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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

30 novembre 2006

A Riga, l´OTAN sonnait-il un rassemblement enroué ?

En grande pompe pour ne pas laisser entrevoir son impuissance face au changement ?

Symphonie de rappel face à une hégémonie chancelante

Un jour avant l´ouverture de cette conférence de l´OTAN à Riga, les premières limousines chinoises étaient débarquées en Allemagne, à Bremen. Un signe qui en disait long sur les ambitions et les prétentions chinoises : moteur Mitsubishi, laque BMW, prix tout extra compris 23.000 Euros. Une aubaine. Et même si en pays allemand de l´automobile, l´ADAC, organe de critique et d´assurance officialisé on donnait de mauvais points à cette belle chinoise, le malaise n´était plus à cacher : la Chine arrivait à grands pas, et non sans élégance et ambition. Des allemands avertis, cependant, se rappelle des débuts japonais en terre automobile où on traita les véhicules du Soleil Levant de « bouffeur de riz » ou de caisses bridées ; aujourd´hui, cependant, l´ADAC leur accordait les 3 premières places au statistique de voitures les plus sûres ! Certes, s´empressait-on de dire, c´est loin de BMW, de Mercedes, d´Audi, de VW qui venait d´annoncer la construction d´une nouvelle usine complète en Inde…La Chine, oui, on la sous estimait, mais seulement pour ne pas sombrer dans la flemme, car c´était du sérieux : dans dix ans, rira bien qui rira le dernier ; ils aurait fait d´énormes progrès. Ce n´était que le début, un début qui faisait annonce de temps rudes sur le marché industriel international. Et de manque à gagner pour tous ceux qui ne sauraient pas rester accessibles par leurs prix.

Lors de sa conférence de presse, et commentant l´ordre du jour de cette conférence au sommet qui devait rassembler 26 chefs d´Etat, M. Georges Bush la qualifia d´ambitieuse. « Plus de 50.000 soldats de l'OTAN, a-t-il indiqué, assurent la sécurité dans le cadre de 6 missions exécutées dans 3 continents. Ces déploiements montrent que notre alliance reste aussi utile aujourd'hui qu'au plus fort de la guerre froide. Notre alliance défend la liberté et, ce faisant, contribue à renforcer notre sécurité. » Encore militariste malgré ses éclatant déboires en Irak ? Quand cet homme se rendrait-il compte que ses bourdes coûtaient chers à l´Etat américains, et mettaient les valeurs du monde libre en doute ? Sur l´Afghanistan dont on osait parler officiellement parce que c´était le seul but légal de guerre, Georges Bush s´hasarda : « À Riga, nous allons considérer la façon dont notre alliance peut se fonder sur ce que nous avons appris en Afghanistan. Nous continuerons de transformer les forces de l'OTAN et d'améliorer ses moyens d'action de sorte que notre alliance puisse mener à bien ses missions au XXIe siècle. La menace a changé de forme. Nos moyens doivent changer en fonction des menaces si l'on veut que l'OTAN continue d'être utile. » Une armée occidentale qui continuait, sous l´égide américaine, à apprendre…Se rappelait-on du Vietnam, ou les élèves étaient réfractaires á l´expérience pourtant douloureuse de jadis ? Mission ? De quelle église s´agissait-il, si ceux qu´on agressait ou détruisait les pays étaient musulmans ?

En réponse à des questions de la presse au sujet de l'Irak et de ses relations avec ses voisins, l'Iran et la Syrie, le président a déclaré : « Le gouvernement irakien est un gouvernement souverain qui est capable de s'occuper de sa politique étrangère et qui est en train de le faire. Le président irakien l´a dit clairement, et je suis en accord avec lui, que les Iraniens et les Syriens devraient l'aider et non pas déstabiliser cette jeune démocratie. » Là on sentit le souffle démocrate grandissant au Congrès americain, parce que tous les prétextes mensongers ayant servis à envahir l´Irak ne tenaient plus. Et même celui de déloger un dictateur ne justifiait pas le massacre illégal de 150.000 irakiens, le violentement des droits et de la souveraineté de ce pays Indépendant et membre reconnu de l´ONU. Combien de dictateurs l´Amérique n´avait-elle pas supporté, armé et entretenu au cours de sa jeune histoire ? Perron, Duvalier, Mobutu, et même Saddam Hussein avant son invasion du Koweït. Avec de tristes s tels que Berlusconi tous les occidentaux avaient eu beau grincer les dents, mais personne n´éleva la voix ; quant à Putin, ce qu´il faisait en pays tchétchènes n´était pas de idéal démocratique. Pourquoi cette différence de considération ? Parce qu´on avait besoin d´eux, parce qu´ils étaient puissants, ou parce que tout simplement on appliquait le vieux principe très américain :  « C´est un salaud, mais c´est notre salaud » ? La démocratie à double visage et quatre queues ?

L´Allemagne, cependant, ainsi par ailleurs que la France se refuseront à augmenter leurs effectifs militaires en Afghanistan ; quand à se laisser dépêcher de gauche à droite, tout cela serait, en temps voulu, apprécié. Les américains verraient bien les allemands s´engager dans le Sud afghan très combattu, et où les pertes américaines, anglaises, canadiennes croissaient dangereusement. Chacun sa tâche, arguaient les allemands qui étaient arrivés, avec patience et moins de militarisme démonstratif et arrogant, à désamorcer l´antagonisme de leur présence en terre étrangère afghane. Résultat ? On s´y battait moins ; on y travaillait plutôt à l´infrastructure, aux écoles, à encourager une vie sociale qui avait une priorité immense, si la paix devait être la vraie victoire sociale. Angela Merkel ira plus loin : elle estime que pour réussir la paix en Afghanistan, pacifier ce pays en l´aidant à s´opposer au retour des Talibans, la reconstruction économique, sociale ne devait pas être négligée, parce qu´elle était la clé de l´avenir démocratique responsable. Pour la France, pour laquelle l´invasion irakienne était restée sur la gorge, se laisser, chaque fois que les américains s´embourbent ou se couvrent de ridicule, à suivre leurs appels de fausses détresse, c´est risquer de porter des responsabilités et une réputation bradées. Communautarisme et unité, certes, mais chacun son propre merdier.

A l´opéra de Riga, en salle comble et démonstrative, Georges Bush tint à montrer à l´extérieur, surtout à la Chine, que le monde occidental était puissant, et que lui, Georges Bush n´était pas une dinde boiteuse. Malgré le contrôle résolu de son Sénat démocrate. Ce dernier lui avait recommandé d´encourager la prochaine entrée à l´OTAN de l'Albanie, la Croatie, la Géorgie et la Macédoine. S´agrandir pour lutter contre le croissant sentiment d´impuissance face à la Chine et l´Inde ? L´occident, depuis 600 ans semblait pourtant oublier que le monde entier avait été sous sa tutelle, ce qui ne l´avait pas encouragé á développer une autre philosophie de la liberté que celle qui reproduisait et privilégiait ses intérêts et son système hégémonique. En serait-elle, aujourd´hui où la Chine et l´Inde sortait de son joug, arrivé à une meilleure philosophie de la coexistence ? La liberté, la démocratie, l´obédience économico financières deviendraient-elles plus…décentralisées ? N´avait-on pas plutôt l´impression qu´en face de l´ouragan, les alliés complices d´hier se serraient les coudes et persistaient au lieu de démocratiser et de libéraliser les moyens de production ?

