Commentaire sur l´article d´Afrikara : France blanche, colère noire de François Durpaire : L’Anticommunaurisme déconstruit  du 19/12/2006 

Ne pas chercher à tromper son monde de midi à quatorze heures

« Celui qui ne connais pas la vérité n´est qu´un pauvre idiot. Mais celui qui la connaît et la nomme mensonge, celui-là est un criminel » Berthold Brecht 

Curieux que toutes les analyse occidentales sur « la question noire » s´égarent dès qu´elle se prétendent aller dans le fond du problème, dans un ésotérisme formaliste qui frise la fuite ensablée de la vérité. D´abord, la question noire existe-t-elle, et pourquoi ? Elle existe bien, et non seulement parce que tout ce qui est mauvais, péjoratif, dégoûtant, dangereux est noir dans la culture occidentale, mais parce que pendant 600 ans cette race a été systématiquement contrainte à se renier elle-même par une chosification de la plus sanglante et cruelle considération de la part d´une race blanche qui se prétendait détentrice de culture et de civilisation !

400 ans d´esclavage, près de 100 ans de colonisation, et jusqu´aujourd´hui 46 ans de francafrique donnent amplement la mesure ou la démesure du mépris occidental envers la race noire. Un bilan équivoque et monstrueux avec lequel, tout intéressé ou homme conscient du problème, se devait objectivement de conclure qu´il y a eu malus, et ce qui choquait et mettait tous ces intellectuels occidentaux au pied du mur, c´est que malgré l´indépendance, les occidentaux emboués persistaient à entretenir et consolider les avantages, les privilèges et les principes de cette «culture » d´exploitation humaine et de déni de liberté et de réalisation indépendante. Alors, quoi ? On affichait faussement, mensongèrement Liberté - Egalité - Fraternité, on prétendait défendre la liberté et la démocratie, et cependant, à coups de coups cochons, bas et sournois, on entretenait tout de même l´inverse ! Chercher à se cacher derrière des formalismes sociométriques de communautarisme, d´anti communautarisme, de multiculturalisme ne sauvait pas, ne dispensait pas du devoir d´être objectif ou de ne pas mener ses nègres en bateau en les convoyant à des choix ou des études de définitions vides ou fallacieuses ! A ce petit jeu-là, on se ridiculisait intellectuellement soi-même, et prouvait par là même qu´on n´était ni à la hauteur objective du débat réel, ni à même de donner un quelconque point de vue sur le problème. Parce qu´on en élaguait sciemment du principal, à savoir : pourquoi la culture occidentale, en hordes serrées et complices, s´évertuait depuis des siècles avec tous les prétextes possibles, malsains et criminels, à porter préjudice aux africains et afrodescendant ?

Et si intégration il y avait réellement, si civilisation et respect social et culturel étaient envisagés ou souhaitables ; si on n´a pas guéri le malade occidental de ses complexes, de ses abus, de sa petitesse d´esprit, tout ce verbiage sociologique ne menait nulle part, sinon à contenter une classe intellectuelle surprise de tourner en rond pour ne pas avoir à expliquer pourquoi, elle qui se croit influer et conseiller la société dans le sens d´idéaux humanitaires saints et louables, a été surprise à laisser faire, à accompagner les courants criminels qui depuis 600 ans faisaient des siennes aux africains ! De gros mots, de belles définitions, de belles études sociales ; tout le monde pouvait s´y adonner à loisir, mais lorsqu´on fermait les yeux sur des crimes socioculturels tout en arguant de son intellectualité, on n´était rien d´autre qu´un vulgaire complice des malfaiteurs. Depuis 40 ans que les HLM des banlieues françaises procréaient la morosité, l´exclusion sociale, le crime et la débauche ; où sont donc les sociologues pour y remédier ? N´est-ce pas de cette même race qui firent justement adopter et implanter ces solutions de modèles sociaux à la société ?

Quel est le sociologue, l´historien qui voudra me convaincre que l´esclavage et sa méprisante et criminelle chosification excluant toute intégration ou reconnaissance sociale d´intégration et d´usages de droits sociaux ne créait pas le désespoir, la pauvreté, l´ignorance, la misère…la discrimination économique et financière à court et à long terme ?

Venir aujourd´hui chanter les louanges des mots quand on a omis de défendre des êtres vivants, c´est un peu…cochon, plus sournois et faux qu´intellectuel et sincère. Et tous les africains et afrodescendants qui se laissaient traîner par le nez encore et encore une fois vers le mensonge embué et la mystification des intentions, ce sont de pauvres hères. C´est ainsi que nous écopons depuis des siècles des crimes et abus en tous genres de l´occident, parce que beaucoup n´arrivent pas à comprendre que de faux intellectuels vicieux avaient reçu pour rôle de les mener comme des moutons aveugles à l´échafaud de l´histoire.

Car si on se posait la question : dites donc, ne s´agit-il pas de la liberté, de la démocratie ; ou comme les français aimaient, en grande nation initiateur des droits de l´homme, de liberté – égalité – fraternité ? On comprenait vite que ces slogans ou valeurs des idéaux sociaux tant chantés et radotés en occident ne s´appliquaient qu´aux occidentaux eux-mêmes ! Et alors, communautarisme ou multiculturalisme autour de valeurs qui n´étaient vraies, ne s´appliquaient qu´aux blancs ? Là se trouve le nœud du mal, pas ailleurs ! Et il serait grand temps que les intellectuels occidentaux cessent de tromper leur monde en les entraînant dans des débats qui évitaient de dénouer le nœud véritable du problème : à savoir que les occidentaux doivent aussi accepter, sinon apprendre que la liberté, comme la réalisation existentielle comme telles sont des définitions universelles dont chacun des êtres vivants de la planète, chaque peuple, chaque race en détenait une part réelle. Et c´est dire qu´aucun peuple, aucun groupe humain ne pouvait prétendre détenir les paramètres de ces définitions ou les imposer aux autres. Surtout si cela se faisait par le viol, la violence, les abus de droits et de libertés.

A la fin, lorsqu´on voit et qu´on observe tout ce qu´a commis l´occident envers l´Afrique, on se demande : de quel cartésianisme s´agissait-il, celui qui, tout en mentant, en faussant, en pillant et en avilissant l´avenir des autres êtres humains, se réclamait de l´éminence rationnelle logique ? Et sans trop m´avancer, j´ai bien peur que trop souvent les occidentaux n´ont mis la charrue devant les bœufs en prenant leur propre abus et médiocrité éthiques, religieuses, morales pour des lumières intrépides des temps. Il est grand temps qu´on descende sur terre, et qu´on cesse de se ridiculiser soi-même. Cette culture occidentale a bien de qualités, et n´a pas mérité qu´on la mystifie vulgairement à ce point. L´Afrique et l´homme noir ne sont pas à ce point aveugles pour ne pas voir qu´on veut, encore une fois, les prendre pour des idiots.

Musengeshi Katata

Muntu wa Bantu, Bantu wa Muntu

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