Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

19 août 2006

La dette américaine conduira-t-elle à une crise financière ?

par John Dillon

L’ancien ministre des Finances américain Larry Summers considère avec circonspection le calme apparent des marchés financiers mondiaux, le comparant à la tranquillité qui précédait les crises des années 1990. Les déséquilibres qui menacent aujourd’hui la stabilité financière mondiale ont leur source dans la dette américaine.

Les États-Unis sont le pays le plus endetté de la planète. Leur dette extérieure, en termes du bilan des investissements internationaux, avoisinait 3 000 milliards de dollars à la fin de 2005 [1]. Il s’agit d’un montant comparable à la totalité de la dette de tous les pays en développement, qui, selon la Banque mondiale [2], atteignait 2 600 milliards de dollars en 2004. Si le déficit commercial des États-Unis maintient ce rythme de croissance, la dette nette pourrait atteindre 7 000 milliards de dollars lorsque George W. Bush quittera la Maison-Blanche [3].

Si la dette américaine augmente, c’est en raison de ses énormes déficits, courant et budgétaire. Le déficit courant, qui approche maintenant 6,5% du produit intérieur brut (PIB), dépasse le niveau jugé acceptable par le Fonds monétaire international (FMI). Il pourrait atteindre 8% d’ici 2008 et 12% d’ici 2010. Les déficits commerciaux américains sont majoritairement (90%) financés par les acheteurs étrangers d’instruments financiers en dollars, tels que les bons du Trésor. Comme l’explique l’économiste James K. Galbraith, [les États-Unis se procurent] "des produits et services réels, le fruit du dur labeur de gens beaucoup plus pauvres [que les consommateurs américains], contre la remise de chits (argent volant) qui ne leur demandent aucun effort" [4].

Aux yeux de l’ancien président français Charles de Gaulle, la capacité pour les É.-U. d’imprimer des billets pour dépenser à l’étranger constitue un « privilège exorbitant » [5]. Pour Andre Gunder Frank, il s’agit d’un « racket de confiance à l’échelle mondiale » qui se perpétuera tant que d’autres pays continueront à investir dans des actifs financiers américains [6]. Les investisseurs étrangers détiennent environ 53% des bons du Trésor américains, dont plus de la moitié sont entre les mains de banques centrales [7]. La Chine va bientôt dépasser le Japon au premier rang des investisseurs, et Taïwan et la Corée du Sud occupent aussi un rang élevé.

Les pays du Sud financent la dette des États-Unis

Les pays en développement détiennent une proportion étonnamment importante des dettes des É.-U. en réserves en devises étrangères dans les banques centrales. À la fin de 2004, l’ensemble des pays en développement avaient des réserves en devises étrangères d’une valeur de 1 592 milliards de dollars [8]. Environ 70% de ces réserves sont investies dans des actifs en dollars, soit aux É.-U soit sur les marchés des euro-dollars. Ces réserves dépassaient le total de la dette publique des pays en développement de -1 555 milliards en 2004 [9].

Cependant, seule une poignée de pays en développement sont en fait des créanciers nets. La moitié des réserves de ces pays, soit 775 milliards de dollars à la fin de 2004, sont détenues par l’Asie orientale, et approximativement les quatre-cinquièmes par la Chine. Les pays en développement de l’Asie orientale avaient 2,84 $ en réserves par dollar de dette publique extérieure. Partout ailleurs, les dettes publiques dépassent toujours les réserves en devises étrangères mais l’écart est moins important que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. L’Europe de l’Est et l’Asie méridionale ont 0,89 $ en réserves par dollar de dette publique, et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, 0,80 $ par dollar. L’Amérique latine et les Caraïbes ont moins, soit 0,44 $ par dollar de dette et, en dernier, l’Afrique subsaharienne, 0,34 $ [10].

Pourquoi les banques centrales, particulièrement en Asie, maintiennent-elles de telles réserves en devises ? Après la crise financière de 1997-98, les gouvernements d’Asie ont décidé de développer leurs réserves pour parer aux renversements soudains de flux de capitaux. Ils ont souhaité avoir davantage de disponibilités de trésorerie pour faire face aux manoeuvres spéculatives des cambistes.

