30 octobre 2006
Réflexion sur l´avenir de l´Afrique
En réponse à Kandolo
Le long et solitaire chemin de l´émancipation sociohistorique
“Nobody can give you freedom. Nobody can give you equality or justice or anything.
If you are a man, you take it.” Malcolm X
Il y a des moments, cher Kandolo, où mon propre courrier me chagrine ; et bien de fois, j´ai difficile à y répondre parce que les questions qui y sont posées sont poignantes. On sent littéralement le déchirement qui traverse la jeunesse africaine actuelle face à un avenir indécis au sein de sociétés en pleines gestations, aux profonds changements qui les guettent, et dont ils espèrent fiévreusement qu´ils leur apporteront une meilleure moisson existentielle que leurs propres parents ne l´ont connu. Chercher celui qui doit porter la faute du passé n´est bon que si ce processus nous permet à tous de réparer les erreurs du passé ou de les éviter, et de mieux se motiver pour l´avenir. C´est mon avis le plus sincère. Si parfois je rappelle l´esclavage, ce n´est pas comme certains le font, pour négliger l´avenir ou justifier les faiblesses historiques actuelles de l´Afrique, mais bien pour dépasser ces maux, ces erreurs, ces manques, et permettre à ceux qui ont compris de relever la tête, d´attiser leurs esprits d´une bien meilleure motivation qu´hier, parce que celle-ci se serait non seulement instruite du passé, qu´elle se serait aguerrie à la critique objective (et cet exercice est particulièrement difficile et exigeant), qu´elle serait assoiffée de connaissance et de savoir afin d´être apte à remplir pleinement les devoirs continus que notre existence et notre réalisation nous lègue.
Je sais, tout est bien difficile en ce moment ; et à mon grand désarroi, le pire vient encore. Je n´ai pas l´habitude de mentir, surtout aux africains car j´estime qu´ils ont été assez trompés comme ça. Nous vivons une époque fatidique qui va faire mal à tout le monde, sauf aux chinois qui font une montée fulgurante, et donc gagnent à chaque minute qui passe. Ceci aura pour conséquence que l´Europe et l´occident vont se trouver à l´étroit, et sans me tromper, en perte sensible de niveau de vie. Ils voudront certes s´y accrocher, mais ils n´auront que deux perspectives : ou investir dans l´enrichissement de leurs prochains ennemis, et c´est dire dans leur propre débâcle, comme ils le font actuellement en Chine ; ou rendre justice à l´Afrique en lui accordant un partenariat équitable et solidaire. Tout cet échappatoire européen à l´Est n´est qu´un détour qui fait plus perdre du temps qu´il ne change les choses.
Ceci voudrait dire pour l´Afrique, si cette dernière perspective s´imposait, que les africains vont devoir se débarrasser du jour au lendemain de leur ignorance et leur analphabétisme, de leurs traditions rétrogrades ou bornées et se rationaliser à grands pas. Fini les dictateurs fainéants aveuglant et abrutissant leurs peuples par incapacité ou pour répondre à une francafrique qui n´aurait plus préséance. Et c´est dire s´instruire avidement et sans relâche, produire efficacement et en concordance avec la concurrence et les exigences énergétiques, écologiques et commerciales. En clair : faire en toute vitesse ce à quoi on aspirait sans avoir le courage ou les moyens de le réaliser. L´Afrique en est-elle capable ? Ses intellectuels n´en donnaient jusqu´aujourd´hui pas encore l´impression, hélas. Ou avons-nous tous une fausse opinion de l´Afrique où l´eau courante, l´électricité, la scolarisation, l´hygiène, le savoir, la production de biens élémentaires de réalisation faisaient, disons-le sans détour, cruellement défaut ?
Et crois-moi, cet effort, pour émancipant qu´il soit, sera pour les africains douloureux et intransigeant : ils devraient suer sang et eau pour arriver à soutenir le coût des infrastructures qui leur manquent cruellement. Et ce n´est que le premier pas, le second qui entend et comprend la production, la projection imaginaire et réelle de leur créativité leur demandera autant d´effort, autant d´engagement. Et ceux qui sont idiots ou demeurés qui croient qu´il ne suffira que de copier ce qui se fait ailleurs seront bien surpris de voir que ce chemin là sera étroit et sans avenir, parce que trop chers et trop bête. Ils seraient aussitôt ravalés au passé. Le 21ième siècle est à mon avis un siècle de créativité et de réalisation ; en fait un siècle où l´imaginaire créatif efficace par le prix et par son fonctionnalisme s´impose sur le marché et repousse tout essayisme dilettant. Celui qui se refusera à cette logique ne vendra pas, c est simple ; et c´est aussi dire qu´il mourra de faim.
Mais maintenant, si tu veux, j´en reviens á un aspect de mon discours qui, pour dérangeant qu´ils soit pour l´occident de nos anciens esclavagistes, de nos colonialistes, et ceux qui entretinrent la francafrique jusqu´à aujourd´hui. Et je doute que les esprits étroits, rapaces et criminels qui ont, 600 ans durant soutenu ces criantes et sanglantes inhumanités, que du jour au lendemain, ils soient illuminés par la raison, le bon sens, la culture morale et éthique de coexistence pacifique. On a beau avoir entendu à Bruxelles les cris teintés de faux tons de : « Africa is back, Africa is back ! » ; seuls les rêveurs et les idiots y accordaient plus qu´un regard, car où sont donc les investissements le prouvant ? Les barrières douanières occidentales contre les produits africains seraient-ils déjà levés ? Ou encore l´occident avait-il fermé et interdit sa francafrique et ses méthodes de corruption des élites, d´étouffement de l´industrie agroalimentaire africaine ? Rien du tout, n´est-ce pas, mais alors, pourquoi cet égosillement gratuit ? Tromper les gens de nouveau, ou ridiculiser de nouveau l´élite africaine à attendre un train qui ne viendrait pas ? C´est donc à mon avis beaucoup de vent pour rien. A bien y regarder, lorsqu´elle investit en Afrique, elle ne le fait que pour protéger ses intérêts touchant aux matières premières et aux richesses minières. La Chine, pour ceux qui rêvent encore, le fait aussi.
Et plus le temps passe, et plus le fardeau des africains devient lourd, insupportable. C´est la loi de l´accumulation négative. Alors que nous croyons tous en naissant que nous grandissons en possibilités et en capacités, en réalité nous allons aussi irréversiblement, en vieillissant, vers notre mort prochaine. Et c´est dire que rien n´enlèvera à l´Afrique le poids de son passé ; et personne ne portera pour elle les efforts douloureux qui lui seront nécessaires pour se libérer de la pauvreté et de la misère. Et se développer valablement comme elle le souhaite. Et c´est vrai comme tu dis que c´est injuste que l´Afrique, après l´esclavage pendant 400 ans, la colonisation 100 ans, la francafrique 46 ans se trouve en devoir de faire encore plus de sacrifice, encore plus d´effort économique, culturel, imaginaire, créatif pour se sortir du gouffre dans lequel elle se trouve. Mais là, cher ami Kandolo, tu rejoints mes appréhensions, mais personne ne nous offrira notre identité, nos désirs ou nos rêves, ainsi que ceux de nos enfants ; nous devons nous-mêmes faire l´effort de les réaliser, parce qu´ il n´y a en fait que nous qui en ressentons l´absence, le déchirement du manque, l´attrait enivrant de leurs appels incessants.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
29 octobre 2006
Afghanistan : des soldats allemands abusant des os de morts.
Morbide coquetterie témoignant d´un moral douteux
Des comportements irrespectueux dans une campagne sans issue ?
« L´amérique devient lentement un allié pesant pour les européens »
Peter Scholl-Latour sur NTV, en duel avec Don Jordan, journaliste américain.