Inévitablement, tous ceux qui savent réfléchir et compter le savent : le centre économique, culturel, financier du monde va se déplacer vers Pékin. Et le courant politique que la Chine donnera au monde sera impératif, et quasi incontournable. N´était-ce pas le moment de sortir de son étroitesse de conception et d´esprit afin que ce changement, même s´il se faisait avec les mêmes armes économiques, financiers, militaires soit profitable à tous ? Ou sous estimait-on encore que les fils du pays du jade ne seraient pas à même de dominer le monde au point de s´imposer sans conteste ? Certes, il est dur de reculer, de se restreindre ; surtout si pendant 600 ans on s´est permis tous les abus et excès sous les prétextes les plus aventuriers de faire la liberté des autres tout en les contraignant à la soumission. Mais ce qui ferait encore plus mal, et ce sera le cas, c´est de savoir qu´après autant de créativité, d´élégance et de pompe, la culture occidentale ne sera, au plus tard dans 30 ans, qu´une culture de seconde main. Et ce n´est pas parce qu´elle a failli ou qu´elle a manqué de dynamisme ou d´intelligence ; mais bien parce qu´au lieu d´offrir au monde une liberté belle et propre, elle ne se sera contentée que d´agiter des drapeaux, d´institutionnaliser des pratiques, des privilèges qui ne menaient tous qu´à…sa propre projection ! La liberté, cependant, exigeait que chacun, que chaque culture, chaque société s´épanouisse et y verse le cri généreux de son excellence. Un cri fait de respect des autres, de la tolérance, et de la confiance en une justice et une paix humaine de valeurs certes exigeantes, mais inconditionnellement valables pour tous. Sans discrimination, racisme, déni de droit ou de liberté. Un monde parfait, impossible ? Pas du tout, car il suffisait seulement de ne jamais encourager ou entériner le mal quel qu´il soit, mais d´aimer et d´encenser le bien et ses valeurs. Car on ne fait pas de liberté, ni de démocratie en cautionnant l´injustice, le crime ou l´abus de droit.

Espérons, espérons sincèrement que la Chine nous apportera cette pierre précieuse qui nous permette de construire un havre humain qui soigne nos blessures passées, et nous donne la force, le courage d´aimer et d´envisager un monde moins faux, moins sournois. Un monde pour lequel nos enfants pourront dire avec fierté : de haut en bas de son histoire et de celui de mes larmes et de mon espérance, c´est ma chère et tendre Patrie ! Et cela pour n´importe quel enfant de cette terre précieuse et inégalable.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

   

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28 novembre 2006

Le Pape Bénédicte de visite en Turquie

Après le bâton, la carotte ; ou est-ce la réparation d´un rappel dérangeant de vérités ?

Après la gifle, l´empressement à en atténuer l´antagonisme ?

Beaucoup pensent que le Pape Bénédicte, par son voyage en Turquie ce 28 novembre 2006, veut réparer les pots cassés de ses citations byzantines. Et ils n´auraient pas tort ; et pourtant, ce n´était pas tout. Non seulement la Turquie était adulée par l´Union Européenne par sa position de tampon entre l´Europe et les pays arabes, mais aussi par des faits culturels et historiques peu connus du grand public. A savoir, par exemple que la langue européenne aujourd´hui parlée en Europe est issue d´Anatolie, en Turquie ! Par ailleurs, ce sont les turques qui amenèrent, pendant que les occidentaux se chaussaient de godilles en bois pour éviter de marcher dans les rues sur les déversements désagréables des pots de chambre sur les chaussées publiques, les toilettes et l´emploi de fosses sceptiques à l´Europe avec la conquête d´Atatürk.

Mais ce n´est pas tout, il y a eu, dans l´histoire de l´ancien empire Ottoman des alliances d´intérêts, de politique, et même d´ambitions qui, bien après l´écroulement et la dislocation de l´empire Ottoman, restèrent affiliées à des buts de grandeur. L´empire Ottoman fit commerce, employa et vendit le plus d´esclaves africains aux occidentaux que tout autre nation arabe, et ceci bien avant le 15ième siècle. Plus tard, lorsque les occidentaux se mirent eux-mêmes à l´épuisement volontaire de cet immonde mais fructueux commerce, les arabes, en entremetteurs, les y aidèrent précieusement parce qu´ils avaient les marchés de Zanzibar, du Jemen, de Djenné, et avaient, mieux que quiconque, établi en Afrique des tissus étroits de comptoirs et de complicités dévouées autour de l´islam et de son invasion en Afrique depuis le 7ième et 8ième siècle.

Les affinités euro-turques, on les retrouvait aussi face à la violence et le manque d´humanisme avec lequel ils s´en prirent à leurs ennemis religieux ou supposés comme tels : pour les européens ce fut la persécution séculaire juive avec son apogée pendant la deuxième guerre mondiale ; pour les turques, ce fut, en 1915 le génocide arménien par lequel les deux tiers de la population arménienne fut exterminée. Et la France qui a dernièrement remis ce génocide à l´interdit de méconnaissance le fait bien, pour éviter qu´une Turquie prétentieuse et jusqu´auboutiste n´en vienne trop facilement à se dorer des lauriers de démocratie ou de tolérance sans avoir eu à accepter ou à reconnaître ses erreurs. Et c´est bien ainsi, même si cette initiative française ne trouve pas l´agrément du gouvernement turque actuel, et même de la majorité de sa population.

Le flirt actuel entre européens, occidentaux et la Turquie ne s´amplifie que de plus en plus que l´occident, acculé par sa saturation économique interne, cherche désespérément à envahir le monde islamique qui s´est, jusqu´alors, montré inséparable de ses fondements islamiques. Et quand bien même la rationalité et le modernisme frappaient à leurs portes, l´islam restait le centre, la plaque tournante de la vie de tous les pays arabes. Même au Liban où les chrétiens avaient une grande influence sur l´avenir de ce pays, l´Hezbollah était parvenue à rester, pour tous les libanais, la seule force sociale, politique et militaire respectable et capable d´unir, et défendre l´idéal social partagé. Peut-être un véritable lieu de démocratisation de l´islam, en ce que cette religion apprenait enfin à soutenir et défendre une coexistence qui était à la fois de l´islam et du christianisme ; c´est à dire, au fait : une vision laïque et tolérante de la vie sociale. C´est d´ailleurs pourquoi on se demandait : qu´est-ce qui a diable poussé les israéliens à détruire cette société ponctuellement tous les dix ans, pour l´empêcher de réussir ; de montrer ce qu´Israël n´acceptait ou n´arrivait à concevoir que sous son hégémonie économique et religieuse absolue ? Ceci poussait à cette évidente conclusion : c´est en réalité Israël qui torpillait la paix au Moyen Orient, parce qu´elle craignait y perdre son exclusivité et sa superbe, en sombrant dans le nombre arabe dominant. Mais, de quoi parlons-nous ; Georges Bush n´a-t-il pas détruit la paix en société irakienne par des prétextes aussi fallacieux que gratuits ? Et ceci devant le monde entier et le peuple américain trompé et contraint à supporter cet abus criant de suprématie militaire ?

La Turquie, elle, de par sa promiscuité à l´Europe, a non seulement profité des investissements de ses ouvriers immigrés que de ceux de sociétés européennes attirées par le profit des coûts de production largement profitables. Et malgré un certains flegmatisme bien islamique, ce pays accusait actuellement une croissance économique respectable, et une organisation sociale de jour en jour plus moderne. Et même si la promesse qui lui avait été faite il y a de cela 40 ans pour faire partie un jour de l´Union Européenne était plus formelle que sincère, de jour en jour il devenait évident que ce partenariat, ainsi que sa valeur pour l´Europe devenait importante. Même si les giscardiens et les radicaux de droite en Europe se répugnaient à l´idée d´un Etat Turque à 90% islamique entrant dans l´Union avec une population de 70 millions d´habitants ! D´un point de vue économique, stratégique, cet allié, même indésirable en famille chrétienne, restait non sans intérêt. Mais comment dit encore le sage juif commerçant ? Pourquoi acheter une vache entière quand on n´a besoin que d´un litre de lait ?