La baisse des impôts et les conflits armés augmentent la dette américaine

Il ne faut pas chercher bien loin la cause des problèmes financiers de Washington. George W. Bush a promis une baisse d’impôts, pour les classes aisées, d’un montant de 350 milliards de dollars sur 10 ans. L’invasion et l’occupation de l’Afghanistan et de l’Iraq ont déjà coûté 250 milliards de dollars, auxquels 6 milliards s’ajoutent chaque mois. En 2004, à la fin du premier mandat de Bush, les recettes fiscales fédérales étaient inférieures de 145 milliards de dollars à ce qu’elles étaient en 2000, la dernière année de l’administration Clinton, tandis que les dépenses en 2004 étaient de 503 milliards de dollars supérieures à ce qu’elles étaient en 2000. Au cours d’une conversation privée, en septembre 2005, Alan Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine, reconnaissait que l’administration américaine ne maîtrisait plus son déficit budgétaire [11].

Pour financer leurs déficits, courant et budgétaire, les É.-U empruntent quotidiennement 2,6 milliards de dollars, s’appropriant 80% de l’épargne mondiale nette. C’est un montant faramineux.

Cette situation inquiète certains investisseurs étrangers qui ont investi en dollars US. En novembre 2004, M. Greenspan avouait que les étrangers pourraient se lasser de financer les déficits records des É.-U. et diversifier leurs investissements ou exiger des É.-U. des taux d’intérêt plus élevés. De fait, des banques centrales diversifient déjà leurs portefeuilles. La Banque des règlements internationaux annonce que les gouvernements asiatiques ont réduit la proportion de leurs réserves en dollars par rapport à d’autres monnaies comme l’euro, la livre ou le franc suisse, passant de 81% au troisième trimestre de 2001 à 67% en septembre 2004.

Entre juin 2004 et janvier 2006, la Réserve fédérale américaine a relevé les taux d’intérêt de 3,5 points de pourcentage, en partie pour maintenir les investissements étrangers aux É.-U. Cette hausse des taux a contribué à stabiliser le dollar qui avait baissé de 38% par rapport à l’euro, de 25% par rapport au dollar canadien et de 23% par rapport au yen, entre février 2002 et mars 2005.

Toute dévaluation du billet vert revient en fait au non-paiement d’une partie de la dette des É.-U. parce que les « nouveaux » dollars qu’ils impriment pour servir la dette ont une valeur inférieure à celle des « anciens » dollars qu’ils ont empruntés. Pour les investisseurs étrangers, cela représente des pertes qui se chiffrent en milliards de dollars.

Pourquoi donc les pays asiatiques, en particulier, continuent-ils d’assumer des pertes en conservant tant d’actifs en dollars ayant un faible rendement, tout en permettant aux É.-U. de vivre au-delà de leurs moyens ? Le Japon accepte depuis longtemps de payer le prix de la protection militaire américaine pour son commerce et ses investissements étrangers. Tokyo a payé 13 des 61 milliards de dollars qu’a coûtés la première guerre du Golfe, en 1990, pour protéger son accès au pétrole du Moyen-Orient. L’ancien président George H. Bush a donc fait une meilleure affaire que son fils puisqu’il a obtenu du Japon une subvention pour sa guerre alors que George W. Bush, lui, n’obtient que des prêts.

La Chine a prêté aux É.-U. des milliards de dollars provenant de son énorme excédent commercial - qui d’ailleurs ne cesse de grossir -, sorte de financement de ses exportations. L’excédent commercial de la Chine dépasse maintenant 200 milliards de dollars, la Chine exportant aux É.-U. six fois plus de marchandises qu’elle n’importe de ce pays. Jusqu’à tout récemment, la Chine maintenait la parité du renminbi (ou yuan) avec le dollar américain pour éviter que ses exportations n’aient à subir les effets d’une augmentation des cours ou d’une baisse de part de marché en cas de réévaluation par rapport au dollar. À la suite des énormes pressions exercées sur elle par les É.-U., la Chine a fini par céder et, en juillet 2005, a procédé à une réévaluation de sa monnaie par rapport à un panier de devises, soit une réévaluation à la hausse de 2,1% par rapport au dollar américain.

Sans céder ouvertement aux pressions américaines, la Chine doit se méfier des menaces de représailles du Congrès américain. Par contre, des mesures sévères de protectionnisme de la part des Américains pourraient se retourner contre eux. Wal-Mart, le principal employeur américain, importe 70% de sa marchandise de Chine, où les travailleurs gagnent moins en une journée que les travailleurs américains en une heure [12]. Un grand nombre de manufacturiers ont déjà délocalisé leur production en Chine. Les augmentations de prix résultant de la réévaluation pourraient en réalité accroître le déficit commercial américain si le pays n’était pas capable de produire les mêmes marchandises.

