Ces sanglots sournois qui n´en finissent pas

Il est bien douloureux de descendre de son socle d´illusions

« …Surtout si on s´est couvert la conscience d´injustices et d´horreurs, et qu´on a détruit des valeurs nécessaires à l´existence humaine et à ses profondes ambitions, tout en cautionnant des abus et des crimes dont on aurait pu se passer. »

Commentaire sur Afrikara du 24.11.2006

Je crois qu´il ne faut pas se formaliser des élucubrations d´un Pascal Bruckner ; ses faux sanglots ne cachent en réalité qu´une aigre impuissance devant les tambours irréversibles annonçant la relève chinoise. Et comme son ami Finkielkraut, ces gens se trouvent non seulement devant la fin de leur superbe hégémonique, mais pire : ils se rendent compte que l´Afrique, leur souffre douleur et lieu privilégié de criminalité en tous genres a pris conscience de tous leurs abus, méfaits et crimes qu´ils couvraient et avalisaient trompeusement sous de gros et grasses faussetés de « culture », de « civilisation », de « Droit des hommes », « d´humanité, et de « progrès ». En réalité, toutes ces exactions, au lieu de conduire à une intégration ambitieuse des sociétés et des nations, ne convoyaient qu´un hégémonisme bancal et aveugle centré autour des privilèges et de la préséance du Pouvoir et des intérêts blancs. Et maintenant qu´un recul économique est à l´ordre du jour, ces gens qui mentirent durant des siècles se trouvent devant leurs fausses logiques qu´ils ne peuvent d´une part pas facilement abandonner, et de l´autre, une ancienne dépendance envers l´Afrique qui, lentement mais sûrement leur devient désagréable parce qu´elle témoigne à la fois de leur méchanceté ouverte envers ce continent que par leur mauvaise foi envers l´avenir et la liberté des africains. Les repousser aujourd´hui serait-il juste ? Pas du tout, mais que faire devant le prochain écroulement des économies du Pouvoir Blanc ? Et, après tout, le chômage touchait aussi les occidentaux. Comment leur expliquer, après avoir longtemps soutenu des politiques de discrimination économiques, financières, politiques envers tout le continent noir, qu´il fallait changer de politique, de philosophie du système ? Et cela en pleine crise économique de chômage et d´endettement des pouvoirs publics ? Impensable, personne ne le comprendrait. Mais continuer comme par le passé, cela ne menait qu´à un avenir étroit ; parce que, contrairement à ce que le système avait établi et instauré en logique de principe, ce n´était pas l´Afrique qui avait besoin de l´occident, mais bien le contraire ! Surtout au moment où le Tsunami chinois grondait à l´horizon et grignotait, dans une enjambée empressée, le marché commercial mondial par d´énormes bouchées. Et bientôt il ne tarderait pas, en dragon écrasant à cracher, d´un souffle brûlant balayant ses ennemis son hégémonie insurmontable. Que restera-t-il ce jour-là à la race blanche qui avait d esclavage en colonisation, jusqu´à l´immonde et cruellement sournoise francafrique manqué scandaleusement à la liberté, aux principes démocratiques tout en chantant le contraire ? C´est un peu cela qui blesse ces sieurs Bruckner et Finkielkraut : ils se sont rendus compte de la médiocrité morale et éthique de leur race…et il déjà trop tard pour y remédier, car non seulement l´ennemi était à leurs portes, mais dans le monde entier, la race blanche était, par faiblesse démographique, en train de disparaître. Et même si Israël jouait le musclé et assassinait les palestiniens en les canardant comme des pigeons, dans 30 ans ce seront les arabes qui dirigeront et gouverneront ce pays juif parce que eux, au lieu de jouer au soldat et au salaud, ils ont fait des enfants. Et il n´existe, même avec la Thora, aucun pays qui se passe de citoyens ! L´Allemagne aussi avait reçu sa facture pour avoir, au 20ième siècle entraîné ses soldats dans des guerres aussi ridicules qu´idiotes, parce qu´en réalité, ce pays avait plus besoin de tous les autres pays européens pour survivre, comme il a été formé par des russes, hongrois, bulgares, roumain, espagnols, portugais, suédois, français et autres germains. En 2030 l´Allemagne aurait 60% de retraités, et pour soutenir sa survie économique, les experts conseillaient à l´avenir l´intégration de 1 à 0,5 millions d´immigrants par an !

Pour les africains aujourd´hui, on se demande bien ce qu´ils veulent : est-ce une reconnaissance du court terme tout en sachant que ces occidentaux étaient aux abois, et n´avaient jamais eu l´intention de leur reconnaître ni la liberté, ni les intégrer sinon en tant que roue de charrue ? Il y a une logique respectable dans ce que dit Bruckner, notamment qu´il faut intégrer d´abord ceux qui sont en occident, leur donner de l´emploi, au lieu d´ouvrir les portes toutes grandes pour des gens qui ne trouveront ni logement, ni emploi. Il faut tout de même rester raisonnable et ne pas se perdre dans une dialectique sans pain. Ces occidentaux sont bien liés à leurs intérêts immédiats car, ce qu´ils veulent en réalité, c´est par une immigration sélective, priver l´Afrique de ses meilleurs cerveaux ; ce qui est une façon comme une autre de la condamner à mort. On comprend pourquoi, nous nous opposons diamétralement à toute émigration africaine, mais aussi la fin immédiate de la francafrique, des dictateurs de pacotilles et des élites incapables afin que les cadres africains trouvent chez eux emploi et occupation leur permettant non seulement de servir leur société, mais aussi d´évoluer fructueusement dans leur profession.

A la fin, on se demande si les africains savent ce qu´ils veulent dans le contexte changeant du monde actuel, ou se laissaient-ils, comme par le passé, aveugler par un court terme illusoire et très bientôt vide et sans racine grâce à la montée sensible du racisme en Occident, et à la guerre de l´emploi qui y deviendra de jour en jours serrée. Et devant leurs propres enfant acculés, les occidentaux auront toujours difficile à tolérer les étrangers. Faut pas se faire d´illusion. Toute cette histoire, toute cette problématique est celle d´une chance ratée d´un véritable humanisme sans racisme, sans discrimination et sans complexes ; et pour avoir dominé le monde et eu la chance d´en imposer les principes directeurs, l´occident, qu´on veuille l´accepter ou pas, a failli à tout point de vue. Cette culture n´a ni manqué de talent, ni de créativité, bien au contraire ; mais elle s´est laissée entraînée dans un racisme et une discrimination économico financière scandaleuse envers la race noire, particulièrement. Et c´est ce manque de grandeur démocratique et de générosité face à la liberté qu´elle perdra demain plus d´une plume. Le monde se nourrit au mieux d´entières et pleines vérités appartenant à tous, et pas de demi vérités sentant le renfermé, la discrimination, la fausseté et le mensonge.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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