Le gouvernement et le commandement militaire allemand ont essayé de rabaisser la portée et l´ampleur de ce tourisme militaire allemand de mauvais goût largement documenté par des photos souvenirs que les recrues autant des forces spéciales que des soldats ordinaires avaient collectionné dans leur campagne Afghane. Les photos, de plus en plus éloquentes, firent leurs apparitions comme par hasard, dans Bild, le journal populaire à scandale. Posant avec des ossements de morts ou les employant à écrire leurs noms et leurs unités, les recrues allemandes ne sont largement servies sur des cimetières détruits par les batailles et les incessants bombardements de cette guerre. Mauvais goût ou les signes indisciplinées d´une campagne qui, de jour en jour devenait absurde ou ennuyeuse par son manque moral de légitimation, ou son but clair et précis comme le sont les campagnes militaires ? On se le demande bien, d´autant que bien d´allemands ne voyaient plus d´un bon œil que cette campagne qui avait débuté avec des raisons d´assistance de police aux forces américaines, aujourd´hui s´embouait dans une finalité ou des buts qui ne dépendaient nullement des allemands eux-mêmes. A quand la fin des hostilités ? Quand rentrera-t-on définitivement chez soi pour laisser ce pays qu´on a largement, si pas complètement arraché aux criminels talibans se régénérer et reprendre une vie normale ? Combien de temps encore allait-on craindre le retour des talibans ? Bien de questions qui, à force que cette occupation étrangère durait, en dévoilait d´autres, par exemple : pacifier ce pays abusé jadis par les talibans sans empiéter son caractère musulman, l´occident en avait-il, au delà de ses propres contradictions, le talent ?
Certes, les jeunes filles allaient à l´école, les femmes faisaient musique, découvraient lentement les loisirs de participer à l´épanouissement de la société autrement que comme personne soumise et strictement régentée par de stupides interdits de la plus basse phallocratie masculine bornée musulmane. Mais était-ce tout ? Partout, et bien en majorité, les femmes observaient encore le recouvrement du chef ou la préséance masculine que leur avait imposé le coran et l´Islam, peut-on croire un seul instant, ou même espérer qu´après le départ des troupes étrangères, les forces modernistes au sein de cette société musulmane s´imposeraient et se battraient pour la modernité ? C´est à espérer. Sincèrement. Car, en réalité, ce qu´il fallait changer ou réorienter, c´est l´influence abusive et absolutiste de l´interprétation ou de l´imposition du Coran dans la société. Et cette discussion ne pouvait se faire ni par la violence, ni par les étrangers ; elle devait se faire par les hommes et les femmes afghans face à la question : comment allier l´Islam et la modernité civile le plus harmonieusement du monde, aux profits de tous, et surtout des femmes qui ont toujours souffert du joug masculin ?
Et c´est peut-être l´occasion de rappeler, d´une part que les Etats-Unis en abattant illégalement le régime de Saddam Hussein en Irak, débarrassait certes le monde d´un dictateur indésirable, mais détruisit aussi les structures civiles de la société islamique la plus progressiste de tout le monde musulman. Et face à la montée indésirable du fondamentalisme musulman de par le monde et de son influence néfaste et dangereuse pour la tolérance et les aspirations démocratiques des autres membres de la communauté internationale, on se demande si le désordre civil actuel en Irak n´aboutira pas à engendrer exactement ce qu´on reprouvait : d´un islamisme plus fondamentaliste que progressiste ou tolérant.
A part l´Egypte, le Maroc dont le roi avait autorisé une femme non seulement de devenir imam, mais aussi de prêcher devant lui, tous les pays musulmans du monde, et malgré l´amitié ou d´étroits liens avec l´occident accusaient une sournoise phallocratie absurde et obsédée que la lettre même du Coran entretenait avec, ne mâchons pas les mots, un parti pris primitif et borné. Sur une liste rapide on pourrait placer l´Arabie saoudite, le Koweït, l´Iran, la Libye, le Soudan, …et bien d´autres encore. Tout ce qu´on pouvait dire de ces pays, c´est qu´aucun d´eux ne voyait réellement la nécessité de discuter une interprétation modernisée du Coran, ils s´abandonnaient tous à des imams et des muftis qui eux restaient enfermés dans l´étroite chambre passionnelle et aveugle de la lettre du Coran. On entendait même des lettrés du Coran avouer : la libération viendrait du coran lui-même. On se croyait devant un négrier qui apprenait à son esclave que la liberté pour lui s´appelait soumission complète et aveugle. Si cela pouvait s´appeler liberté…l´occident n´en donnait-il pas l´exemple en entretenant, malgré toute modernité et prétentions culturelles de démocratie et même de liberté, l´injurieux monstre de la francafrique à l´égard de l´Afrique ? De quel droit alors cet occident bouffon à ses propres valeurs pouvait-il prétendre instruire, assister ou conseiller les autres états du monde sur la démocratie ou la liberté ? Ou devait-on s´accommoder de bombardements intempestifs et criminels gratuits et arbitraires comme en Irak ou au Liban, au nom d´une pompeuse et plutôt vide que respectueuse…démocratie ?
Cette vilaine affaire de militaires allemands se moquant des morts en pays islamique ne vient pas arranger l´opinion selon laquelle, et malgré civilisation, culture et instruction militaire, ce genre d´écarts de mauvais goût était hélas toujours possible. Et pour une armée qui avait été estimée et épargnée jusque là par l´adversaire invisible contre lequel se battait la coalition proaméricaine, elle risquait de perdre sa réputation et devenir la cible normale d´attentats revanchards. Mais, soyons pragmatique, si on canardait les talibans comme des pigeons, devait-on après leur mort prendre plus soin d´eux ? Il ne faut donc pas exagérer la portée ou l´importance de ces incidents. Plus important était de quitter sans dommage ce lointain pays où on jouait de solidarité avec les Etats-Unis sans savoir quand, où se terminerait cette assistance et les buts qu´elle poursuivait. Car on risquait bien de se retrouver à 24 fronts dans le monde, toutes attisées par une Amérique devenue imprévisible et rageusement militariste depuis le 9/11.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
France : Toujours à vendre la peau et l´avenir des noirs ?
Sélection du meilleur commentaire sur l´article : La France veut dealer l’Afrique avec la Chine : Anticipation ou aveu d’impuissance ? du 22/10/2006 sur Afrikara
L´incorrigible toupet d´une francafrique en banqueroute face aux chinois : Chirac prétend vendre ou partager l´Afrique avec Pékin.
A lire sur : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1444&PHPSESSID=b5a85b5cdb51cf83f8e5ab7434393465
C'était prévisible. Commentaire Kasal du 27 Octobre 2006 00H40
Ce peut être une évidence pour ceux qui s'y intéressent de près. L'occident, en particulier l'Europe et notamment ses pays éminents au passé esclavagiste et au présent toujours colonialiste, a le dos au mur face à l'émergence de l'Asie. Cette Europe bâtie sur le dos des africains et qui y tient encore son leadership, est entrain de perdre ce leadership face à la Chine et à l'Inde. Même les USA sont sous cette menace.
Croyez vous que c'est le bon moment pour eux de lâcher leur manne africaine ? Comme de plus ils ne peuvent empêcher l'entrée de ces géants asiatiques dans le jeu africain, ils ont le choix entre ces deux principales alternatives :
1. Transformer leurs relations criminelles avec l'Afrique en des relations plus saines de partenariat véritable profitant enfin autant aux africains qu'à eux mêmes, ce qui permettrait à l'Afrique de se redresser. Cette transformation radicale des relations, ils gagnerait en effet la confiance des africains et profiteraient des liens déjà établis pour gagner légalement leurs parts de marchés et d'investissement sur le continent.
2. S'entendre avec ces nouveaux géants asiatiques pour un partage tacite de ressources et zones d'influence en Afrique, toujours au dos ses africains. Une sorte de nouvelle Conférence de Berlin qui allierait subtilement le partage de zones d'influence et celui des secteurs économiques à l'intérieur de chaque zone.
Certains pays européens, et pas des moindres, semblent avoir résolument choisi la 2e voie, du moins leurs dirigeants actuels. Ces derniers pays sont ceux ayant un passé et un présent fortement criminel et mensonger en Afrique ainsi qu'un racisme institutionnalisé. Ce sont, entre autres, des raisons qui les empêchent de choisir la première voie, celle du "gagnant/gagnant" avec l'Afrique. En effet, les crimes et supercheries ont tellement duré et sont d'une ampleur telle à leur faire redouter d'éventuels règlements de compte d'une Afrique qui serait enfin debout. De plus le racisme institutionnalisé empêche ces dirigeants de s'imaginer une relation égalitaire avec les africains. D'ailleurs, ce même mépris continue toujours aujourd'hui à bénéficier d'une sorte de consensus mou, conscient ou non, au sein de leur population.