L’équilibre de la terreur financière

Les gouvernements et les banques centrales d’Asie, les investisseurs privés, Washington et Wall Street ont tous intérêt à éviter une crise financière. L’ancien ministre des Finances Larry Summers décrit la situation comme étant « l’équilibre de la terreur financière » puisque, en cas de « fusion financière », tout le monde perdrait [13]. Pour Andre Gunder Frank, il est aussi nécessaire d’éviter cette situation qu’il ne l’est d’éviter notre annihilation par les armes nucléaires. Autant les riches que les pauvres souffriraient d’une crise financière qui entraînerait le chômage de millions de personnes et anéantirait des milliards de dollars d’actifs financiers.

Bien que les pays d’Asie prennent soin de ne pas précipiter une crise, les investisseurs privés ne sont pas tout à fait aussi enclins à subir des pertes pour préserver un équilibre instable de la terreur. Comme l’expliquait un banquier européen dans la revue d’actualités mexicaine Proceso, lorsqu’un financier prête ou investit, le problème pour lui n’est pas de prêter à quelqu’un ou d’investir dans une industrie qui ne fera pas faillite. Potentiellement, tout le monde peut faire faillite. Le problème est d’être capable de prêter ou d’investir jusqu’à 15 minutes avant la faillite ... [et puis] de s’en sortir à temps. [14] [souligné par nous]
Les cambistes privés surveillent les signes précurseurs du « point critique » où la baisse progressive de la valeur du billet vert déboucherait sur l’abandon du dollar. Par exemple, lorsque la banque centrale coréenne a fait savoir, en février 2005, qu’elle diversifierait ses réserves au profit des dollars canadiens et australiens, les marchés financiers mondiaux se sont affolés. Selon le New York Times, l’annonce de la Corée a fait le tour du monde, elle a déchaîné un vent de panique et les courtiers en devises se sont empressés de se débarrasser de leurs dollars de crainte que les banques centrales du Japon et de la Chine... ne lui emboîtent le pas [
15]. La Banque de Corée a rapidement fourni des clarifications, expliquant qu’il ne s’agissait pas d’une déclaration d’intention, simplement d’une proposition, et la fièvre spéculative est retombée. Mais la crainte demeure qu’un incident de cette nature déclenche une panique générale. Si une forte pression était exercée sur le dollar, il est à prévoir qu’elle entraînerait une hausse importante des taux d’intérêt américains afin d’attirer à nouveau les investisseurs. Les données suivantes démontrent la vulnérabilité de l’économie américaine à une hausse des taux d’intérêt :

La famille américaine moyenne dépense 1,22 $ par dollar gagné, possède 13 cartes de crédit dont le solde débiteur s’élève à 9 312 $ - le double d’il y a 10 ans [
16].

Les citoyens américains ont emprunté 1 600 milliards de dollars sur la valeur de leurs maisons à une époque où de nombreux observateurs prédisent que la bulle immobilière est prête à éclater.

À la fin de 2004, l’endettement des sociétés américaines non financières atteignait 2 900 milliards de dollars. Étant donné la précarité de cette situation, ce dont le monde a besoin est, comme le disait John Maynard Keynes, d’un « programme de désarmement financier ». Il proposait de créer une monnaie internationale remplaçant l’or ou les monnaies nationales pour régler les comptes commerciaux. Or, plutôt que de prendre des mesures pour réduire les déficits, Bush poursuit ses ambitions impériales.

Les conditions sont réunies pour une crise

Les conditions sont réunies pour une crise financière semblable, sans être identique, à celle du début des années 1980. Elle avait été déclenchée par les énormes augmentations de taux d’intérêt conçues par le président de la Réserve fédérale de l’époque, Paul Volcker, en réaction à la spéculation sur le dollar et à l’inflation censée être causée, en partie, par le cours élevé du pétrole. L’économiste principal de Standard & Poor’s estime maintenant qu’une baisse rapide du dollar pourrait faire remonter les taux d’intérêt américains à 15% ou 20%, souvenir désagréable du taux usuraire du début des années 1980.

Le comportement irresponsable de l’administration Bush, particulièrement son unilatéralisme et son militarisme, rappelle aussi le comportement de la Maison-Blanche sous Nixon. En 1971, au moment où il dissociait le dollar de l’or, Richard Nixon imposait une surcharge générale de 10% sur toutes les importations aux États-Unis afin de forcer une réévaluation des monnaies des autres pays, leur faisant supporter ainsi une partie du fardeau de la crise américaine. On parle maintenant de plus en plus à Washington de mesures unilatérales et protectionnistes plus sévères comme une [autre] surcharge générale sur les importations [17].