Le Pape Bénédicte ou Benoît, si on veut, joue, après sa gifle à l´Islam, bien sûr du bâton et de la carotte : car il s´agit bien de garder au chaud un partenaire fort courtisé par le capitalisme occidental. Et ce que beaucoup n´ont pas compris : il utilise un moyen psychologique des plus efficace pour contraindre l´adversaire d´accepter le soufflet, quitte à s´excuser plus tard ; ce qui crée inévitablement une relation psychologique douteuse. Pourquoi ne pas avoir retenu sa langue auparavant ? Parce qu´il s´agissait, bien sûr de repousser son adversaire dans ses petites chaussures, de faire la différence…quitte à chercher plus tard le dialogue ! On a même entendu le Pape Bénédicte dire, à son allocution d´arrivée, que les chrétiens et les islamistes croyaient au même Dieu ! Ce qui supposait qu´il n´y avait qu´un seul Dieu pour tous, et que seuls les sentiers qui menaient à sa magnanimité étaient différentes. Depuis quand l´église catholique étaient-elle, dans ses deux milles ans d´histoire tumultueuse, plus intolérante et sanguinaire qu´illuminée par cette céleste vérité, arrivée à cette sage conclusion ? Cela devait intéresser les africains que ces deux religions, du 8ième au 20ième siècle, vendirent à l´esclavage en prétextant que seules leurs religions étaient les bonnes, et aujourd´hui encore vouaient ce continent à la domination et à l´hégémonie religieuse chrétienne ou islamique. S´il s´agissait d´une véritable confession religieuse, il vaudrait mieux la faire publiquement, au lieu d´aller la chuchoter à Ankara, pour établir un dialogue endormant en temps de fondamentalisme islamique gênant et coûteux, et de crise économique de saturation vouant à l´impasse l´hégémonisme occidental dépassé et à court d´idées pendant que la Chine, elle, inexorablement battait son fer chaud pour une relève inévitable.

L´histoire humaine des faits, des ambitions humaines, de la coexistence et de la philosophie de la liberté, on peut l´interpréter comme on veut, la manipuler comme on peut de nos jours ; ce qui est cependant difficile, si pas impossible, c´est de transformer un passé criminel en sainteté d´innocence et de vertu. Ceux qui veulent aujourd´hui abreuver les autres du christianisme ou de l´islam oublient trop souvent le passé tortueux et douteux de ces religions. A les entendre, ce sont tous des saints pleins de bonne volonté et de pieuse foi ; c´est souvent à se demander : mais qui donc assassinait, torturait, pillait et prenait en esclavage jadis ? Etat-ce au nom du même Dieu, au nom de la même religion ? Si oui, qu´est-ce qui avait aujourd´hui changé ? Les croyants ? Mais ces croyants n´avaient-ils pas été nourris par les erreurs d´interprétation et d´imposition passée de la foi divine ? Croire au christianisme et envahir fallacieusement l´Irak, cela ne nous faisait-il pas penser qu´en réalité, certains êtres humains n´avaient pas changé, surtout si, peu avant cette honteuse invasion, le président américains visita démonstrativement le Pape Jean Paul II ?

Il serait peut-être temps que les êtres humains cessent de croire aveuglement à des slogans, des politiques, des préceptes ou des principes derrière lesquels, quelque soit leur justesse, leur grandeur humaine, ceux-ci prêtent à certains esprits retors et primitifs des repaires institutionnalisés pour toutes leurs bassesses. Et ainsi, tout en croyant nous trouver devant des gens conscients et responsables, ce ne sont pas seulement des charlatans criminels et sans cœur auxquels nous devons nous soumettre, mais des intérêts douteux et malveillants qui, au lieu d´être généreux et tolérants, détruisent en nous, dans notre société des valeurs irremplaçables dont notre avenir, nos enfants, la coexistence universelle ne peuvent se passer, au risque de retourner, malgré nos apparences convaincues de modernité, à une période humaine de blessante et injurieuse animalité. Mais ici, il ne s´agit plus de croire, mais bien de veiller à ce que la foi reste ce qu´elle est : pure, saine, généreuse et belle pour tous indistinctement de race, de langue, de religion, d´opinion politique. Et c´est plus une question d´hommes et de femmes de bonne foi ; de leurs dons à aimer et défendre des buts supérieurs, que de Dieu. Parce que lui est parfait, pas l´être humain. Et lorsqu´il parle au nom de la divinité, mieux vaut s´assurer de sa sincérité, de la grandeur de sa vision sociale et humaine, et de la pureté morale et éthique de sa voix. Sinon… Tolérance et liberté nous seraient toujours servis en fausses valeurs écourtées et vides.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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25 novembre 2006

Ces ancêtres, ces aînés qui se battirent pour nous

Les africains: acclamer, admirer, réciter et cependant rester déjoués et incapables ?

Conscience, réalité ; théorie et pratique…

« On nous avait appris à chanter les louanges de Dieu pour nous faire oublier que nous étions des hommes »  Jean Paul Sartre cité par Patrice Lumumba

Commentaire du 25.11.2006 sur Afrikara : A quand la liberté et la réalisation sociohistorique ? 

Nous ne pouvons qu´admirer ces grands ténors africains de leur conscience historique: Mongo Beti et Thomas Sankara, et bien d´autres encore. Mais à force de les acclamer, de ressasser leurs discours ou de les étudier, nous devons cependant nous demander combien ont compris ce qui tourmente et dévore l´Afrique comme un mal incurable ? Acclamer, réciter, admirer et même s´en réclamer; tout le monde sait le faire, même le plus idiot du village. Ce qui fait défaut cependant...est toujours la réalisation pratique ou l´assouvissement de nos attentes, et là...les acclamations ou les faux prétextes sont superflus, car seule la réalité compte. Les africains ne seraient-ils en fait que des peuples d´acclameurs ? Ou auraient-ils aussi une vision réaliste et ambitieuse de leur propre existence; une qui les rattache à leurs racines profondes, à leurs martyrs et à leurs fiers combats ? Ou s´agissait-il d´un faux jeu suiviste et inconscient où chacun faisait le beau comme il le pouvait, quitte à coucher et suivre un courant dont il n´osait pas se détacher ou se libérer ? La liberté a pourtant son prix, et celui-ci devient d´autant lourd qu´on cache ou triche face à ses incontournables vérités. Mongo Beti et Thomas Sankara, eux, comme bien d´autres le savaient…nous aussi ?

Musengeshi Katata.

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24 novembre 2006

Pascal Bruckner, Finkielkraut and Co

Ces sanglots sournois qui n´en finissent pas

Il est bien douloureux de descendre de son socle d´illusions

« …Surtout si on s´est couvert la conscience d´injustices et d´horreurs, et qu´on a détruit des valeurs nécessaires à l´existence humaine et à ses profondes ambitions, tout en cautionnant des abus et des crimes dont on aurait pu se passer. »

Commentaire sur Afrikara du 24.11.2006

Je crois qu´il ne faut pas se formaliser des élucubrations d´un Pascal Bruckner ; ses faux sanglots ne cachent en réalité qu´une aigre impuissance devant les tambours irréversibles annonçant la relève chinoise. Et comme son ami Finkielkraut, ces gens se trouvent non seulement devant la fin de leur superbe hégémonique, mais pire : ils se rendent compte que l´Afrique, leur souffre douleur et lieu privilégié de criminalité en tous genres a pris conscience de tous leurs abus, méfaits et crimes qu´ils couvraient et avalisaient trompeusement sous de gros et grasses faussetés de « culture », de « civilisation », de « Droit des hommes », « d´humanité, et de « progrès ». En réalité, toutes ces exactions, au lieu de conduire à une intégration ambitieuse des sociétés et des nations, ne convoyaient qu´un hégémonisme bancal et aveugle centré autour des privilèges et de la préséance du Pouvoir et des intérêts blancs. Et maintenant qu´un recul économique est à l´ordre du jour, ces gens qui mentirent durant des siècles se trouvent devant leurs fausses logiques qu´ils ne peuvent d´une part pas facilement abandonner, et de l´autre, une ancienne dépendance envers l´Afrique qui, lentement mais sûrement leur devient désagréable parce qu´elle témoigne à la fois de leur méchanceté ouverte envers ce continent que par leur mauvaise foi envers l´avenir et la liberté des africains. Les repousser aujourd´hui serait-il juste ? Pas du tout, mais que faire devant le prochain écroulement des économies du Pouvoir Blanc ? Et, après tout, le chômage touchait aussi les occidentaux. Comment leur expliquer, après avoir longtemps soutenu des politiques de discrimination économiques, financières, politiques envers tout le continent noir, qu´il fallait changer de politique, de philosophie du système ? Et cela en pleine crise économique de chômage et d´endettement des pouvoirs publics ? Impensable, personne ne le comprendrait. Mais continuer comme par le passé, cela ne menait qu´à un avenir étroit ; parce que, contrairement à ce que le système avait établi et instauré en logique de principe, ce n´était pas l´Afrique qui avait besoin de l´occident, mais bien le contraire ! Surtout au moment où le Tsunami chinois grondait à l´horizon et grignotait, dans une enjambée empressée, le marché commercial mondial par d´énormes bouchées. Et bientôt il ne tarderait pas, en dragon écrasant à cracher, d´un souffle brûlant balayant ses ennemis son hégémonie insurmontable. Que restera-t-il ce jour-là à la race blanche qui avait d esclavage en colonisation, jusqu´à l´immonde et cruellement sournoise francafrique manqué scandaleusement à la liberté, aux principes démocratiques tout en chantant le contraire ? C´est un peu cela qui blesse ces sieurs Bruckner et Finkielkraut : ils se sont rendus compte de la médiocrité morale et éthique de leur race…et il déjà trop tard pour y remédier, car non seulement l´ennemi était à leurs portes, mais dans le monde entier, la race blanche était, par faiblesse démographique, en train de disparaître. Et même si Israël jouait le musclé et assassinait les palestiniens en les canardant comme des pigeons, dans 30 ans ce seront les arabes qui dirigeront et gouverneront ce pays juif parce que eux, au lieu de jouer au soldat et au salaud, ils ont fait des enfants. Et il n´existe, même avec la Thora, aucun pays qui se passe de citoyens ! L´Allemagne aussi avait reçu sa facture pour avoir, au 20ième siècle entraîné ses soldats dans des guerres aussi ridicules qu´idiotes, parce qu´en réalité, ce pays avait plus besoin de tous les autres pays européens pour survivre, comme il a été formé par des russes, hongrois, bulgares, roumain, espagnols, portugais, suédois, français et autres germains. En 2030 l´Allemagne aurait 60% de retraités, et pour soutenir sa survie économique, les experts conseillaient à l´avenir l´intégration de 1 à 0,5 millions d´immigrants par an !

