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Forum Réalisance

Cet espace va à la recherche de l´existentialisme de l´homme noir pour lui permettre de mieux se déterminer face à l´histoire et face à la réalisation de sa liberté.

03 décembre 2006

L’innommable Raphaël Confiant ?

Par Jacky Dahomay, Professeur de philosophie au Lycée de Baimbridge, (Guadeloupe). Membre du Haut Conseil à l’Intégration.

Dissonances et incongruités*

L’écrivain martiniquais Raphaël Confiant est-il un théoricien de la « créolité », un critique comme Edouard Glissant des théories simplistes de l’identité « racine », ou, au contraire, un néo-nationaliste antillais concevant l’identité de façon substantialiste avec tout ce que cela implique d’exclusion et de haine de l’autre ? Serait-il le prêtre d’une nouvelle judéophobie noire ? On ne peut  le dire mais il est difficile de nommer son texte La faute (pardonnable) de Dieudonné, qu’il fait circuler  sur Internet et qui suscite un émoi certain aux Antilles.

Réagissant à une critique faite à Dieudonné (notamment concernant sa présence à la fête du Front National) par un de ses anciens amis, professeur métropolitain blanc, installé en Martinique depuis de nombreuses années et membre par ailleurs de la Ligue des Droits de l’Homme, Raphaël Confiant écrit ceci :

« Quand un Euro-américain me fait une leçon de démocratie, de tolérance et de droits de l’homme, j’ai deux réactions : d’abord, je suis admiratif devant un culot aussi monstre. Après avoir génocidé les Amérindiens, esclavagisé les Nègres, chambre-à-gazé les Innommables, gégènisé les Algériens, napalmisé les Vietnamiens et j’en passe, voici que ça se pose en modèle de vertu ! Chapeau les mecs. Par contre, quand un Innommable, après tout ce qu’il a subi de l’Occident, vient me tenir le même discours et se pose à moi en civilisé et en occidental, là je n’ai plus qu’une seule réaction. Comme Dieudonné, je me fâche tout net. »

Si on comprend bien, tout blanc ou tout Euro-américain qui défend l’idée des droits de l’homme est, pour Raphaël Confiant, éminemment suspect. Il porterait comme dans ses gènes les fautes commises par ses aïeux. L’Europe et l’Occident étant réduit au mal, leur histoire ne comporte nulle grandeur, nulle générosité. Schoelcher, Marx, Lénine, les anti-esclavagistes européens, les anti-colonialistes français, Jean Moulin et les résistants, la littérature et la philosophie européennes, tous suspects car participant du même mal posé par Confiant comme substantiel à on ne sait quelle essence même de l’ « Occident ». Chapeau, Confiant, pour une telle somme d’inepties !

Mais le plus obscur donc qu’on a du mal à nommer chez cet écrivain martiniquais, c’est la colère qu’il exprime contre les Innommables, colère qui le porte à justifier le rapprochement de Dieudonné avec le Front National et sans doute –on a du mal à le comprendre- sa volonté de pardonner à l’humoriste certains de ses propos jugés antisémites. Mais qui sont ces Innommables ? Les Juifs, bien sûr. Mais pourquoi l’écrivain ne les nomme-t-il pas ? C’est là que tout devient subtil. Confiant, professeur de lettres, universitaire, écrivain, sait bien que « Innommable », pour le Petit Larousse par exemple, est : «  Trop vil, trop dégoûtant pour être nommé, injustifiable ». S’il traitait les Juifs de cette façon, il n’aurait rien à envier aux nazis pour qui les Juifs étaient de la « vermine ». L’écrivain antillais ne veut point tomber sous le coup de la loi et il précise donc qu’il parle d’individus « dont la loi interdit de nommer et la nationalité et la religion ». Et il ajoute : « dans ce papier, je les désignerais donc sous le nom d’Innommables ». Le problème de Confiant est celui de savoir comment obéir à la loi juridique tout en désobéissant à la loi morale qui dicte le devoir comme exigence d’humanité. Cette exigence étant au fondement même des droits de l’homme on ne voit pas pourquoi on la respecterait si les droits de l’homme ne sont que les droits de l’homme blanc occidental.

