Les africains: acclamer, admirer, réciter et cependant rester déjoués et incapables ?

Conscience, réalité ; théorie et pratique…

« On nous avait appris à chanter les louanges de Dieu pour nous faire oublier que nous étions des hommes »  Jean Paul Sartre cité par Patrice Lumumba

Commentaire du 25.11.2006 sur Afrikara : A quand la liberté et la réalisation sociohistorique ? 

Nous ne pouvons qu´admirer ces grands ténors africains de leur conscience historique: Mongo Beti et Thomas Sankara, et bien d´autres encore. Mais à force de les acclamer, de ressasser leurs discours ou de les étudier, nous devons cependant nous demander combien ont compris ce qui tourmente et dévore l´Afrique comme un mal incurable ? Acclamer, réciter, admirer et même s´en réclamer; tout le monde sait le faire, même le plus idiot du village. Ce qui fait défaut cependant...est toujours la réalisation pratique ou l´assouvissement de nos attentes, et là...les acclamations ou les faux prétextes sont superflus, car seule la réalité compte. Les africains ne seraient-ils en fait que des peuples d´acclameurs ? Ou auraient-ils aussi une vision réaliste et ambitieuse de leur propre existence; une qui les rattache à leurs racines profondes, à leurs martyrs et à leurs fiers combats ? Ou s´agissait-il d´un faux jeu suiviste et inconscient où chacun faisait le beau comme il le pouvait, quitte à coucher et suivre un courant dont il n´osait pas se détacher ou se libérer ? La liberté a pourtant son prix, et celui-ci devient d´autant lourd qu´on cache ou triche face à ses incontournables vérités. Mongo Beti et Thomas Sankara, eux, comme bien d´autres le savaient…nous aussi ?

Musengeshi Katata.

Muntu wa bantu, Bantu wa Muntu.

munkodinkonko@aol.com