Autre preuve de l’unilatéralisme des É.-U., leur propre réaction aux conseils du FMI. Celui-ci procède tous les ans à un examen de l’économie américaine, à la suite duquel il offre ses conseils au ministère des Finances et à la Réserve fédérale américaine. Selon le Wall Street Journal, la Réserve acquiesce poliment et, la plupart du temps, ignore les conseils, contrairement aux pays pauvres qui, eux, ne peuvent s’offrir le luxe de les jeter à la corbeille... Quant au ministère des Finances, bien qu’il ignore les conseils du FMI, il est généralement le premier à insister pour que les pays en développement les suivent au pied de la lettre [18]. L’arrogance de Washington vis-à-vis du FMI et la perte de prestige du Fonds, depuis la façon désastreuse dont il a géré la crise financière asiatique, ne donnent-elles pas d’autant plus raison aux pays en développement de ne pas en tenir compte non plus ?

Géopolitique du pétrole, de l’argent et du militarisme confondus

Le militarisme américain est à la fois une cause et une victime éventuelle de la situation financière du pays. Linda Bilmes, secrétaire adjointe au ministère du Commerce américain de 1999 à 2001, prévoit que si les troupes américaines restent au Moyen-Orient encore cinq ans, le coût total pour les Américains dépassera 1 300 milliards de dollars [19]. Son calcul prend en compte les frais d’invalidité et les soins de santé des anciens combattants victimes de blessures de guerre.

L’effondrement du dollar pourrait conduire à la fermeture de quelque 725 bases américaines à l’étranger et au rapatriement de quelque 446 000 soldats.

En 1975, Henry Kissinger avait conclu un accord avec la monarchie saoudienne lui offrant une protection militaire contre la garantie que le produit de la vente du pétrole serait converti en pétrodollars. Les autres pays de l’OPEP avaient suivi l’exemple saoudien et consenti officiellement à ne vendre le pétrole qu’en dollars américains. Toutefois, ce consensus a commencé à se désagréger. En effet, en 2001, Saddam Hussein a décidé de vendre son pétrole moyennant euros, ce qui a contrarié l’administration Bush et lui a donné une raison supplémentaire de le renverser. Maintenant, l’Iran envisage à son tour de négocier son pétrole brut en euros. Selon certains observateurs, c’est ce projet, plutôt que son programme nucléaire, qui motive le regain d’animosité de la Maison-Blanche envers l’Iran [20].

Conséquences pour le Canada

En cas de crise financière américaine, le Canada est dans une position plus vulnérable que tout autre pays. Environ 40% de notre économie repose sur nos échanges avec les États-Unis : exportations, investissements ou placements et tourisme. Lorsque Richard Nixon a imposé unilatéralement sa surcharge de 10% sur toutes les importations, en 1971, Ottawa a eu beau demander une exemption, la Maison-Blanche a fait la sourde oreille. L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ne fera guère de différence, à en juger la façon dont l’administration Bush ignore ses obligations dans l’affaire du bois-d’œuvre de résineux.

Une nouvelle crise pourrait avoir les mêmes effets dévastateurs que la crise financière des années 1980, qui a entraîné une profonde récession au Canada, où le chômage est passé de 7,5% à 11,9% entre 1980 et 1983. Depuis la signature de l’ALENA, en 1988, les exportations canadiennes vers les É.-U., exprimées en pourcentage du PIB, ont doublé. En 2004, 85% des exportations canadiennes étaient destinées aux É.-U. Le Canada paiera cher cette dépendance excessive. Il est temps de retrouver la vision qu’offrait la « troisième option » du Premier ministre Pierre Trudeau. Loin d’être une simple diversification des échanges ailleurs qu’aux É.-U., la troisième option de Trudeau était « essentiellement une option de politique intérieure », qui correspondait tout à fait à la détermination de Trudeau de renforcer les institutions canadiennes. Elle s’inspirait du Rapport Gray [1972], qui soulignait à quel point l’importance des capitaux étrangers dans le pays avait réduit l’influence du Canada sur son propre développement économique, sapant ses capacités dans le domaine de la recherche et des sciences [21]. La troisième option visait à diminuer notre dépendance exagérée de l’exportation de nos matières premières et à ne pas nous retrouver sous la coupe des É.-U.

Conséquences pour la dette extérieure illégitime des pays du Sud

On pouvait lire dans le numéro de The Economist de décembre 2004 que si la baisse du dollar américain continuait, on se trouverait en présence du plus grand manquement à ses engagements de la part d’un pays qui ait existé dans toute l’histoire [22]. Cette modification unilatérale des modalités de la dette américaine est un autre exemple du privilège excessif rattaché au fait d’être l’émetteur de la principale monnaie de réserves du monde. Les pays du Sud, quant à eux, ne jouissent pas du privilège d’emprunter des fonds dans leur propre monnaie. Mais l’exemple de ce que se permet le plus important débiteur au monde donne aux gouvernements du Sud une raison supplémentaire de refuser de rembourser des dettes illégitimes de toute évidence vu leur origine : des dettes odieuses parce qu’elles ont été contractées par des dictateurs ou parce qu’elles se sont accumulées en raison de taux d’intérêt exorbitants.

