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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

17 octobre 2006

Sur le film Bamako

Commentaire sur http://www.bamako-film.com/index.php?fr/2006/10/05/21-dans-les-salles&cos=1

Bamako : un film émouvant, accusateur ; mais est-ce tout ?

"Trop de liberté nuit à la liberté"  Sarkozy, ministre de l´intérieur de France

Malgré que je ne sois pas en France en ce moment, je me promets d´aller voir le film le plus tôt que possible, ou même de m´en procurer la vidéo. Il est bon que ce procès contre le système économique international soit fait, et l´accusation est pleinement fondée. Et cependant, il faut aussi se demander pourquoi les africains se laissent détrousser ou détruire à ce point par des intentions qui ne sont pas toujours dans leurs intérêts ? Ne faut-il pas sortir de la naïveté, de défendre ses intérêts avec moins d´aveuglement irraisonné ? Tout ce dont nous souffrons actuellement tient du fait que l´africain se laisse bien mener en bateau et manque d´imposer son propre sens de l´histoire, celui où ses facteurs et ses moyens de développements sont jalousement protégés et développés. Pleurer à longueur de siècle, ou accuser ceux qui, en 600 ans de l´hégémonie la plus criminelle et la plus rapace de l´histoire humaine n´ont jamais appris à faire autre chose qu´utiliser les autres, et particulièrement la race noire à leurs accumulations et leurs buts, c´est oublier qu´on a aussi le devoir de se défendre contre ces bandits. Et j´espère vivement qu´au-delà du film, et au lieu de n´être qu´un prétexte pour mieux s´abandonner au cannibalisme occidental, les enfants les plus aimants et les plus doués de l´Afrique se motiveront mieux à la défendre. Car c´est dans l´action que se trouve la clé de l´avenir, pas dans la passivité aussi noyée de larmes et de souffrances qu´elle soit. En 400 ans d´esclavage, 100 ans de colonisation et 46 ans de francafrique, n´avons-nous pas assez versé des larmes de sang ?

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

Posté par Musengeshi Kat à 20:19 - Rendez-vous - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sur Laurent Musengeshi

Premier bourgmestre congolais élu de la Ruashi en 1957 (Katanga)

Les racines avortées de la liberté et de la démocratie congolaise

Correspondance avec Abel Musendek, vice-président de l´association des amis de la Ruashi

Mail du 14.10.2006

Bonjour Monsieur Musengeshi,

Je suis très ravi de nouer ce premier contact avec votre famille à travers vous.

Pour votre info, je vous informe que je viens de relever quelques simulitudes entre votre famille et la mienne, notamment le fait que ma famille a vécu dans le camp des réfugiés (Quartier foire) pendant la sécession katangaise de 1960 et qu'elle a aussi perdu une maison au quartier I (n°631) dont je détient une partie des documents. 

C'est comme je l'avais dit dans ma précédente lettre, je vous rassure que je suis un chercheur indépendant, vice-président de tous ceux qui se sentent Anciens et Amis de la commune de Ruashi.

C'est donc dans le seul souci d'écrire notre histoire, la vraie, que je suis en train de me débattre pour trouver les vraies sources d'informations. Au stade actuel, la commune de Ruashi totalise plus de 17 bourgmestres. Je suis obligé de recueillir les plus d'informations possibles sur la majorité de ces bourgmestres, surtout ceux qui ont laissé leur marque dans la commune.

Elu le 22.10.1957 en remplacement du bourgmestre belge, Jean-Louis Donth de l'Administration coloniale belge, Monsieur Laurent Musengeshi est et restera un des patrimoines de la Ruashi pour l'avoir dirigé en tant que son tout 1er bourgmestre congolais.

Je comprends votre méfiance, c'est votre droit le plus légitime de soupçonner tout le monde.

Vous avez mes coordonnées, vous pouvez vérifier auprès des autres hommes de culture, y compris l'intellectuel Passou Lundula, qui est et reste aussi Lumumbiste comme vous.

