Commentaire sur afrikara sur l´article : La Mondialisation capitaliste dans une perspective historique, par Eric Toussaint, CADT

Excellente conclusion, et cependant...

(09 Novembre 2006 22H52)

Ce qui est pervers, ce n´est pas le capitalisme en soi ou le néolibéralisme; ce qui pervertit ces deux politiques économiques, c´est le centralisme et l´hégémonisme de leur accumulation. Et permettez-moi cette remarque pour être non seulement économiste, mais analyste: quand on parle de liberté, et l´économie n´existe que pour libérer l´être humain et la société de ses manques et de son angoisse de réalisation; si celle-ci, au lieu de produire la liberté, diffuse la dépendance et l´oppression, il y a nécessairement perversion. Les africains, par dévoiement, castration ou par aliénation croient toujours qu´il suffit de s´exercer aveuglément sans contrôler qui détient et accumule avec notre exercice de consommation. Ils excellent dans la musique mais ne se demandent pas qui produit leurs instruments; ils construisent des routes sans construire les voitures, ils prennent des titres universitaires sans en dominer l´esprit et le but de la connaissance qu´ils avalent...etc On en arrive au marasme actuel où l´Afrique n´arrive pas à accumuler ou suivre son chemin, parce que ce système le lui refuse avec des moyens des plus sournois. C´est une façon comme une autre de mépriser quelqu´un, et de lui refuser subtilement la liberté, et ce faisant, la réalisation. N´a-t-on pas vu les élites africaines se pavaner en voitures importées financées généreusement par la francafrique ? Les occidentaux, eux, se révolteraient si leurs élites préféraient honorer le travail des étrangers plutôt que de sanctifier le leur. Nous y voilà. Chirac a vendu 150 avions airbus aux chinois; mais ceux-ci ont exigé le montage sur place entre 2010 et 2012. Subtilité économique qui protège les intérêts futurs de travailleurs et techniciens chinois. Les africains, eux achetaient encore aveuglément clé sur porte. On leur vole ainsi leur accumulation sans le moindre chance de retour. Le comprendre, c´est cesser de jouer aux démagogues vides et illuminés. Et pour tous ceux qui rêvaient encore des investissements étrangers, un mot: ceux-ci, centralisés par l´hégémonie occidentale ont des buts précis de protéger ses privilèges et ses priorités, pas nécessairement ceux des africains. Pas du tout. En 600 ans d´esclavage, de colonisation, de francafrique, l´Afrique a investi en occident jusqu´à sa dernière chemise, et remarquez que rien ne revient, sinon beaucoup de vent et de mensonges. Il faut changer de tactique et se libérer d´un moloch qui devient de jour en jour sanguinaire et étouffant. Et la solution existe, n´en déplaise à l´occident; après tout cette culture avait eu 600 ans de temps pour découvrir et exercer un sens de liberté qui donnait une chance à tous. Personne ne peut nous convaincre que l´esclavage a été entreprise dans l´intérêt de la liberté ou de l´homme noir! Cette culture en a abusé par cupidité et par mépris; tant pis pour elle. Nous aussi nous avons des femmes et des enfants qui ont un droit légitime à la liberté et à la réalisation. Et personne ne me convaincra qu´ils n´ont pas payé leur droit à la liberté au prix le plus haut qu´un continent n´a jamais payé pour le mériter. C´est cela qu´il faut comprendre, et imposer. Car selon toute évidence, ces gens ne sont ni disposés, ni intéressé par le respect de notre existence, sinon comme quémandeur et mendiant. Et cela, c´est bas et criminel, au regard de toutes les vicissitudes qu´ils nous avaient fait inhumainement et illégitimement endurer.

Musengeshi Katata.

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu.

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