Comment réagiront les gouvernements des pays du Sud face à une autre crise financière semblable à celle de 1982 susceptible d’entraîner soudainement une réduction de leurs gains à l’exportation et une augmentation des taux d’intérêt qui les mettront dans l’impossibilité de servir la dette ?

Cela dépendra principalement du pouvoir du mouvement pour la justice mondiale et du souvenir qu’auront les gens des résultats désastreux des impératifs du FMI auxquels on s’était soumis lors des crises des années 1980 et 1990. Lorsque la prochaine crise éclatera, ce mouvement poussera les gouvernements des pays du Sud à rejeter toute dette illégitime et à refuser de signer tout accord avec le FMI.

Notes:

[1] Tous les chiffres sont exprimés en dollars américains. Le montant net des investissements à l’étranger d’un pays comprend les investissements directs à l’étranger, les obligations et les prêts.

[2] Global Development Finance (2005) de la Banque mondiale mesure la dette à l’exclusion des investissements directs à l’étranger.

[3] Dean Baker, “Dangerous Trends : The Growth of Debt in the U.S. Economy”, 7 septembre 2004, www.cepr.net

[4] cité dans Asad Ismi “U.S. can’t keep relying on other countries to pay for its imperial excesses” The CCPA Monitor, mai 2005 Ottawa.

[5] Ibrahim Warde, “Le sort du dollar se joue à Pékin”, Le Monde diplomatique, mars 2005

[6] Andre Gunder Frank, “The Naked Hegemon”, Asia Times 10/01/04

[7] Financial Times, 16 août 2005

[8] Global Development Finance 2005 de la Banque mondiale,Washington

[9] Eric Toussaint, “Utopie pour briser la spirale infernale de la dette”, CADTM, 8 juin 2005.

[10] d’après Global Development Finance 2005 de la Banque mondiale

[11] The Globe and Mail, Toronto, 26 septembre 2005, B1

[12] Ibrahim Warde, op. cit.

[13] Financial Times, 7 décembre 2004

[14] Proceso No. 1020, 20 mai 1996, p.19, Mexico DF

[15] cité dans Asad Ismi, op. cit.

[16] Financial Times, 16 août 2005

[17] The Globe and Mail, Toronto, 23 décembre 2004

[18] Wall Street Journal, 30 septembre 1999

[19] The New York Times, 20 août 2005

[20] Muckraker Report, 4 janvier 2006

[21] Jeremy Kinsman, “Who is my neighbour ? Trudeau and Foreign Policy” London Journal of Canadian Studies 18 : 2002/2003, p.110.

[22] The Economist, 4 décembre 2004, p.9

En cas de reproduction de cet article, mentionnez s'il vous plaît la source.

URL: http://www.cadtm.org 

John Dillon est coordinateur du programme Justice économique globale de KAIROS. Contact : jdillon@kairoscanada.org

KAIROS : Initiatives canadiennes œcuméniques pour la justice réunit onze Églises et institutions religieuses dans son œuvre pour la justice sociale au Canada et à travers le monde.

Forum Réalisance

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28 septembre 2006

Hommage admiratif à un enfant noir inoubliable

Fidèle et épris de sa race : Steve bantou Biko

Les fleurs embrasées de l´âme noire

« L´arme la plus dangereuse entre les mains de l´oppresseur,

c´est l´inconscience de l´opprimé »   Steve bantou Biko

biko_steve

Ce qui l´a rendu célèbre, ce n´est pas qu´il fut traqué comme une bête, battu, privé de tous les droits et assassiné par l´ignoble et criminel Apartheid ; mais son esprit, son intelligence dialectique, son amour consciencieux et inconditionnel pour le combat de sa race. Quiconque a suivi ses pas, entendu sa voix, écouté son discours s´est trouvé devant un monument d´amour et d´ivresse pour la liberté et le respect de la dignité humaine.

