29 octobre 2006
Afghanistan : des soldats allemands abusant des os de morts.
Morbide coquetterie témoignant d´un moral douteux
Des comportements irrespectueux dans une campagne sans issue ?
« L´amérique devient lentement un allié pesant pour les européens »
Peter Scholl-Latour sur NTV, en duel avec Don Jordan, journaliste américain.
Le gouvernement et le commandement militaire allemand ont essayé de rabaisser la portée et l´ampleur de ce tourisme militaire allemand de mauvais goût largement documenté par des photos souvenirs que les recrues autant des forces spéciales que des soldats ordinaires avaient collectionné dans leur campagne Afghane. Les photos, de plus en plus éloquentes, firent leurs apparitions comme par hasard, dans Bild, le journal populaire à scandale. Posant avec des ossements de morts ou les employant à écrire leurs noms et leurs unités, les recrues allemandes ne sont largement servies sur des cimetières détruits par les batailles et les incessants bombardements de cette guerre. Mauvais goût ou les signes indisciplinées d´une campagne qui, de jour en jour devenait absurde ou ennuyeuse par son manque moral de légitimation, ou son but clair et précis comme le sont les campagnes militaires ? On se le demande bien, d´autant que bien d´allemands ne voyaient plus d´un bon œil que cette campagne qui avait débuté avec des raisons d´assistance de police aux forces américaines, aujourd´hui s´embouait dans une finalité ou des buts qui ne dépendaient nullement des allemands eux-mêmes. A quand la fin des hostilités ? Quand rentrera-t-on définitivement chez soi pour laisser ce pays qu´on a largement, si pas complètement arraché aux criminels talibans se régénérer et reprendre une vie normale ? Combien de temps encore allait-on craindre le retour des talibans ? Bien de questions qui, à force que cette occupation étrangère durait, en dévoilait d´autres, par exemple : pacifier ce pays abusé jadis par les talibans sans empiéter son caractère musulman, l´occident en avait-il, au delà de ses propres contradictions, le talent ?
Certes, les jeunes filles allaient à l´école, les femmes faisaient musique, découvraient lentement les loisirs de participer à l´épanouissement de la société autrement que comme personne soumise et strictement régentée par de stupides interdits de la plus basse phallocratie masculine bornée musulmane. Mais était-ce tout ? Partout, et bien en majorité, les femmes observaient encore le recouvrement du chef ou la préséance masculine que leur avait imposé le coran et l´Islam, peut-on croire un seul instant, ou même espérer qu´après le départ des troupes étrangères, les forces modernistes au sein de cette société musulmane s´imposeraient et se battraient pour la modernité ? C´est à espérer. Sincèrement. Car, en réalité, ce qu´il fallait changer ou réorienter, c´est l´influence abusive et absolutiste de l´interprétation ou de l´imposition du Coran dans la société. Et cette discussion ne pouvait se faire ni par la violence, ni par les étrangers ; elle devait se faire par les hommes et les femmes afghans face à la question : comment allier l´Islam et la modernité civile le plus harmonieusement du monde, aux profits de tous, et surtout des femmes qui ont toujours souffert du joug masculin ?
Et c´est peut-être l´occasion de rappeler, d´une part que les Etats-Unis en abattant illégalement le régime de Saddam Hussein en Irak, débarrassait certes le monde d´un dictateur indésirable, mais détruisit aussi les structures civiles de la société islamique la plus progressiste de tout le monde musulman. Et face à la montée indésirable du fondamentalisme musulman de par le monde et de son influence néfaste et dangereuse pour la tolérance et les aspirations démocratiques des autres membres de la communauté internationale, on se demande si le désordre civil actuel en Irak n´aboutira pas à engendrer exactement ce qu´on reprouvait : d´un islamisme plus fondamentaliste que progressiste ou tolérant.
A part l´Egypte, le Maroc dont le roi avait autorisé une femme non seulement de devenir imam, mais aussi de prêcher devant lui, tous les pays musulmans du monde, et malgré l´amitié ou d´étroits liens avec l´occident accusaient une sournoise phallocratie absurde et obsédée que la lettre même du Coran entretenait avec, ne mâchons pas les mots, un parti pris primitif et borné. Sur une liste rapide on pourrait placer l´Arabie saoudite, le Koweït, l´Iran, la Libye, le Soudan, …et bien d´autres encore. Tout ce qu´on pouvait dire de ces pays, c´est qu´aucun d´eux ne voyait réellement la nécessité de discuter une interprétation modernisée du Coran, ils s´abandonnaient tous à des imams et des muftis qui eux restaient enfermés dans l´étroite chambre passionnelle et aveugle de la lettre du Coran. On entendait même des lettrés du Coran avouer : la libération viendrait du coran lui-même. On se croyait devant un négrier qui apprenait à son esclave que la liberté pour lui s´appelait soumission complète et aveugle. Si cela pouvait s´appeler liberté…l´occident n´en donnait-il pas l´exemple en entretenant, malgré toute modernité et prétentions culturelles de démocratie et même de liberté, l´injurieux monstre de la francafrique à l´égard de l´Afrique ? De quel droit alors cet occident bouffon à ses propres valeurs pouvait-il prétendre instruire, assister ou conseiller les autres états du monde sur la démocratie ou la liberté ? Ou devait-on s´accommoder de bombardements intempestifs et criminels gratuits et arbitraires comme en Irak ou au Liban, au nom d´une pompeuse et plutôt vide que respectueuse…démocratie ?