Les Nazis, eux aussi, détestaient l’idée des droits de l’homme. Pour eux, il n’y avait que les droits de la culture (et encore de la culture allemande), du volkgeist, de l’esprit d’un peuple. Voilà pourquoi ils réduisaient la politique, comme Carl Schmitt, à la distinction amis-ennemis. Le nationalisme allemand, parce que nationaliste donc contenant potentiellement une dialectique de l’extermination comme tout nationalisme, fût-il antillais, s’est accompli dans l’extrême haine de l’autre que fut le nazisme, contredisant ainsi ce que l’Occident avait tenté de penser comme l’Humanisme, quelles que soient les faiblesses d’ailleurs de cet humanisme. Comme l’a fait remarquer Hannah Arendt, avant d’envoyer les Juifs à la mort, il fallait d’abord les soustraire de l’humanité et, en leur enlevant la citoyenneté, on les rendait ainsi tuables parce que pour les nazis, l’identité politique (la citoyenneté) se réduisait à l’identité culturelle. Les idéologues nationalistes antillais on du mal aussi à penser la distinction identité politique/identité culturelle. On pourrait se demander si, aujourd’hui, traiter les Juifs d’Innommables ce n’est pas une façon d’affirmer qu’ils sont donc hors du langage, de la signification et du sens, donc de la culture tout court. Une autre façon plus subtile de leur dénier leur appartenance à l’humanité. Nous ne disons pas que c’est là la volonté de Confiant car la loi nous interdit de nommer de nazis ou de pronazis les propos tenus par l’écrivain. Affirmons tout simplement que le comportement de Raphaël Confiant, écrivain responsable de ses actes et de ses écrits, est absolument innommable, c’est-à-dire injustifiable. Nous ne disons pas que sa personne est innommable car ce serait vouloir le rayer de l’humanité. C’est seulement son comportement qui nous donne le haut-le-cœur.

Mais on ne peut en rester à cette indignation spontanée. Il faut comprendre. Comment expliquer qu’un intellectuel dans les Antilles d’aujourd’hui,  puisse en arriver là ? On peut critiquer les dérives de certains intellectuels Juifs comme Finkielkraut. Nous l’avons fait. On peut condamner tout ce qui dans l’histoire du dit Occident relève de la mise en esclavage, d’exterminations de toutes sortes. On peut même suspecter un certain républicanisme français, celui de Jules Ferry par exemple ou un démocrate comme Tocqueville pour leur  nationalisme, leur volonté impérialiste voire, leur racisme. Cela aussi, nous l’avons fait. On peut aussi dénoncer ce qui aux Antilles-Guyane reste de pratiques colonialistes. C’est vrai. On peut surtout essayer de penser pour les DOM un autre avenir plus conforme  à leur histoire. C’est notre souci. Mais d’avoir subi le colonialisme et le racisme ne nous donne absolument aucun droit d’être racistes. Ce que disait Fanon :

« Je n’ai pas le droit, moi, homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparations pour mes ancêtres domestiqués (…) Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères »

La faute impardonnable de Raphaël Confiant est de vouloir réduire tout être humain à une identité par lui substantialisée, ce que Sartre nommait la « chosification » de l’autre lorsqu’il pensait à la question juive. Il ne comprend pas que l’histoire du peuple juif est partie intégrante de l’Occident tout comme une bonne partie de l’histoire des Antilles, d’ailleurs. En ce sens, Confiant n’est pas moins « occidental » que Finkielkraut, ne serait-ce que pour ses théories de la nation, très « allemandes », élaborées en Occident. Il a du mal à comprendre qu’il n’y a pas un être-juif, immuable et éternel, ni non plus un « être-martiniquais ». Qu’il y a des Juifs critiques de la politique d’Israël, des Juifs ayant combattu contre le colonialisme et le racisme tout comme des Français blancs aussi. Si tous les blancs sont suspects on comprend la douleur d’exister pour des mulâtres comme Dieudonné et Confiant. Ce dernier l’avoue lui-même :