C'est aux africains de se battre pour imposer cette 1ere option du gagnant/gagnant. Il leur appartient aussi de savoir manoeuvrer pour rassurer l'Europe sur ses peurs d'être acculée à la fois par une Afrique debout et régleuse de comptes en même temps qu'elle subit la contestation de son leadership par l'Asie.
Excellentes déductions, Kasal
Commentaire Musengeshi du 28 Octobre 2006 13H22
C´est exactement le combat qui s´ouvre aujourd´hui en Afrique. Mais là où je ne suis pas d´accord, c´est de croire que nous devons convaincre l´Europe d´accepter l´option gagnant/gagnant. Si cette option ne leur est pas évidente, alors ce sera à nous de leur en imprimer les lettres sur le visage. Croire que nos femmes et nos enfants, après 400 ans d´esclavage, 100 ans de colonisation et 46 ans de francafrique doivent encore mendier leur liberté et leur droit de réalisation est du plus inhumain et criminel. Si l´Europe, ou du moins l´occident ne l´a pas encore compris, eh bien, qu´elle reste chez elle et se prépare à se passer de nos matières premières et de nos marchés. Mais croire que nous resterions la zone poubelle d´influence et de criminalité économique privilégiée de l´occident est EXCLUS. Ces temps-là sont révolus, et bien révolus. Et tous ceux qui ont, en Afrique ou en occident, pris l´habitude d´assassiner leurs propres frères africains en cautionnant la francafrique doivent cesser ce petit jeu de nègres criminels. Les temps ont changé, et définitivement. Il est grand temps que le monde entier le comprenne, même les idiots qui nécessitent 600 ans pour accéder à la raison.
Forum Réalisance
28 octobre 2006
L´Afrique, son élite et ses dictateurs incapables
Commentaire sur Afrikara de l´excellent article : http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1450
Légitimité au changement, oui; mais raisonné et organisé.
« Ce n´est pas parce que tous nous avons faim que chacun de nous est devenu un génie de l´art culinaire ; comme le disait Boileau, « la critique est aisée, l´art est ardu ». En Afrique, malheureusement, ceux qui s´imposent ou même se font élire par des analphabètes, ne sont que des petites lumières de l´esprit et de la raison » Musengeshi Katata
(28 Octobre 2006 21H20)
Le constat selon lequel les élites actuelles de l´Afrique la ruinent et la trahissent n´est pas nouveau; même pas la volonté de changement. Ce qui serait efficace et même attendu, ce serait une révolution organisée, pensée et exécutée avec la plus grande intelligence d´instauration du changement historique attendu pour remettre l´Afrique noire, ses peuples et ses facteurs sociohistoriques à la hauteur de leurs devoirs ardus dans une constellation mondiale qui, de jour en jour devient non seulement exigeante, mais aussi douloureuse pour tous ceux qui ne savent pas saisir les opportunités et les contraintes de la coexistence internationale. En clair, ceux qui crient si souvent au changement n´ont pas tort, encore qu´ils doivent être certains de savoir de quoi ils parlent. Changer ou parler révolution pour retomber dans la même morosité et la même médiocrité, cela tout idiot le peut. Et il y a beaucoup d´exemples qui le prouvent en Afrique: tous ces potentats africains qui s´accrochent aujourd´hui avec acharnement au pouvoir avaient tous promis monts et merveilles, aujourd´hui ils ne se sont révélés n´être que des incapables abrutis, sans vision ni imagination adéquate pour opérer le changement attendu permettant de remettre l´Afrique à flot.
Et c´est bien par là que l´africain consciencieux, diligent et conséquent doit commencer: d´abord savoir exactement de quoi il s´agit, de l´ampleur exacte de ses problèmes. Et croyez-moi, nous avons du pain sur la planche, car quand l´africain est abruti ou sous informé, outre que comme les tonneaux vides, il fait trop de bruit et ménage trop généreusement ses méninges, il est d´une primitivité écoeurante, et la plupart de ces caisses vides ne savent rien de l´accointance ou de la connexité des facteurs de réalisation, ni à l´intérieur, ni à l´extérieur de l´Afrique. Quant à la géopolitique internationale actuelle et ses axes de gestation, cela leur est absolument étranger. Crier, vouloir le changement; tout le monde peut le faire, mais l´intelligence et les qualités qu´il faut pour oeuvrer à la victoire, devenir gagnant, cela nécessite bien plus de volonté, de raisonnement, de culture et d´information. Ce sont ces hommes-là qui manquent en Afrique actuellement: des géopoliticiens pluridisciplinaires décidés et pragmatiques. En général les africains, et beaucoup de ceux qui crient bien fort ne sont que de grands peureux, des instinctifs ou des analphabètes de la vérité actuelle de l´Afrique. Ainsi on prend pour des cadres ou des intellectuels des instruits bornés et répétiteurs de cours et de notions dépassées pour des génies, alors que ceux dont on a besoin sont des innovateurs et des visionnaires. L´Afrique se surestime trop souvent quand aucunes raisons ni preuves ne le confirment, et elle se sous estime à tort quand elle est en fait capable de mieux.
Trouver le point positif qui fait bouger les choses dans le bon sens est le doigté de l´élite douée: celle qui vient pousser à la connaissance et à l´objectivité, ainsi qu´à l´exercice pratique efficace de l´épanouissement, de la promotion et de la défense d´un existentialisme fort, créatif, indépendant et souverain. Cela demande du temps, mais prendre le bon chemin, c´est avoir gagné bien de faux détours vains. Et à mon avis, c´est ce chemin ou cette préparation que les africains doivent se donner. Et croyez-moi ou pas, il est ardu et exigeant et n´accepte pas n´importe quelle grande gueule ou petite prétention. Et surtout ne pas prendre ses propres fantaisies, ses propres illuminations pour des réalités toutes faites, mais tout en restant inconsolable, rester progressiste et précis dans ses buts. Si vous avez pris ce chemin, faites-moi signe, vous remarquerez alors que bien d´autres comme vous se trouvent derrière et à côté de vous. Et ce ne sont ni des souffleurs, ni des amateurs superficiels, car eux ils savent de quoi ils parlent. Et où ils veulent en venir. Interdits aux blablateurs, aux écornifleurs et aux m´as-tu vu vides et vulgairement prétentieux. C´est un autre monde, celui d´une Afrique moderne et foncièrement pensante et décidée.
Musengeshi Katata.
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu.
27 octobre 2006
Banlieue impatiente: des émeutes répétitives ?
Attendre, attendre ; mais attendre qui et attendre quoi ?
Le froid des promesses vides face à l´impatience grondante de l´impasse appauvrissante et méprisante de la crise socioéconomique en banlieue française
Les nouvelles escarmouches en banlieue française remettent à jour des revendications légitimes qui avaient été mis en frigo par les responsables politiques communaux et municipaux, si pas en la personne du ministre de l´intérieur : le très honoré Sarkozy. Et si à l´époque celui-ci se penchait trop à la fenêtre pour dire : « Trop de liberté nuit à la liberté », on se demandait, avec beaucoup de compréhension, si ce genre de gratuités verbales n´étaient pas entachées d´hongroiserie : de ce relent d´immigré irascible qui, à force de cultiver un jusqu´auboutisme d´identification à l´esprit de la Nation Française, en oubliait, dans un conformisme cannibale d´intégration aveugle, à offrir à cette grande nation la projection idéale répondant le mieux à ses prétentions de Nation précurseur des droits des hommes. Depuis quand y a-t-il excès de liberté dans l´exercice de la liberté existentielle ? A qui devait-on reprocher le chômage et ses suites de pauvreté et d´exclusion sociale, sinon à ceux qui se prétendaient diriger la société ou l´organiser ?
