Tous coupables de fausseté et de fallacieuses prétentions philosophiques ?

Quiconque est pris à assister un délinquant est un délinquant

« Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis » P.E.Lumumba

Après avoir suivi et même encouragé les abus de leurs sociétés, ils cherchent aujourd´hui désespérément à se laver de toute responsabilité des faits, des décisions, des courants qui ont, des siècles durant ; et au détriment de toute considération humaine, pavé le monde de crimes et de violentements du plus bas instinct. Et au moment où les africains leur étalent devant les yeux des méfaits inhumains et cruels auxquels leurs sociétés prétendues civilisées s´étaient rendues coupables pendant que eux, qui se prétendaient « philosopher » faire ou enseigner philosophie au sein de leurs sociétés respectives, de cette science supérieure de la dissertations sur les valeurs, l´éthique et la morale de la société, acculés et mis à nu, on les voit aujourd´hui désemparé, et comme Finkielkraut, battre des sentiers insolites, désertés de toute fiabilité. Pénible blâmage. Désastreuse impasse sans issue dans laquelle, conscients (existe-t-il de philosophe inconscient ?) ou pas, coupables ou simplement partisans assourdis ou complices, ils avaient, pour ne parler que de ces 600 dernières années de l´hégémonie occidentale, accompagné leur culture dans la plus vile des domination que l´histoire humaine aie jamais connue.

Parler alors de liberté, de démocratie, de civilisation, de société ou encore de culture humaine dans leurs dissertations étriquées, ne fut-ce pas servir à leurs étudiants, à leurs sociétés et même à leurs propres consciences des demi vérités, des visions écourtées et plutôt subjectivées et orientées non vers la recherche de la pensée supérieure, de l´harmonie ou de l´équilibre humain réalisant, mais bien vers la justification ou la légitimation de l´injustice, de l´abus, de la traîtrise, du meurtre et de la subordination ? De quelle genre de philosophie pouvait-il donc s´agir ? Si elle accompagnait l´esclavagiste, le colonialiste, le francafricain dans ses épopées criminelles et déshumanisantes ? A quel idéal social, intellectuel, culturel se réclamaient donc ces penseurs et chercheurs philosophiques qui, tout en se réclamant du judéo christianisme, laissèrent bafouer les dix commandements, les préceptes sacrés du christianisme ? Dieu était blanc, et à ce titre fermait-il les yeux sur les abus et les manquements à sa propre loi, à sa propre religion ? Parce que les délinquants, les criminels et les assassins de la liberté étaient blancs ? Mais alors, pourquoi vouloir à tout prix exporter cette religion qui, selon toute vraisemblance, n´était réservée qu´aux blancs ? Pour asservir les autres races, les autres cultures ou les soumettre à une fausseté déontologique qui créait et entérinait une injustice fondamentale ? Mais dites donc, ce Dieu, de quel genre de Dieu s´agit-il donc, s´il  prescrivait l´injustice et l´exclusion d´emblée à certains de ses enfants ? Curieux Dieu en tout cas.

Laïcité ? Esprit des lois ? Aspirations individuelles et sociales ? Tout à fait d´accord. Mais lorsque l´esprit, comme on le voit aujourd´hui dans l´occident de la crise économique, du chômage, des endettements gratuits, de la surproduction de destination corrompante, n´avait pour résultat social que de privilégier certains et d´exclure petit à petit ceux que la rationalisation renvoyait au pain sec, peut-on parler de société intégrative, à la recherche d´un équilibre supérieur de réalisation ; ou ne s´agissait-il pas que d´une vulgaire projection à domicile de la même idéologie qui écuma les mers jadis et établit de par le monde un système économique et culturel de prédatation ?

Ces philosophes dont on entendait aujourd´hui les cris tardifs ; où étaient-ils donc pendant qu´on faisait projection, qu´on appliquait à la société, au monde cet organigramme intentionnel de basse et primitive logique ? L´un d´eux : Robert Redeker, s´est, dans le Figaro, et comme je m´y attendais de la part de ces messieurs « philosophant », attaqué à l´Islam parce que c´est, quand on manque d´idée, et que de surcroît on est surpris des siècles durant à appartenir à une prétentieuse élite sociale qui, tout en pondant des œufs de pigeon, se croyait être un éléphant ! Après tout, avec le terrorisme fondamental de l´Al Qaida, taper sur eux, c´est satisfaire à l´opinion publique, et se mettre à l´abri de sa propre ambigüité ; à la question : que valez-vous donc, que faisiez-vous pendant tout ce temps, vous qui vous prétendez éclairer la société vers des buts et des moyens supérieurs ? Car, ne l´oublions pas, comme disent les allemands : « Mit gehangen, mit gefangen » ! Ou celui qui accompagne un criminel dans ses turpitudes et ses crimes, est un criminel et doit être jugé comme tel !