Pour les africains aujourd´hui, on se demande bien ce qu´ils veulent : est-ce une reconnaissance du court terme tout en sachant que ces occidentaux étaient aux abois, et n´avaient jamais eu l´intention de leur reconnaître ni la liberté, ni les intégrer sinon en tant que roue de charrue ? Il y a une logique respectable dans ce que dit Bruckner, notamment qu´il faut intégrer d´abord ceux qui sont en occident, leur donner de l´emploi, au lieu d´ouvrir les portes toutes grandes pour des gens qui ne trouveront ni logement, ni emploi. Il faut tout de même rester raisonnable et ne pas se perdre dans une dialectique sans pain. Ces occidentaux sont bien liés à leurs intérêts immédiats car, ce qu´ils veulent en réalité, c´est par une immigration sélective, priver l´Afrique de ses meilleurs cerveaux ; ce qui est une façon comme une autre de la condamner à mort. On comprend pourquoi, nous nous opposons diamétralement à toute émigration africaine, mais aussi la fin immédiate de la francafrique, des dictateurs de pacotilles et des élites incapables afin que les cadres africains trouvent chez eux emploi et occupation leur permettant non seulement de servir leur société, mais aussi d´évoluer fructueusement dans leur profession.

A la fin, on se demande si les africains savent ce qu´ils veulent dans le contexte changeant du monde actuel, ou se laissaient-ils, comme par le passé, aveugler par un court terme illusoire et très bientôt vide et sans racine grâce à la montée sensible du racisme en Occident, et à la guerre de l´emploi qui y deviendra de jour en jours serrée. Et devant leurs propres enfant acculés, les occidentaux auront toujours difficile à tolérer les étrangers. Faut pas se faire d´illusion. Toute cette histoire, toute cette problématique est celle d´une chance ratée d´un véritable humanisme sans racisme, sans discrimination et sans complexes ; et pour avoir dominé le monde et eu la chance d´en imposer les principes directeurs, l´occident, qu´on veuille l´accepter ou pas, a failli à tout point de vue. Cette culture n´a ni manqué de talent, ni de créativité, bien au contraire ; mais elle s´est laissée entraînée dans un racisme et une discrimination économico financière scandaleuse envers la race noire, particulièrement. Et c´est ce manque de grandeur démocratique et de générosité face à la liberté qu´elle perdra demain plus d´une plume. Le monde se nourrit au mieux d´entières et pleines vérités appartenant à tous, et pas de demi vérités sentant le renfermé, la discrimination, la fausseté et le mensonge.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

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22 novembre 2006

VW va fermer son usine de Bruxelles

4.000 ouvriers belges perdront ainsi définitivement leurs emplois

Quand la peste économique étrangle son homme

Le conseil d´administration de Volks Wagen en Allemagne a décidé le 21 Novembre 2006 de fermer son usine de production de Golf II à Forest, à Bruxelles. 4.000 des 4.500 employés dans cette usine seront mis au chômage ; les autres, environ 500 continueront à produire la Polo. Cette décision qui avait déjà été annoncée par Peter Hartz en 2004 par laquelle VW se donnait pour objectif d´épargner 30% de ses coûts, a créé un véritable choc de la part des ouvriers concernés. Le gouvernement belge a promis d´intervenir auprès du management de VW. Mais que peut-il obtenir ?

Les décision économiques d´une société par actions ne dépendent jamais de la politique, même si le pays du Niedersachsen y possède une respectable participation. Quand le vin est tiré, il faut le boire…jusqu´à la lie : et ceux qui ne présentaient plus la patte blanche de la rentabilité en subissaient tout simplement les conséquences. La vague de rationalisation qui écumait en occident depuis 2 ans resserrait lentement ses étreintes autour du profit, et centralisait celui-ci autour de ses meilleures options. Les petits pays enclavés parmi de grands pays tels la France, l´Allemagne, la Hollande, la grande Bretagne, verraient bientôt repartir les investisseurs qui avaient élu domicile chez eux lors de la grande époque d´élargissement des marchés pour profiter de hauts niveaux de salaires. Aujourd´hui ces hauts salaires renchérissaient les prix du personnels, et donc le profit final.

Dans un article du 17.11.2004, sous la signature de Daniel Savage et Jules Verboven ; ceux-ci écrivaient notamment, sous le titre : un conflit de dimension européenne : « Volkswagen-Allemagne a poussé le chantage à des hauteurs insoupçonnées: au moins 33.000 emplois devraient disparaître si les 99.000 travailleurs n'approuvent pas une convention collective très élaborée. En Belgique aussi, la direction de VW Forest entend économiser 30%, entre autres en supprimant 200 emplois. Mais ici, les syndicats et les travailleurs s'apprêtent à faire grève. Pour sauver l'emploi et alléger la pression au travail, en embauchant davantage de monde. Parce qu'ils estiment que les gens sont plus importants que les profits. C'est clair: ce qui se passe à VW, tant en Allemagne qu'en Belgique, est d'une importance nationale et même européenne. » (à lire sur http://www.ptb.be/international/article.phtml?section=A1AAABBM&object_id=25229 )

Je dois dire que beaucoup n´ont pas vu venir le train malheureux, par commodité ou par éloignement illusoire de la réalité menaçante. A l´époque, et peut-être pour obtenir des concessions à la baisse des coûts du travail, et pour étudier la réaction des concernés, on parla faussement de 200 licenciements à Forest ; et pourtant, si VW devait réduire d´un tiers son personnel dans toutes ses usines du monde, et économiser ainsi 30 de ses coûts de production, avec un peu de bon sens dans une usine de 5300 ouvriers, la relation avec les 200 menacés aurait dû, à l´époque, tirer la sonnette d´alarme à quiconque connaissant les chiffres effectifs de 33.000 à licencier.

Pour Forest, naturellement, c´est une catastrophe ; et cela ne console pas de savoir que Peter Hartz qui avait mis ce plan de rationalisation au point, et qui était aussi l´auteur de la fameuse réforme sociale Hartz IV en Allemagne était aujourd´hui accusé d´escroquerie et de détournement de fonds au préjudice de VW en 44 cas. Avec quelques amis sous mandat d´arrêt du Conseil d´administration et quelques brésiliennes bien en chair, on leur reproche d´avoir fait « disparaître » plus de 2 millions € lesquels devaient servir à soudoyer quelques sous livreurs ou donneurs de concessions de production. Les procureurs allemands ont du pain sur la planche, actuellement, parce que de grandes sociétés telles Siemens, VW, Mercedes, Eon et autres se sont avérés très créatifs dans leurs intentions de pousser les affaires à bien marcher avec des systèmes d´influences financières occultes et interdites par la loi. Et pour tous ceux qui parlaient de corruption en Afrique et dans le tiers monde, ceci pour leur dire qu´en occident, c´était encore pire, parce que les gens n´étaient ni pauvres, ni poursuivis par une quelconque misère sociale.