Mais, ne soyons ni aveugle objectif, ni injustement accusateur ; ce n´est pas Sarkozy qui a fait la misère en banlieue, loin de là. Celle-ci est le résultat de quarante années de manquements et pauvreté de conception et d´organisation sociales dues à une idéologie nationale décadente et passéiste, parce qu´au lieu d´intégrer rapidement et d´harmoniser le plus sévèrement que possible les enfants de la Banlieue, et c´est dire de la classe ouvrière en grande partie immigrée, on se contenta cahin caha de s´en remettre aux forces sélectives et régulatrices de la production. Et celles-ci rationalisaient et se débarrassaient depuis plus de 30 ans du poids coûteux du personnel humain, pour la machine qui ne tombait pas malade, produisait sans arrêt, et ne souffrait (pas encore) de frais d´allocations sociales. Et le plus curieux dans cette affaire, ou plutôt le plus cocasse, c´est que ce sont les ouvriers eux-mêmes et leur ambitieux enfants doués devenus ingénieurs et constructeurs de machines qui ont œuvré et participé sans en connaître les inconvénients, à la construction et la conception de la machinerie qui aujourd´hui les écrasait avec l´exclusion du chômage. Suicide volontaire ? Certainement pas, parce qu´ils n´avaient pas eu de choix ; tous avaient participé de bonne foi au progrès, et si le patronat employait aujourd´hui ce progrès comme une arme, plus attiré par l´effet multiplicateur du profit par la mécanisation que sur l´avenir de ses prochains clients, il n´était que question de responsabilité ou d´idéologie sociale des propriétaires des moyens de production.
A Sarkozy, donc, on ne pouvait pas rejeter la responsabilité de la crise économique actuelle, et c´est dire aussi à la politique qui, malgré son pouvoir de gestion, de correction sociale et de direction sociale, sans l´industrie créatrice d´emplois, il n´a pas réellement les moyens décisifs de changement. Parce qu´il est lié aux moyens de son revenu qui sont, avec le lourd endettement public, et le chômage, bien réservés. Et cependant, d´un autre aspect de l´organisation sociale, se faisant élire à la responsabilité des intérêts collectifs du bien commun idéel et réel de la Nation, à la protection des droits et l´exercice des devoirs individuels, ce pouvoir ou ses représentants ne peuvent pas se dérober à une part réelle sensible de leurs devoirs envers l´avenir du développement du bien être de la nation, et partant de ses citoyens. Questions de principes ? Ou est-ce tout simplement question de doigté et d´ambition politique ? Et l´un et l´autre, à un dosage effectif et conséquent. Tout est toujours question de répondre a l´enjeu : quelle décision, quelle orientation politique pour quel genre de république et de société ? Pour quelle liberté contenant quelles valeurs ?
Depuis plus de 20 ans, une réforme du capitalisme occidental est non seulement souhaitable, mais aujourd´hui, avec la concurrence accrue sur les marchés internationaux, le prochain avènement de la Chine et de l´Inde dans le cercle de prétendants décidés à l´industrialisation, l´ancien formalisme de l´organisation sociale de la production, de la gestion et de la promotion de l´ordre social en pays capitaliste industrialisé recommandait à satisfaire au plein emploi qui était, lui, le meilleur point de réalisation de la société et d´un chacun. Vœux ardus, si pas impossibles, car désaccordées par des intérêts divergents, les forces sociales cherchaient vainement à retrouver leur lieu optimal de conversion qui, sous la pression de la globalisation et celle de la quasi saturation du monde industriel (ou sa célérité à annuler les effets profitables de nouvelles innovations), le capital prenait son pied ailleurs, là où les coûts à la production lui permettaient de meilleurs gains. Comment changer les choses dans ce cas ? La meilleure logique voudrait que les clients deviennent plus nombreux, et crédibles. Mais on est surpris que le système social qui vit, lui de plus de garanties réelles que d´expectatives théoriques ou de promesses spéculatives, a tendance à se contredire en évoluant trop lentement vers l´accroissement de ses propres possibilités d´épanouissement. Changer, mais changer vers quel projet de société ? Et que font les autres, les concurrents acariâtres des marchés ? On attendait, tout en trépignant que l´extérieur nous fasse des signes, nous confirme des tendances sur lesquelles nous pouvons miser et évoluer en conséquence ; hélas, tout tendait inlassablement à l´acharnement et la concurrence la plus ardue sur les marchés internationaux. Et tandis que le chômage perdurait, comme une plaie ouverte, le capital, lui s´expatriait, pour survivre et rester indépendant. Mais comment pouvait se défendre une jeunesse ou des chômeurs auxquels on demandait aujourd´hui de faire preuve d´initiative, alors qu´ils ont tous été élevés ou préparés à servir le capital ?
Telle est l´illogisme ou la précarité de la situation économique mondiale actuelle. Et même si Jacques Chirac vendait à la Chine 150 avions A320 qui devaient, précisons le bien être montés en Chine, il fallait, hélas plus que cela pour changer les choses en France. Et c´est d´autant surprenant qu´on apprenait que l´Union Européenne avait décidé d´autoriser 5 millions de travailleurs étrangers à l´Union d´exercer prochainement un emploi sur son territoire pendant une période de 1 à 5 ans. Le résultat de la pression du désespoir africain aux frontières hermétiques de l´Union ? Ou était-ce la peur bien fondée que les africains détenteurs de matières premières ne deviennent réticents ou instables ? Et pourtant, cette concession, pour peu satisfaisante qu´elle soit pour les amateurs du concessionnisme illusoire, elle ne réglait ni le mal de la francafrique, ni n´apportait soulagement au chômage européen, bien au contraire. On espérait naturellement qu´avec de bas salaires de désespoir on serait à même de concurrencer les coûts de production chinois ou Est européens. C´est ne pas évaluer exactement le volume de production qui se trouvait derrière 1,3 milliards de chinois décidés à envahir le monde. Et à eux se grevaient encore plus d´indiens dans l´avenir, et l´Union Russe, quoi qu´on l´ignore ou la méprise dans les calculs concurrentiels, va bientôt donner à l´industrie européenne bien de retors. A mon sens, toutes ces concessions ne vont ni sauver l´Europe, ni résoudre ses problèmes. Elle doit se préparer rapidement au changement et prendre un train qui lorsqu´il aura démarré, ne s´arrêtera plus pour personne, sauf pour les stations intitulées : innovations – créativité – haute qualité – Bas prix. Celui qui ne se trouvera pas à ces rendez-vous passera, tout simplement du vin à l´eau pure. Et pour bien longtemps.
Au-delà de ce changement imminent qui se fait sur le monde, sur les marchés de l´emploi, sur le mode et les moyens de production ; ce qui se joue inévitablement sous tous ces scènes, c´est la définition et le contenu de la liberté des acteurs impliqués dans tous ces processus. Et nous sommes tous impliqués : de la Chine à l´Afrique en passant par les Etats-Unis, la France, l´Allemagne, le japon. Tous. Et j´ose attirer l´attention à tous ceux qui croient encore au père Noël ou s´évertuent à négliger de soigner leurs facteurs sociaux de développement comme en Afrique actuellement, que le choc Indochinois que nous allons subir ces prochaines années sera d´une violence inouïe, et très destructive pour tous ceux qui, d´une manière ou d´une autre ne sauront pas répondre aux exigences résolue de la compétition internationale. Elle va devenir sans merci, on le sent déjà. Et il serait donc utile, si pas impérieux d´affirmer, pendant qu´il est encore temps, ses principes sociaux les plus chers et les mettre à l´abri afin que dans le feu de l´action ou des turbulences qui vont survenir, elles protègent la société et l´unifie autour de valeurs qui encouragent et unifient, plutôt que de l´abandonner au bon hasard la chance. Parce qu´alors, ce qu´on perdait, ce ne serait pas seulement qu´un vulgaire marché, mais la cohésion et la paix sociale. Et l´une de ces valeurs veut qu´on ne laisse pas désespérer ses propres enfants, et surtout ceux qui, de leur naissance ou de par leur humilité, ne sont pas nés avec la richesse et la facilité au berceau. Par principe d´équivalence et de respect social, car un Etat, une société qui ne sait plus protéger ses faibles, ses malades, ses invalides…devient irréversiblement inhumain.