Nous ne l´oublierons jamais, car ce souffle qu´il a mêlé à l´âme inassouvie et brûlante de l´Afrique, on entend encore ses fleurs vives parfumer l´air frais et insolent du continent de nos terres ensoleillées. Et comme une prière chaude et passionnée dont les vœux secrets et lourds ne perdent leurs promesses, l´Afrique entière l´embrasse et le berce dans ses bras. Un jour peut-être l´histoire que nous avons pavé de nos larmes sourdes et de nos prières ensanglantées lui rendra justice, mais nous, nous ne cesserons jamais de l´aimer. Infiniment. Avec toute notre foi, notre cœur, et la couleur ambre de notre peau.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com   

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27 septembre 2006

En réponse à Illel Kieser 'l Baz

Sur l´article : http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&no=4571 

Le noir est une couleur de noblesse

J´ai lu votre article avec un intérêt particulier, parce que la plupart du temps, lorsque les africains se défendent devant la péjoration, le racisme ou tout simplement le complexe d´infériorité qui a conduit la race blanche à dénigrer la race noire pour ne pas laisser apparaître son désenchantement et ses faiblesses devant elle, ils le font gauchement et plutôt mal. Vous par contre, vous n´avez pas manqué de talent. Notez, le soir, lorsqu´il y a gala, les blancs portent noir; ou encore en comptabilité, des chiffres noirs signifient, au contraire de chiffres rouges, le gain ou la bonne gestion. L´important, à mon avis, n´est pas de former ou de vouloir éduquer l´homme blanc à l´équilibre ou à la sagesse qu´il ne connait pas ou qu´il ne veut pas accepter, parce que tout son monde est fondé sur l´exploitation de la race noire. Mais l´Afrique et l´homme noir où qu´il soit, doivent avoir le courage et la volonté de changer les choses et de se faire respecter autrement qu´en jouant le Bounty, en se taisant ou en acceptant le bas du pavé, comme la race blanche l´entend. Ce jour-là ils se rendront compte de leurs erreurs et changeront peut-être, ou ce sera leur ruine; en tout cas, les noirs ne se laisseront plus faire. Dans n´importe quel domaine. Et croyez-moi, ce jour-là est plus vite arrivé qu´on ne le pense. Ce qui est aujourd´hui cependant sûr et certain, c´est que la race blanche ne comprend démocratie ou liberté que dans ses intérêts personnels. Mais alors on se demande pourquoi elle exige à la race noire ou aux africains de déserter les siens !

Musengeshi Katata.

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com

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Le Paris – Dakar de Sarkozy

Ou le retour aux pires temps des colonies

La grande bouffe de mystification

Chers lecteurs, après la signature de ce traité dit historique au Sénégal, j´ai parcouru certains journaux sénégalais et autres de l´Internet, et j´ai été effrayé par l´appréciation naïve de cette escroquerie. Décidément, les africains se laissaient courageusement rouler sur la table ! C´est le moins qu´on puisse dire, parce que si ces africains avaient posé la question à monsieur Sarkozy : « Cher honoré ministre de l´intérieur français, quand penserez-vous que la France aura créé assez d´emplois pour faire face au chômage qui grondait en France, au lieu de venir faire un traité réglant une immigration dont la France ne savait actuellement que faire ? Ne faut-il pas fermer les frontières françaises, donner d´abord du travail et l´intégration sociale à ceux qui se trouvent déjà en France au lieu de venir faire des traités autant démonstratifs qu´inutiles ? » 

Les sénégalais auraient été surpris de sa réponse, car il aurait été fort embarrassé. Autre question qui aurait dû sauter aux yeux des africains, mais cette fois pour fort en thème et diplôme avancé : « cher et honoré ministre, à propos de chômeurs, pourquoi les chômeurs français ne viendraient-ils pas trouver emploi en Afrique, au Sénégal dans le cadre de l´aide au développement ? Ne serait-il pas logique que l´occident qui consomme nos matières premières à la vitesse grand V nous aide à nous développer ? En tout cas, cela emploierai les chômeurs et leur donnerai une perspective, des expériences professionnelles, et qui sait, un avenir ! Nous sommes tous de ce monde, n´est-ce pas, si nos matières premières peuvent voyager, pourquoi pas les cadres industriels ? »

Là les africains l´auraient vu rougir et perdre sa superbe, parce qu´en réalité, à cet exemple précis on voit à quel point l´occident trompe et abrutit les africains. Ces messieurs étaient tous d´accord pour nous prendre en esclavage, nous coloniser, nous piller à qui mieux mieux, et avec la francafrique nous assimiler vilement à leurs Système dominant et totalitaire économiquement et financièrement. Mais à aucun ils n´étaient prêt à nous intégrer, à nous reconnaître en tant que partenaire à part entière. Tous les chemins devaient mener à Rome, à l´empire occidental, et les nègres devaient rester au bas des échelles sociales. La peur fumante de la concurrence noire.