Mais voyons plutôt ce que le sieur Robert Redeker disait sous sa plume, ce qui lui a valu, à mon sens sans le moindre droit ou raison évidente, des menaces de mort. L´islam devrait cesser de s´intéresser à des futilités, à ces petites quantités complexées par leur propre légendaire incapacité. Ce sont souvent des gens qui n´ont plus ni idées, ni idéal quelconque ; ils cherchent plutôt à se remettre à la mémoire de faibles d´esprit, d´occidentaux réfléchissants plus avec la haine qu´avec la raison. Car ce monsieur, s´il avait seulement un peu de jugement et d´objectivité, il relirait l´histoire de l´Afrique, et y découvrirait les méfaits ô insalubres et sanglant de sa race et de sa religion. De là à vouloir se couronner en champion des droits des hommes ou sage moral… Avocat, juge et partie pour soi-même, mais critique sournois et juge impitoyable pour les autres ?

Robert Redeker écrivait donc dans le Figaro : "Chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. (...) Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine. Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran."

Mais monsieur Redeker, pour raison que vous ayez, où se trouvaient donc le judaïsme et le christianisme pendant que 400 ans durant les vôtres en usaient et abusaient en faisant l´esclavage en Afrique ? Pendant qu´ils pillaient, violaient, massacraient et privaient de liberté aux noirs ? Où étaient donc vos saints judéo chrétiens pendant que les européens exterminaient les indiens d´Amérique ? Saviez-vous qu´en 15 années, la France et leurs pairs ont exterminé près de 50 millions d´indiens du pacifique ? Quand on chantait de l´Holocauste qui extermina 8 millions de juifs en cinq ans, ou même des japonais qui exterminèrent 35 millions de chinois de Manchourie en 5 ans, où était donc votre fameux christianisme dont les rites conjurent d´après vous la violence et la délégitime ? N´était-ce pas au nom du christianisme, et avec le consentement de la haute chrétienté que ces crimes ont été commis ? Allons bon, monsieur Redeker qu´est-ce qui vous a donc fait oublier l´Edit de Nantes, et bien entendu sa cause et ses raisons ; ou encore le Code Noir de 1685 et son immonde et inhumain usage en 60 articles ? Saviez-vous qu´à part les poursuites et les pogromes exercés l´histoire durant contre les juifs, ceux-ci accompagnèrent les chrétiens dans toutes leurs épopées criminelle avec gains et loisirs ? De là aujourd´hui à leur offrir la consécration généreuse de l´esprit sain, il faut être ou foncièrement pervers, ou criminellement oublieux. Serait-ce une blague ?

On en voit des choses, de nos jours ; je comprends que les philosophes occidentaux soient dépassés et plutôt salis par leur noire conscience historique ; et parce que le dernier de nègres venant des fins fonds de l´Afrique les mettrait dialectiquement en débandade, mais persister à mentir, à se donner une âme de Saint Sauveur ou à se lancer des fleurs malgré un passé douteux de criminel invétéré, c´est persister dans la médiocrité la plus décadente. Philosophie ? Allons donc, on se trouvait plutôt ici devant des charlatans criminels de grands chemins, rien de plus.

Dans l´Express on sanglotait, au Figaro on se roulait dans la boue en accusant les autres. Jacques Chirac, lui allait en Chine, pour essayer de discuter de l´avenir de l´Afrique avec les chinois, les prochains maîtres du monde. On se demandait si cette nation, après la vente illégale de la Louisiane aux américains, par exemple, et la fin de l´esclavage dans laquelle elle excella (rappelons à toute fin utile que le plus grand négrier français s´appelait : « Les droits de l´homme » !), n´avait pas encore compris, du moins son élite, qu´elle ne devait s´engager que pour elle-même. Que ces tractations immorales sur le compte et l´avenir des autres étaient abaissantes et plutôt criminelles ? Mais voyez-vous, cher monsieur Redeker, c´est à se demander si la politique française à laquelle vous avez enseigné tant et tant d´étudiants, arrivait à comprendre ou à savoir ce que c´est que la liberté ? Surtout si des siècles durant on l´a entretenue avec le sang des autres, comme par exemple en Haïti, au Cameroun avec l´assassinat d´Um Nyobé, au Burkina Faso avec celui de Thomas Sankara ; ou en assistant, complice l´Apartheid. Et cette francafrique qui, avec sa traînée de corruption, de pillage organisé, d´assassinats d´élites, d´étouffement de l´agro industrie africaine par les excédents occidentaux vendus au prix de dumping. Et avoir le toupet d´aller en Chine discuter de l´Afrique, quand on a 600 ans durant ignoré les larmes, les souffrances, l´inhumanité qu´on faisait sciemment subir à ce continent ? Eh, bien…ces chrétiens, toujours des saints ?