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
26 octobre 2006
L´affaire Murat Kurnaz accroît le malaise social allemand
Des faits sociaux dispersés ou des signes profonds de turbulents changements ?
Des signes avant coureurs d´une nouvelle Allemagne ?
Ce n´est pas seulement le remous de la crise économique qui met les anciennes structures sociales allemandes en gestation avec ses désagréables composantes de chômage, de nouvelle pauvreté, de montée remarquée du racisme et du radicalisme de droite, surtout à l´Est ; mais aussi, et c´est depuis l´affaire El Masri, une suite continue de révélations, de scandale financiers tels que celui de BenQ, ou encore ceux des corruptions françaises aux firmes allemandes de l´industrie automobile, du lobbysme secret de parlementaires discrètement honorés pour défendre des intérêts de grandes firmes allemandes au détriment de certaines dispositions ou projet de loi ayant pour but de défendre l´intérêt communautaire. Et pendant ce temps, la dette publique effrayante du gouvernement fédéral, autant que celle des pays et des villes courraient dangereusement. Berlin qui avait essayé de faire porter le poids de sa dette (qui s´élevait à 69 milliards €) solidairement par le gouvernement fédéral, ou du moins forcer juridiquement son asistance, s´est vue rabrouée par la Cour constitutionnelle en se laissant dire que celui qui occasionnait des dettes et vivait au dessus de ses moyens devait apprendre à se modérer et payer ses dettes lui-même; après tout c´est lui qui en avait joui. Qui aurait douté de ce verdict ? Y avoir encouru semblait bien osé. Ce n´était pas le seul pays allemand logé à l´enseigne de l´endettement étouffant. Loin de là.
Tout cela, étalé sur un tissu chatouilleux de chiffres sociaux indiquant un croissant manque à gagner qu´on cachait avec des programmes d´emploi à 1€ qui, pour effectifs soient-ils, ne permettaient ni de sortir du chômage, ni de régler l´écumeux problème des caisses de pensions détroussées par une réunification bâclée, ruineuse et une démographie négative. Rien ne semblait, malgré les ambitions actuelles de la grande coalition SPD – CDU/CSU conduite par Angela Merkel et succédant depuis septembre 2005 à celle de la SPD – Les Verts de Gerhard Schröder, régler par des réformes consistantes, mouler la société dans un concept consistant. Bien au contraire, tout semblait effleuré et provisoirement emballé dans un provisoire dansant entre la nécessité d´agir, et l´incapacité de conclure faute de pouvoir influer directement sur les paramètres évolutifs des choses. On espérait vivement que l´amer pilule de l´augmentation de la Taxe Sur la Valeur ajoutée (de 16 à 19%) dès le 1er janvier 2007 allait apporter, avec un frais flux de revenu à l´Etat, un allègement de ses obligations, et ce faisant, disperser les brumes qui entravaient un assainissement organisé des finances publiques allemandes. Le temps ferait le reste sous, bien entendu l´assiduité et l´innovation créative industrielle allemande. Pourvu que les clients internationaux ne se refroidissent pas…La première puissance économique européenne serait-elle malade d´elle-même ?
C´est donc dans ce remue ménage social que l´affaire Murat Kurnaz tombe comme un cheveu dans une soupe plutôt embrouillée. Ce qui la différencie de l´affaire El Masri qui fut aussi enlevé par la CIA américaine, c´est que pour Murat, l´administration américaine proposa à l´Allemagne en 2002 de libérer leur prisonnier. L´Allemagne s´y refusa ou ignora volontairement l´offre. Pourquoi ? Après tout, si les américains proposaient eux-mêmes cette libération, c´est qu´ils furent, après une année de détention, convaincus de l´innocence de leur détenu. Pourquoi le gouvernement Schröder se refusa-t-il à faire libérer un innocent qui dut alors séjourner 4 ans à Guantanamo dans un état des plus abusif des moindres droits civils et humains universellement reconnus ? Par ailleurs, malgré toutes les tentatives d´étouffement, il est acquis que des agents de la KSK (unité spéciale de combat) a molesté et torturé Murat lors d´interrogatoires. Le gouvernement allemand avait cependant toujours affirmé qu´aucun service allemand n´était impliqué ni dans les arrestations illégales, ni dans les interrogatoires inhumains.
Maître Docke Bernhard, l´avocat allemand de Murat a avoué qu´il avait été profondément choqué par le non droit dans lequel son client et bien d´autres prisonniers avaient été illégalement détenus. Ce juriste qui n´était pourtant pas un novice pour avoir défendu la RAF en son temps et fait son apprentissage de Droit International à l´ONU. Il fut cependant renversé par le mur injurieux du déni de droit élevé par l´administration Bush et devant lequel le monde entier, en complicités diverses, aveugles ou sourdes, semblait tolérer. Il eut à l´égard d´associations américaines de lutte pour les droits humains, une agréable surprises car celles-ci participèrent, acharnées à ces côtés pour faire valoir les droits de libération de son client. Une consolation remarquable dans un monde inversé dans lequel, dira-t-il, tout son savoir de juriste n´avait plus aucune valeur.
Et lentement, mais sûrement, on se demandait si le gouvernement de Schröder, à l´époque, n´avait pas refusé ou oublié (ce qui revient au même) d´exiger la libération de Murat Kurnaz en ignorant la donne américaine parce que ce jeune allemand de 19 ans apprenti en constructions navales était originaire de la Turquie ? Allemands à part entière et allemands entièrement à part ? Désagréable question qui mettait tout le monde mal à l´aise. Une preuve de racisme institutionnel ? Indigeste constatation que les députés du Bundestag, en instaurant une commission d´enquête législative, voulaient, entre autre lever. Mais dans une Allemagne où le racisme et l´antisémitisme devenaient de jour en jour inquiétant, on se demandait si ceci représentait cela ou vice versa. Le malaise, lui, cependant persistait. Et comme un exemple typologique de la société allemande qui, actuellement ne savait plus à quoi s´en tenir, battait le pavé indécis. Pour la premières fois depuis la fin de la guerre, le samedi 21.10.2006, une manifestation de plus de 200.000 personnes dans les grandes villes allemandes s´éleva contre…la nouvelle pauvreté ! Et contre un pouvoir politique qui ne semblait pas apporter solutions aux problèmes imminents du chômage et de la détérioration des revenus des petites gens. Et personne n´était plus aveugle pour ne pas comprendre que les 1€ jobs qui affluaient dans la société, et auxquels des désespérés s´accrochaient, n´étaient rien d´autre qu´illusions statistiques : trop peu pour vivre, assez pour ne pas désespérer. Et qu´ils ne constituaient qu´un boomerang avec lequel, complice ou pas, le gouvernement assistait vicieusement à l´enrichissement des sociétés privées et mêmes publiques qui s´empressaient d´autant mieux à licencier pour profiter de cette manne gratuite. Ce qui équivalait à une traîtresse baisse considérable du salaire réel. Or le chauffage, l´électricité, les frais existentiels courants, eux, augmentaient inexorablement. Et cette pension qui aujourd´hui se contentait de salaire de misère, à quoi ressemblerait-elle, demain lorsque le citoyen, affaibli par l´âge, ne saurait plus changer quoi que ce soit à son rendement et ses ambitions ?
En réalité, c´est toute l´Europe qui était aux prises avec les contradictions et les paradoxes d´un système économique et social pris à sa propre impasse. Et curieusement, faute d´accepter l´évidence et d´opérer le changement, un réflexe bêtement conservateur poussait les élites battues à leur propre salade à s´accrocher, dans cette détresse ouverte, à l´eau, plutôt qu´à une bouée de sauvetage. Murat, dans cette affaire, n´est qu´une victime parmi d´autres ; une cependant qui accuse un mal qui, dans des sociétés soit disant démocratiques et respectueuses de la liberté, n´aurait pas dû arriver. 5 ans d´emprisonnement gratuit et un shake hands d´excuse seulement parce qu´on était musulman et qu´on se trouvait par hasard en vacances en Afghanistan…il faut le faire. Cela fait mal, et pas seulement à lui ; mais aussi à tous ceux qui aiment ou défendent la liberté. Demain, le monde sera-t-il meilleur ? Si on se bat pour changer les choses, oui ; sinon…
Musengeshi Katata
Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu
25 octobre 2006
Etrange évasion de 14 prisonniers politiques à Kinshasa
Kanambé alias Kabila cherche t-il à fuir le débat télévisé face à Jean Pierre Bemba ?