C´est cela que les africains ne comprenaient pas. Ils ne s´agissait plus de tendre la main ou d´accepter des aides qui étaient de toutes les façons empoisonnées, parce que ce qui comptait, ce qui faisait et soutenait l´économie d´une nation, c´est la production locale ainsi que la créativité et l´imagination créative des nationaux. Pas les cadeaux corrompant à la prostitution et à la fainéantise ! Demandez donc aux chinois s´ils acceptaient l´aide au développement, vous serez surpris d´entendre que ce n´est pas le cas. Et pourquoi ? Mais parce que l´occident investissait chez eux au lieu de leur faire des cadeaux empoisonnés !

A la fin, on se demande si les africains ont jamais compris ce que c´est que l´économie, s´ils se laissaient gaiement bazarder comme les plus incultes des paysans. La logique est pourtant simple : celui qui ne produit pas ses propres moyens de réalisation, meurt lentement mais sûrement. Et s´il accepte que d´autres le fasse à sa place, il doit répondre à la question : comment arriverai-je toujours à payer mes factures, si je ne produis pas, si je n´ai aucun revenu ? Les matières premières ? Elles ne sont pas éternelles !

Ceci met aussi les occidentaux, avec leurs déversements d´excédents envahissants en Afrique sous une lueur de coupable criminalité économique. Car si les agricultures africaines disparaissent et s´effondrent, de quoi donc paiera-t-on ces produits si sournoisement largués en Afrique ? Ne voyait-on pas qu´en Europe, dans ces pays hautement industrialisés, le capital renvoyait au chômage et à la pension maigre ceux qui lui avaient permis de s´enrichir et de devenir arrogant ?

Afrique, Afrique…moi pas bouger ; bouger, bouger…y a-t-il encore des gens qui résonnent là dedans ? Et quand on voit avec quelle naïveté les journalistes africains passent journellement à côté de la vérité pendant que des élites corrompues et incapables ruinaient l´avenir de générations entières en les condamnant à la pauvreté, à la misère et à l´ignorance…on se demandait : ils veulent tous la liberté de la presse, le droit de dire et de publier la vérité ; mais tous sont aussi aveugles, ou embués à ce point qu´ils ne savent même pas ce qu´on doit faire avec cette liberté ! Oui, sincèrement, à quoi servait-elle si les gens brillaient par les tournures de mots, par leur orthographe, ou leur fierté à écrire ou parler la langue coloniale plutôt que par leur capacité à dénouer et éclairer les vrais problèmes de la société afin que les esprits les plus consciencieux y trouvent des solutions utiles et adéquates dans l´intérêt supérieur des peuples et de leurs avenirs ? Liberté, hein…il ne faut pas seulement la réclamer ou en chanter faussement des éloges, il faut aussi savoir l´aimer au point de l´assumer dans toute sa profondeur…et sa beauté. Car c´est seulement dans la responsabilité de la conscience accomplie qu´elle ouvre grandement ses bras pour nous rendre le plus doux baiser de l´existence pour nous récompenser d´avoir saisi l´ampleur et la passion de sa véritable dimension.

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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A qui profite la mort présumée d´Osama Bin Laden ?

Danse incertaine autour de sa probable mort

Serions-nous enfin débarrassé du galeux ?

« La forêt empêche souvent de voir l´arbre »    william Shakespeare

Le président Jacques Chirac a démenti lord de la dernière rencontre au sommet Allemagne-France-Union Russe ou si vous voulez : Merkel-Putin-Chirac, la rumeur de la mort du terroriste le plus dangereux, mais aussi le plus recherché du monde. Ses services secrets lui auraient soufflé la nouvelle selon laquelle le chef incontesté du fondamentalisme terroriste islamique serait décédé de la fièvre typhoïde au Pakistan. Et selon toute vraisemblance, ce serait, entre autres, les services secrets égyptiens qui en colportaient les rumeurs. Et malgré la retenue distancée de Jacques Chirac, la nouvelle était officiellement lancée, même si elle ne s´appuyait ni sur un corps ou une fraîche tombe, ni sur des preuves quelconques.

Le coup, pour défiant soit-il, fut promptement démenti par l´Arabie Saoudite, et bien sûr le Pakistan. Et en y regardant de près, plus qu´un vœu brûlant, ce ballon n´avait-il pas le but de faire sortir Bin Laden de sa tanière afin que les américains et leurs services secrets, essoufflés par une chasse fantôme et dont les armes et les bombardements frappaient désespérément la campagne afghane pierre par pierre pour le tuer, puissent enfin éliminer ce danger explosif sur le monde occidental ?