Pour terminer, je vous réitère mes remerciements pour le contact que vous venez de me faciliter et souhaite que cela puisse durer.

Meilleures salutations

Abel

Réponse Musengeshi Katata du 17.10.2006

Cher Abel,

Ce n´est pas que je soupçonne tout le monde, mais je vous avoue que je n´aime pas ceux qui, après avoir tué, violenté et massacré, viennent jouer les mécènes de la culture et de l´ordre établi. Selon les renseignements en ma possession aujourd´hui vous n´êtes nullement de ceux-là, et je m´en réjouis sincèrement car cette histoire du Katanga, pour être vraiment sincère avec vous, nous est restée, à ma famille et à moi, dans les os. Et d´un point de vue purement moral et éthique, entre ces bandits et criminels d´hier, leurs bassesses, et nous, il y a un fossé logique insurmontable.

Nous avons laissé dans ce conflit tellement de vie humaines, d´espoirs bafoués de la pire des façons, que je n´ai que mépris et dégoût pour tous ceux qui osèrent assassiner Patrice Lumumba ou emprisonner Simon Kimbangu jusqu´à sa mort. Certaines gens simples d´esprit ou opportunistes immoraux diront que c´est de l´histoire passée, et cependant, à mon sens tous les déboires actuels de notre pays reposent principalement sur la perpétuation et la commission de ces iniquités. Et si nous voulons vraiment sortir du cercle vicieux de la misère et de la pauvreté qui a coûté dernièrement près de 5 millions de vies humaines dans une guerre civile abominable à notre pays, nous devons nous départir de tels aveugles et criminels agissements.

Parler de mon père qui fut le premier bourgmestre congolais élu par tous les habitants de la Ruashi, c´est évoquer aussi les raisons qui ont amené cet assistant médical à entrer en politique. A faire avec ce pas la relève tant attendue de la colonisation belge à la gouvernance et la gestion de notre liberté. C´est parler non seulement de ses convictions politiques, de sa foi, de ses attentes, de ses amis; mais aussi, n´en déplaise aux katangais rébarbatifs et primitifs, de Patrice Lumumba et de Simon Kimbangu. Et évidement aussi des suites politiques et économiques qui se sont abattues, après l´assassinat du premier Premier ministre congolais, sur nous. J´espère répondre le plus fidèlement que possible à vos questions, tant est que cette période est restée pour nous tous et particulièrement pour moi qui suis le fils aîné Musengeshi, une époque inoubliable.

Vous comprendrez, je l´espère mes sentiments et mon émotion qui me rappellent les larmes de ma mère, la colère et le désespoir de mon père, et pour toute la famille une longue période d´insécurité, de pauvreté et de vache enragée. Mais comme on le voit, nous en sommes ressortis plus lumumbistes que jamais. Saviez-vous que j´ai assisté enfant à l´arrestation de Muzungu Christophe à Léopoldville, chez qui nous habitions à l´époque ? Il ne revint plus vivant. J´ai appris que les terres de notre ferme avaient été revendues à des particuliers...et quand je pense à notre élevage, à nos 400 poules, à nos chèvres...et dire qu´aujourd´hui les congolais meurent de faim ! N´est-ce pas une ironie d´avoir détruit l´élevage à l´époque en chassant ceux qui s´y adonnaient pour pleurer aujourd´hui de faim et de pauvreté ?

Mon père restera toujours pour moi un être précieux confronté avec un jugement de valeurs, un choix réfléchi d´options politiques de haute portée morale et éthique. Et je vous prie de me citer sur ce point intégralement, ou du moins, de ne laisser aucun doute sur le mépris que j´ai pour les agissements de l´époque, qu´en définitive, et sans le moindre atermoiement, si j´était à la place de mon père, eh bien, je ferai exactement la même chose : je choisirai l´indépendance et la liberté. Et cela me réjouis, je vous l´avoue grandement, parce que cela prouve que je suis bien le fils de mon père.  Avec mes sincères salutations.

Musengeshi Katata

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Posté par Musengeshi Kat à 12:54 - Le tissu économique de l´avenir - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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