Un débat fort attendu parce qu´ouvrant sur la victoire Bemba ?
Dans la nuit de lundi 23 octobre 2006 à mardi 24 octobre 2006, des prisonniers, tous militaires, se sont évadés de la prison centrale de Kinshasa. De source pénitentiaire, il n’y a pas eu effraction, ni violence entre les gardiens de prison et leurs hôtes. Un gardien de prison qui a requis l’anonymat raconte que ce sont des soldats de la garde présidentielle la GSSP qui seraient auteurs de cette évasion. Ils avaient inverti les alentours de la prison depuis lundi vers 6 heures du matin.
Les prisonniers libérés ont été triés sur le volet, certains furent condamnés dans le procès expéditif de l’assassinat de Laurent Désiré Kabila. De source pénitentiaire, le colonel Eddy Kapend le présumé commanditaire de l’assassinat de LD Kabila figure parmi les évadés, cette information a très vite été démentie par le commandant de la Police et le gouverneur de la Ville de Kinshasa, sans autre précision.
La psychose gagne petit à petit les esprits ; Et, les spécialistes de la politique congolaise trouvent cette affaire très rocambolesque et n’hésitent pas à faire un lien avec le débat télévisé de ce jeudi 26 octobre 2006 qui opposera le président sortant Joseph Kabila et son challenger le vice-président Jean Pierre Bemba, avant l’élection présidentielle du dimanche 29 octobre 2006. Réputé moins instruit par rapport à son rival, Le premier est suspecté de chercher éperdument tous les prétextes sécuritaires non fondés afin de fuir ce face à face historique qui risque d’être fatal pour son image.
La question que tous les Congolais se posent est celle de savoir si le camp de Joseph Kabila peut prendre le risquer de laisser son chef sur le terrain du débat politique en direct, terrain de prédilection de Jean Pierre Bemba ? Dernièrement, des Congolais ont fait circuler un message sur Internet mettant en cause le salaire exorbitant de leur président 450.000 dollars américains net par mois, un vrai record mondial ; Les auteurs de ce message ont conclu après une démonstration mathématique que le QI présidentiel est inversement proportionnel au salaire présidentiel.
Dans ces conditions, le camp de Joseph Kabila a plutôt intérêt à prendre le risque de laisser Joseph Kabila faire preuve de son degré de compétence en tant que présumé diplômé de droit et licencié en relation internationale de « l’Université de Washington », diplôme certifié par la Secrétaire d’Etat américain Condoleeza Rice, et de démontrer son aptitude intellectuelle à comprendre les dossiers complexes qui touchent tous les domaines de l’Etat congolais.
Ce débat doit absolument avoir lieu, la Monuc et l’Eufor doivent rassurer tout le monde. Toute la presse internationale est présente à Kinshasa, et notre envoyé spécial fait état d’une effervescence indescriptible autour de cet événement historique dans le monde des médias congolais. Nous sommes sur notre faim. Affaire à suivre.
Jackson Wilson
Journaliste Indépendant
Washington DC
Lu pour vous
Anja Vanduysen
Forum Réalisance
23 octobre 2006
Occident: le réveil tardif des philosophes ambigus
Tous coupables de fausseté et de fallacieuses prétentions philosophiques ?
Quiconque est pris à assister un délinquant est un délinquant
« Entre la liberté et l´esclavage, il n´y a pas de compromis » P.E.Lumumba
Après avoir suivi et même encouragé les abus de leurs sociétés, ils cherchent aujourd´hui désespérément à se laver de toute responsabilité des faits, des décisions, des courants qui ont, des siècles durant ; et au détriment de toute considération humaine, pavé le monde de crimes et de violentements du plus bas instinct. Et au moment où les africains leur étalent devant les yeux des méfaits inhumains et cruels auxquels leurs sociétés prétendues civilisées s´étaient rendues coupables pendant que eux, qui se prétendaient « philosopher » faire ou enseigner philosophie au sein de leurs sociétés respectives, de cette science supérieure de la dissertations sur les valeurs, l´éthique et la morale de la société, acculés et mis à nu, on les voit aujourd´hui désemparé, et comme Finkielkraut, battre des sentiers insolites, désertés de toute fiabilité. Pénible blâmage. Désastreuse impasse sans issue dans laquelle, conscients (existe-t-il de philosophe inconscient ?) ou pas, coupables ou simplement partisans assourdis ou complices, ils avaient, pour ne parler que de ces 600 dernières années de l´hégémonie occidentale, accompagné leur culture dans la plus vile des domination que l´histoire humaine aie jamais connue.
Parler alors de liberté, de démocratie, de civilisation, de société ou encore de culture humaine dans leurs dissertations étriquées, ne fut-ce pas servir à leurs étudiants, à leurs sociétés et même à leurs propres consciences des demi vérités, des visions écourtées et plutôt subjectivées et orientées non vers la recherche de la pensée supérieure, de l´harmonie ou de l´équilibre humain réalisant, mais bien vers la justification ou la légitimation de l´injustice, de l´abus, de la traîtrise, du meurtre et de la subordination ? De quelle genre de philosophie pouvait-il donc s´agir ? Si elle accompagnait l´esclavagiste, le colonialiste, le francafricain dans ses épopées criminelles et déshumanisantes ? A quel idéal social, intellectuel, culturel se réclamaient donc ces penseurs et chercheurs philosophiques qui, tout en se réclamant du judéo christianisme, laissèrent bafouer les dix commandements, les préceptes sacrés du christianisme ? Dieu était blanc, et à ce titre fermait-il les yeux sur les abus et les manquements à sa propre loi, à sa propre religion ? Parce que les délinquants, les criminels et les assassins de la liberté étaient blancs ? Mais alors, pourquoi vouloir à tout prix exporter cette religion qui, selon toute vraisemblance, n´était réservée qu´aux blancs ? Pour asservir les autres races, les autres cultures ou les soumettre à une fausseté déontologique qui créait et entérinait une injustice fondamentale ? Mais dites donc, ce Dieu, de quel genre de Dieu s´agit-il donc, s´il prescrivait l´injustice et l´exclusion d´emblée à certains de ses enfants ? Curieux Dieu en tout cas.
Laïcité ? Esprit des lois ? Aspirations individuelles et sociales ? Tout à fait d´accord. Mais lorsque l´esprit, comme on le voit aujourd´hui dans l´occident de la crise économique, du chômage, des endettements gratuits, de la surproduction de destination corrompante, n´avait pour résultat social que de privilégier certains et d´exclure petit à petit ceux que la rationalisation renvoyait au pain sec, peut-on parler de société intégrative, à la recherche d´un équilibre supérieur de réalisation ; ou ne s´agissait-il pas que d´une vulgaire projection à domicile de la même idéologie qui écuma les mers jadis et établit de par le monde un système économique et culturel de prédatation ?
Ces philosophes dont on entendait aujourd´hui les cris tardifs ; où étaient-ils donc pendant qu´on faisait projection, qu´on appliquait à la société, au monde cet organigramme intentionnel de basse et primitive logique ? L´un d´eux : Robert Redeker, s´est, dans le Figaro, et comme je m´y attendais de la part de ces messieurs « philosophant », attaqué à l´Islam parce que c´est, quand on manque d´idée, et que de surcroît on est surpris des siècles durant à appartenir à une prétentieuse élite sociale qui, tout en pondant des œufs de pigeon, se croyait être un éléphant ! Après tout, avec le terrorisme fondamental de l´Al Qaida, taper sur eux, c´est satisfaire à l´opinion publique, et se mettre à l´abri de sa propre ambigüité ; à la question : que valez-vous donc, que faisiez-vous pendant tout ce temps, vous qui vous prétendez éclairer la société vers des buts et des moyens supérieurs ? Car, ne l´oublions pas, comme disent les allemands : « Mit gehangen, mit gefangen » ! Ou celui qui accompagne un criminel dans ses turpitudes et ses crimes, est un criminel et doit être jugé comme tel !