Les islamistes, naturellement, sont montés aux barricades ; mais ils oublient qu´ils avaient fait de même pendant 8 siècles en Afrique. Notamment du 7ième au 15ième siècle. Ni l´un, ni l´autre de ces religions ne pouvait ni vanter son Dieu, ni sa religion ; parce que tous, tout en étant absolutistes et totalitaires, s´étaient couverts de crimes sans nom sur toutes les cultures qu´ils rencontrèrent. Aucune trace de tolérance, aucune trace de véritable comportement digne d´une religion élogieuse. Tous des bandits de grands chemins sanguinaires, criminels, pillards, totalitaires et phallocrates. Pour eux les « autres », ce n´étaient que leur jouets, leurs biens, leurs sujets ; s´ils n´étaient pas leur chosification particulière à l´accumulation.

Robert Redeker, cependant, recevra l´aide de collègues tout aussi oublieux, notamment dans le Monde du 2 octobre qui lui a consacré son éditorial, intitulé "Pour Robert Redeker", qui se concluait ainsi : "Pointe extrême de la liberté d'expression, le blasphème ne saurait être lancé sans risque. Mais il ne saurait, en aucun cas, justifier les "fatwas" lancées contre son auteur." Un portrait de Robert Redeker, paru dans Le Monde du 5 octobre, décrivait un homme "qui a toujours été à la marge", un "électron libre entravé". Ce franc-tireur a souvent écrit dans notre rubrique Débats ou dans "Le Monde des livres", pour s'exprimer sur les sujets les plus divers : de l'art moderne à l'obésité, en passant par le sport. Un point de vue iconoclaste sur le baccalauréat, publié dans Le Monde du 20 juillet 1996, lui avait valu d'être exclu du jury de cette épreuve pour avoir outrepassé son devoir de réserve...

Certains de ses collègues, ainsi que bien de lecteurs l´ont ouvertement critiqué, d´autres cependant, comme Jean-Claude Poizat, professeur de philosophie au lycée Jacques-Prévert de Taverny (Val-d'Oise), vole au secours de son confrère. Citant Alexis de Tocqueville, selon lequel "peu de religions (sont) aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet", il demande : "Ces lignes ont-elles rien à envier à la tribune de Robert Redeker ? (...) Ne faudrait-il pas, afin d'éviter que la "rue arabo-musulmane" ne se mette en colère, brûler dès aujourd'hui tous les ouvrages de Tocqueville ? On pourrait même étendre le "principe de précaution" à d'autres auteurs. (...) Voltaire, Kant, Hegel et bien d'autres ennemis de la liberté (islamique) de penser pourraient être bannis des médias et des salles de cours..."

Pour ce qui est de l´âme de Jean-Claude Poizat, on ne peut que douter de son objectivité, tant est que les occidentaux cachent bien trop souvent leurs méfaits historiques, mais se donnent abusivement le droit de faire morale et remontrance aux autres ; quant à Alexis de Tocqueville, lui, le citer est une bonne chose, car il dit aussi  en 1847 : « Partout nous nous sommes emparés des biens des congrégations religieuses. Nous avons détruit les œuvres caritatives, laissé les écoles en désuétude, dispersé les séminaires de prêtres au vent. Autour de nous les lumières se sont éteintes. Nous avons causé à la société mohammadienne bien plus de pauvreté, bien plus de désordre, bien plus d´ignorance et bien plus de barbarie qu´elle ne l´était avant de nous connaître » (Trad. p 105, Gerd von Paczensky : Weiße Herrschaft : Fisher Taschenbücher, ISBN 3-596-23418-2).

Et puisque beaucoup de ces pseudo philosophes se précipitent ces derniers temps pour se cacher derrière de vieilles figures de proue telles Emmanuel Kant, Voltaire, Hegel ou bien d´autres encore afin de se consoler du dangereux malaise d´impuissance qui montait lentement dans l´âme occidentale : celui d´avoir trompé le monde, et de lui avoir offert, tout en clamant de par tous les chemins et sentiers de l´histoire de civilisation, de liberté, de culture, et même de progrès…rien d´autre qu´un faux, qu´une projection subjective du plus pauvre éclat. On pouvait cependant se demander : où étaient-ils donc tous ces philosophes, pendant qu´on faisait l´esclavage, qu´on pillait violait, assassinait ? Attendaient-ils suavement à domicile qu´on leur rapporta les fruits abondants et juteux de ces crimes afin qu´ils montent en tribune et fassent « Philosophie ? ».

Quand on pense qu´on parlait de philosophes des lumières…Philosophie ? C´est à peine si je n´entend pas les rires moqueurs des africains, et les sanglots faussement blessés des occidentaux. Pourvu que ces arrogants prétentieux ne reviennent pas en Afrique en voulant apprendre à nos enfants ce que c´est que…la liberté ! Et même si nous soutenons que cette liberté est universelle, elle ne doit pas être enseignée à nos enfants par les plus grands faussaires et escrocs de sa définition ou de son contenu !

Musengeshi Katata

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu

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