« Je crois déceler une double souffrance chez l’humoriste (il s’agit de Dieudonné, précisons) : l’une est liée à sa personne, à son être métis (père africain, mère blanche) ; l’autre, liée à ces gens qu’il est interdit de nommer (il a été partenaire de scène de l’un d’eux pendant une quinzaine d’années) (…) bien que de mère blanche, gauloise, camembert, tout ce qu’on voudra, Dieudonné sait que les gens comme lui demeureront à jamais dans la société raciste hexagonale un nègre et rien qu’un nègre »

Il y aurait donc chez Dieudonné une souffrance ontologique, liée à son être même. Son malheur est d’être métis. Notons que le père est qualifié d’africain et non de noir et que la mère n’est pas nommée française (car Confiant est de nationalité française et bien payé par l’Etat français) mais blanche (référence à la race), gauloise (référence à une ethnie supposée être originaire), camembert (référence à une chose ayant partie liée avec la fermentation) et « tout ce que l’on voudra » précise Confiant, encourageant  (involontairement peut-être ?) notre imagination à vagabonder vers des choses plus glauques, de la fermentation à la putréfaction ! On ne sait pas si Dieudonné appréciera que l’on parle de sa mère en ces termes mais si un membre du Front national traitait son père de « Ibo, cirage et tout ce que l’on voudra » on crierait à juste titre au racisme. Dans cet innommable écrit, l’écrivain martiniquais pose la mère de Dieudonné comme portant en elle, parce que blanche, la faute de ses ancêtres car le mal est pensé ici comme héréditaire. Chose qui avait été déjà tenté d’être pensée par Malebranche dans De la recherche de la vérité. Comment comprendre que nous soyons encore responsable du péché d’Adam ? Pour le philosophe cartésien, c’est la mère qui retransmet la faute originelle à l’enfant et cela, grâce à l’imagination, depuis la nuit des temps. La deuxième faute de Dieudonné est d’avoir fréquenté trop longtemps un Innommable, c’est-à-dire un Juif. Car il est évident pour Raphaël Confiant que cette catégorie d’humains ne peut être   fréquentable.

Au total, ces propos sont graves, très graves. A l’heure où des groupes de Noirs ou d’Antillais sont tentés en France de faire la chasse aux Juifs dans le même temps où un gendarme d’origine martiniquaise se fait presque lyncher avec un jeune Juif, alors que nombre de Français noirs ou métis se posent la question de leur intégration à la république française et que des gens en France, au Haut Conseil à l’Intégration ou ailleurs s’évertuent à trouver des solutions à ce douloureux problème, pour Raphaël Confiant, il n’y a pas de solution car jamais un Noir ni un métis ne pourront être intégrés dans une France hexagonale raciste, ontologiquement raciste. Que reste-t-il alors ? La violence, le désespoir, la haine de l’autre ? Ou tout simplement la solution de l’extrême-droite : chassez-les, pourchassez-les, foutez-les dehors ! Les dérives d’un Dieudonné, cela commençait déjà à bien faire. Mais qu’il obtienne le soutien idéologique d’un écrivain antillais quelque peu célèbre, la chose est absolument condamnable !

Car, quoi qu’en dise Raphaël Confiant, le mal est bien radical, car inscrit dans la liberté même de l’homme. C’est la bête qui nous habite, universellement. Il y a des Noirs racistes, comme des blancs ou des Juifs racistes. D’être descendants d’esclaves ne nous dispense pas de notre responsabilité. L’extermination de l’autre n’est pas le propre de l’Occident même si celui-ci, grâce à la domination technique, lui a donné l’ampleur que l’on sait. Tout homme, comme tout peuple et toute culture, porte en lui la tentation de l’extermination. Le Rwanda, ce n’est pas que la faute aux blancs, cessons de nous raconter des histoires. Arrêtons de mettre nos faiblesses et nos impasses historiques sur le seul compte du colonialisme français. Ressaisissons-nous nous-mêmes ! En tout cas, la lutte est désormais ouverte aux Antilles entre d’une part, ceux qui veulent faire évoluer nos sociétés dans des problématiques identitaires fermées, haineuses et obscurantistes et ceux qui, d’autre part, comme nous, pensent sincèrement que la question de l’identité ne pourra jamais se poser positivement en dehors du respect des droits fondamentaux de la personne humaine. Car, comme disait le célèbre Martiniquais Frantz Fanon qui ne manquait pas d’humanisme, il s’agit de « lâcher l’homme », tous les hommes y compris, généreusement, Raphaël Confiant.