Mais voyons plutôt ce que le sieur Robert Redeker disait sous sa plume, ce qui lui a valu, à mon sens sans le moindre droit ou raison évidente, des menaces de mort. L´islam devrait cesser de s´intéresser à des futilités, à ces petites quantités complexées par leur propre légendaire incapacité. Ce sont souvent des gens qui n´ont plus ni idées, ni idéal quelconque ; ils cherchent plutôt à se remettre à la mémoire de faibles d´esprit, d´occidentaux réfléchissants plus avec la haine qu´avec la raison. Car ce monsieur, s´il avait seulement un peu de jugement et d´objectivité, il relirait l´histoire de l´Afrique, et y découvrirait les méfaits ô insalubres et sanglant de sa race et de sa religion. De là à vouloir se couronner en champion des droits des hommes ou sage moral… Avocat, juge et partie pour soi-même, mais critique sournois et juge impitoyable pour les autres ?
Robert Redeker écrivait donc dans le Figaro : "Chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran. (...) Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine. Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran."
Mais monsieur Redeker, pour raison que vous ayez, où se trouvaient donc le judaïsme et le christianisme pendant que 400 ans durant les vôtres en usaient et abusaient en faisant l´esclavage en Afrique ? Pendant qu´ils pillaient, violaient, massacraient et privaient de liberté aux noirs ? Où étaient donc vos saints judéo chrétiens pendant que les européens exterminaient les indiens d´Amérique ? Saviez-vous qu´en 15 années, la France et leurs pairs ont exterminé près de 50 millions d´indiens du pacifique ? Quand on chantait de l´Holocauste qui extermina 8 millions de juifs en cinq ans, ou même des japonais qui exterminèrent 35 millions de chinois de Manchourie en 5 ans, où était donc votre fameux christianisme dont les rites conjurent d´après vous la violence et la délégitime ? N´était-ce pas au nom du christianisme, et avec le consentement de la haute chrétienté que ces crimes ont été commis ? Allons bon, monsieur Redeker qu´est-ce qui vous a donc fait oublier l´Edit de Nantes, et bien entendu sa cause et ses raisons ; ou encore le Code Noir de 1685 et son immonde et inhumain usage en 60 articles ? Saviez-vous qu´à part les poursuites et les pogromes exercés l´histoire durant contre les juifs, ceux-ci accompagnèrent les chrétiens dans toutes leurs épopées criminelle avec gains et loisirs ? De là aujourd´hui à leur offrir la consécration généreuse de l´esprit sain, il faut être ou foncièrement pervers, ou criminellement oublieux. Serait-ce une blague ?
On en voit des choses, de nos jours ; je comprends que les philosophes occidentaux soient dépassés et plutôt salis par leur noire conscience historique ; et parce que le dernier de nègres venant des fins fonds de l´Afrique les mettrait dialectiquement en débandade, mais persister à mentir, à se donner une âme de Saint Sauveur ou à se lancer des fleurs malgré un passé douteux de criminel invétéré, c´est persister dans la médiocrité la plus décadente. Philosophie ? Allons donc, on se trouvait plutôt ici devant des charlatans criminels de grands chemins, rien de plus.
Dans l´Express on sanglotait, au Figaro on se roulait dans la boue en accusant les autres. Jacques Chirac, lui allait en Chine, pour essayer de discuter de l´avenir de l´Afrique avec les chinois, les prochains maîtres du monde. On se demandait si cette nation, après la vente illégale de la Louisiane aux américains, par exemple, et la fin de l´esclavage dans laquelle elle excella (rappelons à toute fin utile que le plus grand négrier français s´appelait : « Les droits de l´homme » !), n´avait pas encore compris, du moins son élite, qu´elle ne devait s´engager que pour elle-même. Que ces tractations immorales sur le compte et l´avenir des autres étaient abaissantes et plutôt criminelles ? Mais voyez-vous, cher monsieur Redeker, c´est à se demander si la politique française à laquelle vous avez enseigné tant et tant d´étudiants, arrivait à comprendre ou à savoir ce que c´est que la liberté ? Surtout si des siècles durant on l´a entretenue avec le sang des autres, comme par exemple en Haïti, au Cameroun avec l´assassinat d´Um Nyobé, au Burkina Faso avec celui de Thomas Sankara ; ou en assistant, complice l´Apartheid. Et cette francafrique qui, avec sa traînée de corruption, de pillage organisé, d´assassinats d´élites, d´étouffement de l´agro industrie africaine par les excédents occidentaux vendus au prix de dumping. Et avoir le toupet d´aller en Chine discuter de l´Afrique, quand on a 600 ans durant ignoré les larmes, les souffrances, l´inhumanité qu´on faisait sciemment subir à ce continent ? Eh, bien…ces chrétiens, toujours des saints ?
Les islamistes, naturellement, sont montés aux barricades ; mais ils oublient qu´ils avaient fait de même pendant 8 siècles en Afrique. Notamment du 7ième au 15ième siècle. Ni l´un, ni l´autre de ces religions ne pouvait ni vanter son Dieu, ni sa religion ; parce que tous, tout en étant absolutistes et totalitaires, s´étaient couverts de crimes sans nom sur toutes les cultures qu´ils rencontrèrent. Aucune trace de tolérance, aucune trace de véritable comportement digne d´une religion élogieuse. Tous des bandits de grands chemins sanguinaires, criminels, pillards, totalitaires et phallocrates. Pour eux les « autres », ce n´étaient que leur jouets, leurs biens, leurs sujets ; s´ils n´étaient pas leur chosification particulière à l´accumulation.
Robert Redeker, cependant, recevra l´aide de collègues tout aussi oublieux, notamment dans le Monde du 2 octobre qui lui a consacré son éditorial, intitulé "Pour Robert Redeker", qui se concluait ainsi : "Pointe extrême de la liberté d'expression, le blasphème ne saurait être lancé sans risque. Mais il ne saurait, en aucun cas, justifier les "fatwas" lancées contre son auteur." Un portrait de Robert Redeker, paru dans Le Monde du 5 octobre, décrivait un homme "qui a toujours été à la marge", un "électron libre entravé". Ce franc-tireur a souvent écrit dans notre rubrique Débats ou dans "Le Monde des livres", pour s'exprimer sur les sujets les plus divers : de l'art moderne à l'obésité, en passant par le sport. Un point de vue iconoclaste sur le baccalauréat, publié dans Le Monde du 20 juillet 1996, lui avait valu d'être exclu du jury de cette épreuve pour avoir outrepassé son devoir de réserve...
Certains de ses collègues, ainsi que bien de lecteurs l´ont ouvertement critiqué, d´autres cependant, comme Jean-Claude Poizat, professeur de philosophie au lycée Jacques-Prévert de Taverny (Val-d'Oise), vole au secours de son confrère. Citant Alexis de Tocqueville, selon lequel "peu de religions (sont) aussi funestes aux hommes que celle de Mahomet", il demande : "Ces lignes ont-elles rien à envier à la tribune de Robert Redeker ? (...) Ne faudrait-il pas, afin d'éviter que la "rue arabo-musulmane" ne se mette en colère, brûler dès aujourd'hui tous les ouvrages de Tocqueville ? On pourrait même étendre le "principe de précaution" à d'autres auteurs. (...) Voltaire, Kant, Hegel et bien d'autres ennemis de la liberté (islamique) de penser pourraient être bannis des médias et des salles de cours..."
Pour ce qui est de l´âme de Jean-Claude Poizat, on ne peut que douter de son objectivité, tant est que les occidentaux cachent bien trop souvent leurs méfaits historiques, mais se donnent abusivement le droit de faire morale et remontrance aux autres ; quant à Alexis de Tocqueville, lui, le citer est une bonne chose, car il dit aussi en 1847 : « Partout nous nous sommes emparés des biens des congrégations religieuses. Nous avons détruit les œuvres caritatives, laissé les écoles en désuétude, dispersé les séminaires de prêtres au vent. Autour de nous les lumières se sont éteintes. Nous avons causé à la société mohammadienne bien plus de pauvreté, bien plus de désordre, bien plus d´ignorance et bien plus de barbarie qu´elle ne l´était avant de nous connaître » (Trad. p 105, Gerd von Paczensky : Weiße Herrschaft : Fisher Taschenbücher, ISBN 3-596-23418-2).