Cette vilaine affaire de militaires allemands se moquant des morts en pays islamique ne vient pas arranger l´opinion selon laquelle, et malgré civilisation, culture et instruction militaire, ce genre d´écarts de mauvais goût était hélas toujours possible. Et pour une armée qui avait été estimée et épargnée jusque là par l´adversaire invisible contre lequel se battait la coalition proaméricaine, elle risquait de perdre sa réputation et devenir la cible normale d´attentats revanchards. Mais, soyons pragmatique, si on canardait les talibans comme des pigeons, devait-on après leur mort prendre plus soin d´eux ? Il ne faut donc pas exagérer la portée ou l´importance de ces incidents. Plus important était de quitter sans dommage ce lointain pays où on jouait de solidarité avec les Etats-Unis sans savoir quand, où se terminerait cette assistance et les buts qu´elle poursuivait. Car on risquait bien de se retrouver à 24 fronts dans le monde, toutes attisées par une Amérique devenue imprévisible et rageusement militariste depuis le 9/11.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
France : Toujours à vendre la peau et l´avenir des noirs ?
Sélection du meilleur commentaire sur l´article : La France veut dealer l’Afrique avec la Chine : Anticipation ou aveu d’impuissance ? du 22/10/2006 sur Afrikara
L´incorrigible toupet d´une francafrique en banqueroute face aux chinois : Chirac prétend vendre ou partager l´Afrique avec Pékin.
A lire sur : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1444&PHPSESSID=b5a85b5cdb51cf83f8e5ab7434393465
C'était prévisible. Commentaire Kasal du 27 Octobre 2006 00H40
Ce peut être une évidence pour ceux qui s'y intéressent de près. L'occident, en particulier l'Europe et notamment ses pays éminents au passé esclavagiste et au présent toujours colonialiste, a le dos au mur face à l'émergence de l'Asie. Cette Europe bâtie sur le dos des africains et qui y tient encore son leadership, est entrain de perdre ce leadership face à la Chine et à l'Inde. Même les USA sont sous cette menace.
Croyez vous que c'est le bon moment pour eux de lâcher leur manne africaine ? Comme de plus ils ne peuvent empêcher l'entrée de ces géants asiatiques dans le jeu africain, ils ont le choix entre ces deux principales alternatives :
1. Transformer leurs relations criminelles avec l'Afrique en des relations plus saines de partenariat véritable profitant enfin autant aux africains qu'à eux mêmes, ce qui permettrait à l'Afrique de se redresser. Cette transformation radicale des relations, ils gagnerait en effet la confiance des africains et profiteraient des liens déjà établis pour gagner légalement leurs parts de marchés et d'investissement sur le continent.
2. S'entendre avec ces nouveaux géants asiatiques pour un partage tacite de ressources et zones d'influence en Afrique, toujours au dos ses africains. Une sorte de nouvelle Conférence de Berlin qui allierait subtilement le partage de zones d'influence et celui des secteurs économiques à l'intérieur de chaque zone.
Certains pays européens, et pas des moindres, semblent avoir résolument choisi la 2e voie, du moins leurs dirigeants actuels. Ces derniers pays sont ceux ayant un passé et un présent fortement criminel et mensonger en Afrique ainsi qu'un racisme institutionnalisé. Ce sont, entre autres, des raisons qui les empêchent de choisir la première voie, celle du "gagnant/gagnant" avec l'Afrique. En effet, les crimes et supercheries ont tellement duré et sont d'une ampleur telle à leur faire redouter d'éventuels règlements de compte d'une Afrique qui serait enfin debout. De plus le racisme institutionnalisé empêche ces dirigeants de s'imaginer une relation égalitaire avec les africains. D'ailleurs, ce même mépris continue toujours aujourd'hui à bénéficier d'une sorte de consensus mou, conscient ou non, au sein de leur population.
C'est aux africains de se battre pour imposer cette 1ere option du gagnant/gagnant. Il leur appartient aussi de savoir manoeuvrer pour rassurer l'Europe sur ses peurs d'être acculée à la fois par une Afrique debout et régleuse de comptes en même temps qu'elle subit la contestation de son leadership par l'Asie.
Excellentes déductions, Kasal
Commentaire Musengeshi du 28 Octobre 2006 13H22
C´est exactement le combat qui s´ouvre aujourd´hui en Afrique. Mais là où je ne suis pas d´accord, c´est de croire que nous devons convaincre l´Europe d´accepter l´option gagnant/gagnant. Si cette option ne leur est pas évidente, alors ce sera à nous de leur en imprimer les lettres sur le visage. Croire que nos femmes et nos enfants, après 400 ans d´esclavage, 100 ans de colonisation et 46 ans de francafrique doivent encore mendier leur liberté et leur droit de réalisation est du plus inhumain et criminel. Si l´Europe, ou du moins l´occident ne l´a pas encore compris, eh bien, qu´elle reste chez elle et se prépare à se passer de nos matières premières et de nos marchés. Mais croire que nous resterions la zone poubelle d´influence et de criminalité économique privilégiée de l´occident est EXCLUS. Ces temps-là sont révolus, et bien révolus. Et tous ceux qui ont, en Afrique ou en occident, pris l´habitude d´assassiner leurs propres frères africains en cautionnant la francafrique doivent cesser ce petit jeu de nègres criminels. Les temps ont changé, et définitivement. Il est grand temps que le monde entier le comprenne, même les idiots qui nécessitent 600 ans pour accéder à la raison.
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