Les français seraient bien contents de la fin d´hostilités tapageuses, et une chasse aux sorcières qui, pour légitime qu´elle fut au départ, fut savamment employée par l´administration Bush pour envahir illégalement l´Irak, et brusquer les partenaires européens par des bris de droits musclés et irrespectueux de libertés incessibles à toute prétention démocratique. Les américains, à ce sujet, ne s´étaient gênés en aucune manière : écoutes téléphoniques, contrôle international bancaire, échanges obligé d´informations des services secrets occidentaux, enlèvement international de soupçonnés ou prévenus lesquels furent emprisonnés sans droits et sans procès dans de nombreuses prisons secrètes à l´étranger, s´ils n´atterrissaient pas à Abu Ghraib ou à Guantanamo camp de concentration hors droit de prévenus.

Rabroué à plus d´une fois par sa Cour Suprême et dernièrement subtilement par son Sénat, Georges Bush cependant ne semblait pas seulement enfermé dans sa rageuse, et plutôt rugueuse vendetta, mais subtilement, il en avait profité pour reaméricaniser le monde en mettant les intérêts américains au dessus de toute autre considération. Et si au départ son manque de formalisme démocratique était passé pour de la détermination d´en découdre le plus rapidement avec un ennemi sournois et criminel, à la longue, employer les mêmes méthodes que l´ennemi, ou ne pas respecter ses propres libertés constitutionnelles, ne conduisait qu´à la critique et la perte de légitimité morale, éthique de son entreprise. Seulement une question de méthode ? Pas du tout, parce sous le prétexte de ce combat contre le terrorisme, les stratèges hégémoniques américains ont tissé, sciemment, une politique internationale de promotion aveugle des intérêts américains. Et en fin de compte, la méthode ou l´art de faire acte légitime de police contre le terrorisme islamique enragé, dévoila aussi le caractère et les convictions légalistes du policier. Ce n´est pas en se comportant comme un hors la loi qu´on défend au mieux la légalité, et surtout, qu´on montre ou réaffirme sa conviction et sa fierté de défendre le droit et sa légalité, Parce que sinon, à la fin, on est pas différent de ceux qu´on poursuit.

L´occident a beau affirmer aujourd´hui qu´il ne s´agissait pas de guerre de cultures pour tromper les esprits, et peut-être cacher certaines vérités ou évidences qui feraient réfléchir notamment les africains qui eux, depuis 600 ans, sont systématiquement vilipendés, violés, méprisés, conduits à l´esclavage économique, financier, culturel. Et Cependant, il s´agit bien d´une guerre de cultures. Une guerre entre l´Islam cherchant désespérément à sortir de son archaïsme rationnel sans quitter (n´est-ce pas illogique ?) son absolutisme religieux, et le christianisme hégémonique, industriellement et économiquement totalitariste. Deux forces qui dans l´histoire se sont toujours combattues, avec la courte paille pour l´Islam, mais aucunes d´elles n´a offert au monde une idéologie de liberté et de tolérance respectant la réalisation et les religions des autres. L´un s´est retiré pour entretenir son absolutisme religieux dans ses murs, l´autre s´est lui reconverti à l´hégémonie économique et financière, sous laquelle cependant elle convoyait son christianisme non moins absolutiste. Le pétrole permit à l´un et à l´autre d´entretenir ses ambitions cachées…jusqu´à l´arrivée d´un Osama Bin Laden qui lui mettait le feu aux poutres avec un fondamentalisme défiant, plutôt criminel que tolérant ou conciliant. Pour l´occident, ce fut un réveil choquant.

Pour montrer la fausseté qui règne en ce moment au front du monde capitaliste occidental affaibli par ses contradictions et la crise économique qui le ronge, cet exemple : Le Pape Benoît ou Bénédicte XVI regrettait l´interprétation malheureuse de la citation de Manuel II et invitait les musulmans au dialogue en les recevant. Mais Georges Bush, lui qui avait imposé le choix de cet allemand érudit comme Pape déclarait dans une interview publique que cette citation était appropriée et juste ! Pas très diplomate, monsieur Georges Bush ; ou était-il à ce point aveuglé par ses convictions ?

Celui qui pensait encore que cet antagonisme Islam – chrétienté n´était pas une guerre de culture conduites par leurs religions respectives devait aller dans les camps américains des évangélistes où des milliers d´enfants, depuis l´âge de 6 ans, sont entraînés militairement, pendant qu´on leur inculquait l´amour aveugle de Jésus et l´adoration de…Georges Bush ! Mais appréciez : http://insidetheusa.net/2006/09/19/jesus-camp/ On remarque une augmentation aux Etats-Unis de 70% d´étudiants