Et puisque beaucoup de ces pseudo philosophes se précipitent ces derniers temps pour se cacher derrière de vieilles figures de proue telles Emmanuel Kant, Voltaire, Hegel ou bien d´autres encore afin de se consoler du dangereux malaise d´impuissance qui montait lentement dans l´âme occidentale : celui d´avoir trompé le monde, et de lui avoir offert, tout en clamant de par tous les chemins et sentiers de l´histoire de civilisation, de liberté, de culture, et même de progrès…rien d´autre qu´un faux, qu´une projection subjective du plus pauvre éclat. On pouvait cependant se demander : où étaient-ils donc tous ces philosophes, pendant qu´on faisait l´esclavage, qu´on pillait violait, assassinait ? Attendaient-ils suavement à domicile qu´on leur rapporta les fruits abondants et juteux de ces crimes afin qu´ils montent en tribune et fassent « Philosophie ? ».
Quand on pense qu´on parlait de philosophes des lumières…Philosophie ? C´est à peine si je n´entend pas les rires moqueurs des africains, et les sanglots faussement blessés des occidentaux. Pourvu que ces arrogants prétentieux ne reviennent pas en Afrique en voulant apprendre à nos enfants ce que c´est que…la liberté ! Et même si nous soutenons que cette liberté est universelle, elle ne doit pas être enseignée à nos enfants par les plus grands faussaires et escrocs de sa définition ou de son contenu !
Musengeshi Katata
Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu
22 octobre 2006
Le Tsar Poutin et ses atouts énergétiques
Prendre le taureau européen par les cornes
Carré d´as pour Poutin et son gaz en Europe
« Dieu me garde de mes amis, mes ennemis je m´en charge »
Napoléon Bonaparte
On se demandait toujours pourquoi Poutin avait-il fait appel à son ami Gerhard Schröder (ex chancelier allemand) au conseil d´administration de sa société étatique la plus puissante : Gazprom. Cette nomination qui souleva jadis un tollé général dans les milieux politiques allemands, a, aujourd´hui où malgré ses multiples avances et proposition de coopération économique, ou même de participation officielle à des projets en mal momentané de succès tels EADS et son A380 aux chiffres de production bâclés et généreusement arrondis. Mais à chacune de ses avances, le président russe a reçu un refus de non recevoir pour les entreprises et les projets classés stratégiques ou liés à la défense de l´Union Européenne. Un secret de polichinelle : l´Union Européenne, comme dans le monde entier et depuis des siècles, voulait avoir accès aux matières premières russes, mais se refusait visiblement à offrir un partenariat économique ouvert à la Russie. De sa part, ayant de justesse paré au coup bas occidental qui visait, sous Jeltzin, à mettre mains basses sur les matières premières russes dans une large solde des sociétés étatiques alors privatisées au prix du pain, Poutin s´est doté d´un char de combat de la plus haute précision de tir pour se frayer le passage en occident : le Gaz.
Et en refusant dernièrement encore en Finlande de signer le Traité européen de la Charte énergétique de 1994 pour offrir à l´Union Européenne les garanties contractuelles auxquelles elle aspirait depuis longtemps, Poutin rendait monnaie sonnante aux européens dont il avait fini par connaître les plans résolus. Tout en faisant semblant d´investir en Russie du bout des doigts, ils cherchaient à tout prix à s´emparer de ce secteur économique russe qui était pour eux, pour l´avenir de l´Europe d´une valeur stratégique sans égal. Aujourd´hui 25% du gaz Russe est consommé en Occident (tendance à la hausse), et lentement, avec la montée industrielle chinoise et indienne au firmament de la production mécanisée, la crainte d´être privé de chauffage en quelque hiver frileux comme ce fut le cas pour l´Ukraine, n´était pas la plus gaie des perspectives. Donnant-donnant, se disait le Tsar moderne russe : sans intégration inconditionnelle en occident, pas de garantie contractuelle. Garanties verbales, oui ; mais pas au delà. Il laissait tomber son masque de jeu, et les atouts qu´il avait sous la main étaient énormes : il n´avait pas seulement que le gaz, il était aussi le plus grand possesseur de réserves pétrolières du monde, et son territoire regorgeait de plus de 30% des richesses en matières premières du monde ! Et c´est avec cet atout en as qu´il allait à une table de jeu européenne où les occidentaux n´ont plus le temps de jouer à l´arnaqueur, parce que la Chine, elle, se trouvait de l´autre côté de la Russie. Pour ainsi dire à ses propres frontières.
Les russes ont toujours été d´excellents joueurs d´échec. Et Poutin semble bien avoir le talent le plus averti en politique de ce jeu royal. Il a mis toute les sociétés énergétiques russes en première ligne de son attaque - défense, et avec des gambits à double lames tranchantes, il ne cache pas son intention qui est de marcher au milieu de l´union européenne en mettant tous ses atouts au service des intérêts de la cause russe. Cela ne semble pas plaire au centralisme capitaliste européen habitué à piller, à escroquer, à corrompre en Afrique, en Australie, en Nouvelle Zélande ou à déjouer comme en Afrique du Sud où une minorité blanche les assurait de l´économie et des matières premières Sud africaines, pendant que la majorité noire trompée n´y voyait que dalle. Cette fois ces européens se trouvaient devant un véritable champion, car son jeu était incontournable. Et le temps jouait pour lui, et contre ses ennemis. Et ce qui rendait le jeu encore plus excitant, était qu´il savait défendre efficacement et énergiquement ses matières premières et ses frontières. Avec ou sans atome, au choix.
Se rappelle-t-on du voyage en Afrique du Tsar Poutin, notamment en Algérie et en Afrique du Sud ? Non seulement il est bon stratège, mais il est aussi visionnaire de l´ensemble de l´échiquier international. Dernièrement il vient d´entreprendre une mécanisation coûteuse de son agriculture ; ce qui la prédestine, dans 3 ans au plus tard, à envahir l´agriculture européenne moribonde et qui ne survivait que grâce à un lourd subventionnisme scandaleux. Penser que chaque vache européenne est subventionnée avec 2€ par jour ! Le sucre bat les records à ce point que tous les industriels véreux emploient le sucre dans leurs produits alimentaires pour profiter du joyeux subventionnisme de l´Union Européenne. Quel monde faux et truqué, n´est-ce pas ; se faire subventionner à domicile à pleine gorge pour aller ensuite avec des prix de dumping déverser ses denrées sur les marchés africains afin de les étouffer. Et pendant ce temps, on fermait ses frontières et élevait des barrières douanières pour empêcher à tout prix l´Afrique de vendre en occident ! Quand on les entendait parler de monde libre, d´économie de marché, de démocratie, de liberté…c´est à peine si on ne pouvait pas sangloter de rires nerveux sous les mensonges les plus sournois et cruels de la culture occidentale. Il n´y avait que les africains qui s´y laissaient tromper, mais pas un Poutin, n´est-ce pas ; lui il avait les moyens d´attendre son heure tout en fourbissant ses armes. L´heure viendra bien, aussi bien que le fromage attire le rat qui a faim.
Et pendant que certaines personnes pensent que le danger ne viendra que de la Chine, Poutin en présentait un qui lui était incontournable. Son grand problème actuel n´est que la moindre motivation de la classe industrielle russe de l´enjeu exact des prochains changements dans le monde. Mais ce n´est pas le talent qui manque à cette société de niveau de connaissance et de technologie de haute performance. A cet exemple on peut se poser la question : l´Afrique, ou un pays africain était-il capable de mener, de conduire ses intérêts en un combat serré et résolu comme le fait par exemple Poutin ? Il faudrait d´abord créer des universités et des écoles qui ne produisent pas seulement des endormis ou des cadres qui placeraient leur fierté à produire, à mettre leur connaissances au service de la société et de la résolution de ses problèmes, plutôt que de s´expatrier à la première occasion venue pour l´étranger. Mais il est vrai aussi qu´il faut les payer, leur donner les moyens de prouver ce qu´ ils savent