Peut-on dissocier la construction en Union Russe d´une Usine VW avec les 33.000 licenciés en Europe de l´Ouest ? Je ne pense pas ; je suis même persuadé que l´un avalise l´autre. Et dans une crise économique de saturation et de prix à la production à réduire pour ouvrir de nouveaux marchés, surtout ceux qui présentent, comme en Chine, en Inde, en Union Russe, une capacité démographique importante directement associée à de bas prix de production et un dynamisme économique prometteur d´un marché primaire croissant. Qu´on le veuille ou non, les petits pays telles que la Belgique, par exemple, n´ayant que 10 millions d´habitants, vont bien en souffrir. Les grandes sociétés étrangères se diront, à la fin : pourquoi ne pas employer les ouvriers chez nous si les ouvriers étrangers ne sont pas moins chers ?  Le gouvernement allemand ne faisait aucune pression pour pousser à ces conclusions, et cependant, lorsque ceux-ci se débattaient, comme en Allemagne avec un chômage de 12% et une montée remarquée de Nazis sur le parterre social, on se demandait s´il n´était pas logique d´aider ce gouvernement à surmonter ces moments difficiles. Depuis quelques années déjà que les sociétés étaient particulièrement privilégiées à l´imposition, il serait peut-être temps de se montrer reconnaissant.

Nos amis belges ne vont pas s´en accommoder, surtout si peu avant Noël ; une telle nouvelle est des plus désagréable. Mais ce sont purement des lois économiques qui gouvernent et régissent les mouvements actuels de lieux de production. Cela va, bien sûr augmenter le chômage et le marasme social en Belgique ; mais ça… ! Tous ceux qui se sont laissés illusionner par le communautarisme européen vont être surpris de constater que celui-ci n´avait aucune familiarité avec les profits privés des sociétés de production qui avaient en ce moment tendance à se déplacer vers l´Est européen pour optimaliser leur profit face à la concurrence accrue sur les marchés mondiaux, et face à l´ouragan chinois, indien qui se prépare et risque de déplacer, d´attirer les centres des marchés de production vers eux. Et à eux deux, ces pays représentaient la moitié de la population du globe !

Ceux qui vont perdre leurs emplois comme en Belgique vont être victimes de leur propre système où le profit est par-dessus tout prépondérant. En France, Sarkozy ne s´était pas gêné à employer les deniers publics pour secourir et sauver Alstom des mains cupides de Siemens, et montra un grand engagement lors de la mainmise de Aventis (allemand) par sa consoeur pharmaceutique française : Sanofi. Rien à dire, ce coup lui valu l´amitié des allemands. Mais au delà de ces deux exemples musclés dans un grand pays, avouons-le ; cette fois, et pour tous ceux qui perdront pied, le déplacement des centres de production vers d´autres cieux risquait de durer bien longtemps, tandis que ces pays ne serviraient plus qu´à la vente et à la réalisation du profit. La question est toujours, même dans le cas de l´Afrique où on le voit clairement : où les marchés restreints de réalisation du profit trouveront-ils, à la longue, leurs revenus si leurs populations étaient gangrenées par le chômage ? Et cela ne changeait à rien de s´accrocher, comme veut l´organiser Louis Michel, aux matières premières des autres ou à leurs enfants ; tout cela était ridicule et plutôt désespéré. Surtout si on ne faisait pas d´enfant ou que ceux qu´on ne savait pas employer ou garantir l´avenir à ceux qu´on avait soi-même fait. Les choses étaient diablement en train de changer ; et l´occident, pour ne pas avoir défendu une philosophie existentielle plus solidaire et moins centraliste et focalisée autour du profit, se mordait lentement les doigts car les assurances sociales déficitaires et endettées avaient l´incidence de renchérir les coûts du travail. Et ce vieillissement des sociétés qui, quoique heureux ou souhaitable, avait cependant des corollaires coûteux en frais médicaux, en coûts de pensions, en perte de rendement, et peut-être d´efficacité… D´un autre côté, l´endettement public adulée par les économies occidentales réduisaient les champs d´intervention sociales du pouvoir public. Il ne restait au tableau que la hausse de l´imposition générale sur la valeur ajoutée comme en Allemagne prochainement pour sauver les meubles. L´impasse économique sans issue ? Changer de système ? Mais le remplacer par quelle version sûre, si l´avenir semblait érodant et incertain dans son estimation ? Et nous n´en étions qu´au début du grand malheur, parce que ni l´Inde, ni la Chine n´avaient encore atteint leur véritable plein industriel. Il va y avoir des pleurs et des grincements de dents, en haute saison. Car il ne s´agira plus seulement de produire à bas prix, pour les pays industrialisés en mesure de le faire ; il s´agira de vendre et d´avoir des clients crédibles et constants. Mais où sont-ils donc, ces clients tant espérés ? Etaient-ce ceux qu´on bombardait à tort en Irak ou au Liban, ou ceux qu´on appauvrissait par manque de réalisme et de réelle vision démocratique depuis des siècles comme les africains ? 

Et nous ne cesserons pas de dire à haute et intelligible voix que la francafrique qu´entretiennent les ex pays colonialistes à l´égard de l´Afrique leur coûtera bientôt bien cher car si hier encore ils pouvaient y vendre des armes et des bibelots de luxe inutiles, y fomenter des troubles et entretenir des dictateurs de pacotilles qui pillaient et massacraient leurs peuples au lieu de les promouvoir, l´Afrique a été appauvrie et vilipendée économiquement d´un sain et utile développement. Ruiné et en mal flagrant d´infrastructure, ce continent ne saura pas exercer ses devoirs internationaux autrement qu´en livrant ses matières premières qu´on consommait à une vitesse honteuse en la payant en monnaie de singe. Car, qui peut encore dire que le dollar restera éternellement la monnaie internationale d´échange ? Et ne perdons pas de vue que les matières premières ne sont pas éternelles ! Ceux qui les avaient achetées, transformé et employées pouvaient toujours, le cas échéant, recycler et réemployer ; mais les autres, ceux qui les avaient bradées ou ceux qui ne savaient plus se les procurer, que feraient-ils s´il n´y avait aucune chance de substitution ? Une raison assurée de futurs conflits militaires… ?

Non sans un parti pris soutenu pour l´Afrique, nous sommes persuadés que l´occident, et particulièrement l´Europe occidentale, se mordent bien volontairement la queue en perpétuant leur politique de mépris et de discrimination envers les africains. Ceux-ci vont bien leur manquer comme client, très bientôt. Mais ce jour-là qu´on ne vienne pas, comme après l´esclavage, la colonisation, ou même la francafrique, à pleurer de grosses larmes de crocodile. Il faut être d´un drôle de cartésianisme pour ne pas comprendre ce qui se passe actuellement…mais ça ; il a bien fallu 400 ans à l´Europe pour se rendre compte que l´esclavage était inhumain, et ce ne fut que grâce à l´augmentation des frais de douane américaine sur les esclaves et l´interdit américain sur cette pratique que les européens, n´ayant plus de preneur, acceptèrent d´abandonner ce commerce qui ne rapportait plus. Attendons donc et voyons voir quand ces occidentaux se rendront comptes qu´ils détruisaient leur propre avenir. Ou viendraient-ils exiger de la Chine, de l´Inde de voir les choses avec plus d´humanisme ? Ne serait-ce pas un peu tard, et plutôt sournois ? Pourvu qu´ils s´y laissent tromper, ces chinois et indiens, mais si eux non plus ne croyaient qu´au profit et à leurs intérêts….

Musengeshi Katata

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21 novembre 2006

Ultimatum américain au gouvernement soudanais

La fraîche majorité des démocrates au Congrès américain se ferait-elle déjà sentir ?