Jacky Dahomay

Professeur de philosophie au Lycée de Baimbridge, (Guadeloupe)

Membre du Haut Conseil à l’Intégration

Forum Réalisance (*) 

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Le management allemand et la corruption

Un défaut de philosophie commerciale ou un vice de la crise économique ?

Tous inscrits au gain pervers de la corruption ?

« Ce sont souvent ceux qui trichent, mentent et corrompent qui réclament des autres la vertu et la droiture, quand eux-mêmes se gardent bien de respecter la morale et le droit »  MK

Et le pire, c´est qu´on a toujours l´impression que le système, la justice leur est plus clémente que lorsqu´il s´agit de petites gens qui elles paient rubis sur ongle leurs impôts, et n´ont pas tous les avantages d´exonération dont bénéficient les riches. La question est : pourquoi doivent-ils encore tricher et corrompre, s´ils sont riches et avantagés ? Pas assez de fortune ? Est-ce le vice pénétrant et incurable, ou est-ce une sorte de fièvre, de drogue fort prisée de la corruption ? Ces questions, beaucoup se les posent en Allemagne, en France, et bien ailleurs ; surtout après l´acquittement du conseil d´administration de Mannesmann dont le procès, au bout de 7 ans d´instruction et de recours, venait de prendre fin avec un petit acquittement complet pourvu du paiement de 5,8 millions € des 6 inculpés à des institutions caritatives. La justice leur reprochait, lors de reprise par Vodafone (Grande Bretagne) en 2000, d´avoir trahi leur fidélité à Mannesmann en recevant de celui-ci après la reprise la modique somme de 60 millions € en pensions et frais de dédommagement liés à la fin de leur service ! Acquitté tout simplement. Josef Ackermann, président de la Deutsche Bank paiera de son argent de poche cette contravention ; après tout, les 3,6 millions qu´il devait donner aux associations caritatives ne représentaient que deux mois de ses honoraires. Et dire que la Cour de cassation avait cassé  le premier acquittement en estimant qu´il y avait eu dommage aux intérêts de Mannesmann. Subtilité : lorsque Vodafone paya les managers pour leurs précieux services, Mannesmann n´existait plus ; et donc n´avait plus aucun droit ou dommage à exiger. Aussi simple que cela. Bravo, pourrait-on dire : tirez donc les rideaux, la pièce était merveilleuses ; les acteurs auraient-ils l´amabilité de revenir sur scène se baigner dans les acclamations du public ? Merci, merci infiniment…

Le scandale qui émeut actuellement l´Allemagne (c´est à peine si ces derniers temps on peut déjeuner tranquillement sans qu´un nouveau scandale ne vienne à jour !), c´est celui de Siemens. Non, ce n´est pas une suite de l´affaire BenQ, mais un tout autre chapitre de corruption. Cette fois ce sont 6 managers et employés (mis aux arrêts d´instruction) de Siemens qui ont, par une caisse noire corrompu et forcé l´octroie à l´étranger de commandes. Entre autre en Grèce aux jeux olympiques d´Athènes de 2004, et à Abacha, l´ancien président du Nigeria.