Le ton américain se durcit contre le gouvernement de Khartoum

« Quiconque se réclame de Dieu ne doit jamais oublier ou ignorer une chose fondamentale : que Dieu est tolérant et pluraliste autant pour les races, les langues, que les chemins qui mènent à sa grandeur. Sans cela, tout ce qu´on défend ou clame sous son nom n´est rien d´autre qu´affabulation et mystification.»   Musengeshi Katata

Contre un petit jeu sournois d´actes criminelles tolérés ou mêmes faussement couverts par le gouvernement de Khartoum envers les populations de Darfour, le gouvernement américain vient de lancer un ultimatum : le gouvernement du Soudan avait jusqu´au 1er janvier 2007 pour autoriser une commission des nations Unies coordonnant l´aide, l´assistance et la protection des populations chrétiennes à Darfour. Les soudanais, prétextant leur souveraineté nationale, s´y étaient refusés. Ce toupet qui était qu´un affront des plus arrogant à l´endroit de la communauté internationale, l´était d´autant plus pour l´administration américaine de Georges Bush qui s´était, dans une gaucherie pernicieuse en Irak, couvert de critique ouverte dans le monde arabe. Cela avait entaillé la crédibilité de ce pays au point que le petit Soudan se permit de faire ses petites saloperies contre les populations bantoues en majorité chrétienne de Darfour. Peut-être croyait-on qu´une Amérique affaiblie par l´erreur irakienne ne réagirait pas énergiquement dans un conflit entre arabes islamistes au pouvoir et chrétiens déportés et soumis à toutes les vicissitudes criminelle de la discrimination religieuse. Erreur d´estimation, car depuis que les démocrates sont devenus majoritaires dans les deux chambres du Congrès américain, mettant fin à la dictature bushienne, la politique américaine allait, selon toute évidence, retrouver ses grands principes moraux et éthiques. Ceux que la constitution américaine préconisait.

Rappelons à toute fin utile que dans ce conflit de Darfour 200 mille personnes ont été tuées et 2,5 millions d´êtres humains déportés vers le Sud et soumis à des conditions de vies déplorables et criminelles. Et dans ce conflit sous lequel les familles régnantes saoudi arabiennes jouent un rôle des plus intrigant en soutenant et en finançant volontairement la flambée d´un islamisme dominateur en Afrique. Et tout porte à croire que les pays tel que la Mauritanie y adhéraient aveuglément. Et bien d´un président africain noir a été, par une conversion intéressée à l´islam, remercié par des attentions financières très particulières ou protégé de poursuites judiciaires comme ce fut le cas du dictateur et assassin invétéré Idi Amin Dada de l´Ouganda. Et même si aujourd´hui Kadhafi reconnaissait le swahili, le ouolof et le peul comme des langues dignes d´êtres enseignées dans ses universités, ces tardives attentions culturelles ne pouvaient plus cacher l´histoire islamique destructive et criminelle envers les sociétés et les cultures noires en Afrique du 7ième au 15ième siècles. Et surtout l´esclavage qui y avait été pratiquée avec un mépris et une cruauté toute… islamique. Aujourd´hui encore, que ce soit en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, les séquelles dédaigneuses et discriminantes du passé subsistaient encore, tenaces et confondant. Et ceux qui chantaient et prétendaient à gorge déployée que l´islam était la meilleure religion du monde, devraient s´en instruire et ne pas se laisser enfumer par des mensonges. Et il est bon de se rappeler que l´excision scandaleuse des femmes imposées aux africains noirs envahis et contraints à l´islam, fut conseillée par Mohammed qui se refusa à l´appliquer à ses propres filles !

Nous saluons, avec empressement cet ultimatum, ainsi que la rentrée influente des démocrates américains au contrôle du pouvoir des Etats-Unis. Nous en attendons beaucoup, notamment un retour à une politique américaine fiable, intégrative plutôt qu´exclusive, et la défense passionnée de la démocratie et de la liberté sans s´abaisser à la médiocrité ou à blesser des principes et des valeurs qui font justement leur fierté. Ce que les islamistes se permettent en Afrique et dans le monde de nos jours par leur fondamentalisme borné autour d´un coranisme intolérant, est bien autre chose que la pratique d´un islam respectueux de la vie et des valeurs des autres. Et il semble bien que ces mullah et imams aveuglés par leur primitive conception religieuse en oublient que Dieu est tolérant et pluraliste, sinon il aurait fait naître chaque enfant avec le coran entre les dents. Or ce n´est pas le cas, même pas en ce qui concerne la couleur de peau, la langue, le caractère individuel.

Dans un monde qui est en perpétuelle gestation, où plusieurs races, religions, conceptions de l´existence cohabitent ; toute intolérance quelle qu´elle soit, est de la pire des absurdités, parce que la conscience et la volonté de vivre en paix, d´apprendre des autres autant que de se faire respecter nous incitent à plus de grandeur et de générosité morale, intellectuelle, sociale. Car c´est par cet exercice de valeurs démocratiques que nous entretenons, enrichissons et honorons la nature humaine en tant que fleuron de l´existence. Toute violence, toute intolérance et toute exclusion ou exercice de gratuité ne met qu´en doute les vertus et les principes du Dieu dont nous nous réclamons. Autant qu´en politique, ou même dans les rapports sociaux, entretenir ou cautionner des barbares ou extrémistes ne concèdent nullement de grandeur éducative ou culturelle. 

Musengeshi Katata

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20 novembre 2006

Réalisme, ambitions et l´attrait dévoyant de la facilité

Les africains manquaient-ils de juste perception de la réalité existentielle dans le monde d´aujourd´hui, ou se laissaient-ils simplement gagner par la gratuité ?

L´Afrique ajournerait-elle son propre avenir par manque de ponctualité et de réalisme ?

«  La vie châtie durement celui qui arrive en retard » Lénine

En réponse à Ndualu

En lisant ta lettre, cher Ndualu, j´ai pensé à cette petite phrase apparemment anodine de Simon Kimbangu : « La tolérance est plus importante que la foi » ; et je ne sais pas pourquoi cela m´a directement rappelé à Einstein et à la théorie de la relativité. A cet homme qui, pour avoir révolutionné la perception et l´estimation (définition) humaine de la matière et de ses états dans l´espace, le temps et le mouvement, disait : « Fantasie ist wichtiger als Wissen », c´est à dire : « La créativité imaginaire est plus importante que la connaissance ». Et je fus surpris de voir qu´entre ces deux conclusions, il y avait une corrélation rationnelle absolue. En effet, pour être tolérant ou exercer cette importante qualité humaine, il faut nécessairement croire et respecter l´être humain en tant qu´identité libre, souveraine et source absolue de droit et d´historicité. Quand à Einstein, lorsque ce génie de tous les temps plaçait l´imaginaire au dessus de la connaissance, sa critique (acerbe et non moins ironique comme les allemands savent si bien le faire) s´élevait contre ceux qui, à longueur de journée se penchaient dans leurs livres pour apprendre des choses, des lois par cœur, en oubliant qu´ils avaient aussi le devoir critique de ce qu´ils apprenaient d´une part, et de l´autre, ils se devaient de faire preuve de créativité, c´est à dire de transcender la connaissance, parce que ce n´est qu´en la confrontant avec le réalisme le plus absolu qu´on arrive à définir et percevoir définitivement la vérité. Pas en moutonnant et en acceptant aveuglement pour acquis ce que n´importe qui nous dit ou a prétendu.

Je ne cesserai, et de ma part c´est une critique des plus soutenue à l´égard des intellectuels belges, mais aussi á tous ceux qui ont fait leur études à l´ULB (Université Libre de Bruxelles), parce que cette citation éloquente et belle de Poincaré y est inscrite à la faculté des sciences humaine : « La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion,ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n´est aux faits eux-mêmes, parce que se soumettre, se serait cesser d´être. » Personne ne peut affirmer que nous ayons tous la même conception ou même perception de l´existence, et de même notre réalisation, les moyens et les raisons que nous mettons à exercer notre existence diffèrent d´un individu à un autre, d´un pays à un autre, d´un climat à un autre…etc. Mais avec la raison, la connaissance, l´exercice imaginaire, toute cette relativité disparaît pour laisser place à un absolu de jugement ayant un devoir sensible éminent : respecter la raison objective à tout prix, sinon impérieusement. Et lui rendre solennellement justice.