Le choc fut grand, lorsqu´après avoir plus ou moins sans dommage survécu l´affaire BenQ qui avait tous les relents de forfaiture, il y a trois semaines, à 6 heures du matin, 200 policiers et spécialistes de la BKA envahissent 30 succursales administratives de Siemens à Munich, Erlangen et en Autriche et y saisissent tous les documents et les ordinateurs. Le procureur de Munich reprochait à Siemens une lourde accusation fondé sur : détournement de fonds, corruption, blanchissement monétaire, entretien de caisses noires dont le montant allait jusqu´à 200 millions € ! Le chef de Siemens, Klaus Kleinfeld était sur la défensive, et plutôt embarrassé : cette histoire qui a été révélée par un ancien employé de Siemens risquait d´avoir des conséquences indésirables, et cela pas seulement en Allemagne. En effet, Siemens est quottée à la Bourse américaine et celle-ci a la SEC, la célèbre et réputée société de contrôle boursier Securities and Exchange Commission, habilitée notamment par la Foreign Corrupt Pratices Act (FCPA) de 1977 issue du scandale de la watergate. Et si cette pénible société se mettait à rechercher contre Siemens, comme pour Mercedes jadis, elle avait l´habitude d´envoyer une armée d´avocat et d´experts comptables qui prendraient, des mois durant place au sein de la société et retourneraient celle-ci compte par compte avec une acribie incroyable. Et rien, mais rien ne lui échapperait. Mercedes y avait laissé des plumes et fut contraintes à payer des centaines de millions en peines conventionnelles. Le pire, c´est lorsque les victimes internationales confondues de corruption étaient obligées d´entretenir un département CCO : Corporate-compliance-Operations qui serait directement soumise au conseil d´administration et avait pour objet de contrôler et s´assurer que dans tout pays du monde, les règles d´anticorruption de La SEC étaient respectées, et appliquées. En d´autre terme : avoir la corde au cou. Sinon, cette sacrée SEC avait le bras long, notamment une levée de sanctions allant jusqu´à 2 millions $ en justice, les managers et les employés encourant des peines allant jusqu´à 5 ans de prison et des amendes de 100.000 $. Et la SEC a même le moyen de retirer une action de la Bourse. La société condamnée peut se voir pendant plusieurs années soumise à la Compliance-Monitoring : un contrôle permanent visant à éprouver l´observation et la pratique des mesures d´anticorruption au sein de la société. Bravo, pourrait-on dire aux Etats-Unis ; dommage que ce procédé ne s´applique pas à la politique américaine…

La corruption dont on prétendait qu´elle n´existait qu´en Afrique, a pris des proportions inquiétantes en Europe où les délinquants, depuis l´affaire Lockheed en passant par le Crédit lyonnais, Mercedes, VW, Siemens, ne craignent pas beaucoup de tribunaux européens, tant leur relations et leurs fortunes les mettent à l´abri de désagréables années d´emprisonnement. On se rappellera de l´affaire Elf-Aquitaine dans l´achat des raffineries de Leuna lors de la réunification, et de 30 millions de DM qu´on découvrit plus tard sur le compte de la CDU…on savait apparemment toujours « récompenser » ceux qui devaient veiller au silence, et à faire taire le bruit ou toute poursuite judiciaire. Les pauvres, comme on l´entendait de nouveau en Allemagne, on les pendait ; les riches on les laissait filer. Etait-ce nouveau ? Ce qui dérangeait, c´est que ces messieurs trichant et corrompant demandaient toujours au petit peuple de payer bravement ses impôts, de bien se conduire pendant qu´eux se gorgeaient de pensions faramineuses, se dotaient d´honoraires incroyables pendant qu´ils licenciaient et enjoignaient leurs ouvriers à la retenue revendicative des salaires. Et le chauffage, et l´électricité, et le coût de la vie, quand apprendraient-ils aussi à baisser ? Tout devenait cher, le chômage des jeunes augmentait et semblait permanent, les riches s´enrichissaient et les pauvres avaient l´eau jusqu´au menton…et on demandait toujours aux moins lotis de se modérer…Mais dites donc, les pauvres, les moins riches ont-ils eux aussi droit à la vie ou ne servaient-ils que d´acclameurs aux nantis ? Ces dettes publiques qu´on avait joyeusement faites, qui les paierait donc, si le chômage persistait ? Surtout celui des jeunes. De là à aller en Afrique et se faire couronner « civilisateur » ou marchand infaillible de vérité et d´exemple de gestion ou de développement…mon Dieu, cette grossière et aveugle prétention !

Musengeshi katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

munkodinkonko@aol.com

 

       

Posté par Musengeshi Kat à 21:25 - critique et objectivité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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