Tu m´excuseras de ma longue introduction, mais en tant qu´être humain nous n´avons, des uns aux autres, rien de commun sinon notre condition humaine. Chacun vit sa propre sensibilité, son propre destin et meurt de sa propre mort (espérons-le vivement). Ce qui nous rend solidaire des uns et des autres, c´est notre nature sociale d´être communautaire de moyens, de buts et d´intérêts. Car avec notre évolution actuelle, nul ne peut encore dire qu´il se suffit à lui-même. Et c´est pourtant là que commencent nos problèmes actuels, parce qu´avec cette interférence et interdépendance communautaire, de nouveaux devoirs sont venus se grever sur notre vie, et même sur notre perception de la réalité, de l´histoire, de la paix, et même du danger comme tels.

Et j´ai bien peur que l´Afrique et les africains ne perçoivent pas exactement, dans sa valeur relative surtout, les implications des différents niveaux d´évolutions ou de contraintes des historicités extérieures. En clair : du poids contraignant ou affligeant des autres sociétés développées sur ce continent. Par ailleurs, avec l´accroissement de la mobilité et des échanges internationaux, les sociétés interagissent entre elles, s´influencent, s´associent, se contredisent par le biais des produits matériels autant que par celui des échanges idéels, intellectuels. Ceci a une incidence des plus positives sur notre rapprochement humain, mais cela implique aussi de nouvelles obligations car la violence et la domination sont aussi de la partie. L´esclavage, ce n´était rien d´autre que le résultat de nations européennes aux démographies épuisées dans des croisades sanguinaires, des guerres religieuses et d´intolérances ruineuses, et une épidémie de peste qui ravagea sa population de plus de 50 millions d´habitants. Le reste, on le sait : ces incorrigibles s´en allèrent outre mer s´emparer des biens et des territoires des indiens d´Amérique, et d´esclaves africains pour accumuler vilement à bas prix.

De part notre histoire, et ne prenons que ces 600 dernières années, nous avons appris, entre autre, qu´une disparité de niveau de développement économique, militaire, social crée toujours, entre deux ou plusieurs races ou sociétés des rapports inégaux et insalubres, parce que les plus fort (et c´est une loi naturelle primitive) veulent toujours imposer leurs intérêts, leurs avantages, leurs sens de l´histoire. Et les moyens qu´ils emploient pour arriver à leurs fins ne sont jamais épargnant ou regardant pour leurs victimes. C´est toute l´histoire de l´esclavage, de la colonisation et des 46 ans de francafrique que nous portons lourdement sur le dos. C´est donc, à mon avis, d´être diligent que de réduire à zéro, éliminer rapidement toutes les différences négatives qui nous mettent en état de dépendance ou de faiblesse face à des sociétés, des existentialismes dont nous ne savons que trop bien de leur cupidité et de leur fausse humanité.

Cette dernière évidence est partagée par tous les peuples de la terre, par tous les africains. Mais là où le bas blesse, c´est naturellement la pratique, ou la mise en œuvre pour obtenir les résultats les plus efficaces menant aux buts encourus ; ceux qui permettent à la fois aux sociétés africaines de s´épanouir librement, que celles qui les nantissent de mécanismes, d´instruments appropriés de défense et de protection culturelle. Et à mon avis rien ne remplace la valeur d´instruments conçus et réalisés par soi-même, parce qu´on peut, à tout stade de leur évolution les perfectionner sans avoir à sonner à chaque panne chez le voisin. Et dans ce sens j´estime que les occidentaux, pour vendre leurs armes défensives légères devenues aujourd´hui inutiles, se sont bien enrichis en Afrique sans lui apporter autre chose que des rébellions et des guerres civiles sanglantes dues, notamment, à l´appauvrissement social que causaient ces coûteuses importations. Par ailleurs, ces futiles armements n´ont établi la sécurité sur ce continent, ni non plus résolu le problème de la faiblesse africaine envers l´occident, bien au contraire ; celle-ci est devenue dépendante de ses livreurs par les pièces de rechange et l´innovation qui place l´occident toujours en position de force. Eh, oui : le cercle vicieux du sous développement. Et on n´en sort qu´en en brisant sa pernicieuse logique, pas en s´accrochant à sa duplicité. C´est autant vrai pour l´aide économique et financière que pour l´éducation, l´instruction, la formation professionnelle. Car former des ingénieurs à l´étranger dans des domaines dépassés ou n´ayant plus la même importance sociale d´application que ne leur accordait l´avenir, c´est diriger son propre train intellectuel sur une voie de garage, et attendre Godot.

Et en vérité, les sociétés africaines doivent se décider sur leurs meilleurs options de développement, de science, de technicité et d´idéal social qui protègent leur personnalité, leur identité sociohistorique. Et leur historicité. Croire qu´il suffit de vivre de l´aumône, ou même d´acheter la liberté, c´est vouloir emprisonner le temps ou se saisir du vent, ce qui est de la pure illusion. Des siècles durant les êtres humains ont crû que c´est le soleil qui tournait autour de la terre ; il a fallu un Galilée pour nous apprendre que la terre tournait aussi sur elle-même et qu´elle était ronde. Et notons que même l´église lui refusa cette vérité. Avec la formule E=M.C², et sa théorie de la relativité, Einstein a révolutionné la physique et la philosophie des sciences, de la connaissance tout court en y introduisant une composante d´une valeur objective irrécusable : la relativité. Le temps qu´on croyait à l´époque qu´il n´était qu´un écoulement inflexible et anodin est devenu un espace, un déplacement de la masse énergétique de la lumière perçue au moment où nous en prenons conscience par nos sens. C´est à dire au moment où nous percevons la vérité qui est, elle-même relative à notre mouvement ou à notre immobilité. Ce que nous faisons alors de cette précieuse vérité ne dépend que de nous ; espérons cependant que nous l´employons à être libre, à nous réaliser plutôt qu´à nous détruire ou à assombrir notre avenir.

Musengeshi Katata

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19 novembre 2006

La RDCongo et les fers d´un néocolonialisme vicieux

Des élections qui n´ont rien révélé, arrangé ou apaisé ; le Peuple ne se trouve ni rallié, ni uni vers la réalisation de se valeurs idéales profondes.

Sous les pas futés d´un injurieux néocolonialisme sans avenir

« Celui qui cède sa liberté pour gagner en sécurité, n´a droit ni à la liberté, ni à la sécurité. »   Benjamin Franklin 

Le vin est tiré, il faut le boire…jusqu´à la lie, pourrait-on dire pour la RDCongo. Kabila alias Kanambé, le protégé intrigant de l´Union Européenne et du néocolonialisme occidental a gagné. Bemba, son adversaire dont on ne situait pas tout à fait ou pas clairement le projet de société, a perdu et apprend bien vite ce que cela signifie pour lui : notamment qu´il allait être attelé à une charrue dont les bœufs pillant et exploitant de l´occident ouvriraient la marche pour les intérêts privilégiés de l´industrie occidentale face à l´ouragan chinois qui les repoussait lentement mais sûrement dans le chômage et l´endettement public.

Louis Michel, l´architecte intrigant de cette méchante victoire avait déjà invité le chef de la Banque mondiale Wolfowitz à Bruxelles pour discuter avec lui des modalités par lesquelles de nouveaux crédits pouvaient être accordés à la RDCongo afin de permettre naturellement aux nouveaux élus congolais d´acheter de nouvelles automobiles, autant que d´assurer leurs honoraires et les tantièmes invisibles qui reprendraient si vite le chemin secret des banques belges et suisses. Rien de nouveau, en fait. Ces voitures et ces bibelots d´installation allaient, comme toujours, renvoyer ce financement en Belgique, dans les poches des industriels producteurs de bien de consommation, tandis que le peuple congolais, lui serait prié d´honorer le paiement entier d´une dette dont il n´avait ni profité des avantages matériels, ni discuté des conditions draconiennes de remboursement. Ce coup était tellement cousu de fil blanc que les économistes véreux eux-mêmes s´en détournaient de honte. Parce que ce genre d´escroquerie ne conduisait qu´à aliénation et l´appauvrissement organisé d´un pays, tandis qu´elle corrompait la morale et la motivation de ses élites soudoyées et dépossédées de tout argument économique, financier de bonne gestion. Et toute politique dépendant de l´étranger et qui ne savait ni engranger, ni résoudre souverainement ses impasses financières ou payer le prix de ses propres ambitions perdait sa souveraine et son pouvoir. Et ce faisant le respect de son peuple. Mais n´était-ce pas cela que Louis Michel, au nom du capitalisme néocolonialiste occidental voulait instaurer en pays africain riche en matière premières pour conserver devant l´avancée industrielle chinoise tonitruante, et devant l´impasse économique européenne grandissante de la crise économique actuelle, des atouts décisifs pour l´avenir ? Nous le pensons bien, car sans matières premières fondamentales, toute économie, toute industrie serait ralentie ou étouffée. Ce serait un argument de taille dans certains pourparlers contraignant à l´ouverture les marchés chinois, par exemple.

Le peuple congolais se mordra les doigts pour avoir fait un choix politique douteux ; mais avait-il réellement le choix ? Tous s´est-il passé en toute légalité ? J´en doute, et cependant, le mal est là. Encore faut-il savoir de quelle nature est ce mal ! Pour ce qui est de l´occident, cette confrérie aux abois se trompe bien sur sa stratégie envers l´Afrique, et cela depuis 600 ans. N´a-t-elle pas remarqué qu´elle est toujours revenue en catastrophe en Afrique pour y afficher une fausse humanité, de fausses coopérations ou aides que ses intentions cachées ne partageaient pas ? Et si dans le passé il s´agissait de noyer son nègre, de saboter toute tentative d´indépendance politique et économique en transformant ce continent en un vaste marché corrompu privé de tout avenir autre que celui de rester sous la coupe occidentale, cette fois, il s´agissait plutôt de mettre la main sur les nerfs industriels de la guerre commerciale qui pourraient profiter à l´industrie chinoise librement, sans donner à l´occident la chance de négocier de substantifs et vitaux avantages.

La chine a déjà compris cette stratégie des terres brûlées, parce qu´elle n´était rien d´autre qu´un aveu de sournoiserie et de fausseté car, ayant mis continuellement les bâtons dans les roues à l´Afrique pour l´étouffer, retarder son développement en élevant contre elle des barrières douanières et commerciales l´empêchant de vendre en occident, ou encore en y déversant des excédents agroindustriels qui ruinaient son agriculture, l´Europe et l´occident entier s´est, par rapacité et bas complexes raciaux, privée de partenaires commerciaux qui, s´ils étaient développés et solvables aujourd´hui, lui rendraient de grands services en achetant chez elle des produits industriels de hautes qualités qu´elle surproduisait sans ne plus savoir où les placer. Ce qui expliquait cet injurieux chômage, et cet endettement public des plus restreignant qui empoignait les économies industrielles centristes du Pouvoir Blanc. Et on avait beau crier et chanter démocratie et liberté, le système financier et économique occidental imposé au monde entier avait des consonances négatives volontaires à l´endroit des africains noirs particulièrement. Ce n´est donc pas, dans la crise économique, financière et commerciale actuelle la faute à nul autre que les occidentaux eux-mêmes, parce que subjugués par leur rapacité et leur mépris pour le continent africain, ils s´abaissèrent à étouffer, se priver de leurs propres futurs clients !

On se trouvait, comme dans un mariage phallocratique et sans amour, où le mari battrait, violerait et mépriserait sa femme à loisir en la traitant de tous les noms. Il pousserait l´indélicatesse et la prétention, lui qui ne savait pas faire jouir sa propre femme, à aller promettre à la voisine qui se bronzait sous leur fenêtre, monts et merveilles sexuelles. Mais un jour, à la sortie de l´église, un étranger s´approcha de sa femme et lui fit compliment de sa beauté. Cela souleva la jalousie et la colère du mari qui empêcha sa femme désormais de sortir sans son autorisation. Un jour, revenant de ses beuveries coutumières, il trouva la maison vide : sa femme avait pris le voile avec son admirateur étranger. Et depuis, souffrant de tous les maux, hirsute et peu soigné, il criait à toutes les tables de taverne combien il aimait sa femme, et combien il aimerait la rendre heureuse. Trop tard, c´est le moins qu´on puisse dire. Quelques mois plus tard, lors du procès d´un divorce froid et distant, ses amis et lui-même furent surpris de rencontrer une femme nouvelle, gaie, souriante et étrangement belle et attendrie par l´amour que lui prodiguait avec empressement son nouveau partenaire. L´ancien mari sombra très vite dans l´alcoolisme et la déprime ; il perdit son emploi, son logement et se retrouva comme clochard à arpenter les rues de la ville en lambeaux. Et chaque soir, au coin d´un feu réchauffant de fortune ; il avait beau dire qu´il avait été marié à l´une des plus belles femmes de la ville, ses auditeurs n´y prêtaient oreille : il doit sûrement être fou, se disaient-ils. Le délire vagabond.

L´occident doit bien se demander ce qu´elle défend, parce qu´en 600 ans de ses rapports avec l´Afrique, le bilan, lorsqu´on est objectif et sincère, est bien trop entaché de crimes et d´exactions en tout genre. Incorrigible, cette culture n´est pas arrivée à considérer l´avenir de l´Afrique autrement qu´étant soumise et aliénée à ses étroits intérêts. Et il lui a fallu bien de violence depuis l´esclavage qu´elle pratiqua joyeusement pendant 400 ans, suivi de 100 ans de colonisation et de 46 ans de francafrique, d´accéder à l´évidence que les africains, les noirs, sont des êtres humains indépendants et souverains, autant dans leur historicité que dans leurs aspirations. Et que comme tout être humain, toute race vivant sur cette terre, eux aussi avaient droit à la liberté et à la réalisation. La nouvelle montée de la Chine provoque un branle bas, un curieux mélange de mauvaise conscience, de fausseté mal contrôlé, de manquements dont on se gênait, d´un sourd refus de reconnaissance réelle et sincère à tout un continent qui se demandait toujours : qu´est-ce qui se passe ; savent-ils ce qu´ils font ? Et l´angoisse des invendus de la crise économique faisant, le chômage et l´endettement financier pour cacher la vérité ; tout cela conduisait à une stratégie de dernière minute qui, tout en voulant changer les choses ou redonner une nouvelle opportunité à l´occident de s´améliorer…ne détériorait les choses que plus profondément. Parce que ceux qui avaient appris à se détester, à mentir, à suivre le moutonnement de leur sort ingrat se trouvaient devant une vérité qui les laissait eux-mêmes pantois : eux aussi avaient droit à la liberté et aux libres devoirs de leur réalisation. Quiconque essayait donc de rétablir l´ancien ordre chosifiant, ou se refusait à commettre les efforts qu´impliquait la liberté et la démocratie, se préjugeait lui-même et entachait à la réalisation de ses rêves, de ses attentes et ceux des siens. Et c´était pourtant là que commençait toute définition de la valeur humaine.

Et si la liberté et la réalisation appartiennent à tous, il n´y a aucune raison que l´occident s´évertue, aujourd´hui encore, à décider de ce qu´elles seront demain ou après demain en Afrique. Ou continue à intervenir avec un paternalisme borné et sournois dans la gestion, le bien être et l´évolution économique, financière et culturelle du continent noir. Par amour pour la liberté et la démocratie. Et même si nous étions tous concernés, que la liberté était, somme toute universelle, chaque enfant de cette terre, chaque société, chaque Etat devaient en exercer librement et non moins consciemment les prérogatives. Ce n´est pas en méprisant, en pillant, en dénigrant, en opprimant volontairement ou sciemment qu´on respecte les autres ou qu´on encense les valeurs indéniables de la coexistence pacifique. Et si par hasard il ne s´agit ni de liberté, ni de démocratie dans l´existence moderne, mais de dominance et d´oppression ; alors pourquoi serions-nous tenus de supporter quoi que ce soit, nous qui croyons à la liberté et à la démocratie ?

Mais peut-être devons-nous être d´accord sur le contenu de ces deux mots d´abord; parce qu´à ce qu´il semble, nous avons des idées diamétralement opposées la-dessus.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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